22 avril 2008
Babylone au Louvre
On ne sait pas grand’chose de Babylone : ce n’est pas au programme d’histoire, puisque l’étude de l’Antiquité se focalise plutôt sur Rome, la Grèce antique, et sur l’Egypte. Pour ceux qui sont allés au catéchisme, Ninive ou Babylone évoqueront quelque chose d’un peu flou, tout comme la Tour de Babel. Les amateurs de bonne chère savent que Nabuchodonosor désigne une bouteille de 15 litres, et ceux intéressés par l’actualité se rappelleront que Saddam Hussein en faisait son modèle ; il reviendra sans doute aux juristes que le Code d’Hammurabi est la première codification juridique connue (« œil pour œil, dent pour dent », la loi du Talion étant alors un progrès considérable par rapport à la vengeance privée), les Parisiens passent fréquemment par Sèvres-Babylone sans relever l’incongruité de cette association, quant aux fans de Disco, ils se remémoreront un air célèbre de Boney M…
Bref, Babylone appartient à notre fond culturel, sans que l’on sache exactement situer cette civilisation ni l’identifier avec précision.
Autant dire que l’exposition du Louvre répond à un besoin collectif, que dis-je !, à un véritable service public !
L’objectif est raté, et il faudra attendre encore un peu avant que Babylone n’émerge des limbes antiques aux yeux du grand public.
Passons sur un tarif d’entrée fixé à 9 euros, sans même un audioguide, facturé, lui, 6 euros supplémentaires. Sans aller jusqu'à la gratuité, le prix d’entrée d’un musée public devrait tout de même rester raisonnable pour permettre aux familles de classe moyenne d’y aller. Surtout pour une exposition passant par Londres, Berlin et Paris et dont l’écrasante majorité des pièces provient d’institutions publiques de ces villes…
Passons aussi sur la queue de 50 minutes, un peu pénible, mais on ne peut que se réjouir de la popularité des musées. L’affluence est cependant plus gênante lorsque l’on visite l’exposition elle-même et qu’il faut jouer des coudes comme dans un hypermarché le samedi, patienter devant chaque pièce pour laisser le temps aux autres visiteurs de lire les notices, et avancer à la queue leu leu sans véritable marge de manœuvre. On pourrait imaginer que passé un certain nombre de personnes acceptées dans l’enceinte de l’exposition, plus aucune entrée ne soit autorisée. Ce serait sans doute la seule façon de préserver un peu de confort de visite.
Mais au-delà du coût du ticket d’entrée et de l’affluence, le principal problème réside dans l’exposition elle-même. Non pas dans les pièces exposées, je ne dispose pas de l’expertise suffisante pour juger si elles étaient les plus pertinentes ou les plus illustratives.
Mais la présentation, les notices explicatives, la mise en scène étaient gravement déficientes.
En effet, compte tenu de l’ignorance géneralisée concernant Babylone, un effort de pédagogie particulier devait être déployé. Or cette exposition donne l’impression de s’adresser à un public d’étudiants en troisième cycle en histoire mésopotamienne : aucune chronologie, aucune information sur les croyances des Babyloniens, rien sur leur organisation politique et sociale, rien sur les raisons de la chute de Babylone, pas davantage sur ses voisins.
L’exposition présente de nombreux morceaux de pierres, de poteries, de fresques accompagnées de notices rédigées en petits caractères, sans aucune mise en perspective.
Quant au texte, il faut s’accrocher : visiblement écrit initialement en langue anglaise puis mal traduit vers le français, il entre dans le détail des choses alors que les grandes lignes (« the big picture » écrirait-on en anglais) n’ont été exposées que succinctement et dans un jargon abscons.
On ne comprend rien, on ne retient rien.
Seule la fin de l’exposition consacrée à l’empreinte de Babylone sur les époques et civilisations ultérieures est accessible, quoique terriblement fragmentaire. Un petit mot sur la situation des vestiges babyloniens dans le contexte de guerre civile qui est celui de l’Irak actuellement aurait sans doute été intéressant, mais à ce stade de carence, on n’ose même l’envisager !
PS : en revanche, l’exposition de gravures de Goya au Petit Palais est captivante. Le Louvre pourrait s’en inspirer en matière de pédagogie, cela n’a pas l’air hors de portée.
07 mars 2008
Quand j'entends le mot "culture"...
Les dimanches pluvieux sont propices à la culture. Surtout lorsqu’il s’agit du premier dimanche du mois, jour de gratuité des musées nationaux. C’est le jour que j’ai choisi pour visiter en voisin l’établissement voulu par le sieur Jacques CHIRAC dans le souci de laisser tout de même une empreinte de son soporifique passage à l’Elysée. Je veux parler ici du Musée des Arts Premiers du quai Branly, sorte de grand Louvre des civilisations non occidentales.
