28 novembre 2007
La fin prochaine de l'impôt de bourse
Mine de rien, vous parcourez actuellement un blog d'influence... Definitely the place to be pour deviner les tendances du moment !
Je m'explique : le 11 juillet dernier, avec un à-propos divinatoire qui m'aurait sans doute valu les bûchers de la très sainte inquisition au Moyen-âge, je réclamais avec insistance la suppression de l'impôt de bourse : ("La bourse ou Paris", si vous voulez le (re)lire).
Et voilà que l'Assemblée nationale vient d'entériner ladite suppression, la seule question en suspens étant de savoir si cela vaudra dès 2008 ou en 2009.
Il faut ici chanter les louanges des députés UMP Gilles Carrez et Yves Censi, qui ont mis en avant que l'impôt de bourse génère 1,02 milliard de pertes de recettes fiscales et sociales, du fait des délocalisations. A comparer avec les 240 millions d'euros rapportés par cette taxation.
"Le maintien de cet impôt, qui n'est applicable qu'aux opérations réalisées par des intermédiaires établis en France, crée à leur détriment une très grave distorsion concurrentielle par rapport à leurs concurrents étrangers", ont argumenté les auteurs de l'amendement Gilles Carrez et Yves Censi (UMP), au nom de la défense de "l'industrie financière".
Trop d'impôt tue l'impôt, nous aurait dit le bon Arthur Laffer.
Pour des raisons constitutionnelles aux termes desquelles tout amendement induisant une baisse des ressources fiscales doit être compensé par une ressource d'un montant équivalent, le prétendu manque à gagner pour l'État sera compensé par un relèvement du taux d'imposition des cessions de valeurs mobilières de 16% à 18%.
Mais ne chipottons pas, cela fait plaisir !
Bien entendu, les Socialistes, jamais en retard d'un archaïsme, ont voté contre : "Le terme industrie financière nous choque. Nous voterons contre la suppression", a déclaré au nom de l'opposition socialiste Jean Launay.
François Bayrou, sur France Inter ce matin, est sur la même ligne : il s'agit d'un "cadeau fait aux riches"...A force de vouloir s'opposer, il va finir par faire passer Emmanuelli pour un tenant de la mondialisation ultra libérale, ce pauvre Bayrou.
Il faudrait qu'ils aillent faire un tour à Londres, nos amis centristes et socialistes, pour constater que la finance est bien une industrie, prospère, de nature à fournir des emplois à la jeunesse d'un pays développé, et versant des salaires élevés qui se répercutent en cascade sur toute l'échelle sociale.
C'est d'emplois de ce type-là dont Paris a besoin, surtout si nous voulons qu'elle soit la capitale financière de la zone euro.
De l'intérêt de regarder le monde non pas suivant des idées reçues, ou selon un prisme idéologique, mais tel qu'il est.
27 novembre 2007
C dans l'air
Rares sont les émissions politiques de qualité dans le PAF.
L'un des modèles du genre était "L'heure de vérité", présentée par le regretté François-Henri de Virieu. "Live and let die" en générique ; Alain Duhamel, Jean-Marie Colombani,François d'Orcival, et Albert du Roy en journalistes mettant l'invité politique sur le grill ; un décor minimaliste : on n'a pas vraiment fait mieux depuis.
Et, s'il vous plaît, ne me parlez pas d'Arlette Chabot ! Sa permanence sur l'antenne de France 2 reste un mystère...
Une émission quotidienne vaut cependant le détour : "C dans l'air" , sur France 5, autour de 22h30.
Tous les soirs Yves Calvi décortique une question d'actualité avec des invités appartenant à des secteurs d'activité différents (hommes politiques, syndicalistes, chefs d'entreprise, universitaires, chercheurs, économistes).
La réussite de l'émission tient à plusieurs facteurs :
Il s'agit d'une émission politique - ou du moins d'actualité - dans laquelles les responsables politiques ne sont pas les seuls intervenants, même s'ils ne sont pas pour autant exclus. Cela permet d'éviter la langue de bois et les confrontations partisanes qui interdisent trop souvent d'approfondir les sujets.
L'objectif de l'émission n'est pas de mettre en scène la polémique, ni de faire un show politique. Si la controverse existe et si les invités ne partagent pas forcément les mêmes idées, ces derniers s'écoutent, dialoguent, et s'expriment avec une franchise qui fait avancer le débat.
