"Chroniques transatlantiques"

"J'écris pour savoir ce que je pense" Frédéric Beigbeder

27 février 2008

Mississipi en conserve

Tel est le nom d'un blog francophone constitué presqu'exclusivement de photographies du Mississipi, et plus largement du Sud des Etats-Unis (Mississipi en conserve ).

Un goût certain pour l'Amérique profonde du Sud profond, pour la pauvreté, pour les déclassés et les paumés. L'auteur a un véritable talent pour mettre en valeur la laideur américaine. C'est moche, souvent, l'Amérique : tous ces parkings, ces zones mal urbanisées, ces aires commerciales criardes, ces quartiers miséreux, cette vulgarité écoeurante.

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La société de consommation apparaît alors dans toute son horreur : il ne m'est jamais apparu avec autant d'évidence que nous étions tous, autant que nous sommes, et à des degrés divers, réduits à l'état de consommateurs.

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En France, on peut encore croire que ce sont les valeurs qui l'emportent : les Français ont tellement mal au capitalisme que le Big Business doit faire passer la pilule en parlant de commerce équitable, d'écologie, de respect de normes sociales. Et puis la beauté est encore omniprésente dans notre quotidien. Comme en Italie, nous vivons souvent au contact des chefs d'oeuvre des générations qui nous ont précédé. Nous faisons en sorte de préserver, de protéger, de respecter.

Aux Etats-Unis, point de tout cela : la consommation apparaît pour ce qu'elle est : une fin, un aboutissement. Point d'hypocrisie à la française, on se gave, on s'empiffre, on s'engraisse avec une parfaite bonne conscience. C'est "La Grande Bouffe" à l'échelle continentale !

De toute manière, demain, nous serons tous morts, alors, qui a raison ?

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Le post intitulé "La mort d'une ville" est à lire absolument : de l'arrivée d'un casino à Natchez, Mississipi, dans un style "fleuri" et puissant.

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05 février 2008

Mardi Gras à Vincennes

Je vous avais déjà parlé de cette petite ville du sud de l'Indiana, fondée par les Français en 1732. Elle reste fidèle à son héritage culturel et organise un festival qui a l'air bien sympathique : musique créole, dégustation de cidre dans l'ancienne maison de Michel Brouillet, ancien trappeur français, messe française dans l'ancienne cathédrale, concert de musique cajun honorant les quatre évêques français de Vincennes, ...

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Qui a dit que l'Amérique était francophobe ?

Le site du festival du Mardi Gras à Vincennes, dans l'Indiana (http://www.vincennesmardigras.com/vmg/) :

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11 août 2007

Strange maps

Insidetheusa vient de me faire découvrir un site consacré à des cartes géographiques, imaginaires ou réelles, en tout état de cause surprenantes : strange maps.

Trois cartes des Etats-Unis m'ont particulièrement plu (toutes les cartes ne sont pas des cartes américaines, loin s'en faut).

1. La répartition par genre aux Etats-Unis, parmi les célibataires

Les points bleu indiquent qu'il y a davantage d'hommes célibataires que de femmes, un gros point indiquant un déséquilibre plus prononcé.

A l'inverse, les points orange désignent les villes où les femmes sont plus nombreuses que les hommes.

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On remarque ainsi que l'est du pays est plus "riche" en femmes célibataires, avec notamment de belles concentrations à Miami, la Nouvelle-Orléans, Memphis, Chicago, Détroit, Washington DC, Boston, New York, et... Indianapolis. Si j'étais célibataire, je saurais où aller... Pour être sensible aux vertus de la concurrence en matière économique, en matière de rencontres, je pencherais cependant plus clairement pour la politique du renard libre dans le poulailler (pas certain que l'image soit heureuse, mais nous nous comprenons, je présume).

2. Les aires d'influence régionales des équipes de baseball

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Cette carte est aussi importante que les aires de répartition raciale ou la division entre red et blue states. Le baseball, c'est aussi une identité qui ignore les frontières des Etats, mais aussi les distinctions culturelles, sociales ou raciales.

