"Chroniques transatlantiques"

"J'écris pour savoir ce que je pense" Frédéric Beigbeder

30 avril 2005

Courage, Socialistes !

Les lecteurs réguliers de ce blog peuvent témoigner que mon coeur ne bat pas franchement à gauche. Est-ce pour autant une raison de se désintéresser de la vie interne à l'opposition ? Non, bien sûr.

D'abord parce que dans notre système politique, l'opposition d'aujourd'hui est la majorité de demain. Il en va d'autant plus ainsi que depuis 1981, toutes les majorités sortantes ont été battues aux élections législatives et que, au vu des élections régionales et européennes de l'an passé, on peut craindre un retour de la gauche au pouvoir en 2007. On pourrait dire qu'elle ne l'a pas quitté depuis 1995, mais ce serait polémiquer...

Ensuite, étant favorable au "oui" au Traité constitutionnel, l'état d'esprit des forces de gauche me préoccuppe. Le "oui" transcendera le clivage gauche/droite, tout comme le "non", d'ailleurs. Je ne peux pas m'empêcher d'être inquiet : nos alliés d'un jour se portent mal.

A lire les enquêtes d'opinion récentes, les sympathisants de gauche penchent nettement pour le rejet du Traité (à 61 % chez les Verts, à 82 % chez les Communistes). Même les Socialistes sont majoritairement favorables au "non" (à 51 %). A l'inverse, la droite parlementaire est massivement favorable au texte soumis à référendum (à 83 % à l'UMP, à 74 % à l'UDF).

Comment expliquer l'euro scepticisme de la gauche ?

Une enquête publiée par Le Figaro le 12 avril dernier nous évitera de chercher la réponse dans le marc de café. On apprend à sa lecture que 55 % des Communistes et 33 % des Socialistes et Écologistes considèrent que le Traité constitutionnel est avant tout inspiré par des idées de droite. Dans ces conditions, comment l'électorat de gauche pourrait soutenir le texte ?

Pourtant, et même si je n'ai aucune légitimité à me faire juge de leur sentiment, je crois que les Eurosceptiques de gauche commettent une véritable erreur de jugement, car le Traité n'est ni de droite, ni de gauche.

Il reflète une conception suivant laquelle il existerait un "modèle social européen" qu'il conviendrait de protéger face aux coups de boutoir et aux violences d'un capitalisme débridé et égoïste. Autrement dit, le contre-modèle britannique (sous-entendu "sous-marin des Etats-Unis") d'une zone de libre échange sans colonne vertébrale politique, sans volonté propre, et ayant pour seule finalité la libéralisation d'un vaste champs de jeu dans lequel des entreprises multinationales font jouer la concurrence entre modèles économiques et sociaux des États membres. Le tout aboutissant à une politique du moins-disant social, à l'enrichissement de quelques uns et à la misère généralisée. Je me contente de décrire.

C'est pour défendre ce "modèle social européen" que les Socio-Démocrates et Chrétiens Démocrates européens se sont mis d'accord sur le texte du Traité constitutionnel.

Ils y sont parvenus à l'issue de travaux qui ont réunis plus de 100 personnalités, venues de tous les bords politiques, et désignées par les gouvernements, les parlements nationaux, et le Parlement européen. Le texte a été approuvé par le 25 gouvernements de l'Union européenne. Parmi eux, nombreux sont de gauche (notamment ceux de l'Espagne, de l'Allemagne, du Danemark et du Royaume-Uni). Le texte a été approuvé à une majorité écrasante au Parlement européen, et notamment par le groupe du Parti Socialiste Européen. Il est aussi soutenu par la Confédération Européenne des Syndicats, rassemblant notamment en France la CFDT, FO, et même la CGT ! Toute la gauche européenne vote "oui".

Comment s'en étonner d'ailleurs ?

Le Traité constitutionnel est riche d'avancées auxquelles devrait être sensible l'électorat de gauche : intégration au Traité de la Charte des droits fondamentaux qui garantit des droits civils et politiques (égalité hommes/femmes, intégration des handicapés, toutes les libertés fondamentales dans leur forme la plus aboutie) mais aussi des droits sociaux. Cette intégration signifie que cette déclaration ne sera pas seulement un alignement de voeux pieux mais sera appliquée par toutes les juridiction de l'Union européenne, de Porto à Vilnius et de Helsinki à La Valette. Si la Charte n'apporte guère de droits à des Français qui sont parmi les mieux protégés au monde, elle garantit un socle de droits communs à tous de nature à lutter contre tout risque de dumping social. Pour être complet, on soulignera que le Traité garantit l'association des partenaires sociaux aux décisions de l'Union européenne, reconnaît l'existence d'un dialogue social, consacre le rôle des services publics pour la cohésion sociale et territoriale, et assure la coordination des politiques économiques et de l'emploi des États membres.

Alors, bien sûr, ce n'est pas la Révolution prolétarienne !

Mais ce texte est le plus ambitieux en matière sociale depuis cinquante ans. C'est aussi un texte de compromis, qui devait être en mesure (ce n'est pas gagné) d'être approuvé par 25 États aux modèles économiques et sociaux disparates et, surtout, qui devait être acceptable par toutes les tendances politiques. Et puis n'oublions pas qu'un tel Traité est avant tout un cadre permettant d'organiser la répartition des pouvoirs pour les années à venir. Si une majorité d'Européens souhaite qu'une orientation plus sociale soit donnée à la construction européenne, rien ne les empêchera de le faire dans le cadre des nouvelles institutions.

Dans ces conditions, à l'inquiétude vient se mêler une certaine perplexité face à l'euro scepticisme d'une partie de la gauche française.

Après réflexion, je pense que les racines du mal sont à trouver dans les ambigüités du Parti socialiste.

Que les Communistes soient contre l'Europe communautaire, c'est une constante, et leur Europe idéale, c'est celle des démocraties populaires. Depuis 1989, ce rêve s'est effondré.

