Les Américains sont trop gros, trop gras, et la situation ne cesse de se dégrader.

Pourtant, les livres de régime font un tabac, l’industrie agroalimentaire commercialise  toutes sortes de produits sans graisse, sans sucre (excellent article sur le Coca light “marqueur de l’obésité” à lire sur “Insidetheusa” : http://insidetheusa.net/2005/08/19/les-sodas-light-et-lobesite/), sans fibres, ou au contraire avec fibres, sans lait, etc… Les salles de sport poussent comme des champignons et ne désemplissent pas sur fond de musique techno. La prise de conscience a beau être réelle, on ne change pas du jour au lendemain les mauvaises habitudes. 

En fait, la situation n’a jamais été aussi mauvaise.

L’Indiana ne fait pas exception, et se situe au neuvième rang des Etats comptant la plus forte proportion d’obèses (plus du quart de la population totale). La moyenne nationale est de 22 %. L’objectif du gouvernement fédéral de parvenir à 15 % d’obèses en 2010 n’est atteint par aucun Etat pour l'heure.

Si l’on ajoute les personnes qui ne sont pas obèses, mais sont seulement en situation de surpoids, l’Indiana gagne une place en se situant en 8ème position, avec 61,7 % d’adultes atteints de surcharge pondérale. Bravo, je suis certain que l'on peut faire mieux !

Sept des 10 Etats comptant le plus de “gros” (comment dire cela de façon politiquement correcte ? “Personnes atteintes de surcharge pondéale” est un peu long, vous me l’accorderez. Afin de ne choquer personne, je vous demande de bien vouloir lire “personnes atteintes de surcharge pondérale” lorsque j’écris le mot “gros”) se trouvent dans le Sud Est des Etats-Unis. Le Sud est réputé plus sédentaire, la proportion d’Africains Américains est plus importante (ils sont davantages sujets à la surcharge pondérale), le régime alimentaire n’est pas excellent, et les Etats les plus pauvres s’y trouvent (ce sont les personnes les plus démunies qui consomment le plus de junk fund nauséabonde, car ils n’ont pas le choix).

Dans l’Indiana, 26 % de la population n’effectue aucun exercice physique régulier, et 78 % ne consomment pas assez de fruits et legumes. Le régime alimentaire de nombre d’entre eux se résume à : hamburger, frites, pizza, sandwich, accompagnés de litres de bière et de sodas. Bien évidemment, le snacking (consommation de produits croustillants à tout moment de la journée) est roi et la glace termine les repas.

La réaction s’organise : le ministère de la santé de l’Indiana se donne désormais pour objectif de lutter contre l’obésite, un site internet a été créé par l’Etat pour dispenser des informations relatives à une alimentation équilibrée, à la nécessité de faire du sport et d’arrêter de fumer (http://www.in.gov/inshape/). L’Etat de l’Indiana ferait cependant bien de commencer par donner l’exemple. En effet, la cafétéria de l’administration locale, ouverte à tous les fonctionnaires de l’Etat de l’Indiana travaillant dans les bâtiments se trouvant au centre d’Indianapolis, offre le choix entre un stand proposant des “All American burgers”, un autre proposant des pizzas et des pâtes proprement inmangeables, et un dernier de la marque “Subway” vendant des sandwichs longs préparés devant vous (subs)… Bien entendu, vous pouvez avoir de la salade, que vous composez vous-même, mais la plupart des gens noient leurs trois feuilles de salade sous une épaisse couche de sauce pas du tout diététique !

Un Américain (bien arrondi) me confiait récemment que sa mère l’avait poussé à s’alimenter toujours plus dans son enfance car sa famille avait beaucoup souffert pendant la crise des années 1930… Bon, d’accord, admettons. Pourtant, ses trois enfants, nés dans les années 70, sont aussi obèses. Elle est où, l’excuse, là ?  Ils ont eu peur d’être privés de riz pendant la guerre du Vietnam ?

Il y a encore du chemin à faire.

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