Un espoir et la confirmation d'une crainte :

  • L'espoir, ce sont les "unicorporated territories" de l'ouest, libres de suivre qui ils veulent. Cela fait un peu penser à ces cartes anciennes qui restaient muettes devant les territoires encore inexplorés.

  • La confirmation de la crainte concerne mon cher Indiana, apparemment au bord de la guerre civile, ou de la partition (à la tchécoslovaque plutôt qu'à la kosovare, faut-il espérer !) entre zones sous influence des Cubs et des White Sox de Chicago, des Tigers de Détroit, des Saint-Louis Cardinals et des Reds de Cincinatti. A ce niveau de complexité, la politique libanaise est un jeu d'enfant...

3. Le poids économique des Etats américains comparés à celui de nations étrangères

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Sur cette carte, chaque Etat américain porte le nom d'un pays dont le produit national brut est d'une valeur équivalente.

Ainsi, l'Indiana a un PNB identique à celui du Danemark, New York que le Brésil, la Floride que la Corée du Sud, le Texas que le Canada, l'Illinois que le Mexique, et la Californie...que la France.

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31 juillet 2007

Déconseillé aux cardiaques

La chaîne de café Starbucks fait l'objet d'un engouement hors norme, ainsi que nous l'avions déjà constaté (en décembre 2005) avec cet Américain qui se faisait fort de visiter tous les points de vente dans le monde. Winter, puisqu'il possède un pseudonyme comme tous les grands timides, avait déjà visité 4775 cafés dans 47 Etats Américains, sur les 6000 que comptaient alors la planète Terre. Nous devons être loin devant maintenant, c'est ce que l'on appelle le progrès. Je doute d'ailleurs que notre ami Winter ait la possibilité de remplir sa "mission"...

Plus accessible est le défi que s'est lancé un autre timbré du latte, Mark Malkoff : ce dernier a décidé de visiter tous les Starbucks coffee de la presqu'île de Manhattan en une journée (en consommant à chaque fois un café). Il y en a 171 (la vidéo de l'exploit ici), soit sans doute la plus importante densité au monde  !

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Equipé d'un vélo pour se déplacer, il a effectué un achat dans un magasin différent toutes les 7 minutes, et poursuivi son "aventure" pendant 20 heures consécutives, dépensant 369 $ pour la cause.

Au bout de 14 heures, il était déshydraté par la cafféine, et a été obligé de s'offrir les services d'un conducteur. Toujours en raison de la prise de cafféine à haute dose, il a fini par subir des troubles de la désorientation, au point qu'il a visité six magasins à deux reprises.

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Le but de ce challenge complètement idiot : un peu identique à ceux des concours de gloutonnerie... Mais aussi sans doute aussi les intérêts convergents de Starbucks, qui a tout intérêt à créer un buzz autour de la marque, et d'un jeune réalisateur qui espère sans doute ainsi se faire remarquer. Pari gagné de ce côté.

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08 juin 2007

New York, New York


New york, new york
Vidéo envoyée par brakeursdimages

Start spreading the news, Im leaving today I want to be a part of it - New York, New York These vagabond shoes, are longing to stray Right through the very heart of it - New York, New York I wanna wake up in a city, that doesnt sleep And find Im king of the hill - top of the heap These little town blues, are melting away Ill make a brand new start of it - in old New York If I can make it there, Ill make it anywhere Its up to you - New York, New York New York, New York I want to wake up in a city, that never sleeps And find Im a number one top of the list, king of the hill A number one These little town blues, are melting away Im gonna make a brand new start of it - in old New York And if I can make it there, Im gonna make it anywhere It up to you - New York New York New York

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20 décembre 2006

Religion : le fossé entre l'Amérique et l'Europe (et plus particulièrement la France...)

Article de Henri Tincq, publié dans Le Monde du 19 décembre 2006 : "Les Américains se disent plus croyants que les Européens" :

"Une enquête de l'Institut Harris pour le Financial Times sur le sentiment religieux de la population de cinq pays européens - Grande-Bretagne, France, Italie, Espagne et Allemagne - et des Etats-Unis a été publié, lundi 18 décembre, dans le quotidien britannique. Au total, 12 500 personnes ont été interrogées entre le 30 novembre et le 15 décembre.

