Nous y sommes, le grand barnum de l’élection présidentielle américaine recommence, comme tous les quatre ans.

L’année à venir va être captivante :

1 – La dramaturgie est unique : entre les mois durant lesquels se déroulent les primaires et caucus en vue de sélectionner les candidats des deux principaux partis, les conventions, l’élection elle-même (parfois départagée par le système judiciaire, comme en 2000), la complexité du système électoral, les moyens engagés, le poids des médias, tout concourt à ce qu’un formidable show ait lieu.

L’originalité et la qualité des candidats concourent également à l’intensité du débat. Où peut-on trouver une telle diversité de profils ?

Récapitulons, du côté démocrate :

-          une ancienne épouse de président, marquée à gauche, mais faisant campagne au centre, sénateur de l’état de New York – Hillary Clinton –

-          un candidat métis, non pas afro-américain mais d’un père kenyan et d’une mère américaine, sénateur de l’Illinois –Barack Obama –

-          un ancien avocat spécialiste de class actions, précédemment co-listier de John Kerry, ancien sénateur de Caroline du  – John Edwards –

-          un gouverneur du Nouveau-Mexique d’origine latino, ancien ambassadeur des Etats-Unis aux Nations-Unis – Bill Richardson -

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Du côté républicain :

-          un ancien gouverneur, richissime homme d’affaires, de religion mormone –Mitt Romney –

-          un ancien pasteur baptiste, ancien gouverneur de l’Arkansas – Mick Huckabee – un ancien acteur de la série « Law and Order », ancien gouverneur du Tennessee – Fred Thompson –

-          un vétéran du Vietnam, détenu plusieurs années par Hanoï, sénateur de l’Arizona - John Mc Cain –

-          l’ancien procureur de l’Etat de New York, puis maire de New York – Rudolph Giuliani -

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2 – Les enjeux sont considérables : Bien davantage que les élections municipales française à venir, la désignation du président de la première puissance mondiale impactera notre avenir, bien au-delà des Etats-Unis.

Quelle sera sa position face à la crise des subprimes, à l’endettement des Etats-Unis, au réchauffement climatique, à la puissance chinoise, à la situation au Proche et au Moyen-Orient, en Europe et en France ?

3 – Le renouvellement de l’offre politique : L’élection est particulièrement ouverte.

Avec un président qui ne peut pas se représenter après deux mandats (système dont la France ferait bien de s’inspirer), un vice-président qui a choisi de ne pas concourir, et aucun candidat l’ayant déjà été (à l’exception d’Edwards, mais il était seulement candidat à la vice présidence en 2004), les candidats en 2008 sont tous des bleus.

Certes, Hillary Clinton et Rudy Giuliani disposent d’une notoriété qui devrait les aider, mais ils n’ont jamais été candidat à la présidence des Etats-Unis.

La présence de Madame Clinton illustre également une particularité unique dans les démocraties occidentales : le partage du pouvoir, depuis deux décennies, entre deux familles.

Ainsi, George Walker Bush aura été président huit ans, Bill Clinton a  été le locataire de la Maison Blanche pendant huit ans, George Herbert Bush pendant quatre ans (mais huit ans auparavant en qualité de vice président de Ronald Reagan).

L’année prochaine, un électeur devra avoir au moins 46 ans pour ne pas avoir déjà voté en faveur d’un candidat portant le nom de Clinton ou de Bush…