Mon goût pour les a priori négatifs m’avait suggéré d’attendre un jour de ce genre pour arpenter cet ensemble, et j’ai été bien inspiré. Il ma paru en effet sage d’économiser 8,5 euros pour me frayer un chemin au travers d’une collection hétéroclite de bibelots, colifichets et autres totems grimaçants.
Notre ancien Président, que l’on savait convaincu de la supériorité des sociétés exotiques sur la nôtre, tente ici de nous convaincre à notre tour de l’infinie profondeur des us et coûtumes de ces peuples lointains.
Si le bâtiment conçu par Jean NOUVEL présente une indéniable élégance et un agréable agencement de ces collections, son contenu peut laisser perplexe le quidam. Il faut d’abord savoir que le rôle principal de ce musée est de rassembler des collections déjà existantes mais alors dispersées. Par ailleurs, seule une petite partie des biens est exposée, le reste étant confiné dans une sorte de silo de verre transparent et obscur afin d’en pérenniser le contenu.
Après un long chemin sinusoïdal, le visiteur approche le fameux silo et entreprend de parcourir une sorte de tranchée bordée de carton-pâte qui rappelle furieusement un parc d’attraction américain de l’est parisien.
Dans une semi pénombre se succèdent les témoignages plus ou moins aboutis de sociétés aujourd’hui disparues, d’Océanie, d’Afrique, d’Asie et d’Amérique.
La méconnaissance de l’écriture par ces peuples oblige les spécialistes du genre à se contenter de suppositions sur l’usage réel ou supposé de différents morceaux de bois plus ou moins anthropomorphes.
Cela sert de prétexte à devoir nous rendre béat de respect pour des représentations du monde qui étaient déjà celle de nos ancêtres celtes il y plus de 3 000 ans, mais qui étaient toujours en usage dans ces pays il y a encore un siècle (rôle des éléments naturels, cycles de l’eau, place des défunts…).
Si toute culture est bien sûr respectable, il est juste dommage que l’on ne profite pas de l’occasion pour se demander pourquoi ces peuples ont disparus, le plus souvent d’ailleurs sans intervention de l’homme occidental, alors que la nôtre s’est imposée partout.
Dommage également que cette intention qui est bonne au second degré, celle de préserver des savoirs et la diversité face à la standardisation actuelle, se transforme en simple bocal de formol, sans prolonger le débat.
Il est d’ailleurs stupéfiant de constater que c’est une capitale occidentale qui a choisi de devenir le conservatoire des civilisations lointaines, alors même que les pays concernés ne jurent désormais que par les USA ou l’Europe. La preuve peut-être que notre passage sur ces terres n’a pas été si cataclysmique que notre figure mythique du bon sauvage semble nous le dire.
N’oublions pas enfin que ce sont des explorateurs et des scientifiques occidentaux, qui sur les traces de La Pérouse, ont été les premiers et irremplaçables sauveteurs de ces témoignages du passé.
PORTALINUS
15 février 2008
La séquence du téléspectateur
Souvent décriée comme machine à laver les cerveaux, la télévision peut encore nous offrir quelque programme de qualité, intelligent, sensé et parfois même objectif.
Témoin ce mercredi 13 février d’un excellent documentaire sur le thème de « L’enfance d’un chef : Margaret THATCHER », diffusé à 21h00 (donc en prime time) sur ARTE et ironie du sort, jour de grève de l’audiovisuel public. ..
Le concept même du sujet repose sur l’étude des mécanismes, des ressorts et des événements qui ont conduit une personne souvent d’origine banale à exercer les plus hautes responsabilités, et dans le cas présent à changer l’Histoire. Après le cas (pathologique) de Fidel CASTRO la semaine dernière, il s’agissait hier de notre sujet de sa Gracieuse Majesté préféré.
Née et élevée dans l’épicerie familiale de la campagne anglaise, bercée des odeurs des produits venus de tout l’Empire britannique, éduquée dans une foi méthodiste rigoureuse, la petite Margaret ROBERTS a surtout été le témoin du sursaut d’orgueil de la Grande-Bretagne des années de guerre.
Il est bien connu que c’est entre 10 et 20 ans que se forgent les convictions définitives des individus. L’adolescence de Maggie a été contemporaine de la crise des années 30, c'est-à-dire de l’irruption du socialisme politique dans le parlementarisme. Elle s’est achevée par le pari insensé de CHURCHILL, dès 1940, que l’Allemagne perdrait finalement la guerre et que l’Angleterre serait le dernier retranchement de la démocratie en Europe.
C’est ainsi que dès ses 20 ans, en 1945, la future Dame de fer est sur les rails, certaine de la supériorité du système britannique fondé sur la démocratie parlementaire et l’économie de marché. Elle sera post-victorienne comme De Gaulle fut maurassien pour la vie.
