17 juillet 2006
Coupure estivale
Eh oui, la blogosphère est un peu comateuse ces temps-ci, et ce blog ne va pas faire exception : l'activité sera très réduite jusque vers le 5 août.
Au programme : demain, prestation de serment au barreau de New York à Albany, puis envol vers la Mère-Patrie !
A bientôt !
14 juillet 2006
"Fier d'être français", de Max Gallo
Pouvais-je attendre un meilleur jour pour vous parler du livre à succès de Max Gallo ?
L'argument de ce bref ouvrage, qui sonne comme une charge de cavalerie rendant courage et énergie à ceux que l'espoir abandonne, est résumé dans ses premières lignes :
"Il faut bien que quelqu'un monte sur le ring et dise : "Je suis fier d'être français !" Qu'il réponde coup pour coup, du poing et du pied, à ceux qui, du haut de toutes les estrades, condamnent la France pour ce qu'elle fut, ce qu'elle est, ce qu'elle sera. Si elle vit encore..."
Max Gallo dénonce alors les procureurs qui entendent rendre la France, seule, coupable des pires crimes (colonisation, esclavage, entre autres) en passant sous silence ses heures glorieuses ainsi que l'idéal qui la conduit. Il dénonce les lâchetés face aux atteintes portées à nos principes, à nos valeurs, à la démocratie, à la communauté nationale. Historien, il voit dans les mémoires plurielles des Français l'une des racines du désarroi collectif : "En fait, pour de nombreux habitants de ce pays, il n'y a plus d'histoire de France, c'est-à-dire de mémoire partagée, revendiquée, assumée tel un héritage, par tous ceux qui, un jour, sont devenus citoyens français" (p. 24).
Alors, à grands traits, il convoque l'histoire de France, de Jeanne d'Arc à la Résistance, en passant par Voltaire, Louis XIV, Henri IV, Bonaparte, Clémenceau, de Gaulle... Il rappelle les origines diverses de notre peuple situé au carrefour de l'Europe, ouvert sur l'Atlantique, sur la Méditerranée, portant jusque vers l'outre-mer. Il cite Renan, Braudel, Hugo. Il souligne que ce qui cimente les Français, ce n'est ni leur origine, ni leur religion, ni leurs caractéristiques spécifiques, mais leur vouloir-vivre ensemble fondé sur des racines solides, plus que millénaires : "C'est cela l'histoire nationale. Elle n'est pas un patchwork de cultures qui s'ajoutent et se juxtaposent et où l'une s'impose bientôt aux autres. Elle est la trame dans laquelle vient s'insérer un fil nouveau qui va enrichir la beauté de l'étoffe. Mais on ne change pas la trame. Il a fallu deux millénaires pour la constituer" (p. 57).
Max Gallo, parce que d'origine italienne, parce que de gauche, parce qu'issu d'un milieu modeste, est le mieux placé pour clamer que le patriotisme est sain, que la France n'appartient pas à ceux qui n'en entretiennent qu'une image flétrie, et que la condition du renouveau passe, pour les Français, par la fierté retrouvée d'être partie prenante d'un destin collectif. La France, quel programme !
Fier d'être français, Max Gallo, Fayard, 2006, 133 p.
En prolongement de ce post, je vous conseille vivement le visionnage de l'émission "Culture et Dépendance" du 21 juin dernier. Les invités étaient Max Gallo, Maurice Druon, et Nicolas Sarkozy. Une émission de très bon niveau. Voilà de la redevance bien utilisée ! L'émission est à visionner ici
13 juillet 2006
Garder le Parlement européen à Strasbourg ?
Il est des fois où la défense de l'intérêt général doit faire oublier les intérêts particuliers, même si lesdits interêts particuliers sont les nôtres. Il est des fois aussi où il faut savoir précéder ce qui paraît à terme comme inévitable.
Ainsi en va-t-il de la localisation du Parlement européen à Strasbourg.
La capitale de l'Union européenne est partagée entre plusieurs villes : Bruxelles, Luxembourg, Francfort, et Strasbourg. Bruxelles est généralement considérée comme la "capitale" de l'Union, et accueille les deux institutions de l'exécutif (Commission et Conseil), la majeure partie des administrations, le Comité économique et social européen et le Comité des régions. Luxembourg héberge les institutions judiciaires (Cour de justice des communautés européennes, et Tribunal de première instance) ainsi que la Banque européenne d'investissement (B.E.I.). Francfort accueille pour sa part la Banque centrale européenne. Quant à Strasbourg, hormis le Conseil de l'Europe (qui n'est pas une institution de l'Union européenne), la ville abrite le Parlement européen, seule institution de l'Union européenne implantée en France.