Des deux côtés de l'Atlantique, le fossé se creuse entre ceux qui se déclarent croyants et les "sans religion". Des six pays sondés - et ce n'est pas vraiment une surprise -, les Etats-Unis sont de loin le plus croyant : moins de 20 % des Américains se disent "agnostiques" ou "athées". Et la France est le pays le plus éloigné de la religion : un quart seulement de la population se déclare croyant, contre 60 % d'agnostiques et athées. La croyance religieuse résiste en Italie (62 %), mais s'effrite en Espagne (48 %), en Allemagne (40 %) et en Grande-Bretagne (moins de 40 %)".

La France, "terre de mission", ce n'est plus à démontrer, mais l'ampleur du recul religieux reste frappant. Et ce d'autant que parmi les 25 % de Français qui se disent croyants, une bonne part n'est pas de confession catholique, mais musulmane (entre 5 et 10 %) ou encore juive ou protestante (moins de 1 % chacune). Le pourcentage de Français croyants et catholiques doit donc tourner, grosso modo, autour de 15-20 %. Autant dire que les Catholiques constituent la premiere minorité religieuse d'une France autrefois "fille ainée de l'Eglise"...

D'un autre côté, la religiosité américaine ne surprend pas non plus, meme si, là encore, elle varie en fonction des regions. L'Indiana et le Middle West en général, ne peuvent manquer de surprendre le visiteur français qui constate l'enracinement de la foi, la multiplicité des églises, et la puissance de la pratique religieuse.

Là se trouve sans aucun doute en partie l'origine de l'incompréhension entre la France et les Etats-Unis, tant il est vrai que la plus ou moins grande religiosité modifie la conception du monde, de la société, et de la vie en général que peuvent avoir Français et Américains.

"La tradition de séparation entre l'Eglise et l'Etat que connaissent la France et les Etats-Unis rapproche ces deux pays sur la question de l'enseignement de la religion à l'école publique. 59 % des Américains et 62 % des Français ne sont pas d'accord avec une telle proposition. En revanche, les autres pays comme la Grande-Bretagne, l'Italie ou l'Allemagne - où l'enseignement de la religion existe déjà - y sont plus favorables, dans des proportions voisines des deux tiers de la population interrogée. [...]

La France laïque reste très isolée sur le port de signes religieux à l'école, comme le voile des jeunes musulmanes ou la petite croix. 77 % des Américains n'y manifestent aucune hostilité, alors que les Français sont massivement contre ou sans réponse franche (90 %). Et, en réponse à une question plus ciblée sur le voile, 59 % des Américains ne voient aucun inconvénient à ce qu'une femme musulmane le porte dans un lieu public. Ce pourcentage est à comparer avec ceux, plus modestes, des Anglais - 23 % seulement y sont favorables - et des Français (13 %), soit des pays où le voile a été sujet de polémiques (...)".

S'agissant de la laïcité : la France et les Etats-Unis sont laïques, mais cette laïcité recouvre des réalités différentes. Dans un cas, celui de la France, la laïcité est a-religieuse, quant elle n'est pas carrément anti-religieuse. La religion y est quasiment perçue comme un frein au progrès humain, voire une insulte à l'intelligence. Dans l'autre, aux Etats-Unis, la laïcité est déiste, et intègre les religions dans la vie sociale, sans en préférer une particuliere par rapport aux autres.

Enfin, dernière remarque, s'agissant de l'intégration des populations immigrées en France. Certains s'imaginent que les immigrés d'origine musulmane devraient devenir Catholiques pour devenir de bons Français, pour s'intégrer. C'est faux : il leur suffirait de devenir d'aussi mauvais Musulmans que nous sommes de mauvais Chrétiens !

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11 juillet 2006

Vers un retrait du penny ?