Député dès 1959, elle siège à Westminster parmi les 10% de femmes que compte la vénérable Chambre. Elle doit, comme d’autre pionnières de son temps, vaincre les archaïsmes, les idées reçues et les barrières liés à sa condition. Bon nombre d’établissements étaient encore à l’époque interdits d’accès aux femmes !
Au prix d’un travail acharné, elle devient la première femme à prendre la tête d’un grand parti politique européen dès 1975 et donc en piste pour le pouvoir.
Curieusement, c’est en surtout dans son propre camp que Maggie dut s’imposer et imposer ses idées, à l’époque de la social-démocratie triomphante. A des conservateurs jugeant impossible de revenir sur les acquis de l’Etat-Providence, elle oppose le courage, la détermination et la foi inébranlable dans la supériorité du système libéral, 15 ans avant sa consécration par la chute du Mur.
Convaincue qu’il y un sens dans l’Histoire (sa seule concession au marxisme !), elle pressent le triomphe inéluctable des valeurs qui ont fait le succès et la richesse de la Grande-Bretagne : la liberté d’entreprise, la concurrence, le libre-échange, l’Etat minimal, la nécessité de produire des richesses avant de les redistribuer.
« There Is No Alternative » martèle-t-elle. Et effectivement, l’évolution ultérieure du monde, de la Russie à la Chine en passant par l’Amérique Latine montre que seul le modèle libéral apporte aux individus le bien-être matériel, la liberté de leurs choix et de leurs orientations, une démocratie plus vive et surtout un paix globale qui découle de l’interdépendance des économies.
Force est de constater qu’aucune alternative sérieuse ne vient à ce jour concurrencer le marché sur plan des idées. Il n’y pas de troisième voie, cela est une utopie qui nous vient du siècle des Lumières. Le marasme économique que connaît la France depuis 30 ans l’illustre chaque jour l’inanité de cette vieille lune.
Nous qui croyons en l’immortalité du génie français attendons l’avènement d’un dirigeant politique de la trempe de Maggie. Elle a prouvé qu’il est possible de redresser la barre à condition d’en avoir le courage politique et une détermination sans faille.
Notre pays a été et demeure un phare, un repère pour de nombreux amoureux de la Liberté et de la culture dans le monde. Souvenez vous de l’écrivain Stéphan ZWEIG et des larmes qu’il a versées en apprenant la défaite de la France en 1940.
C’est bien d’une nouvelle Renaissance qui naîtrait sur les bords de la Loire, comme la souligné le Président SARKOZY, dont notre pays a besoin. Il ne reste plus qu’à lui trouver sa muse.
N’oubliez pas non plus la première citation de Maggie à son entrée à Downing Street :
« Là où se trouve la discorde, nous apporterons l’harmonie, là où se trouve le doute, nous apporterons l’espoir, là où se trouve la détresse, nous apporterons le réconfort. »
St François d’Assise
PORTALINUS
07 février 2008
Discours de réception à l'Académie française de Max Gallo, le 31 janvier 2008
Le 31 janvier dernier, Max Gallo a été reçu à l'Académie française où, comme la coûtume l'exige, il a prononcé l'éloge de son prédécesseur au siège qu'il occupe, Jean-François Revel.
Le discours est disponible dans son intégralité sur l'excellent site dédié à Jean-François Revel, Chez Revel. Extraits :
"...Mesdames et Messieurs de l’Académie, si, me présentant devant vous, mon trouble est profond, c’est parce que je succède à Jean-François Revel.
En effet, comme vous, je porte le deuil de cet homme que j’aimais".
"...au-delà de son attention amicale, ses livres, ses articles, et surtout son indépendance d’esprit, son courage, sa clairvoyance m’ont guidé.
J’ai eu la sensation, en le côtoyant, d’être à la fois devant un homme bon et rigoureux, ouvert à mes analyses, mais intransigeant dès lors qu’il s’agissait de la vérité.
Il frappait alors à coups redoublés.
Il m’a évité la cécité et la bonne conscience que suscitent les origines modestes lorsqu’on se vit comme un humilié et un offensé".
"“Le grand malheur du xxe siècle, écrit Jean-François Revel, ce sera d’avoir été celui où l’idéal de la liberté aura été mis au service de la tyrannie, l’idéal de l’égalité au service des privilèges, toutes les forces sociales comprises à l’origine sous le vocable de gauche embrigadées au service de l’appauvrissement et de l’asservissement.
“Cette immense imposture a falsifié tout le siècle en partie par la faute de quelques-uns de ses plus grands intellectuels.”'
"Revel place donc l’homme au centre du jeu, c’est-à-dire face à ses responsabilités individuelles.
C’est pour les fuir qu’on prétend que des mécanismes incontrôlables, économiques, sociaux ou politiques, ont le pouvoir de déterminer notre destin.