Yves Calvi : précis, courtois, pas flagorneur pour un sous, il n'est ni agressif ni complaisant, maîtrise le débat mais ne tombe pas dans le vice si fréquent qui consiste à faire tourner le programme autour de sa seule personne. Un bon journaliste, en somme.
25 novembre 2007
Le bréviaire de Margaret Thatcher
Il s'agit d'une citation d'Abraham Lincoln :
"On ne peut obtenir la prospérité en décourageant l'épargne.
On ne peut donner la force aux faibles en affaiblissant les forts.
On ne peut aider l'employé en terrassant son employeur.
On ne peut développer la fraternité humaine en encourageant la haine des classes.
On ne peut aider les pauvres en détruisant les riches..."
20 novembre 2007
Regime special
Regime special
Vidéo envoyée par mozinor
novembre 2007
19 novembre 2007
Zombie apocalypse
Je sais que c'est peu probable, mais bon... 43%
Looking for payday loans?
17 novembre 2007
Résiste ! Prouve que tu existes !
Très bon article de Koz sur les grèves de cette semaine. Je ne peux pas faire mieux que de vous y renvoyer, c'est ici.
Je relaie ci-dessous l'appel à la manifestation lancé par de nombreuses associations d'usagers et par Liberté Chérie.
La culture de la manifestation appartient plutôt à la gauche, mais il semble que ce soit la seule façon de se faire entendre.
Il existe aussi d'autres manières de faire avancer des revendications comme la pratique de sabotages, l'incendie d'automobiles, le pillage de magasins, l'occupation de lieux privés, l'entrave au travail, l'intimidation, la prise en otage, le vandalisme, l'insulte, ...
Pour notre part, nous nous contenterons de manifester pacifiquement, en prenant sur notre congé dominical, après une semaine de chaos dans la capitale.
Les syndicalistes ont raison de jouer sur la passivité des citoyens-usagers des transports publics : ça marche ! Résignés, les Français adoptent un comportement moutonnier qui les laissent à la merci de ceux qui crient toujours plus fort que les autres, mais qui ne représentent finalement qu'une minorité.
Je suis étonné de cette absence de réaction venant de la part d'un peuple réputé si frondeur, si libre penseur.
Il est temps de réagir ! Réveillez-vous, Citoyens !!
GRANDE
MANIFESTATION
CONTRE TOUS LES BLOCAGES
ECOLE,
JUSTICE,
UNIVERSITES,
TRANSPORTS,
SERVICES PUBLICS...
le dimanche 18 novembre
15h00
à PARIS
RASSEMBLEMENT :
PLACE DE LA REPUBLIQUE
DEFILE JUSQU'A NATION
Il ne vous reste plus que quelques heures pour mobiliser votre famille, vos amis, vos voisins.
Il est encore temps d'imprimer des tracts et de les diffuser dans les boîtes à lettres ou sur les pare-brises des voitures.
Il est encore temps de diffuser cette newsletter à tout votre carnet d'adresses.
Il est encore temps de téléphoner à tous ceux de vos amis qui n'ont pas Internet.
Il est encore temps de vous rassembler pour remplir des voitures ou des mini-bus.
Tous ensemble, nous avons le pouvoir de faire plier les syndicats.
Tous ensemble, nous pouvons rassembler des dizaines de milliers de personnes pour montrer à la CGT, à FO ou à SUD que ce sont pas eux qui gouvernent.
Une vague est en train de se créer : pour une fois, la voix de la majorité silencieuse peut être entendue. Toutes les conditions sont réunies pour que cette manifestation soit un succès, si vous vous mobilisez. Le temps s'annonce clément bien que nuageux. Nous reçevons des centaines de courriels et de messages de soutien. Les médias parlent de notre action. De très nombreux partenaires se sont joint à nous.
Il nous faudra probablement braver certains blocages pour nous rassembler. mais cela ne doit décourager personne. Il est toujours possible de trouver une voiture, un métro, un RER ou un train.
Nous ne devons pas faiblir. Notre mouvement doit s'amplifier et vous pouvez tous y contribuer.
Venez tous faire entendre votre voix face à celle des syndicats et des bloqueurs !
Nous avons besoin de vous. Nous comptons sur vous,
Le Comité de direction de Liberté Chérie
15 novembre 2007
Les sept erreurs de Kill Bill 2
J’avais commencé à rédiger une réponse à Kill Bill 2 (excellent film au demeurant...) qui a pris la peine de commenter l’article consacré au discours de Nicolas Sarkozy devant le Congrès des Etats-Unis du 10 novembre dernier.