Que les Trotskystes soient contre le Traité, là non plus, ce n'est pas une surprise, le refus de la réalité est leur fond de commerce et la survie de leur échoppe électorale ne survivrait pas à un comportement raisonnable.

Les Écologistes ont quant à eux choisi l'enseigne de la confusion mentale et prennent un malin plaisir à humilier le seul dirigeant issu de leurs rangs à avoir une réelle cohérence politique (Daniel Cohn-Bendit).

Non, les plus impardonnables, ce sont les Socialistes.

Bien entendu, François Hollande fait ce qu'il peut et reste fidèle aux engagements de son mentor politique, Jacques Delors. Il est même plutôt courageux. Mais comment pourrait-il être entendu alors que son parti, social-démocrate au pouvoir, tient un discours gauchiste une fois dans l'opposition ? Comment suivre les dirigeants du PS dans leurs rodomontades contre l' "Europe des patrons", dans leurs discours  de "Camarades" adressés au "Peuple de gauche", dans leur défense acharnée des pires archaïsmes sociaux, dans leur fiscalisme fanatique, bref, dans la caricature qu'ils donnent d'eux-même ? Persuadés qu'ils sont d'avoir perdu la dernière élection présidentielle parce qu'ils n'étaient pas assez "à gauche", les Socialistes font dans la surenchère, persévèrent dans de subtiles distinguos entre "oui à l'économie de marché, non à la société de marché", et s'abandonnent aux paradis artificiels de la démagogie.

Et pourtant, l'Europe actuelle, celle qu'ils démolissent à longueur de meeting, c'est la leur !

L'Acte unique, qui a vu le Marché commun devenir réalité, a été mis en oeuvre par Jacques Delors, alors Président de la Commission européenne, et a été négocié au nom de la France par François Mitterrand et Laurent Fabius (premier ministre) ; le traité de Maastricht a lui aussi été négocié et ratifié alors que les Socialistes étaient au pouvoir ; le traité de Nice a été négocié et ratifié sous présidence française alors que Lionel Jospin était premier ministre, Laurent Fabius ministre des finances, et les Communistes au gouvernement ! Les mêmes étaient toujours au pouvoir lors de la négociation de l'actuel Traité constitutionnel !

Alors je ne formulerai qu'un voeu : que le Parti socialiste renonce aux postures martiales et aux discours d'un autre âge et assume devant son électorat, en faisant oeuvre de pédagogie, la politique qu'il conduit lorsqu'il est aux responsabilités.

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28 avril 2005

Evan Bayh for President !

L'election presidentielle 2004 vient juste d'avoir lieu, et tous les regards se tournent deja vers la prochaine echeance : 2008 !

George Bush ne pouvant pas se representer, Republicains et Democrates preparent deja une succession qui promet d'etre feroce. Quatre annees ne seront pas de trop pour faire monter les candidats en puissance.

Du cote democrate, on entend remonter la pente, et prendre une revanche sur les deux dernieres elections. Certains candidats a la candidature sont deja connus, officieusement du moins.

Ainsi en va-t-il de John Kerry, qui est reste senateur et continue le combat commence lors de la derniere campagne. Il n'a apparemment pas baisse les bras, vus les nombreux messages qui encombrent ma boite e-mail. Mais les Americains n'aiment pas les perdants, et je le vois difficilement rempiler. S'il n'a pas fait mauvaise figure lors de la derniere election, il n'a pas non plus fait d'etincelles et s'est contente de garder les Etats traditionnellemet acquis au Parti democrate, sans entamer la vaste Amerique bleue rouge (couleur des Republicains).

Hillary Clinton est bien avancee dans sa campagne et dispose deja d'une notoriete incomparable. Mais elle est elue de l'Etat de New-York, que beaucoup d'Americains considerent comme la ville du peche, desesperement liberale (entendre "de gauche"). Elle constitue meme une sorte d'antechrist pour l'Amerique religieuse. A mon avis, elle ne gagnera pas une seule voix republicaine et, au contraire, catalysera contre elle une vaste majorite d'Americains. Elle a beau tenter de se durcir en ce moment en prenant des poses conservatrices, elle ne trompera personne.

A y penser, le candidat ideal serait un candidat democrate pas trop liberal, ayant l'experience du pouvoir, connaissant les arcanes de Washington sans s'etre trop expose (comme Kerry qui siege depuis des annees au Senat et dont les Republicains ont eu beau jeu de ressortir les prises de position contradictoires), charismatique, populaire et, surtout, issu d'un Etat traditionnellement gagne au Parti republicain. En effet, si les Democrates de font pas basculer quelques Etats republicains et se contentent de gerer leur patrimoine electoral, ils n'iront pas plus loin que les fois precedentes.

Cette perle rare existe, dans l'Etat de l'Indiana, et a pour nom Evan Bayh !

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Age de 50 ans, ancien Gouverneur de l'Indiana (1989-1996), Bayh est l'un des deux senateurs de l'Etat depuis 1998. Dans cet Etat si acquis aux Republicains (vote pour le Parti republicain au cours des sept dernieres elections presidentielles, vote pour George Bush a 60 % l'an passe...), Bayh a reussi l'exploit de remporter toutes les elections auxquelles il s'est presente avec de confortables majorites (61 % aux dernieres elections senatoriales de novembre). Une derniere enquete d'opinion publiee dans l'Indianapolis Star indique que 72 % des Hoosiers ont une bonne opinion de lui, et que 67 % pensent qu'ils feraient un bon President !

Alors, bien sur, meme si Bayh remportait l'Indiana, il ne ferait basculer que 11 grands electeurs presidentiels. Mais ne peut-on pas escompter que sa candidature aurait un impact dans tout le Middle West, et notamment dans les Etats du Kentucky (au sud) et surtout, de l'Ohio (Etat charniere lors de la derniere election) ?