Nous sommes libres. Nous sommes comptables de notre vie. Notre volonté est le ressort du monde."
"“Quand, dit-il, dans un pays, une civilisation, un individu, un groupe social, une école littéraire ou artistique, un journal, un parti, une religion s’adonnent à des pratiques intellectuelles ou morales en opposition complète ou partielle avec leurs principes ou avec leur réputation, alors la concession dont je suis incapable, c’est de m’abstenir de le constater et c’est d’édulcorer les termes dans lesquels s’exprime mon constat.
Les mots, les phrases, les images, les épigrammes surgissent et s’organisent alors dans ma tête quasiment malgré moi…”
Ce “malgré moi” de Revel est l’aveu de la force irrépressible de la vérité, de la nécessité de la dire, de la crier et d’agir, parfois au péril de sa vie — tel aura été son engagement dans la Résistance.
Cela aura supposé aussi la capacité d’affronter, pour chacun de ses livres, chacun de ses textes, l’incompréhension et souvent la bassesse et la calomnie.
Mais Revel ne peut se taire. C’est ce qu’on appelle le courage, spontané et instinctif."
"“En écrivant, je me borne à rapprocher la réalité effective de la réalité fictive, et leur contact provoque en général une explosion.”
Cette exigence intellectuelle est d’abord une morale ; Revel ne transige pas avec le mensonge. Il le traque. Il le montre. Il l’attaque. Et s’il parle fort, c’est parce que, dit-il, “devant certaines surdités volontaires, il faut travailler à l’explosif”."
"Je dois confesser, Mesdames et Messieurs de l’Académie, que j’ai été malmené, choqué, renversé par certaines de ces déflagrations.
Jean-François Revel avait pris pour cibles de Gaulle, Malraux, Claudel, Péguy, Aragon, d’autres moins illustres mais qui étaient — et sont encore — de mes amis.
Il opérait sans anesthésie, avec l’assurance, la main ferme de celui qui ne se soucie ni des puissants, ni des modes, ni des conventions ou du conformisme.
Ses interventions contre des hommes que je révérais, qui m’avaient enthousiasmé, me laissaient pantelant.
Mais, après le choc opératoire, j’étais contraint de reconnaître qu’il avait porté le fer là où il fallait, et crevé des abcès que la complaisance, la prudence, l’aveuglement rassurant, l’admiration béate dissimulaient.
Revel obligeait à regarder, à mettre en cause ses certitudes, à rompre avec les idées reçues.
Si l’on voulait contester son diagnostic, il fallait trouver des arguments qui ne pouvaient plus être d’autorité, mais fondés sur une analyse et des raisonnements aussi pertinents que les siens."
"Ce n’est pas la grandeur que récuse et rejette Revel, c’est sa caricature.Il aime le marbre, pas le stuc."
"Mais, dans ses diatribes, Jean-François Revel n’exprime pas seulement le besoin de crier ce qu’il ressent, de manière d’autant plus déterminée qu’il choisit de heurter pour se faire entendre, parce qu’il est seul contre l’opinion commune. Il renoue en fait avec une tradition française, celle de la vigueur voltairienne, indignée, accusatrice, n’épargnant pas les moeurs nationales.
J’ai relu Le Discours aux Welches, puisque c’est par ce sobriquet que Voltaire désigne ces Français, ces Gaulois narcissiques et prétentieux. Et il m’a semblé entendre Jean-François Revel se moquant de notre vanité.
“Depuis le temps que la culture française rayonne, je me demande comment l’humanité entière n’est pas morte d’insolation”, s’étonne-t-il."
"Ce que Jean-François démasque chez les faux grands poètes, les historiens de l’art qui cachent leur ignorance sous les déclamations, les politiciens emphatiques, c’est le trucage, le mensonge dont la forme achevée est l’idéologie, cette imposture érigée en système.
Voilà son adversaire principal !
“Qu’est-ce que l’idéologie ?” s’interroge-t-il ici même, lors de sa réception, Mesdames et Messieurs, dans votre Académie.
“C’est une construction a priori, élaborée en amont et au mépris des faits et des droits, c’est le contraire à la fois de la science et de la philosophie, de la religion et de la morale.
“L’idéologie n’est pas la science pour laquelle elle a voulu se faire passer ; ni la morale dont elle a cru détenir les clés et pouvoir s’arroger le monopole tout en s’acharnant à en détruire la source et la condition : le libre-arbitre individuel ; l’idéologie n’est pas la religion à laquelle on l’a souvent comparée.”
Et lui qui ne cède jamais à l’apitoiement ajoute : “Nous autres, pauvres hommes du xxe siècle, avons subi l’âge de fer des idéologies.”"