La situation est cependant un peu plus compliquée en pratique, car le Parlement européen est partagé entre Bruxelles et Strasbourg. Dans les faits, l'essentiel de l'activité se déroule à Bruxelles, le rôle de Strasbourg restant résiduel : toutes les réunions législatives préparatoires, et toutes les réunions de commission où sont réellement discutés les textes prennent place à Bruxelles, tandis que le secrétariat du Parlement européen, qui emploie la majorité de son personnel, est localisé à Luxembourg. Le Parlement passe seulement quatre jours par mois à Strasbourg afin d’effectuer les votes finaux et les sessions plénières. Des réunions plénières additionnelles sont tenues à Bruxelles.
Cette situation est absurde.
Le coût de ces migrations annuelles est évalué à plus de deux cent millions d'euros : tous les parlementaires (près de 700 désormais) et leurs assistants doivent se déplacer tous les mois pour quatre jours de session seulement, il en va de même des fonctionnaires communautaires (et notamment des centaines de traducteurs). Leur transport est payé par le contribuable européen. Ajoutons que le Parlement dispose de deux sièges, un à Bruxelles et un autre à Strasbourg, ainsi que de deux hémicycles, tous les deux fort luxueux. J'ai visité le siège du Parlement européen à Bruxelles et je peux vous dire que c'est un bien beau bâtiment, extrêmement vaste et lumineux, aux kilomètres de couloirs. Strasbourg vient pour sa part de s'offrir un nouveau siège, à la pointe de l'architecture, pour défendre la position de Strasbourg, contestée.
Il paraît donc plus rationnel d'avoir un siège unique. Alors pourquoi Bruxelles plutôt que Strasbourg ou Luxembourg ?
Tout milite pour Bruxelles.
C'est la solution la plus pratique car déjà nombre d'institutions s'y trouvent, ainsi que toutes les ambassades, groupes de pression, l'administration communautaire.
C'est une solution assez logique sur le plan fédéral : Bruxelles est la capitale d'un petit pays de l'Union, francophone enclavée en Flandres, et jouit déjà d'un statut particulier de capitale internationale (siège de l'OTAN, notamment).
Bruxelles est très bien desservie par les réseaux de transport : important car il faut que les Eurodéputés puissent aisément retourner dans leur circonscription si l'on veut que l'Europe soit "proche des citoyens".
Bruxelles est bon pour la France : Bruxelles est francophone et proche de la France (70 minutes depuis Paris).
Bruxelles est la plus appropriée sur le plan politique : chacun admet en général qu'il faut insuffler davantage de démocratie dans l'Union européenne. Qui dit démocratie dit contrôle, contrôle du pouvoir exécutif et de l'administration. La proximité géographique rend plus facile le contrôle démocratique effectué par le Parlement européen, émanation directe des peuples d'Europe.
Dans ces conditions, il me semble que la France devrait proposer de transférer tout le Parlement européen à Bruxelles.
En effet, les arguments en faveur du transfert sont assez puissants pour ne pas disparaître du jour au lendemain. Une pétition a déjà été lancée (http://www.oneseat.eu/), sans succès pour l'heure, mais la question continuera d'être posée. Il sera de plus en plus difficile pour la France de justifier une position irrationnelle fondée sur une certaine conception du prestige national.
Par ailleurs, l'unanimité étant requise pour décider du siège des institutions européennes, l'approbation de la France est indispensable. Plutôt que d'utiliser notre capacité de blocage pour interdire tout débat sur question du siège du Parlement européen, pourquoi ne pas utiliser notre position incontournable pour négocier pour Strasbourg une contrepartie à la hauteur de la perte pour la ville ? Strasbourg serait à coup sûr gagnante si on y implantait des laboratoires de recherche, ou si on y créait une grande université européenne financée par l'Union européenne. Bien d'autres projets pourraient aussi être envisagés.
La position de la France ne me paraît pas tenable à long terme, car nos arguments ne sont pas rationnels. Il est préférable sans doute que nous initions un mouvement qui sera salué par tous, afin de préparer une alternative de qualité pour Strasbourg.
12 juillet 2006
Bahia Honda State Park
Les Florida Keys constituent un superbe lieu de villégiature, mais, comme on l'a vu, ce n'est pas l'endroit idéal pour la plage. Cependant, cela est surtout vrai de Key West, la plus au sud des îles. En effet, si l'on remonte vers la Floride, vers ce que l'on appelle, les Lower Keys (les Keys inférieures, comme l'on parlait dans le temps de la Loire-Inférieure pour désigner la Loire Atlantique, qui se trouvent au nord des Upper Keys...), il est possible de trouver de très jolies pages de sable blanc au Bahia Honda State Park, sans doute les plus remarquables des Keys.