Il me semble qu'il rassemble bien des qualites qui en feraient un bon candidat, et j'espere avoir livre un scoop a tous ceux qui n'ont encore jamais entendu parler d'Evan Bayh (Birch Evans Bayh III, en realite) !

Et en plus il aime les enfants !

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Ci-dessous, la biographie parfaitement objective (!) d'Evan Bayh trouvee sur son site Internet :

"U.S. Senator Evan Bayh came to Washington after serving two terms as Indiana's governor, where he had built one of the strongest, most financially secure state economies in the nation. He brought with him a remarkable record of sound fiscal management and economic growth, having built a $1.6 billion surplus for Hoosiers without once raising taxes, and creating 375,000 new Hoosier jobs. The Fort Wayne Journal Gazette said Bayh's commitment to fiscally responsible tax cuts make him "one of the few voices of reason" in Washington.

Elected to his first Senate term in November of 1998, Senator Bayh has since established himself as a leading mainstream voice in the Senate, bringing with him important Hoosier values and common sense to work with legislators from both sides of the aisle to make progress on a wide range of issues important to all Americans.

Bayh's common sense approach is key to his success in the United States Senate. "Evan Bayh is staking out new political turf in Washington– and carving out his identity – by confronting the way things work in the tradition-bound U.S. Senate," wrote the Indianapolis Star. Bayh is a leader of the New Democrat movement and works hard to find ways to save important issues that are at risk of being held hostage by partisan politics. He is the Chairman of the Democratic Leadership Council (DLC) and a member of the Senate Centrist Coalition. He also helped establish the New Democrat Coalition, a new and growing group of senators who are committed to sensible, bipartisan progress. Bayh also serves on the Board of Directors of the National Endowment for Democracy, a non-partisan group that works to promote and strengthen democratic institutions worldwide.

During his five years in the Senate, Bayh has made it a top priority to continue to fight to create good jobs with good wages for everyone willing to work hard and play by the rules. By working to secure investments for nano-technology research at Purdue, life sciences initiatives in Indianapolis and numerous other projects, Senator Bayh has laid a foundation for establishing the good jobs of tomorrow.

In Washington, Bayh has carried on the work on issues he emphasized as governor, seeking to protect and create new jobs, maintain fiscal responsibility, and ensure affordable health care. He has also worked to raise the performance of our nation's public schools, encourage responsible fatherhood, and provide tax relief for families struggling to afford the costs of college, retirement and long-term care of loved ones.

Bayh serves on six Senate committees: Armed Services; the Select Committee on Intelligence; Banking, Housing and Urban Affairs, on which he is the Ranking Member of the Subcommittee on International Trade and Finance; the Small Business Committee; Energy and Natural Resources; and the Special Committee on Aging.

Before his election to the Senate, Bayh served two terms as Governor of Indiana. Stressing fiscal responsibility, lower taxes, job creation and lean government, then-Governor Bayh's list of accomplishments are impressive: eight years without raising taxes; the greatest single tax cut; the largest budget surplus in state history; national leadership in moving people from welfare to work; more dollars for schools every year; high academic standards and new college opportunities; more than 375,000 new jobs; tougher laws; and improved environmental quality. In 1992, the Wall Street Journal wrote that "Mr. Bayh's record is one of a genuinely fiscally conservative Democrat."

Bayh was born in Shirkieville, Indiana. He attended Indiana University, where he graduated with honors in business economics in 1978, and the University of Virginia, where he received his law degree in 1981. After clerking for a federal court judge and entering private law practice in Indianapolis, he was elected Indiana's Secretary of State in 1986.

Of everything he has done, Senator Bayh says he is most proud of the responsibility he assumed in November of 1995, as the father of twin sons Beau and Nicholas – a joy he shares with his wife, Susan."

Vous ne tenez plus en place, vous voulez soutenir Evan Bayh ? Allez sur son site, vous pouvez deja acheter des autocollants, tee-shirts et autres pins qui vous permettront de lancer la campagne "Bayh for President 2008" dans votre quartier, votre immeuble, aupres de vos amis ou de votre boulangere : http://www.cafepress.com/beatbushgear/456309

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25 avril 2005

Les mots pour le dire

Parmi les nombreux articles lus dernièrement au sujet du Traite constitutionnel, bien peu m'ont convaincu. Chacun aura ses raisons de voter "oui" ou "non" le 29 mai prochain et il n'est pas étonnant que je ne retrouve pas chez les autres les raisons qui me poussent a soutenir l'approbation du texte. J'ai souvent l'impression que les partisans des deux bords avancent de mauvais arguments, sont hors-sujet, ou font simplement preuve de mauvaise foi.

Dans ces conditions, j'ai été particulièrement heureux de trouver dans les mots écrits par un autre le sentiment qui est le mien. Ces mots sont de Jean-Louis Debre, Président de l'Assemblee nationale et, croyez-moi, j'en suis le premier surpris !

"La grande illusion du non (Le Figaro, 12 avril 2005)

Le débat sur l'Europe offre un caractère tout à fait paradoxal. Voilà en effet plus de dix ans que la société française réclame qu'une Europe politique se substitue à la technocratie bruxelloise et comble son déficit démocratique. Voilà plus de dix ans que chacun en France réclame à cor et à cri que l'Europe reconnaisse la nécessité des services publics, qu'elle préserve l'exception culturelle, qu'elle garantisse des droits sociaux fondamentaux. Et voilà plus de dix ans encore que nous demandons à l'Europe de s'occuper de l'essentiel, c'est-à-dire de défendre un modèle de civilisation et de peser dans les affaires du monde pour laisser aux Etats le soin d'organiser chez eux la chasse, la pêche ou l'affinage des fromages.