"La période Gurdjieff lui a fait mesurer sur son “propre cas, dit-il, l’aptitude des hommes à se persuader de la vérité de n’importe quelle théorie, de bâtir dans leur tête un attirail justificatif de n’importe quel système, fût-ce le plus extravagant, sans que l’intelligence et la culture puissent entraver cette intoxication idéologique”.
Le voici armé pour combattre “l’envoûtement totalitaire qui peut plonger dans la nuit temporaire ou définitive des esprits supérieurs aussi bien que des abrutis, et des consciences honnêtes autant que des scélérats”.
Revel, qui a rejeté le nazisme, refusé la servitude volontaire, ne succombera pas à la fascination du communisme.
Il est immunisé contre La Tentation totalitaire. L’essai qu’il publiera sous ce titre en 1976 et qui fera de lui, avec Raymond Aron, l’un des quelques intellectuels échappant au marxisme, prend sa source dans ses expériences personnelles des années quarante-cinquante."
"La publication et le succès de Ni Marx ni Jésus marquent sa rupture avec l’antiaméricanisme.
Les États-Unis sont à ses yeux le pôle démocratique et l’acteur majeur de la transformation mondiale.
Il s’écarte ainsi de l’idéologie de la gauche et donc de la bien-pensance intellectuelle.
Sans regret, puisque Revel constate que ces donneurs de leçons n’ont “rien compris à l’enjeu du siècle, à savoir la lutte à mort entre les totalitarismes et la démocratie”.
Le voici, aux côtés de Raymond Aron, d’Orwell, de David Rousset, de Koestler, de Simon Leys, de Boris Souvarine, à nouveau en résistance.
Ses livres, ses éditoriaux sont les armes de ce combat.
Ils mettent en garde contre La Tentation totalitaire, rappellent Comment les démocraties finissent (1983), condamnent le programme commun aux socialistes et aux communistes."
"“Si le fascisme et le communisme, écrit-il, n’avaient séduit que des imbéciles et des canailles, il eut été plus simple de s’en débarrasser.”
La connaissance n’est-elle pas inutile, se demande-t-il dans un essai de 1988, puisque la réalité du totalitarisme soviétique est connue depuis les années trente, qu’on a décrit la Grande Terreur, et que, cependant, le communisme continue d’attirer, de fasciner ceux dont la fonction est de connaître, d’analyser, de dire ?
Or le Grand Mensonge, malgré Soljenitsyne et les dissidents, est toujours efficace et menaçant.
“Les pacifistes sont à l’Ouest et les missiles à l’Est.” Cette phrase qui fait mouche a-t-elle été glissée par Revel à François Mitterrand ? Certains l’affirment.
Jean-François Revel occupe ainsi, alors qu’il est directeur de L’Express de 1977 à 1981, puis éditorialiste au Point, un poste de combat en première ligne, constamment exposé.
Il ose se proclamer anticommuniste alors qu’il s’agit là de l’un de ces “gros mots” que la pudeur, la prudence, les complaisances et la complicité interdisent de prononcer.
Revel va plus loin encore. Il dénonce avec éclat “l’identité d’essence des trois totalitarismes du xxe siècle : fascisme, nazisme, communisme”, auxquels il ajoutera bientôt le maoïsme, ce nouvel opium des intellectuels.
Ni Raymond Aron, ni François Furet, ni Simon Leys, engagés dans la même bataille, n’ont été attaqués avec autant de violence qu’il le fut.
“Et d’abord vous, Revel, vous êtes une canaille”, lui lancera un secrétaire général du Parti communiste, ne suscitant qu’une réprobation timide des journalistes présents.
C’est que Revel brise les tabous, aucune prudence ne retient sa plume. Il est de ces hommes qui s’engagent. Il l’a montré sous l’Occupation, puis il a combattu le colonialisme, a critiqué le gaullisme triomphant.
Comment pourrait-il épargner le communisme, le maoïsme, ces utopies meurtrières ?
Il intervient toujours en intellectuel qui accumule les données de fait, mais aussi en polémiste impitoyable qui refuse toutes les connivences, et en politique déterminé qui ose dire que le secrétaire général du parti communiste français a travaillé en Allemagne nazie ou que son parti est financé par l’Unio.n soviétique.
Cela est contraire aux usages ! Pourtant il le fait. Il choque la gauche, qui n’a pas rompu avec le communisme pour des raisons idéologiques et électorales. Il est le mal-pensant. Il trouble le jeu.
Il conçoit même, en 1979, le “devoir d’ingérence” des démocraties dans les régimes dictatoriaux qui, en Afrique, se proclament socialistes."
"Mais qui est-il donc, ce Jean-François Revel ?
Un écrivain égal aux plus grands.
Un écrivain français nourri par la sève rabelaisienne et voltairienne. Un lecteur de Saint-Simon et de Montesquieu, de Chateaubriand et de Tocqueville, de Taine, de Montaigne et de Proust.