Puis, devant la taille que prenait ma réponse (on se laisse emporter, parfois !), je me suis aperçu que les objections de Kill Bill 2 reflétaient assez fidèlement des critiques qui ont largement cours.
Il fallait saisir cette opportunité de leur régler leur compte.
1) Le voyage de Nicolas Sarkozy aurait été programmé au mauvais moment car la politique de l'actuel président américain est contestée
L'amitié entre les Etats-Unis et la France n'est pas une question de régime politique ou de président en place : elle n'est pas conjoncturelle.
Les Etats-Unis et la France partagent un même fonds de valeurs, une riche histoire commune, et des intérêts convergents. Cela me paraît suffisant pour surmonter les désagréments liés aux différences de personnalité.
2) Le voyage serait programmé au mauvais moment car Bush serait en fin de mandat et il aurait mieux vallu attendre le prochain président
Le calendrier diplomatique de la France ne se calque pas sur les élections américaines. C'était le bon moment car Nicolas Sarkozy est au début de son mandat, et que c'est le bon moment pour lui pour réorienter la politique étrangère de la France. S'il ne donne pas maintenant l'impulsion en matière de rééquilibrage de l'Alliance atlantique, de défense européenne, de diplomatie morale, rien ne se passera dans les cinq années qui viennent. La rupture, c'est aussi en diplomatie qu'il faut l'engager, il n'y a pas de raison d'attendre. Sinon, quoi ? Il faudra attendre le dénouement de la crise politique allemande, les élections en Russie, les JO de Pékin ou encore l'éclatement de la Belgique ? Rappelons-nous que Bonaparte a mis en place les institutions de l'Empire en moins de cinq ans : on peut beaucoup faire en un quinquennat. Encore faut-il éviter d'attendre les six derniers mois pour agir. Nicolas Sarkozy agit, et c'est pour cela que les Français l'ont choisi.
3) Nicolas Sarkozy se serait rapproché de George Bush
Sarkozy n'est pas venu faire ami ami avec George Bush, mais s'est adressé au peuple américain par l'intermédiaire de ses représentants. J'observe d'ailleurs qu'il s'est adressé à un Congrès à majorité démocrate, qui l'a d'ailleurs chaleureusement ovationné. Sans doute parce que les Démocrates ont trouvé dans le discours du président français un écho aux propres critiques qu'eux mêmes formulent à l'encontre de l'administration actuelle.
4) Le Président incarne à lui seul la politique étrangère des Etats-Unis
Sur le plan constitutionnel, il faut prendre garde à ne pas pécher par gallo-centrisme : les institutions américaines sont très différentes des institutions politiques françaises et le pouvoir politique est véritablement partagé entre le Congrès et le Président, même en politique étrangère. L'Amérique, ce n'est pas seulement son Président, mais le Président + le Congrès.
5) George Bush serait affaibli et impopulaire aux Etats-Unis même
Les peuples sont versatiles : Bush a été elu (mal) et réélu (très bien). Sa politique irakienne a été soutenue par une très large majorité d'Américains et par une grande partie du parti démocrate. Encore maintenant, malgré les difficultés, une forte proportion d'Américains soutiennent la politique américaine en Irak. Les Etats-Unis sont une grande démocratie et il est bien naturel que des interrogations surgissent face aux nombreuses erreurs commises et aux difficultés qui se font jour. Mais dans l'ensemble, le pays fait face aux événements d'une maniere plutôt courageuse.
6) L'anti américanisme français serait lié en garnde partie à la personnalité de son président actuel
La détestation de l'Amérique en France ne vient pas de George Bush. Je veux bien admettre qu'il n'est pas populaire en Europe et qu'il n'a pas contribué à faire aimer l'Amérique de ce côté-ci de l'Océan atlantique.
Il demeure : l'anti americanisme français a des racines bien plus profondes, qui préexistaient à l'élection de George Bush. Il rassemble l'extrême gauche anti mondialisation qui voit en l'Amérique le champion du capitalisme et du libre echange, l'extrême droite qui ne digère pas le statut de puissance de second rang de la France, les Antisionistes (et antisémites) de tous poils qui reprochent à Washington son soutien à Israël, les Européens sécularisés et déchristianisés qui ont oubliés les racines religieuses de l'Occident et observent avec curiosité ces Occidentaux d'un autre genre qui n'ont pas rompu avec la Bible.
