"Chroniques transatlantiques"

"J'écris pour savoir ce que je pense" Frédéric Beigbeder

02 avril 2008

Pour un boycott des JO de Pékin

Dans quelques semaines, le monde a peine remis des joies et des déceptions de l’Euro de football 2008 va s’enflammer pour les JO de Pékin et oublier ce faisant les problèmes de pouvoir d’achat, de tenue vestimentaire de Carla Bruni ou d’inquiétude quant au sort d’Ingrid BETANCOURT.

Cette grand-messe du sport international va captiver l’attention des peuples pendant 3 semaines, diffuser 24h/24 des images de performances cynégétiques et faire la fierté des petits pays dans le seul domaine où ils peuvent tenir la dragée haute aux grandes nations, la course aux lauriers.

Au-delà de l’exaltation de la fierté nationale des vainqueurs et de la beauté du geste du discobole, les JO servent aussi de vitrine au pays hôte et génèrent des milliards d’euros de chiffres d’affaires dans une mécanique bien rodée.

Et le problème est bien là.

La République Populaire de Chine, organisatrice de l’évènement compte bien profiter de ce fabuleux coup de projecteur, comme tous ses prédécesseurs l’ont fait, pour affirmer sa puissance politique et confirmer son adhésion aux valeurs humaines de l’olympisme. L’objectif premier, le plus immaculé, est de ravir aux USA la première place en terme de médailles d’or pour illustrer la supériorité de son régime sur ses concurrents.

Au-délà de cette recherche de gloriole, certes préférable à une confrontation armée entre les peuples, c’est bien une rivalité géopolitique qui apparaît en toile de fond. Car aujourd’hui, les stades ont remplacé les champs de bataille. Ils sont le dernier refuge du nationalisme. C’est en leur sein que se joue une lutte qui débouche toujours sur un rapport vainqueur/vaincu comme les tournois de jadis.

Lorsque l’on est convaincu du caractère éminemment politique des JO, qui était déjà perçu comme tels dans l’Antiquité grecque, il est difficile de ne pas s’interroger sur le bien-fondé d’un boycott de cette prochaine démonstration de force de la dernière grande dictature communiste.

La répression sanglante menée au Tibet, territoire non chinois, occupé militairement depuis plus de 50 ans, doublée d’une colonisation rampante est tout de même fortement éloignée de l’esprit voulu par le baron Pierre de COUBERTIN.

Alors oui, il faut boycotter les JO de Pékin, ne pas cautionner cette farce politico-mercantile, comme les USA ont su boycotter les JO de Moscou en 1980, année de l’agression contre l’Afghanistan.

Défiler devant les dignitaires du PC chinois l’été prochain, c’est revoir les athlètes français défiler le bras tendu devant HITLER à Berlin en 1936.

Oui, le contexte est identique.

mao

La Chine est une grande puissance industrielle et militaire, donc belliqueuse et expansionniste. Elle occupe militairement le Tibet, la Mongolie intérieure (arrachée à la Mongolie), et le Xinjiang, procédant à une sinisation forcée de peuples qui ne le sont pas. Elle menace TAÏWAN, une île qui n’a plus rien avoir le continent, même la langue y est différente. Elle a entrepris une reconquête coloniale de l’Afrique abandonnée par les Européens pour exploiter ses matières premières (lisez le dernier numéro de GEO, vous comprendrez). Plus grave encore, elle parque dans des camps de travail 10 millions de dissidents, inaugurant ainsi les goulags du 3ème millénaire.

Soucieuse de prendre sa revanche sur les traités inégaux du XIXème siècle qui ont meurtri sa fierté nationale, la Chine souhaite faire de cette manifestation l’apothéose de son retour dans le grand concert des nations.

Je trouve regrettable la timidité non seulement des sportifs qui vont se rendre complices de ce forfait, mais surtout des dirigeants politiques occidentaux qui, par peur de perdre de juteux marché, ne veulent pas froisser l’ogre rouge asiatique.

Participer aux JO sans savoir pourquoi, c’est comme fêter Noël quand on n’est pas Chrétien, cela devient un rituel sans fondement, un simple évènement de calendrier comme le changement d’heure 2 fois par an.

Ce calcul est à courte à vue, comme l’était celui de Daladier à Munich en 1938. L’ogre nous dévorera tout de même. Par son gigantisme, par sa soif de revanche, par sa course effrénée à la domination de l’Asie, la Chine s’est engagée dans un processus qui débouchera soit sur une confrontation avec les USA et la Russie (ses voisins directs), soit sur une guerre civile du type de celle qui ponctue l’histoire de ce pays féodal depuis 15 siècles.

C’est inévitable. Nous Européens, nous serons touchés par la raréfaction des matières premières que cela va entraîner dans les deux cas, à commencer par le pétrole d’ici une dizaine d’année.

La Chine aujourd’hui, c’est l’Allemagne il y a un siècle.

PORTALINUS

Posté par Marquette à 21:36 - Politique internationale - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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