Et c'est au moment où un texte nous propose de respecter la conception française des services publics, de sanctuariser l'exception culturelle défendue par la France, d'adopter une charte des droits fondamentaux, que nous critiquons son caractère ultralibéral. C'est au moment où la Constitution fixe une règle du jeu plus simple et plus lisible pour une Europe à 25, où elle assure la primauté des instances élues, Conseil européen et Parlement, dans la prise de décision, que nous semblons hésiter. C'est au moment où la Constitution prévoit des mécanismes pour donner aux Parlements nationaux la capacité de faire appliquer le principe de subsidiarité, c'est-à-dire de limiter l'intervention de l'Union européenne au strict nécessaire, que nous doutons.

Oui, alors que tous les observateurs s'accordent à voir dans la Constitution le texte le moins libéral et le plus politique qu'ait produit l'Europe depuis plusieurs années, la tentation du non gagne du terrain dans les esprits, et donc dans les sondages.

Il semble flotter, dans notre pays, comme une ivresse du rejet, comme une tentation de désaveu global du système. Le non est en passe de s'imposer comme une mode dont on ne se soucie guère de discerner les implications futures. Il est le point de ralliement de toutes les protestations que le fonctionnement de notre société génère, et chacun sait qu'elles sont nombreuses. Il plaît moins par ce qu'il fonde – à vrai dire pas grand-chose – que par ce qu'il signifie : un pied de nez aux élites, toutes tendances et toutes catégories confondues, d'autant plus jubilatoire qu'il est à présent débarrassé de toute dimension sulfureuse pour s'inscrire pleinement dans l'air du temps.

Les Français ont-ils conscience que, s'ils se laissaient entraîner sur ce chemin, ils ne récolteraient que les fruits amers d'un paradis artificiel en lieu et place de «l'autre monde» dont on les fait abusivement rêver ? Rien n'est moins sûr aujourd'hui. C'est pourquoi, dans l'océan d'incertitudes et de perplexité où se trouvent nos compatriotes, il faut revenir à l'essentiel : voter non contribuerait à renforcer l'Europe que nous dénonçons au lieu de nous aider à construire l'Europe que nous voulons. Le non ne provoquerait ni chaos créateur ni révolution politique, juste un réveil pénible. Car on s'apercevrait après le tumulte des premiers jours que les choses resteraient finalement dans l'état où on les avait laissées. Le libre-échange demeurerait une réalité, le grand marché aussi. La Commission ne cesserait pas d'exister. En revanche, exit la reconnaissance des services publics, la charte des droits fondamentaux, la sanctuarisation de l'exception culturelle. C'en serait fini, et pour longtemps, de notre entreprise pour fonder l'Europe sur des valeurs communes avec celles de notre République.(...)"

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23 avril 2005

Impliquer les Francais

Et de 6 !

Après la Lituanie, la Hongrie, la Slovenie, l'Espagne et l'Italie, la Grece a ratifie, le 19 avril dernier, le Traite constitutionnel européen. La "Constitution européenne" entrera en vigueur une fois qu'elle aura été ratifiée par voie parlementaire ou par référendum par les 25 États membres de l'Union européenne. Parmi les 19 autres États membres qui doivent encore ratifier le texte, neufs devraient le soumettre a référendum.

En Grece, le Traite constitutionnel a été approuve par 268 voix pour et 17 contre. Le "oui" était soutenu par les deux principaux partis, conservateur (au pouvoir) et socialiste. Une consultation parlementaire en France aurait donne un résultat du même ordre. En effet, la révision constitutionnelle rendue nécessaire pour la ratification du Traite a été adoptée a une majorité écrasante par le Congres et, naturellement, le Traite aurait été adopte dans des conditions identiques.

Fort heureusement, le Président de la République a choisi de consulter les Français, ce qui n'allait pas forcement de soi.

Il n'y a jamais d'erreur a demander son avis au peuple.

Et les sondages donnant actuellement un "non" gagnant le 29 mai prochain ne sont pas de nature a me faire changer d'avis, même si je suis favorable au "oui". La fin ne justifie pas les moyens.

Si un référendum n'était pas organise pour approuver un tel projet, quel sujet appellerait un référendum ? Y a-t-il question plus importante pour l'avenir de la France ? Le Traite constitutionnel, qui est davantage qu'un banal traite, et moins qu'une véritable constitution, represente une orientation décisive de notre avenir commun. Laisser les Français a l'écart, renoncer a consulter le peuple souverain, aurait constitue un injustifiable déni de démocratie.

La construction européenne a d'ailleurs besoin de se relegitimer par la démocratie directe. Il a été suffisamment dit qu'elle souffrait d'un "déficit démocratique" et était le fruit d'élites éclairées (ou prétendument telles) déconnectées des préoccupations populaires. Longtemps il a paru préférable de rester "entre soi", entre spécialistes, entre gens du même monde, et de laisser a l'écart un peuple dont la rusticité le rendait bien incapable de saisir les subtilités byzantines de la politique bruxelloise.

L'Europe s'est construite ainsi jusqu'au Traite sur l'Union européenne (dit Traite "de Maastricht"). On peut d'ailleurs rendre hommage a cette Communauté européenne d'avant 1992, qui a accompli une oeuvre remarquable et a contribue a faire de l'Europe un pôle de paix, de stabilité, de prospérité et d'attraction.

Cependant, maintenant que nous sommes arrives a un stade d'intégration avance, le despotisme éclaire pro européen a atteint ses limites. Il n'est plus possible de confiner le peuple dans une saine ignorance des choses européennes tandis que quelques uns prétendent pourvoir a son bonheur. Cette manière de procéder a encore des partisans : Alain Minc, Stéphane Denis, ou encore Frits Bolkestein indiquaient dernièrement dans la presse leur préférence pour la voie parlementaire. Quelle erreur, quelle faute même, de la part de défenseurs de la construction européenne !