7) La visite de Nicolas Sarkozy à George Bush exposerait la France à des représailles d'Al Qaida
Renoncer à soutenir une politique que l'on croit juste parce que l'on craint des représailles ennemies, c'est se préparer à la capitulation face à ceux qui utilisent des moyens abjects pour faire avancer leur cause, et leur donner du même coup raison lorsqu'ils voient en l'Europe un continent veule et aboulique, jouisseur et raisonneur.
La politique de la France n'a pas vocation à plaire à Al Qaida, et il me contrarierait plutôt qu'elle le satisfasse.
13 novembre 2007
L'heure de vérité approche
Aujourd'hui, la SNCF et la RATP ont engagé une grève pour une période reconductible, pour bloquer la réforme des régimes spéciaux.
Suivant des mots d'ordres variables, mais dont le point commun est la résistance aux réformes, EDF et GDF feront grève le 14 novembre ; étudiants, fonctionnaires et enseignants défileront le 20 novembre, tandis que La Poste et France Telecom seront en grève ; et le 29 novembre, les fonctionnaires du ministère de la justice protesteront contre la réforme de la carte judiciaire.
Ce qui va se jouer au cours de ce mois de novembre, c'est tout simplement l'avenir du quinquennat à venir et, sans dramatisation excessive, la capacité de la France à se réformer. Et donc à survivre en tant que puissance moyenne, tant il est vrai que tout organisme rétif à l'évolution est voué à disparaître.
Le premier septennat de Jacques Chirac a vu ses ardeurs réformatrices brisées par les grèves du mois de décembre 1995.
Rappelez-vous, c'était hier.
Jacques Chirac, dont la France gaulliste et libérale attendait fiévreusement l'arrivée au pouvoir depuis 20 ans, venait de battre Edouard Balladur, à la fibre réformatrice prétendûment moins ancrée que chez lui. On attendait de Chirac la réforme sabre au clair, Bonaparte au pont d'Arcole, le lancement de l'opération "Résurrection" par une poignée d'hommes politiques fougueux et déterminés, entraînant dans leur mouvement des Français enfin libres.
Décembre 1995 brisa Chirac, et gela la réforme pendant...12 ans ! Chirac ne ferait plus que de l'eau tiède, et son exercice du pouvoir serait une négation de tous les instants des espoirs qu'il avait pu susciter comme candidat.
Le parallèle entre Chirac et Sarkozy saute aux yeux : même image d'énergie, de courage, même don pour la communication, même volonté de rupture initiale, même approche clanique du pouvoir, même défiance vis-à-vis des idées...
La seule différence, pour l'heure, est que Nicolas Sarkozy n'a pas encore sabordé le mandat que les Français lui ont confié.
Il existe bien des signes avant-coureurs de la déception à venir, mais les signaux positifs sont aussi nombreux, permettant de conserver l'espoir d'un changement profond et durable.
C'est pourquoi les semaines à venir seront déterminantes.
Que l'on ne s'y trompe pas : c'est à une lutte à mort entre les syndicats et le pouvoir exécutif que nous allons assister. Entre les syndicats et les Français même, devrais-je écrire, pour situer le débat au bon niveau.
Il ne peut en aller autrement.
Lorsque les syndicats parlent de négociation, ils pensent retrait de la réforme. Le Gouvernement, de son côté, n'a rien à négocier : la réforme des régimes spéciaux constitue une promesse de campagne essentielle sur la base de laquelle Nicolas Sarkozy a été élu président, et c'est une réforme indispensable à la survie de notre système de retraite.
Ajoutons qu'il n'y a rien à négocier avec des syndicats extrémistes représentant moins de 10 % des salariés du secteur public et 5 % du secteur privé.
La démocratie sociale peut signifier quelque chose lorsque, comme dans certains pays d'Europe du Nord, 80 à 90 % des salariés sont syndiqués. Mais lorsqu'ils ne représentent qu'une minorité d'excités communistes, seule la démocratie parlementaire dispose de la légitimité suffisante pour représenter le peuple français, surtout moins de six mois après la tenue d'élections législatives.
Alors, que feront Nicolas Sarkozy et François Fillon ?
Ils ont deux options face à eux : L'option Chirac modèle 1995, ou l'option Thatcher modèle 1984, qui tint tête aux mineurs pendant plusieurs mois de grèves insurrectionnelles. Ce verrou surmonté, Margaret Thatcher a pu réformer le Royaume-Uni de fond en comble et en faire la puissance prospère et attractive que nous connaissons.
Dans les prochaines semaines, il faudra tenir. Ce sera dur, pénible. Mais il faut briser une fois pour toute la tyrannie syndicale.