Les pennys (piècettes de 1, 2, et 5 cents) déforment les poches, allourdissent les porte-monnaie, trainent sur les comptoirs. Plus personne n'y prête attention, et de plus en plus rares sont ceux à se donner la peine de se pencher pour ramasser un penny gisant sur le sol.

USA Today s'intéressait, le week-end dernier, à l'avenir de ce penny que certains proposent de retirer de la circulation. Ce ne serait pas une première : la pièce d'un demi cent a déjà fait l'objet d'une telle mesure au XIXème siècle, tandis qu'en Europe, la Finlande a décidé de ne plus produire de pièces de 1 ou 2 centimes d'euro.

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Les arguments des "ennemis du penny" sont solides : pour la première fois dans l'histoire, le coût de production d'une pièce d'un penny est supérieur à un penny ! La pièce, composée de zinc et recouverte de cuivre, est devenue plus cher à fabriquer en raison de l'envol récent du prix des matières premières. On considère qu'il en coûte 1,23 cents pour produire une pièce d'un cent. La valeur du métal contenu dans la pièce s'établit à environ à 1 cent (raison pour laquelle il ne serait pas rentable de ramasser toutes les pièces, de les fondre, puis de les revendre au cours du zinc et du cuivre), soit la valeur de la pièce, mais il faut ajouter au coût de la matière première le coût du transport, de la production (salaires, usines, etc), ce qui explique que le coût total s'établisse à 1,23 cents.

Pour nombre d'économistes et pour les dirigeants de la manufacture chargée de la production des pièces, le retrait des pennys est nécessaire. La manufacture, en effet, fabrique les pièces puis les vend à leur valeur faciale à la Banque centrale des Etats-Unis (la Federal reserve), qui se charge ensuite de distribuer les pièces dans les banques de détail. C'est donc la manufacture qui supporte la perte due à la fabrication des pennys.

Une autre raison milite pour le retrait des pennys de la circulation : ces pièces ont de moins en moins de valeur. En raison de l'inflation, un penny de 1956, par exemple, vaudrait sept pennys actuels ! De même, on estime qu'il fallait travailler 13 secondes pour gagner un penny en 1966, contre seulement 2 secondes à l'heure actuelle !

Tout cela est très bien, mais ignore l'attachement populaire aux instruments monétaires. Nous qui sommes passés il y a quelques années des francs aux euros sommes bien placés pour le savoir. Les consommateurs sont attachés à leurs pièces, à leurs billets, et certains vont jusqu'à considérer qu'il en va de l'identité de la nation au même titre que l'hymne, ou le drapeau. Ainsi, il apparaît que les Américains restent majoritairement attachés à leurs pennys. De même un lobby s'est constitué pour défendre les pièces cuivrées (lobby soutenu notamment de producteurs de zinc, de cuivre et soutenu par des législateurs représentants d'Etats producteurs de zinc ou de cuivre...). Enfin, bien évidemment, des économistes soutiennent que le retrait de ces petites pièces serait néfaste pour l'économie et frapperait avant tout les plus modestes, pour lesquels un penny conserve une valeur, et qui, surtout, souffriraient inévitablement de l'inflation qu'induiraient selon eux des arrondis au montant supérieur.

Nous voilà bien avancé, n'est-ce pas ? On pourrait penser que ce n'est pas demain la veille que le penny disparaîtra. Il faudrait pour cela un courage dont le législateur fédéral n'est pas coûtumié... Et ce d'autant plus que l'année 2009 sera le 200ème anniversaire de la naissance d'Abraham Lincoln, ce qui donnera lieu à d'innombrables manifestations. Or la face des pièces de 1 et 2 cents montre justement le profil de Lincoln : pas vraiment le moment de passer ces piécettes à la trappe !