Ah c'est vrai, avec un référendum il faut expliquer, convaincre, faire de la pédagogie. Expliquer la construction européenne a des gens qui n'ont pas fait Sciences Po et qui, c'est inévitable, posent parfois des questions idiotes, ou manquent tout simplement des éléments leur permettant de voter en conscience. Mais c'est aussi le rôle des hommes politiques de servir d'intercesseurs entre la complexité des problèmes contemporains et la diffusion de messages clairs et intelligibles par le plus grand nombre ! Et si le référendum ne devait servir qu'a faire comprendre aux Français la réalité de la construction européenne et ses implications, cela n'aurait pas été du temps perdu.

L'autre problème du référendum, c'est que l'on peut le perdre...Il est risque de s'éloigner des terres rassurantes du jeu de rôle parlementaire. A cet égard, je n'entends pas contester la validité juridique d'une consultation parlementaire ou faire preuve d'antiparlementarisme. Mais qui ne voit que la consultation du seul Parlement n'aurait pas été a la hauteur de l'évènement ? Qui ne voit que la France connaît une crise de la représentativité, accentuée par un parlementarisme rationalise faisant des assemblées des théâtres d'ombres ?

Alors oui, il vaut mieux remporter un référendum avec 51 % des voix, qu'une consultation parlementaire a 80 % !

Enfin, le dernier référendum sur une question européenne était celui de 1992 sur le Traite de Maastricht, il y a déjà 13 ans. Depuis, l'euro a été introduit, l'Union est passée de 12 a 25 membres, de profonds bouleversements géopolitiques sont intervenus. Il est particulièrement sain de faire le point et de voir si les Français suivent toujours. Certes, ces questions n'ont juridiquement rien a voir avec le projet de Traite constitutionnel en lui-même. Mais on n'empêchera pas les Français d'établir un lien politique entre ces questions (notamment la question turque) et celle qui leur sera posée le 29 mai.

Aux hommes politiques d'expliquer, de décortiquer, de faire de la pédagogie et de ne pas prendre les Français pour plus stupides qu'ils ne le sont. C'est cela la démocratie. Un exercice exigeant et ingrat, parfois. Nul n'a jamais prétendu que c'était facile ou évident. La démocratie se conquiert, puis se défend comme un joyau inestimable. La est la noblesse de l'exercice.

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20 avril 2005

Visite guidée

L'année universitaire touche à sa fin. Derniers mémoires à rendre, préparation des examens, fiches d'évaluation à remplir (ici les étudiants notent les professeurs en fin de semestre), et remise des prix le 8 mai prochain... Il est temps que je vous fasse visiter la Faculté de droit d'Indianapolis (Indianapolis School of Law) !

Commençons par le début, côté sud, du Military Park :

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Du Côté nord, poiriers en fleurs, gazon millimétré et tours du centre ville en arrière plan.

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Pénétrons maintenant dans le hall de cette vénérable institution...

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Oui, ils aiment les drapeaux !!

Je vous présente le Professeur James P. White, objet de cette peinture affreuse. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il est bel et bien vivant, je l'ai eu en cours à l'automne !

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Comme nous sommes tout de même dans une Faculté de droit, et que nous ne passons pas nos journées à nous prélasser sur la pelouse, il fallait une bibliothèque.

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Séquence émotion maintenant, avec les photos des anciennes promotions. Pour information, après examen minutieux des nombreuses photos exposées (dont je ne vous fournis ici qu'un aperçu), la première femme a été admise dans les années 1930. Leur présence ne s'est vraiment généralisée que dans les années 1960. Quant aux hommes de couleur, j'en ai détecté un (!) dans les années 1930. Sinon les autres attendront leur tour, comme dans bien des endroits aux Etats-Unis, jusqu'aux années 1960...Les photos des dernières années montrent toutefois une belle diversité, surtout depuis la création des LLM pour étudiants étrangers qui contribuent parfois à donner à nos amphithéâtres l'aspect de l'Assemblée générale des Nations Unies.

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Voici maintenant un amphithéâtre, celui dans lequel sont dispensés les cours de droit constitutionnel. Il y en a trois du même type, et les autres cours sont donnés dans des petits amphithéâtres ou dans des salles de cours. Les effectifs étant réduits, l'amphithéâtre est bien petit par rapport à ceux que l'on connaît dans nos Fac de droit.

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Les panneaux des associations.

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Et pour finir, les remerciements aux généreux donateurs : la nouvelle Faculté (2001) a en effet été financée principalement par des donations de la communauté juridique d'Indianapolis et par les anciens élèves. Cela donne matière à réflexion, n'est-ce-pas ?

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18 avril 2005

Géopolitique du temps

Quelle heure est-il ?

La réponse à cette question simple pourrait prochainement s'avérer complexe dans l'Etat de l'Indiana.

En effet, la grande affaire du moment est de savoir si l'Indiana, à l'instar de la plupart des autres Etats américains, doit adopter une heure d'été et une heure d'hiver.

Les arguments en faveur de cette réforme sont bien connus : rallongement des journées, économies d'énergie, mais aussi facilitation des conditions de travail pour ceux qui doivent travailler avec des interlocuteurs passant, eux, à l'heure d'été, et, argument ultime, maintien des habitudes de téléspectateurs qui sont désorientés lorsque leur programme habituel n'est plus diffusé à 20h mais à 21h...(la plupart des programmes télévisés sont réalisés et diffusés à partir d'Etats, notamment de la Côte Est, passant à l'heure d'été).

C'est donc pour lutter contre ces petits drames quotidiens que le nouveau Gouverneur, Mitch Daniel ("My man Mitch" !), avait promis lors de la dernière campagne de mettre l'Indiana au diapason du Middle West, au diapason de l'Amérique ! C'était d'ailleurs l'une des mesures censées favoriser la modernisation de l'Indiana et la mise en place d'un climat plus propice aux affaires...(ci-dessous, Mitch Daniel)

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Rappelons que l'Indiana jouit déjà d'une situation assez complexe en matière d'horaires, puisque l'Etat est à cheval sur deux fuseaux différents, celui de la côte Est, et celui dit "des Prairies". Si dans la plus grande partie de l'Indiana l'heure de la côte Est est appliquée (notamment à Indianapolis et dans sa banlieue), l'heure des Prairies (7 heures de décallage avec la France en hiver, 8 en été) s'applique dans le Nord Est de l'Etat, près de Gary (ville d'origine de la famille Jackson), car cette partie de l'Indiana est dans la banlieue de Chicago et que l'Illinois est à l'heure des Prairies. L'heure des Prairies est aussi en vigueur à Evansville (sud ouest de l'Etat), mais encore, de façon assez inexplicable, à Bloominton, ville universitaire au sud d'Indianapolis et quasiment à la même latitude que cette dernière.