Ce qui est unique avec cette plage, c'est que, comme il s'agit d'un parc naturel, on n'y trouve aucune construction, aucun matelas de plage, aucune cannette de coca flottant entre deux eaux, pas de musique de timbré, et pas non plus de top modèles russes en micro-maillots faisant des batailles de Dom Pérignon pour se rafraîchir. Mais ce dernier point peut aisément être compensé en prenant soin de visiter les lieux en compagnie de SON top-modèle attitré...
Seul obstacle à l'horizon, le gigantesque pont qui relie les différentes îles entre elles. Mais bon, l'île est assez grande pour ne pas avoir l'ouvrage d'art en perspective.
Sinon, on aurait pu imaginer le tournage de Lost à cet endroit-là. Pas rassurant tout cela...
11 juillet 2006
Vers un retrait du penny ?
Les pennys (piècettes de 1, 2, et 5 cents) déforment les poches, allourdissent les porte-monnaie, trainent sur les comptoirs. Plus personne n'y prête attention, et de plus en plus rares sont ceux à se donner la peine de se pencher pour ramasser un penny gisant sur le sol.
USA Today s'intéressait, le week-end dernier, à l'avenir de ce penny que certains proposent de retirer de la circulation. Ce ne serait pas une première : la pièce d'un demi cent a déjà fait l'objet d'une telle mesure au XIXème siècle, tandis qu'en Europe, la Finlande a décidé de ne plus produire de pièces de 1 ou 2 centimes d'euro.
Les arguments des "ennemis du penny" sont solides : pour la première fois dans l'histoire, le coût de production d'une pièce d'un penny est supérieur à un penny ! La pièce, composée de zinc et recouverte de cuivre, est devenue plus cher à fabriquer en raison de l'envol récent du prix des matières premières. On considère qu'il en coûte 1,23 cents pour produire une pièce d'un cent. La valeur du métal contenu dans la pièce s'établit à environ à 1 cent (raison pour laquelle il ne serait pas rentable de ramasser toutes les pièces, de les fondre, puis de les revendre au cours du zinc et du cuivre), soit la valeur de la pièce, mais il faut ajouter au coût de la matière première le coût du transport, de la production (salaires, usines, etc), ce qui explique que le coût total s'établisse à 1,23 cents.
Pour nombre d'économistes et pour les dirigeants de la manufacture chargée de la production des pièces, le retrait des pennys est nécessaire. La manufacture, en effet, fabrique les pièces puis les vend à leur valeur faciale à la Banque centrale des Etats-Unis (la Federal reserve), qui se charge ensuite de distribuer les pièces dans les banques de détail. C'est donc la manufacture qui supporte la perte due à la fabrication des pennys.
Une autre raison milite pour le retrait des pennys de la circulation : ces pièces ont de moins en moins de valeur. En raison de l'inflation, un penny de 1956, par exemple, vaudrait sept pennys actuels ! De même, on estime qu'il fallait travailler 13 secondes pour gagner un penny en 1966, contre seulement 2 secondes à l'heure actuelle !
Tout cela est très bien, mais ignore l'attachement populaire aux instruments monétaires. Nous qui sommes passés il y a quelques années des francs aux euros sommes bien placés pour le savoir. Les consommateurs sont attachés à leurs pièces, à leurs billets, et certains vont jusqu'à considérer qu'il en va de l'identité de la nation au même titre que l'hymne, ou le drapeau. Ainsi, il apparaît que les Américains restent majoritairement attachés à leurs pennys. De même un lobby s'est constitué pour défendre les pièces cuivrées (lobby soutenu notamment de producteurs de zinc, de cuivre et soutenu par des législateurs représentants d'Etats producteurs de zinc ou de cuivre...). Enfin, bien évidemment, des économistes soutiennent que le retrait de ces petites pièces serait néfaste pour l'économie et frapperait avant tout les plus modestes, pour lesquels un penny conserve une valeur, et qui, surtout, souffriraient inévitablement de l'inflation qu'induiraient selon eux des arrondis au montant supérieur.
Nous voilà bien avancé, n'est-ce pas ? On pourrait penser que ce n'est pas demain la veille que le penny disparaîtra. Il faudrait pour cela un courage dont le législateur fédéral n'est pas coûtumié... Et ce d'autant plus que l'année 2009 sera le 200ème anniversaire de la naissance d'Abraham Lincoln, ce qui donnera lieu à d'innombrables manifestations. Or la face des pièces de 1 et 2 cents montre justement le profil de Lincoln : pas vraiment le moment de passer ces piécettes à la trappe !
Une solution de compromis pourrait être avancée, cependant. L'idée m'en est venu à propos du débat concernant la pièce de 5 cents, dont le coût de production est lui aussi légèrement supérieur à sa valeur. A la différence des pièces de 1 ou 2 cents, nul ne propose de retirer la pièce de 5 cents de la circulation : le risque inflationniste serait trop grand en ne conservant plus que les pièces de 10 cents ("nickel"). Pour remédier au problème du coût des matières premières, il est proposé de changer la composition en métal des pièces de 5 cents, et de substituer au zinc un métal moins onéreux. Il est probable qu'une proposition de la même eau pourrait être envisagée pour les pièces de 1 et 2 cents.