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Une solution de compromis pourrait être avancée, cependant. L'idée m'en est venu à propos du débat concernant la pièce de 5 cents, dont le coût de production est lui aussi légèrement supérieur à sa valeur. A la différence des pièces de 1 ou 2 cents, nul ne propose de retirer la pièce de 5 cents de la circulation : le risque inflationniste serait trop grand en ne conservant plus que les pièces de 10 cents ("nickel"). Pour remédier au problème du coût des matières premières, il est proposé de changer la composition en métal des pièces de 5 cents, et de substituer au zinc un métal moins onéreux. Il est probable qu'une proposition de la même eau pourrait être envisagée pour les pièces de 1 et 2 cents.

L'article de USA Today est ici : Penny

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06 juillet 2006

Une plaque pour la vie

Dans l'Indiana, comme dans de nombreux autres Etats américains, il est possible de personnaliser sa plaque d'immatriculation.

Le "special recognition license plate program" permet aux Hoosiers de soutenir universités, organisations caritatives, associations. L'idée consiste à fournir à ces entités une publicité volontaire de la part de ceux qui les soutiennent et qui, de plus, sont prêts à payer pour s'offrir ces plaques qui prouvent 1) leur soutien, 2) leur générosité... "Le bien ne fait pas de bruit, le bruit ne fait pas de bien", entends-je ? Allons, il faut vivre avec son siècle !

Bon, c'est modique, il faut compter seulement 15 $ pour arborer une de ces plaques sur votre SUV :

  • Indiana University - Indianapolis

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  • Notre Dame University (Université catholique)

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  • Vétéran

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  • Survivant de Pearl Harbor

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  • Programme de protection de l'enfance et de lutte contre les mauvais traitements

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  • Soutien des écoles primaires

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  • Protection de l'environnement dans l'Indiana (je ne la vois jamais, celle-ci...)

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  • Lutte contre la drogue et les violences

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  • Soutien aux arts

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  • Sécurité civile

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  • Scoutisme

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  • Aide aux indiens d'Amérique (culture)

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  • Hôpital pour enfants Riley

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  • US Legion

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  • Ordre fraternel de la police (c'est celle que je prendrais volontiers, pour éviter les complications)

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  • Lutte contre le cancer du sein

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  • Franc-maçons

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  • Indianapolis Motor Speedway

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Vu le succès de ces plaques, les associations ou institutions en tous genres tentent d'obtenir l'homologation du Bureau of Motor Vehicle leur permettant d'émettre "leur" plaque d'immatriculation et ainsi de bénéficier de nombreux dons. Pour ce faire, elles doivent soit obtenir le vote d'une loi par les deux chambres de l'Etat de l'Indiana, soit réunir un nombre suffisant de signatures soutenant l'émission d'une nouvelle plaque et démontrer qu'un minimum de 2000 plaques peuvent être vendues en quatre ans.

Dernière proposition acceptée par le Commissaire Joel Silverman, une plaque d'immatriculation "Choose life" ("Choisissez la vie"), dont les fonds récoltés serviront à la Indiana Association of Pregnancy Centers, association des centres de grossesse de l'Indiana. Comme vous l'avez bien compris, il s'agit d'un réseau de centres luttant contre l'avortement.

Selon le Commissaire Silverman, élu au suffrage universel, cette décision ne répond à aucune préoccupation politique ou philosophique.

*

"Pan sur le bec" : FoxTrot Bravo me fait remarque avec justesse que j'ai omis de vous montrer la plaque d'immatriculation ordinaire de l'Indiana. C'est vrai qu'elle est jolie, cette plaque, si bucolique et si représentative de notre Etat à la vie trépidante !

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04 juillet 2006

Mélange des genres

Mon post précédent a suscité une remarque intéressante de la part d'un lecteur, Almendralejo, sur un point particulier. Il me donne ainsi l'occasion de revenir sur la place de la religion si ce n'est dans la société américaine, du moins dans le Middle West.

Le sujet ayant donné lieu à controverse est le sermon prononcé par un pasteur juste avant la course de Formule 1 du Grand Prix des Etats-Unis. Voici le commentaire d'Almendralejo, reprenant au début l'un de mes commentaires :

"je me disais que nos amis américains n'étaient pas si éloignés, parfois, de certains régimes islamistes...", cette phrase tranche un peu avec les photos des pom-pom girls un peu au-dessus, hmm...?
Peut-être que le long dimanche au circuit ne permettait pas de se rendre à l'eglise et que les organisateurs ont prévu une compensation, largement suivie, à en croire la photo.(?)