Bon, j'espère que vous vous accrochez, parce que là, c'est la partie simple de l'exposé. Pour vous aider à vous y retrouver, une carte de l'Indiana:

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En effet, aux complications liées aux fuseaux horaires s'ajoute la difficulté liée au fait que tous les Etats entourant l'Indiana (Illinois, Michigan, Ohio, Kentucky) passent à l'heure d'été.

Pour cette raison, certains comtés proches de Cincinnati (Ohio) ou de Louisville (Kentucky) ont choisi de passer aussi à l'heure d'été, tout en continuant à appartenir au fuseau horaire de la côte Est. 15 comtés, sur les 92 que compte l'Indiana, sont concernés.

Ainsi, la situation actuelle est la suivante :

        - comtés du fuseau horaire de la côte Est ne changeant pas d'heure entre l'hiver et l'été (le plus grand nombre) ;

        - comtés du fuseau horaire de la côte Est passant à l'heure d'été (15 sur 92) ;

        - comtés du fuseau horaire des Prairies (changement d'heure été/hiver).

A l'évidence, l'idée de Mitch de mettre un peu d'ordre dans le système n'était pas absurde. Mais voilà, évoquer cette question devant les Hoosiers (nom des habitants de l'Indiana) revient à lancer une guerre de religion : 24 tentatives de passer à l'heure d'été ont déjà été rejetées par l'une ou l'autre des assemblées de l'Indiana au cours des 30 dernières années. Et certains mettent tout en oeuvre pour qu'un 25ème rejet permette à l'Etat de bientôt figurer dans le Guinness Book des records dans la catégorie "acharnement législatif". Encore faut-il reconnaître qu'en 1995 la réforme a bien été adoptée, mais c'était par erreur, les députés croyant que la loi n'était qu'indicative. Se rendant compte de leur méprise (une loi indicative !), ils sont aussitôt revenus sur leur décision...

La cuvée 2005 de la réforme n'est pas pour décevoir. Ainsi, certains élus  de l'ouest de l'Indiana (démocrates et républicains : la bêtise n'est pas partisane) ont cru trouver un terrain d'entente. Refusant pour leur part le passage à l'heure d'été, et sentant que la détermination de Mitch était inflexible, ils ont, faisant preuve d'un beau jeu de jambe politique, proposé que chaque Comté (il y en a 92, rappelez-vous !) soit libre de passer ou non à l'heure d'été.

Cette proposition absurde, pour ne pas dire plus, a été adoptée en Chambre des représentants et on espère que les Sénateurs vont calmer le jeu. Certains prétendent aussi que la loi ne serait pas constitutionnelle.

Pour illustration, une carte des comtés de l'Indiana : imaginez que chacun soit libre de choisir son heure !

comt_s

En me renseignant, j'ai appris que ces complications ne datent pas d'aujourd'hui puisque l'Indiana a dû se voir imposer l'heure de la côte Est dans les années 1970 par le pouvoir fédéral. Par ailleurs, jusqu'en 1883, chaque ville et chaque Etat pouvait faire ce qu'il voulait en matière d'horaire. L'heure dépendait seulement du soleil : lorsqu'il était à son zénith, il était midi. A cette époque, l'Indiana avait 20 zones horaires différentes. Quand il était 12 h à Chicago, il était 12 h 07 à Indianapolis, 12 h 31 à Pittsburgh, et 11 h 50 à Saint-Louis. Puis vint le chemin de fer et la nécessité de coordonner les pratiques de chacun. En 1883, les Etats-Unis étaient divisés en quatre fuseaux horaires.

L'actuelle proposition n'est donc qu'une illustration de la loi de l'éternel retour en politique...

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16 avril 2005

Le plateau télé de Patrick Besson

Tout à coup, la lecture du Figaro Magazine vient de perdre de son intérêt. En effet, le 19 mars dernier Patrick Besson a annoncé qu’il mettait fin à sa chronique « Le plateau télé de Patrick Besson ». Un éclair d’intelligence dans un océan de conformisme. C’était le premier article que je lisais, alors pourtant que nous n’avons pas ici la télévision française.

Badin, ironique ou amusé, Besson n’avait pas l’esprit de système (et d’ailleurs comment aurait-il pu en travaillant à la fois pour L’Humanité et pour le Fig Mag ?) et moquait gentiment le petit écran et ses stars éphémères. Il ne dénonçait pas, ne lançait pas d’anathèmes, ne défendait pas la « Culture », le « Service Public » et toutes ces grandes valeurs à lettre majuscule. Il ne se faisait pas d’illusions. Irrévérencieux, cynique et désabusé.  Très français.

