"Chroniques transatlantiques"

"J'écris pour savoir ce que je pense" Frédéric Beigbeder

03 février 2008

1555 euros

Tel était le revenu médian en France, net, en 2006, dernière annee pour laquelle les statistique sont disponibles. Cela signifie que 50 % des Français gagnent moins de 1.555 euros par mois, et que 50 % gagnent davantage.

Ce chiffre, il convient de constamment le garder en mémoire dans le débat politique. Il est bien plus significatif que le salaire moyen, qui s'établissait à 1 941 euros net, toujours en 2006.

Les chiffres concernant le gain de pouvoir d'achat en 2006 sont aussi significatifs :

  • Les cadres et professions intermédiaires ont bénéficié d'une progression nette de 0,5 %
  • Les employés et ouvriés ont vu leur pouvoir d'achat baisser de 0,2 %

D'où la nécessité de créer de la richesse.

Et ce n'est pas avec des solutions socialistes que l'on y arrivera, car si la répartition des richesses peut éventuellement être un sujet de débat, il ne peut bien évidemment se tenir que lorsque les richesses ont été créées : ainsi qu'il est écrit dans le rapport de la Commission pour la libération de la croissance française, dit "Rapport Attali", "La croissance économique n'entraîne pas systématiquement la justice sociale, mais elle lui est nécessaire : l'enrichissement n'est pas un scandale, seul l'est la pauvreté".

Or, comme le rappelle le Rapport Attali, le taux de croissance annuel de la France s'élève seulement, depuis 2000, à 1,7 %...

La France décroche, le nombre d'exclus est important, le revenu médian est faible, les classes moyennes se paupérisent, les enfants vivent moins bien que leurs parents.

Le rapport Attali dresse un tableau très sombre, mais juste :

  • "Les inégalités sont plus criantes que jamais : 50.000 jeunes par an, soit environ 6 % d'une génération, proportion considérable, sortent du système scolaire avant la terminale. Seuls 52 %des enfants d'ouvriers obtiennent leur baccalauréat, contre 85 % des enfants de cadres supérieurs. Moins de la moitié des enfants des classes populaires passent le bac général, alors que c'est le cas de 83 % des enfants de cadres supérieurs, qui occupent ensuite l'essentiel des places dans les grandes écoles. 150 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire sans qualification. La France compte à la fois plus de 2,5 millions de chômeurs, et plus de 600 000 emplois non pourvus. Le chômage des jeunes, scandale absolu, constitue la preuve de la faillite d'un modèle social : il s'élève en moyenne à 22 % et grimpe jusqu'à 50 % dans certains quartiers. Plus de un million de personnes doivent survivre avec le Revenu minimum d'insertion (RMI, soit 441 euros brut pour une personne seule sans enfants) et seuls 338 800 d'entre eux sont inscrits à l'Agence nationale pour l'emploi (ANPE)..." (p. 9).

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Dans ces conditions, seul un surcroît de croissance permettra, peut-être, de redresser la situation. On n'est jamais certain de pouvoir redresser un avion parti en vrille...

La croissance doit constituer le seul impératif gouvernemental. Une obsession de tous les instants.

A cet égard, le rapport Attali constitue une contribution capitale.

Le constat établi par ses dizaines de membres issus de milieux, de tendances politiques, de pays différents, est objectif. S'ensuivent 316 mesures imaginatives, nouvelles, ou bien connues pour nombre d'entre elles.

Des réactions corporatistes se sont déjà manifestées, mais faut-il s'en étonner ? Nous sommes en France.

Le rapport Attali constitue un programme d'action enthousiasmant : sa mise en oeuvre contribuerait sans aucun doute à redresser la France, même si ce n'est sans doute pas une potion magique.

Les idées sont là, posées sur la table, présentées de façon dictatique, pédagogique, et convaincante : il faut y aller, maintenant, Messieurs Sarkozy et Fillon !

Et tant qu'à faire, Madame Royal aussi : Jacques Attali est de ses proches et elle a manifesté son approbation du rapport avec plus de chaleur que bien des membres de l'UMP.  Espérons que lorsque ces mesures entreront en application elle ait le courage politique de les soutenir.

Posté par Marquette à 16:24 - Economie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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