Comme mon observation était plutôt laconique, elle mérite sans doute une petite explication de ma perception de cette question.

Je suis d'accord avec le sens général du propos d'Almendrajelo : les Etats-Unis sont un pays de libertés !

De ce point de vue-là, pas un seul pays musulman n'est plus respectueux de l'état de droit, de la démocratie, des droits de l'homme, des diverses religions ou opinions ou orientations. Cela me paraît être une évidence : les Etats-Unis sont un des pays les plus avancés dans le monde s'agissant du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. La situation n'est pas parfaite, mais il existe peu d'endroit sur terre où elle soit meilleure.

Cela étant précisé, les Etats-Unis ne cessent d'étonner, et parfois d'agacer l'hôte français que je suis s'agissant de la place de la religion dans la société américaine.

Etonnement lorsque des adolescentes peuvent défiler dans des tenues un peu osées en se déhanchant convulsivement comme des danseuses de samba brésilienne, ou arborer mini shorts et micro jupes et, dans le même temps, porter un t shirt au-dessus du nombril indiquant que pour elles, ce sera "no sex" jusqu'au mariage. Etonnement encore s'agissant des programmes de radio et de télévision : On peut aussi voir des centaines de meurtre, de la cruauté, toutes sortes d'horreurs sur les chaînes de télévision, mais les ligues de vertu chrétiennes s'alarmeront de la prononciation du F*** word, ou se scandaliseront de l'exhibition fugitive d'un bout de téton pendant un intermède musical (calculée ou accidentelle, peu importe).

Franc agacement lorsque, comme dimanche dernier, on assiste à un mélange des genres à mon sens inapproprié entre sphère privée et sphère publique. Ma remarque sur le pasteur qui prononce son sermon juste avant la course de Formule 1 était sans doute excessive dans sa comparaison avec certains régimes islamistes, mais je ne la retire pas totalement, car je trouve qu'Américains et Islamistes partagent cette caractéristique de confondre sphère privée et sphère publique en matière de religion. C'est ainsi que nombre de lois de l'Etat de l'Indiana, dans leur exposé des motifs, se fondent explicitement sur les enseignements de la Bible, que l'Etat de l'Indiana a décidé de rendre obligatoire un moment de prière quotidienne dans les écoles, que des prières sont prononcées au début de chaque session parlementaire, que la seule façon de bénéficier de services de garde d'enfants en bas âge est d'être affilié à une église, les services publics étant tout bonnement inexistants en la matière, que l'invocation de Dieu et de "Our Lord Jesus Christ" est lancée à tout bout de champs...

Je suis catholique - pas très pratiquant, mais catholique - et aussi très attaché à la laïcité à la française qui laisse la religion dans la sphère intime et ne lui accorde pas de place dans la sphère publique. Pour revenir à dimanche, les pilotes et leurs équipes peuvent prier, les spectateurs peuvent prier pour eux, chacun peut faire ce qu'il souhaite. Et ceux qui souhaitaient vraiment ne pas rater l'office dominical, ils le pouvaient aisément : la course avait lieu à 13h et toutes les églises proposent ici plusieurs messes à divers horaires le dimanche matin. Mais le moment de prière collective dans une enceinte sportive me choque, je l'avoue. Comme catholique (comme 30 % des habitants de l'Indiana), je n'ai pas envie de voir un pasteur protestant me livrer sa bonne parole. Juifs, Bouddhistes, Agnostiques, et Athées partagent sans doute mon sentiment. Le respect de toutes les religions passe aussi par le respect de ceux qui sont en recherche et de ceux qui ne croient en rien. Imagine-t-on en France un prêtre catholique inviter à la prière avant une finale de la coupe de France de football ? Avant le Grand Prix de France à Magny-Cours ? Que n'entendrait-on pas ? Et sans doute à juste titre, d'ailleurs.