L'article de USA Today est ici : Penny
10 juillet 2006
Le jackpot des réserves indiennes
L'un de mes sujets d'étonnement, lorsque j'ai eu à choisir les cours que je souhaitais suivre à la Faculté de droit d'Indianapolis, fut de découvrir que l'une des matières dispensées était "Indian law". Et ce alors que l'Indiana accueille l'une des plus faibles populations d'Indiens d'Amériques (ils ont tous été déportés ou exterminés au cours du XIXème siècle) et se trouve être l'un des rares Etats à n'avoir aucune réserve indienne.
Il demeure que, pour être inutile dans l'Indiana, le "Indian Law", ou droit des réserves indiennes revêt une grande importance pour les Etats qui ont de telles réserves sur leur territoire, et pour les Indiens d'Amérique et Américains non indiens vivant dans ces réserves.
Aux termes de la décision rendue de la Cour suprême faisant référence en la matière (Worcester v. Georgia, 1832), les tribus indiennes sont des "communautés politiques distinctes et indépendantes conservant leurs droits naturels originels" en matière d'administration locale. Même si elles ne "sont plus en possession de tous les attributs de la souveraineté", les tribus demeurent "un peuple séparé conservant le pouvoir de réglementer leurs rapports internes et les relations sociales" (United States v. Kagama, 1886). Bref, les Indiens ont "le droit... de décider de leurs propres lois et d'être régis par elles" (Williams v. Lee, 1959). Cependant, les tribus sont considérées comme des "domestic dependent nations" (nations internes aux Etats-Unis) plutôt que comme des nations étrangères.
Le droit indien (traduisons ainsi, même si cela m'écorche un peu les oreilles...) consiste en un ensemble de dispositions juridiques de droit tribal (propre à chaque groupe d'Indiens), de droit fédéré et de droit fédéral qui régit tous les échanges effectués en territoire indien. Soulignons que ce droit est lié au territoire sur lequel il s'applique et non aux personnes se trouvant sur ce territoire : ainsi, un visage pâle se trouvant dans une réserve est soumis au droit indien, tandis qu'un peau-rouge se trouvant hors d'une réserve est soumis au droit de l'endroit où il se trouve. Droit fiscal, droit du travail, procédure civile, fusion et acquisitions, droit civil, droit des contrats, droit des assurances : presque toutes les branches du droit connaissent des distinctions propres aux réserves indiennes, voire même dans certains cas, sont régies intégralement par un ensemble de dispositions dérogatoires du droit commun. Les réserves disposent aussi de leurs propres forces de police.
Une loi fédérale de 1988 donnant le droit aux réserves indiennes d'ouvrir des casinos a révolutionné la vie des Indiens. L'objectif était de dynamiser l'économie des réserves indiennes, souvent situées dans des endroits reculés, vivant encore d'une économie traditionnelle à base de pêche et d'exploitation forestière, et affectées d'une paupérisation ininterrompue depuis la conquête par l'homme blanc (accentuée par les ravages de l'alcool). Les Indiens constituent le groupe ethnique le plus défavorisé du pays. Pour la première fois depuis des siècles, les Indiens peuvent envisager l'avenir avec optimisme, les produits des jeux leur fournissant la base financière nécessaire au développement économique et à l'amélioration des conditions de vie.
Compte tenu du goût des Américains pour les jeux d'argent et de la réglementation draconienne qui organise le secteur, le nombre de casinos dans les réserves n'a pas tardé à exploser. A part à Las Vegas et à Atlantic City, ainsi que sur certains fleuves (ainsi quelques bateaux sur l'Ohio, par exemple), les casinos sont prohibés aux Etats-Unis. Voilà qui oriente un nombre considérable de joueurs dans les réserves.
Les autorités des réserves gèrent avec plus ou moins de bonheur cet afflux d'opportunités de développement et d'argent. Nombreuses sont celles à obliger les investisseurs à faire appel à des entreprises de travaux publics possédées par des Indiens, ou à donner une priorité à l'embauche aux Indiens.
Certaines tribus se contentent de répartir les produits des taxes prélevées sur les jeux entre les différents membres de la communauté, allant jusqu'à distribuer des sommes de l'ordre de 10.000 $ par mois à chaque membre identifié de la communauté, enfants inclus (tous les membres sont fichés). Autant dire que nombreux sont les Indiens à revenir vivre dans les réserves ou les individus à revendiquer leur statut de membre de telle ou telle tribu dans le but exclusif de bénéficier des largesses du système. Cette loi a pu créer des situations identiques à celle des ressortissants des monarchies pétrolières du Golfe persique.