Un humaniste engagé dans les combats contre les totalitarismes, qui a toujours défendu la liberté d’expression et affirmé que “le seul barrage au fanatisme meurtrier est de vivre dans une société pluraliste où le contrepoids institutionnel d’autres doctrines et d’autres pouvoirs nous empêche toujours d’aller jusqu’au bout des nôtres”.
Car, au centre de la pensée de Revel, il y a l’idée qu’il faut défendre l’homme de son pire ennemi : l’homme.
Ce qui signifie : reconnaître que l’homme peut errer, mentir, se mentir et préférer le mensonge et l’illusion à la vérité, la cruauté à la bonté.
Mais faire cet implacable constat ne conduit pas Revel au fatalisme.
Il fait le pari que l’homme est libre et que, dès lors, chacun de nous peut choisir entre la face noire et la face claire de son esprit.
Et cela engage notre responsabilité.
Lucidité, liberté, responsabilité, courage, refus du cynisme et de la passivité, bonté, tels sont les piliers de la pensée et du comportement de Revel.
Jamais il ne se dérobe à leurs exigences."
27 novembre 2007
C dans l'air
Rares sont les émissions politiques de qualité dans le PAF.
L'un des modèles du genre était "L'heure de vérité", présentée par le regretté François-Henri de Virieu. "Live and let die" en générique ; Alain Duhamel, Jean-Marie Colombani,François d'Orcival, et Albert du Roy en journalistes mettant l'invité politique sur le grill ; un décor minimaliste : on n'a pas vraiment fait mieux depuis.
Et, s'il vous plaît, ne me parlez pas d'Arlette Chabot ! Sa permanence sur l'antenne de France 2 reste un mystère...
Une émission quotidienne vaut cependant le détour : "C dans l'air" , sur France 5, autour de 22h30.
Tous les soirs Yves Calvi décortique une question d'actualité avec des invités appartenant à des secteurs d'activité différents (hommes politiques, syndicalistes, chefs d'entreprise, universitaires, chercheurs, économistes).
La réussite de l'émission tient à plusieurs facteurs :
Il s'agit d'une émission politique - ou du moins d'actualité - dans laquelles les responsables politiques ne sont pas les seuls intervenants, même s'ils ne sont pas pour autant exclus. Cela permet d'éviter la langue de bois et les confrontations partisanes qui interdisent trop souvent d'approfondir les sujets.
L'objectif de l'émission n'est pas de mettre en scène la polémique, ni de faire un show politique. Si la controverse existe et si les invités ne partagent pas forcément les mêmes idées, ces derniers s'écoutent, dialoguent, et s'expriment avec une franchise qui fait avancer le débat.
Yves Calvi : précis, courtois, pas flagorneur pour un sous, il n'est ni agressif ni complaisant, maîtrise le débat mais ne tombe pas dans le vice si fréquent qui consiste à faire tourner le programme autour de sa seule personne. Un bon journaliste, en somme.
18 octobre 2007
"Entre autres", de et avec Jean Rochefort
Jean Rochefort et un accordéoniste, Lionel Suarez, un point c'est tout.
On ne saurait faire plus simple, dans un spectacle à l'image du célèbre comédien, sobre, élégant, gentiment absurde et drôle.
Il ne faut pas chercher de mise en scène pétaradante, non.
Rochefort nous invite plutôt à partager son univers, entre anecdotes vécues, grands auteurs, et facéties drolatiques.
Le jeune homme de 77 ans (il en paraît bien vingt de moins) arpente la scène, parfois un texte en main, et vagabonde de Jean Yanne à Primo Levi, de Molière à Boby Lapointe, le tout entrecoupé de menus morceaux d'accordéons dans le genre d'Astor Piazzola.
On rit, on sourit, on s'attendrit, courez-y !
Théâtre de la Madeleine, Paris. Depuis le 17 octobre.
11 août 2007
Strange maps
Insidetheusa vient de me faire découvrir un site consacré à des cartes géographiques, imaginaires ou réelles, en tout état de cause surprenantes : strange maps.
Trois cartes des Etats-Unis m'ont particulièrement plu (toutes les cartes ne sont pas des cartes américaines, loin s'en faut).
1. La répartition par genre aux Etats-Unis, parmi les célibataires
Les points bleu indiquent qu'il y a davantage d'hommes célibataires que de femmes, un gros point indiquant un déséquilibre plus prononcé.
A l'inverse, les points orange désignent les villes où les femmes sont plus nombreuses que les hommes.