Ce qui permet de faire société, c'est ce qui est commun à tous : l'adhésion à une même religion n'est pas commune à tous et en ce sens, il me semble préférable d'éviter les manifestations publiques qui pourraient laisser croire que certains, à raison de leur religion, ne sont pas des membres à part entière de la communauté. Le chant de l'hymne national, pour cette raison, est approprié, car il est inclusif. Il concerne tous les Américains et ne laisse personne de côté. La religion, en revanche, est facteur d'exclusion, de segmentation, de division, et même d'affrontement, souvent : c'est pourquoi son expression publique convient, me semble-t-il, d'être évitée.

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26 juin 2006

La Poste vs. United States Postal Service

Le prix du timbre pour un pli de moins de 50 grammes va prochainement augmenter en France, passant de 53 à 54 centimes d'euros. La hausse décidée devrait d'ailleurs se poursuivre, puisque le prix du timbre va encore augmenter de 1 centime par an jusqu'en 2008. Telle est la décision de l'Autorité de régulation des communications électroniques et de La Poste (ARCEP), autorité administrative indépendante chargée de déterminer les conditions d'ouverture à la concurrence du marché du courrier ainsi que l'évolution du prix du timbre.

Ce prix est exhorbitant, et s'apparente à une rente de monopole intolérable dont profite une Poste impossible à réformer, comme la plupart des entreprises du secteur public. La moindre des choses, s'agissant d'une entreprise bénéficiant d'un monopole sur les lettres de moins de 50 grammes serait que l'augmentation des prix des produits sous monopole ne soit décidée qu'après que l'entreprise a entrepris tous les efforts de productivité nécessaires. Nous sommes loin du compte s'agissant d'une entreprise publique dont les agents (puisque l'on ne saurait parler de salariés) se caractérisent principalement par leur capacité de sabotage de toute réforme permettant un meilleur service du public à un coût moindre.

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Aux Etats-Unis, le prix du timbre pour une lettre est de 39 cents (31 centimes d'euro), et pour une carte postale de 24 cents (19 centimes d'euro). 31 centimes d'euros contre 54 centimes d'euros : comment expliquer une telle différence, le prix du timbre en France, avec ce cher (très cher !) service-public-à-la-française-que-le-monde-entier-nous-envie étant 57 % plus élevé qu'aux Etats-Unis ? Et ce alors que le territoire américain est autrement plus vaste que le territoire français et moins densément peuplé (Anchorage-Miami : 31 centimes, Dunkerque-Marseille : 54 centimes) ?

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Comment expliquer cette situation alors que si le US Postal Service (USPS) reste tenu de porter les plis en tout endroit pour le même prix aux Etats-Unis six jours par semaine (ce que l'on appelle le service public, n'est-ce pas ?), il ne dispose de monopole sur aucun produit et se trouve confronté à des concurrents extrêmements agressifs  et efficaces (Fed Ex, United Parcel Service) qui, eux, ne sont pas tenus aux mêmes obligations de service public ? Faut-il ajouter que USPS est profitable (1,3 milliards de dollar de profits l'an passé) et que l'entreprise est dépourvue de la moindre dette ?  Que 2 millions de nouvelles adresses doivent être ajoutées tous les ans ? Que 90 % des plis atteignent leur destination en moins de trois jours et que 95 % des plis sont livrés dès le lendemain lorsque la lettre est adressée dans la même agglomération ? Que 212 milliards de plis transitent tous les ans entre les mains de USPS ?

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Bref, USPS, tout en étant tenu de respecter des obligations de service public, est moins cher, plus rentable, et plus efficace que son concurrent français. La vérité toute nette est que le service public est mieux défendu dans un système concurrentiel, ouvert, dans lequel toutes les entreprises sont amenées à concourir dans des conditions identiques. L'équation "entreprise publique à monopole = meilleur service public pour tous" est tout bonnement un mensonge destiné à masquer la rente de situation d'agents surprotégés défendant leurs intérêts financiers sous l'apparence de la défense de l'intérêt public.

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