Pour preuve, l’une de ses dernières chroniques, en date du 12 mars 2005 :

« Le salaire du rappeur


Confessions intimes (TF1) : après la téléréalité, la télé surréaliste. Un jeune rappeur black est harcelé par une jeune Ophélie blanche. Par exemple, elle l'appelle sur son portable pendant qu'il joue aux jeux vidéo avec ses potes. Ça, il n'y a rien de pire : que quelqu'un vous parle au milieu d'une partie de Game Cube. Bien sûr, c'est le garçon qu'on met en accusation, alors qu'il passe déjà son temps à se faire engueuler par la fille. Même ses parents - ses parents à lui - lui passent un savon. «Tu n'es pas gentil avec Ophélie.» La mère a fait un brushing pour la télé, mais le père a gardé son survêt'. «Je vais changer», promet Georges. Le soir suivant, il préfère dîner avec ses potes plutôt qu'avec Ophélie. C'est vrai qu'ils sont plus sympas et mieux fringués. Quand une femme vous demande de changer, il vaut mieux changer de femme, parce qu'on ne peut pas changer, sauf de femme. Sur le conseil de ses potes, Georges décide quand même de faire un effort. Il va chercher Ophélie à la sortie de la fac de médecine. Elle est bien contente. Ils se baladent main dans la main autour du carrefour de l'Odéon. C'est beau comme une chanson de Patrick Bruel. Ensuite, Georges visionne avec Ophélie des extraits du reportage, pour qu'elle se rende compte qu'il se rend compte à quel point il est nul avec elle. Ophélie, au lieu de rigoler, pleure. Ils avaient pourtant de l'humour, avant, les étudiants en médecine. Je n'arrive toujours pas à comprendre comment et surtout pourquoi les gens exposent leur vie privée à l'écran. Dans un livre, au moins, on s'adresse à des gens qui savent lire. C'était prévisible : Georges se retrouve chez le psy. Il est mal barré, le rap français, avec des zigotos pareils. Ça va tourner Michèle Torr. La psy - Catherine Miller, la soeur de Gérard ? - reproche à Georges ses provocations dans le couple. La base de l'art : le blanc de Malevitch, le bleu de Klein. Les voyelles de Rimbaud : une provoc. Et l'oeil coupé de Buñuel ? Elle convainc Georges qu'il aime Ophélie alors que ça saute aux yeux, même à celui de Buñuel, qu'il n'en a rien à battre. Encouragé par la psy, Georges écrit un morceau de R'n B pour Ophélie à l'occasion de la Saint-Valentin. «Tu es ma Valentine/Et je resterai ton Valentin.» Qu'est-ce que je disais : Michèle Torr ! Ophélie est fière, alors qu'elle devrait avoir honte de sortir avec un type qui écrit des âneries pareilles. Elle lui fait promettre de sortir au moins deux soirs par semaine avec elle. Commentaire de la présentatrice, fille de Pierrette Brès et sosie de Florence Dauchez : «Ils s'engagent dans une relation plus adulte.» Elle sera surtout plus courte ».

beson_patrik

« Quand une femme vous demande de changer, il vaut mieux changer de femme, parce qu'on ne peut pas changer, sauf de femme. » : c’est pour des petits joyaux de ce type que je ne ratais pas un « Plateau télé »…

Et aussi :

« Je ne conçois pas qu'un auteur puisse entrer dans une académie. S'il a le choix, c'est entre la prison, la guillotine ou l'hôpital psychiatrique. »

« Les sanctions économiques décidées contre Belgrade posent un problème à la communauté internationale : de quoi priver un pays qui manque de tout ? »

Où retrouver Besson ? Continue-t-il ses chroniques au Point ? Faudra-t-il que je m’abonne à L’Humanité ?

Posté par Marquette à 00:44 - Culture - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 avril 2005

France socialiste

Ah, il était beau l'espoir de la Gauche du Programme commun, qui voulait terrasser les tendances fascistes du pouvoir gaulliste, et guerroyait contre le libéralisme avancé de VGE !

On repeindrait la vie en rose, on serait tous frères, et le fric qui corrompt ne régirait plus les rapports humains ! On pourrait faire l'amour comme des castors, jeter par les fenêtres la morale bourgeoise, et se lancer dans une grande farandole planétaire pour aider nos frères du tiers-monde, martyrisés par l'impérialisme américain !  Il fallait changer la vie, changer la femme, changer la France, changer l'Homme ! Le "libérer des chaînes de l'argent"...

Doux rêve, dangereux rêve, auquel François Mitterrand  a assuré un enterrement de première classe, à coup de chômage de masse, d'explosion des prélèvements obligatoires, de paupérisation de la France, de soutien à des régimes dictatoriaux, d'écoutes téléphoniques illégales, de commissions occultes, de francisque trop rapidement oubliée, de barbouzeries du Pacifique, d'instrumentalisation du Front national.

Allez, rappelons-nous le temps des cerises avec cette chanson surréaliste, qui tient encore lieu de programme politique à la gauche du PS et à la gauche de la gauche.

changer_la_vie1

Changer la vie

Paroles de Herbert Pagani

Musique de Mikis Thédorakis

Chantée pour la première fois au congrès socialiste de Nantes, 1977

à écouter ici : http://www.habituel.org/sons/changer_la_vie.mp3

Les voix des femmes, et les voix des hommes
Ont dû se taire beaucoup trop longtemps
Ne croyons plus aux lendemains qui chantent
Changeons la vie ici et maintenant
C’est aujourd’hui que l’avenir s’invente
Changeons la vie ici et maintenant

Prendre la parole
Décider nous-mêmes
Libérer nos vies des chaînes de l’argent
Écrire notre histoire à la première personne
Être enfin des hommes et non des instruments
France socialiste puisque tu existes
Tout devient possible ici et maintenant

Ne versons plus au nom de leur puissance
Notre sueur, nos larmes, notre sang
Les travailleurs travaillent pour la France
Pas au profit de quelques possédants
Pour partager les fruits de l’abondance
Changeons la vie ici et maintenant

Prendre la parole
Décider nous mêmes
Libérer nos vies des chaînes de l’argent
Faire du bonheur notre monnaie courante
Maîtriser la science et dominer le temps
France socialiste puisque tu existes
Tout devient possible ici et maintenant

Il nous faudra reprendre en main nos villes
Qui ne sont plus que des ghettos géants
Où le printemps n’a plus le droit d’asile
Où meurent les vieux, les arbres, les enfants
C’est dans nos propres murs qu’on nous exile
Changeons la vie ici et maintenant

Prendre la parole
Décider nous-mêmes
Libérer nos vies des fleuves de ciment
Pour ne plus mourir de l’air que l’on respire
Et pour pouvoir vieillir auprès de nos enfants
France socialiste puisque tu existes
Tout devient possible ici et maintenant

Un siècle meurt, un millénaire commence
Plus de prisons, de cages et de camps
Tendons la rose rouge de l’espérance
Aux opprimés de tous les continents
L’histoire est là qui nous offre une chance
Changeons la vie ici et maintenant

Libérer la femme
Libérer l’école
Donner la parole aux frères émigrants
Ecrire notre histoire à la première personne
Être enfin des hommes et non des instruments
France socialiste puisque tu existes
Tout devient possible ici et maintenant.