On remarque ainsi que l'est du pays est plus "riche" en femmes célibataires, avec notamment de belles concentrations à Miami, la Nouvelle-Orléans, Memphis, Chicago, Détroit, Washington DC, Boston, New York, et... Indianapolis. Si j'étais célibataire, je saurais où aller... Pour être sensible aux vertus de la concurrence en matière économique, en matière de rencontres, je pencherais cependant plus clairement pour la politique du renard libre dans le poulailler (pas certain que l'image soit heureuse, mais nous nous comprenons, je présume).
2. Les aires d'influence régionales des équipes de baseball
Cette carte est aussi importante que les aires de répartition raciale ou la division entre red et blue states. Le baseball, c'est aussi une identité qui ignore les frontières des Etats, mais aussi les distinctions culturelles, sociales ou raciales.
Un espoir et la confirmation d'une crainte :
L'espoir, ce sont les "unicorporated territories" de l'ouest, libres de suivre qui ils veulent. Cela fait un peu penser à ces cartes anciennes qui restaient muettes devant les territoires encore inexplorés.
La confirmation de la crainte concerne mon cher Indiana, apparemment au bord de la guerre civile, ou de la partition (à la tchécoslovaque plutôt qu'à la kosovare, faut-il espérer !) entre zones sous influence des Cubs et des White Sox de Chicago, des Tigers de Détroit, des Saint-Louis Cardinals et des Reds de Cincinatti. A ce niveau de complexité, la politique libanaise est un jeu d'enfant...
3. Le poids économique des Etats américains comparés à celui de nations étrangères
Sur cette carte, chaque Etat américain porte le nom d'un pays dont le produit national brut est d'une valeur équivalente.
Ainsi, l'Indiana a un PNB identique à celui du Danemark, New York que le Brésil, la Floride que la Corée du Sud, le Texas que le Canada, l'Illinois que le Mexique, et la Californie...que la France.
06 juillet 2007
L'Internationale de la bêtise : Lénine, chanteur de charme
Machinalement, le matin en prenant le métro, je saisis le "gratuit" que l'on me tend. Généralement, en trois stations c'est plié. Mais ce matin ma lecture mécanique s'est bloquée sur l'annonce d'un concert prochain à La Cigale, célèbre salle parisienne.
Le nom du chanteur : Lénine ! Un spectacle conseillé par L'Humanité, comme il se doit.
Quelle crétinerie ! Mettons cela sur le compte de l'inculture, de la provocation irresponsable, plutôt que sur le militantisme conscient, mais tout de même ! A-t-on jamais vu quelqu'un prendre pour nom de scène Goebbels, Idi Amin Dada, ou Pinochet ?
Je n'essaie pas d'établir de comparaisons entre dictateurs et fanatiques, ils ont tous un petit quelque chose qui les distingue insensiblement de leurs amis : mais cela n'interdit pas de considérer Lénine comme l'un des plus grand criminels de l'Histoire. Et n'allez pas me jouer le distingo entre Staline et Lénine, même Marie-Georges Buffet n'ose pas !
Le Lénine en question est un chanteur, "engagé", c'est bien le moins. "Digne héritier des repentistas, ces troubadours du Nordeste brésilien, Lénine sème en chroniqueur insatiable sa poétique d’agitateur social" (site concertandco). Quel programme...
Son site Internet est à mourir de rire : la page d'ouverture du "révolutionnaire de la musique", comme il est proclamé ("revolucionario da musica" : on a beau ne pas parler portugais, cela se comprend) intègre une large barre de publicités défilantes en haut de l'écran pour une chaîne de distribution ! La Révolution attendra.
Et c'est là que l'on attend le comble du cynisme : être communiste avec sincérité, pourquoi pas ? C'est une erreur, mais aussi une conviction qui peut se défendre (difficile malgré tout après les millions de morts causés par la belle idée, mais bon). Mais utiliser cette idéologie mortifère pour vendre sa soupe, franchement, je ne peux réprimer un haut le coeur.
20 mars 2007
Laissez Barre tranquille !
Raymond Barre a provoqué le scandale sur France Culture le 1er mars 2007, dans l'émission "le rendez-vous politique" (l'émission ici).
Quelle mouche l'avait piqué ce jour-là ? Pourquoi s'exprimer avec une telle franchise ? Ne connaît-il pas les limites de la liberté d'expression dans notre société ?
Et sur le fond de son propos : errements maladroits d'un homme âgé ? Révélation d'une nature trop longtemps cachée ? Prise de position courageuse, voire téméraire consistant à braver les interdits posés par le microcosme médiatico-politique ?
S'agissant de l'âge, on peut écarter l'hypothèse : à écouter l'émission, Raymond Barre n'a visiblement rien perdu de la finesse d'esprit qui l'a toujours caractérisé. S'agissant de la "nature" de Raymond Barre, il ne faudrait pas s'arrêter à quelques propos, et oublier l'indépendance de caractère, la probité, l'absence d'esprit de parti, le courage, la modération qui ont toujours caractérisé Raymond Barre. Imaginons une seconde qu'il ait été élu président en 1988...La face de la France en aurait été métamorphosée. En bien, j'ai la faiblesse de le penser.