D'autres tribus, et elle sont les plus nombreuses, ont décidé de faire bon usage de ces fonds, mettant en avant qu'après deux ou trois générations d'assistés, les Indiens seraient complètement dépourvus si la loi venait à être modifiée (per exemple avec la possibilité d'ouvrir des casinos plus facilement aux Etats-Unis). Ainsi, ces tribus ont décidé de réinvestir ces fonds dans des projets de développement bénéficiant à l'ensemble de la communauté : centres commerciaux, complexes touristiques, conserveries... Elles distribuent bien des sommes directement aux Indiens, mais en aucune des façons des montants permettant de prendre sa retraite avant d'avoir commencé à travailler. Ces tribus préfèrent aussi financer des projets sociaux, comme des crêches pour les enfants en bas âge, des maisons de retraite, et même une assurance maladie intégrale, chose exceptionnelle aux Etats-Unis. Cet argent est aussi utilisé pour financer des projets culturels : enseignement de la langue et de la culture indienne, préservation de sites, édification de musées. Il est un seul projet que les réserves se sont décidées à ne pas financer : un système scolaire autonome pour les Indiens dans les réserves. En effet, les autorités indiennes ont sagement considéré qu'il serait nuisible aux jeunes Indiens de vivre séparés des jeunes Américains vivant hors des réserves.
On ne revient pas sur le passé, mais cette manne financière offre pour la première fois aux Indiens la possibilité de participer à un rêve américain qui pour eux a plutôt été, depuis l'origine, un long cauchemar.
Les photos de ce post ont été trouvées sur un site très instructif consacré à la tribu des Nez Percé, originaires des actuels Etats de l'Oregon et de Washington, à l'extrême nord ouest des Etats-Unis.
08 juillet 2006
"L'égoïste romantique", de Frédéric Beigbeder - Extraits
"Fête de L'Huma à La Courneuve. Il n'y a plus de boue par terre comme autrefois, mais toujours l'odeur de graillon, les jolies prolétaires et les groupes de folklore chilien (la seule concession au système capitaliste est qu'ils interprètent la chanson Titanic de Céline Dion à la flûte de Pan). Cela me change du Trophée Lancôme à Saint-Nom-La-Bretèche" (p. 47).
*
"Fête de l'Huma, toujours. J'aime les communistes parce qu'ils continuent à refuser d'être des esclaves. Parce qu'ils militent contre la mondialisation en chantant L'Internationale. Les pauvresses sont plus sexy que les poules friquées, je l'ai déjà observé : elles sont naturelles car elles n'ont pas les moyens de devenir une PEM (Pouffe En Mules). Elles s'appellent Michèle ou Cécile, portent des baskets, sentent le patchouli, ne s'épilent jamais le pubis, boivent du vin blanc, connaissent l'existence de Nick Drake et couchent le premier soir sans faire de simagrées, à condition qu'on ne leur dise pas trop de mal de Fidel Castro" (pp. 47-48).
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"Quand je m'enrhume, les gens croient que j'ai sniffé de la drogue. On appelle cela avoir une réputation" (p. 65).
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"Seuls les êtres vraiment prétentieux supportent le succès. Car ils le trouvent naturel. C'était l'anonymat qu'ils estimaient anormal, incompréhensible, obscène. Quand, tout d'un coup ce qu'ils font se met à marcher, ils ne pètent pas les plombs, ils pensent juste "ah ça y est, c'est pas trop tôt". Bref, le seul moyen de ne pas chopper la grosse tête, c'est de l'avoir toujours eue" (p. 70).
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"Le maître à penser de notre époque, c'est Ponce Pilate. Le lâche qui fuit ses responsabilités, qui se lave les mains pour éviter de prendre une décision, c'est vous. Nous sommes tous des Ponce Pilate, résignés, débordés, ennuyés à l'idée d'émettre un doute sur ce monde qui nous dépasse et ces mystères que nous ne feignons même plus d'organiser. Roland Barthes disait : "Ponce Pilate n'est pas un monsieur qui ne dit ni oui ni non, c'est un monsieur qui dit oui." Nous croyons grommeler, mais en vérité nous acquiesçons en silence. Et en plus nous espérons garder les mains propres" (p. 78).
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"Désormais on n'a plus le choix qu'entre le cynisme et la paranoïa. D'un côté ceux qui pensent que, foutu pour foutu, autant tirer son épingle du jeu pendant qu'on est là : les marchands, les financiers, les animateurs télé, les publicitaires, les hédonistes, les nihilistes. De l'autre, ceux qui craignent la fin du monde et tentent de protéger tout ce qui n'est pas encore détruit : les romanciers, les résistants antimondialisation, les écolos, les poètes, les emmerdeurs, les ronchons. Cette dichotomie a supplanté la division gauche/droite depuis la chute du mur de Berlin. Une hémiplégie chasse l'autre. Egoïsme ou romantisme, il va falloir choisir son camp" (p. 172).
