"Chroniques transatlantiques"

"J'écris pour savoir ce que je pense" Frédéric Beigbeder

07 décembre 2006

Bienvenue France 24 !

Lancement de France 24, la nouvelle chaîne d'information continue française, diffusée, à la différence de LCI, dans le monde entier, dès demain, dans 75 millions de foyers.

Première approche hier soir, sur Internet, car c'est là que France 24 a été lancée en primeur, avant même d'être présente sur le câble et le satellite.

Diffusion en francais, en anglais, ton joyeux (hormis le présentateur principal qui croit faire sérieux en affichant son austérité : il faudra lui apprendre à sourire), maquette claire et moderne, absence de stars (des visages nouveaux !), ouverture sur le monde entier et aussi, semble-t-il, sur des contrées rarement sur le devant de la scène : la première impression est bonne, même si, bien entendu, il faudra voir ce que donne la formule sur le long terme.

France 24 était une nécessite absolue. Dans la bataille mondiale des images, vecteur d'influence s'il en est, la France se devait d'être partie prenante du marché de l'information en continue. Alors oui, bien sur, cette initiative coûte quelques dizaines de millions d'euros en rythme annuel. Mais qu'est-ce par rapport au  budget d'équipement de la défense, par exemple. Loin de moi l'idée de considérer que les dépenses militaires sont excessives, mais il faut bien admettre que, dans un monde globalisé, la France devait tenir sa place face à CNN, BBC World, Deutch Welle, Al Jazira, et toutes les autres chaînes concurrentes chinoises ou proche orientales.

Si la France a un message à porter, il convient de se donner les moyens de le diffuser le plus largement.

Et pour la promotion de la francophonie, quelle opportunité ! On imagine aisément l'utilisation qui va pouvoir être faite de ces images dans toutes les Alliances françaises, dans toutes les écoles françaises de par le monde.

France 24, portée par la volonté tenace de Jacques Chirac, restera sans doute comme l'une des réalisations les plus réussies - et sans doute les plus pérennes -de sa présidence. Du Musée des Arts Premiers à sa diplomatie, de la défense des préoccupations environnementales à la promotion des intérêts du Tiers Monde, Jacques Chirac a su tracer les contours d'une France moderne, ouverte au monde, à la diversité, s'efforçant de démontrer que la mondialisation est pour la France une chance bien plus qu'une menace. Restent à convaincre les Français de la pertinence de ce discours, mais soulignons la cohérence de convictions humanistes fidèles à la tradition profonde de notre pays.

"Certains pays ne sont jamais aussi grands que lorsqu'ils se battent pour eux-memes, telle l'Angleterre de Drake ou de la bataille de Londres. Certains pays ne sont jamais aussi grands que lorsqu'ils se battent pour tout le monde, c'est-à-dire pour les autres. Ainsi, sur les routes de l'Orient, il y a des tombes de chevaliers français. Ainsi, sur les routes de la Liberté, il y a des tombes de soldats de l'an II. La France n'est la France que lorsque, la première, elle entreprend une oeuvre, et qu'elle le fait pour tout le monde" (André Malraux, 12 mai 1976).

Posté par Marquette à 16:43 - Politique internationale - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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