J'y suis personnellement prêt : je subirai les rames de métro bondées, je marcherai pendant des heures sous la pluie, je me ruinerai en taxi, j'arriverai en retard à mes rendez-vous, je subirai l'irritabilité des Parisiens.
Si la liberté est au bout du chemin, le jeu en vaut la chandelle, non ?
10 novembre 2007
Le Président Sarkozy reçu au Congrès des Etats-Unis le 7 novembre
DISCOURS DE SARKO AU PEUPLE AMERICAIN !
Vidéo envoyée par ouapouap
Ce discours n'a rien de bien original, mais il est des vérités d'évidence qu'il convient de toujours rappeler, de marteler : la France et les Etats-Unis sont alliés depuis plus de 200 ans !
Avec quel autre pays pouvons-nous nous vanter d'avoir noué une relation aussi ancienne, aussi pacifique ? Quel autre pays nous a aidé de façon aussi décisive à recouvrer la liberté ? Quel autre pays serait à coup sûr à nos côtés si nous devions courir de grands périls ?
Le discours de Nicolas Sarkozy au Congrès est novateur, non par les paroles prononcées, mais par le seul fait qu'il ait eu lieu.
Ce discours est également courageux, car nombreux sont ceux en France qui stigmatiseront "Sarko l'Américain", et entretiendront leur haine recuite des Etats-Unis.
Qu'importe, Nicolas Sarkozy a fait le bon choix, et a su trouver les mots justes : "chaque fois que dans le monde tombe un soldat américain, je pense à ce que l'armée d'Amérique a fait pour la France".
Si les Ricains n'étaient pas là...
07 novembre 2007
Le mépris assumé de BHL pour l'économie
Dans un entretien publié dans le numéro de ELLE du 8 octobre 2007, la journaliste interroge le philosophe à la chemise blanche :
"Les intellos comme vous ne parlent pas d'économie. Or, la politique aujourd'hui, c'est l'économie"
Bernard-Henri Lévy :
"Je ne suis pas sûr. Vous croyez que Mitterrand connaissait quelque chose à l'économie ? Et Sarkozy ? Non.
L'important, c'est la politique. Les idées. L'économie est la servante de la politique et des idées".
Il faut bien concéder que la question était sans doute aussi stupide que la réponse. Ecrire que politique = économie, est faux car la politique ne se résume pas aux paramètres économiques, aux questions d'équilibres budgétaires, et que se posent de nombreuses questions culturelles, morales, civilisationnelles, qui relèvent d'un ordre différent.
Mais enfin, dire que l'économie n'a rien à faire en politique, et qu'elle reste cantonnée à l'intendance, en tant que "servante de la politique et des idées" est parfaitement inepte !
L'économie, c'est le réel. Or la politique et les idées n'ont d'autre intérêt que purement intellectuel dès lors qu'elles s'éloignent du réel. L 'équilibre budgétaire, l'endettement, le coût des facteurs de production, la fiscalité, les barrières douanières, les différentiels d'allocation des richesses, le cours des matières premières, sont des réalités qui s'imposent aussi clairement que la force des courants marins ou la succession du jour et de la nuit.
Cela ne signifie évidemment pas que le politique est dépourvu de marge de manoeuvre, mais simplement que cette marge de manoeuvre s'exerce sous contrainte.
Qu'un intellectuel d'influence comme BHL tienne un raisonnement de ce genre lui fait perdre une grande partie de sa crédibilité : comment penser le monde en écartant d'office, d'emblée (mais pourquoi, d'ailleurs ?) toute analyse sérieuse des questions économiques ? Comment parvenir ainsi à des conclusions fiables ? Les idées et la politique n'ont jamais rassasié un ventre qui avait faim ; l'économie, si. Et il vaut peut-être mieux que le ventre soit plein pour que les idées puissent se développer, et le champ politique disputé dans un cadre démocratique.
Mais il y a pire, car ce que dit Bernard-Henri Lévy de Mitterrand et de Sarkozy est sans doute vrai : ils ne paraissent pas avoir une grande culture économique.
Cela nous a valu les folies du premier septennat de François Mitterrand, et un endettement abyssal lorsque Nicolas Sarkozy était ministre du budget en 1993 (époque de l'emprunt d'Etat Balladur, idée d'inspiration socialiste parfaitement irrationnelle) : on eût au contraire espéré d'eux un peu plus de culture économique de base...



