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"Manifestation jet-set au Trocadéro : toutes les stars françaises sont rassemblées derrière des barrières pour chanter La Marseillaise. Avant d'arriver, je craignais le pire : une révolution people où des privilégiés apporteraient une fois de plus, involontairement, des voix à Le Pen en proclamant courageusement leur soutien aux gentils contre les méchants. Mais Edouard Baer et Atmen Khélif donnèrent tort à mes préjugés paranoïaques : "Le drapeau français bleu-blanc-rouge est à nous tous, La Marseillaise nous appartient, soyons fiers de ces symboles dont l'extrême droite a eu trop longtemps l'exclusivité." Ce serait bien si, en boîte, le nouveau truc branché était d'entonner l'hymne national. ce serait bien si le deejay pouvait beugler "Vive la France !", sans avoir l'air d'un ringard ou d'un facho" (pp. 343-344).
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"J'écris pour savoir ce que je pense" (p. 349). Tiens, ce pourrait être le sous-titre de ce blog.
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"On croit que le "bobo" cumule les avantages du confort bourgeois et du look bohème alorsqu'il additionne deux résignations; la honte d'être riche s'ajoutant au ridicule de la révolte" (p. 386).
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"A tous les critiques que je déçois, je voudrais, une fois pour toutes, dire que je suis d'accord avec eux. Moi aussi, j'aimerais bien que mes livres soient meilleurs" (p. 364).
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"Finalement, nous devrions être fiers de l'équipe de France. Géniale un jour, nulle le lendemain, elle incarne notre pays. Nous sommes grands dans la réussite comme dans l'échec. La demi-mesure n'est pas notre spécialité" (p. 364). Beigbeder serait-il gaulliste ? Allez, rappelons-nous 1998, et que l'équipe de France concrétise demain nos espoirs !
07 juillet 2006
"L'eau rouge", de Pascale Roze
L'Indochine : ceux qui y ont vécu ne parviennent jamais à s'en déprendre. Tel est le cas de Pascale Roze, née à Saïgon mais rentrée en France à l'âge de 4 ans, pour vivre son enfance et sa jeunesse dans la rade de Toulon, son père étant officier de marine. Tel est le cas de mes parents, de mes grands-parents, tant du côté maternel que paternel. Il y a des Pieds-Jaunes, chez les Marquette. Ainsi en va-t-il de Laurence Bertilleux (l'héroïne de "L'eau rouge") qui, complexée par une poitrine encombrante mais décidée à gagner son indépendance, fait des études de psychologie et s'engage dans l'armée, en 1948, pour l'Indochine. A 23 ans.
Ce livre n'est pas un livre sur la guerre d'Indochine, même si le contexte politique apparaît en toile de fond. Les vrais sujets sont cette terre tant chérie par les Français qui l'ont approchée, la vie coloniale, et la Mémoire. Car Laurence Bertilleux, même si elle n'a passé que cinq années dans notre colonie d'extrême Orient, sera transformée par cette expérience, sera confrontée à elle-même, à sa lâcheté, à ses complexes, et sera hantée jusque sur son lit de mort par l'inconséquence dont elle a fait preuve à l'âge de 25 ans. Je n'en dirai pas davantage. L'eau rouge, c'est l'eau teintée du sang des hommes qui ont combattu en Indochine. "Le sang qui flottait à la surface de la boue à Dien Bien Phu, qui ne pouvait plus s'enfoncer. La terre le refusait" (p. 141). Mais c'est aussi l'eau rougie par un autre crime, plus intime, marquant la fin de l'innocence.
Un beau livre bref, nerveux, où l'économie de moyens déployés, suggérant plus que démontrant, nous transporte en un monde oublié : l'Indochine !
L'eau rouge, Pascale Roze, Stock, 2006, 158 p.
*
Une très belle critique rédigée par Jacques-Pierre Amette dans Le Point (n° du 6 avril 2006) m'a donné envie de lire cet ouvrage. Vous trouverez cet article ici : La_campagne_d_Indochine_de_Pascale_Roze.doc
"L'écrivain balaie d'un coup la propagande des journaux d'époque ainsi que les dissertations des historiens professionnels qui portent une inclination étrange pour la comptabilité. Le livre, plus tordu, est une lettre aux derniers vivants, aux contemporains de l'affaire qui, maintenant, vivotent dans des maisons de retraite. Elle s'adresse aussi à ceux qui sont déjà sous la dalle de marbre et le pot d'hortensia."