Et merci quand même au site : http://nondenon.canalblog.com/ , dont je ne partage aucune des options politiques, mais qui reste intéressant.

Posté par Marquette à 06:25 - Politique française - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 avril 2005

La nouvelle politique

Merci à Bacchus de m'avoir transmis ce divertissement qui, bien entendu, s'applique aussi bien à l'UMP qu'au PS...

"Dans notre parti politique, nous accomplissons ce que nous promettons.

Seuls les imbéciles peuvent croire que

nous ne lutterons pas contre la corruption.

Parce que, il y a quelque chose de certain pour nous:

L'honnêteté et la transparence sont fondamentales pour atteindre nos idéaux.

Nous démontrons que c'est une grande stupidité de croire que

les mafias continueront à faire partie du gouvernement comme par le passé.

Nous assurons, sans l'ombre d'un doute, que

la justice sociale sera le but principal de notre mandat.

Malgré cela, il y a encore des gens stupides qui s'imaginent que

l'on puisse continuer à gouverner

avec les ruses de la vieille politique.

Quand nous assumerons le pouvoir, nous ferons tout pour que

soit mis fin aux situations privilégiées et au trafic d'influences

nous ne permettrons d'aucune façon que

nos enfants meurent de faim

nous accomplirons nos desseins même si

les réserves économiques se vident complètement

nous exercerons le pouvoir jusqu'à ce que

vous aurez compris qu'à partir de maintenant

nous sommes l'U.M.P., la "nouvelle politique"".




Et maintenant, lisez le texte en commençant par la dernière ligne et en
remontant ligne par ligne jusqu'au début....

Posté par Marquette à 05:56 - Politique française - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 avril 2005

Gimme ! Gimme ! Gimme ! ...some more voice

La comédie musicale est un art difficile.

Réussie, une comédie musicale concilie chorégraphie, comédie, chant, musique, et divertissement tous publics.

Les Américains sont passés maîtres dans cette discipline (comme le prouvent les shows de Broadway ou de Las Vegas) et disposent d'artistes polyvalents sachant danser, faire des claquettes, chanter, jouer la comédie.

Réussie la comédie musicale est un moment d'émerveillement, de magie, qui se prolonge par des semaines de refrains fredonnés.

Mais la comédie musicale est un art d'autant plus difficile qu'il suffit qu'un seul de ses ingrédients fasse défaut - ou soit seulement médiocre - pour que l'ensemble s'en trouve affecté.

Tel était le cas vendredi soir, lors de la représentation de "Mamma Mia", dans la salle de spectacle de Butler University.

"Mamma Mia" est un succès planétaire qui n'a pas quitté l'affiche à Londres depuis sa création, en 1999. La troupe sera au Palais des Congrès de Paris en juin prochain.

Le pitch, comme dirait Ardisson, est le suivant : une jeune femme âgée de 20 ans est sur le point de se marier avec un beau et jeune Grec (la comédie se déroule sur une île grecque). Elevée par sa mère, elle ne connaît pas l'identité de son père. Cependant, en fouillant dans les carnets intimes de sa mère (datant de l'été 1979, période de sa conception), elle découvre que celle-ci a entretenu des relations intimes avec trois hommes différents en un laps de temps très rapproché. La jeune femme décide, à l'insu de sa mère,  d'inviter ces trois hommes (très différents les uns des autres) à son mariage, et se fait fort de découvrir qui est son père.

Le scénario est réussi, ouvert à toutes sortes de rebondissements et de quiproquos, alternant humour et émotion. Les scènes sont bien découpées, rythmées. Les comédiens étaient talentueux. Tout aurait donc pu être parfait, d'autant plus que les tubes d'ABBA, intégrés dans la trame de l'histoire, sont joyeux et entraînants, désuets et décalés.

Mais, vous l'avez compris, il y avait un problème : les bons comédiens ne font pas forcément des bons chanteurs ! Leurs voix étaient dépourvues d'amplitude, portaient court, étaient souvent couvertes par les décibels de la musique, et pire, parfois, sonnaient faux.

Déception.

Car si, pour avoir une comédie musicale réussie, il faut parvenir à réunir bien des qualités artistiques, il en est une qui, à aucun prétexte, ne doit faire défaut : la qualité vocale des chanteurs.

Quelle conclusion tirer de cette soirée, qui fut malgré tout bien agréable en raison de la présence de nos amis John et Estella (cela ne s'invente pas !) et de la joie communicative des chansons d'Abba ?

N'allez pas voir la version US Tour de "Mamma Mia" (si vous deviez en avoir l'occasion) !

J'insiste sur "version US Tour" car, il s'avère que sous le commun label "Mamma Mia", plusieurs troupes différentes se répartissent le globe (à Toronto, Las Vegas, Broadway, en Europe, en Asie, et l'US Tour que nous avons vue). Ainsi, il n'est pas dit que les chanteurs de la prochaine version parisienne ne soient pas de qualité. Et comme la comédie musicale en elle-même et la musique sont très réussies, il est certain qu'une version disposant de bons chanteurs garantisse une excellent soirée.

Note : 11/20

Pour se rappeler le bon vieux temps :

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Pour en savoir plus : http://www.mamma-mia.com/

Posté par Marquette à 01:01 - Culture - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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