*
Extrait
"Au cap Saint-Jacques, elle quitta le Pasteur qui continuait vers la baie d'Along et embarqua sur un bâtiment de transport de troupes pour remonter la rivière de Saigon. On entrait dans les terres, on touchait au but. A l'avant du bateau, conquérante, elle scrutait le paysage, un médiocre paysage, très plat, des mangroves pleines de palétuviers, elle l'avait lu dans les livres, elle l'avait enseigné, puis des rizières à l'infini dans lesquelles travaillaient des Annamites, sous leur chapeau pointu, et des buffles gris et maigres. Pas même des cocotiers. Un rassemblement à bâbord : on guette les deux clochers de la cathédrale de Saigon ! Excitation générale, à celui qui les verra le premier. (...) La rivière n'en finit pas de dérouler ses méandres, les clochers disparaissent et réapparaissent. Enfin le quai des Messageries. Une fanfare militaire les accueille, qui lui donne des frissons au coeur. Mais ce qui l'envahit avant même de descendre à terre, c'est l'odeur. L'odeur de Saigon, ce mélange lourd de vase, de sucre, la fleur du frangipanier, d'épices, de saumure, épaissi par la chaleur, qui vous prend, vous saupoudre la chair et imprègne le souffle."
06 juillet 2006
Une plaque pour la vie
Dans l'Indiana, comme dans de nombreux autres Etats américains, il est possible de personnaliser sa plaque d'immatriculation.
Le "special recognition license plate program" permet aux Hoosiers de soutenir universités, organisations caritatives, associations. L'idée consiste à fournir à ces entités une publicité volontaire de la part de ceux qui les soutiennent et qui, de plus, sont prêts à payer pour s'offrir ces plaques qui prouvent 1) leur soutien, 2) leur générosité... "Le bien ne fait pas de bruit, le bruit ne fait pas de bien", entends-je ? Allons, il faut vivre avec son siècle !
Bon, c'est modique, il faut compter seulement 15 $ pour arborer une de ces plaques sur votre SUV :
- Indiana University - Indianapolis
- Notre Dame University (Université catholique)
- Vétéran
- Survivant de Pearl Harbor
- Programme de protection de l'enfance et de lutte contre les mauvais traitements
- Soutien des écoles primaires
- Protection de l'environnement dans l'Indiana (je ne la vois jamais, celle-ci...)
- Lutte contre la drogue et les violences
- Soutien aux arts
- Sécurité civile
- Scoutisme
- Aide aux indiens d'Amérique (culture)
- Hôpital pour enfants Riley
- US Legion
- Ordre fraternel de la police (c'est celle que je prendrais volontiers, pour éviter les complications)
- Lutte contre le cancer du sein
- Franc-maçons
- Indianapolis Motor Speedway
Vu le succès de ces plaques, les associations ou institutions en tous genres tentent d'obtenir l'homologation du Bureau of Motor Vehicle leur permettant d'émettre "leur" plaque d'immatriculation et ainsi de bénéficier de nombreux dons. Pour ce faire, elles doivent soit obtenir le vote d'une loi par les deux chambres de l'Etat de l'Indiana, soit réunir un nombre suffisant de signatures soutenant l'émission d'une nouvelle plaque et démontrer qu'un minimum de 2000 plaques peuvent être vendues en quatre ans.
Dernière proposition acceptée par le Commissaire Joel Silverman, une plaque d'immatriculation "Choose life" ("Choisissez la vie"), dont les fonds récoltés serviront à la Indiana Association of Pregnancy Centers, association des centres de grossesse de l'Indiana. Comme vous l'avez bien compris, il s'agit d'un réseau de centres luttant contre l'avortement.
Selon le Commissaire Silverman, élu au suffrage universel, cette décision ne répond à aucune préoccupation politique ou philosophique.
*
"Pan sur le bec" : FoxTrot Bravo me fait remarque avec justesse que j'ai omis de vous montrer la plaque d'immatriculation ordinaire de l'Indiana. C'est vrai qu'elle est jolie, cette plaque, si bucolique et si représentative de notre Etat à la vie trépidante !
04 juillet 2006
Mélange des genres
Mon post précédent a suscité une remarque intéressante de la part d'un lecteur, Almendralejo, sur un point particulier. Il me donne ainsi l'occasion de revenir sur la place de la religion si ce n'est dans la société américaine, du moins dans le Middle West.
Le sujet ayant donné lieu à controverse est le sermon prononcé par un pasteur juste avant la course de Formule 1 du Grand Prix des Etats-Unis. Voici le commentaire d'Almendralejo, reprenant au début l'un de mes commentaires :
"je me disais que nos amis américains n'étaient pas si éloignés, parfois, de certains régimes islamistes...", cette phrase tranche un peu avec les photos des pom-pom girls un peu au-dessus, hmm...?
Peut-être que le long dimanche au circuit ne permettait pas de se rendre à l'eglise et que les organisateurs ont prévu une compensation, largement suivie, à en croire la photo.(?)
Comme mon observation était plutôt laconique, elle mérite sans doute une petite explication de ma perception de cette question.
Je suis d'accord avec le sens général du propos d'Almendrajelo : les Etats-Unis sont un pays de libertés !
De ce point de vue-là, pas un seul pays musulman n'est plus respectueux de l'état de droit, de la démocratie, des droits de l'homme, des diverses religions ou opinions ou orientations. Cela me paraît être une évidence : les Etats-Unis sont un des pays les plus avancés dans le monde s'agissant du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. La situation n'est pas parfaite, mais il existe peu d'endroit sur terre où elle soit meilleure.
Cela étant précisé, les Etats-Unis ne cessent d'étonner, et parfois d'agacer l'hôte français que je suis s'agissant de la place de la religion dans la société américaine.
Etonnement lorsque des adolescentes peuvent défiler dans des tenues un peu osées en se déhanchant convulsivement comme des danseuses de samba brésilienne, ou arborer mini shorts et micro jupes et, dans le même temps, porter un t shirt au-dessus du nombril indiquant que pour elles, ce sera "no sex" jusqu'au mariage. Etonnement encore s'agissant des programmes de radio et de télévision : On peut aussi voir des centaines de meurtre, de la cruauté, toutes sortes d'horreurs sur les chaînes de télévision, mais les ligues de vertu chrétiennes s'alarmeront de la prononciation du F*** word, ou se scandaliseront de l'exhibition fugitive d'un bout de téton pendant un intermède musical (calculée ou accidentelle, peu importe).
Franc agacement lorsque, comme dimanche dernier, on assiste à un mélange des genres à mon sens inapproprié entre sphère privée et sphère publique. Ma remarque sur le pasteur qui prononce son sermon juste avant la course de Formule 1 était sans doute excessive dans sa comparaison avec certains régimes islamistes, mais je ne la retire pas totalement, car je trouve qu'Américains et Islamistes partagent cette caractéristique de confondre sphère privée et sphère publique en matière de religion. C'est ainsi que nombre de lois de l'Etat de l'Indiana, dans leur exposé des motifs, se fondent explicitement sur les enseignements de la Bible, que l'Etat de l'Indiana a décidé de rendre obligatoire un moment de prière quotidienne dans les écoles, que des prières sont prononcées au début de chaque session parlementaire, que la seule façon de bénéficier de services de garde d'enfants en bas âge est d'être affilié à une église, les services publics étant tout bonnement inexistants en la matière, que l'invocation de Dieu et de "Our Lord Jesus Christ" est lancée à tout bout de champs...
Je suis catholique - pas très pratiquant, mais catholique - et aussi très attaché à la laïcité à la française qui laisse la religion dans la sphère intime et ne lui accorde pas de place dans la sphère publique. Pour revenir à dimanche, les pilotes et leurs équipes peuvent prier, les spectateurs peuvent prier pour eux, chacun peut faire ce qu'il souhaite. Et ceux qui souhaitaient vraiment ne pas rater l'office dominical, ils le pouvaient aisément : la course avait lieu à 13h et toutes les églises proposent ici plusieurs messes à divers horaires le dimanche matin. Mais le moment de prière collective dans une enceinte sportive me choque, je l'avoue. Comme catholique (comme 30 % des habitants de l'Indiana), je n'ai pas envie de voir un pasteur protestant me livrer sa bonne parole. Juifs, Bouddhistes, Agnostiques, et Athées partagent sans doute mon sentiment. Le respect de toutes les religions passe aussi par le respect de ceux qui sont en recherche et de ceux qui ne croient en rien. Imagine-t-on en France un prêtre catholique inviter à la prière avant une finale de la coupe de France de football ? Avant le Grand Prix de France à Magny-Cours ? Que n'entendrait-on pas ? Et sans doute à juste titre, d'ailleurs.
Ce qui permet de faire société, c'est ce qui est commun à tous : l'adhésion à une même religion n'est pas commune à tous et en ce sens, il me semble préférable d'éviter les manifestations publiques qui pourraient laisser croire que certains, à raison de leur religion, ne sont pas des membres à part entière de la communauté. Le chant de l'hymne national, pour cette raison, est approprié, car il est inclusif. Il concerne tous les Américains et ne laisse personne de côté. La religion, en revanche, est facteur d'exclusion, de segmentation, de division, et même d'affrontement, souvent : c'est pourquoi son expression publique convient, me semble-t-il, d'être évitée.
















