Alors revenons sur ces fameuses déclarations :
Sur Maurice Papon (35ème minute) : il dit ne pas avoir regretté en avoir fait son ministre du budget de 1978 à 1981, le qualifie de "grand commis de l'Etat", de "parlementaire tout à fait raisonnable", de "modéré", "très courageux" lorsqu'il assura la remise en ordre en 1961. Il indique aussi qu'il n'était pas au courant de son action pendant l'Occupation lorsqu'il l'a nommé au Budget. Toujours sur Papon, il indique que "quand on a des responsabilités essentielles dans un département, une région ou un pays, on ne démissionne pas". A cet égard, il n'est pas étonnant qu'il défende un homme auquel il n'a rien eu à reprocher dans le cadre de ses fonctions ministérielles. Rappelons aussi qu'à l'époque considérée, le passé de Maurice Papon n'était pas considéré comme sulfureux (ce n'était pas Bousquet, l'ami de Mitterrand), car Papon avait été blanchi par un jury d'honneur de résistants exemplaires. Il avait d'ailleurs été maintenu en fonction par de Gaulle à la Libération, à Bordeaux. Par ailleurs, s'agissant de la position qui doit être celle d'un haut fonctionnaire, rappelons que c'était ni plus ni moins que la position de la France Libre, la France combattante ne souhaitant pas que les fonctionnaires quittent les fonctions qu'ils occupaient en zone occupée. Il demeure, si la position de Raymond Barre est compréhensible, surtout en 1976, je ne pense pas conforme à l'honneur d'être resté en fonction lorsque les déportations de juifs ont été enclenchées. La théorie du "bouclier" n'a été que trop développée, et on n'a le droit - et sans doute le devoir - de refuser d'entrer dans le type de logique qui conduit à devoir choisir entre un juif étranger et un juif français, entre la déportation des adultes seulement, ou des enfants aussi, parce qu'ils seraient mieux avec leurs parents...Accepter de se mettre dans cette situation, c'est accepter de n'avoir que des mauvais choix à effectuer. Autant laisser à d'autres le soin de mettre en oeuvre cette politique et refuser tout compromis.
Sur Bruno Gollnisch : il l'a cotoyé comme conseiller municipal Front national à Lyon. Il dit de lui que c'est un "homme qui se conduit correctement", et que c'est "homme bien". C'était un "bon conseiller municipal et que ceux qui ne sont pas satisfaits de cela pensent ce qu'ils veulent". Je ne connais pas Gollnisch, et je n'ai pas d'avis sur l'homme, même si j'abhorre le responsable politique. Mais ne peut-on pas imaginer qu'il puisse être charmant, honnête, et cultivé ? Libre à Raymond Barre, après tout, d'avoir les affinités avec qui il l'entend ! Mais a-t-on entendu Raymond Barre partager les idées politiques de Bruno Gollnisch ? Existe-t-il le moindre doute à cet égard ?
Sur l'attentat de la rue Copernic (45ème minute) : là, la question est plus délicate et la position de Raymond Barre est plus difficile à défendre. Raymond Barre est revenu sur ses déclarations d'alors, dans lesquelles il avait eu une phrase sur "l'attentat odieux qui voulait frapper les juifs se trouvant dans cette synagogue et qui a frappé des Français innocents qui traversaient la rue". Il confirme et signe : "ceux qui voulaient s'en prendre aux juifs auraient pu faire sauter la synagigue et les juifs ; mais pas du tout ; ils font un attentat aveugle et il y a trois Français, non juifs, c'est une réalité, non juifs". Je crains que l'on n'instrumentalise les propos de Raymond Barre. L'attentat de rue Copernic s'inscrivait dans la logique du conflit israelo-palestinien, et c'est un fait que l'objectif des terroristes était de tuer des juifs et non des non-juifs. Des juifs "coupables à leurs yeux" rajoute Raymond Barre, qui rajoute que "les juifs sont inséparables de la communauté nationale". Comme antisémite, on fait pire...Il demeure, Raymond Barre donne un peu l'impression d'avoir commis une boulette et de ne surtout pas vouloir l'admettre. Cet entêtement est grotesque, d'autant plus qu'il aurait pu s'expliquer en disant qu'il y avait méprise sur ses propos. Et lorsque Raymond Barre dit que "le lobby juif le plus lié à la gauche est capable de monter des opérations indignes", il aggrave singulièrement son cas. Ce ne sont vraiment pas les termes que j'aurais employés, car l'expression "lobby juif" porte une lourde signification, et je ne suis pas convaincu qu'un tel lobby existe véritablement, mais Raymond Barre a le droit de penser que c'est vrai. Il existe toutes sortes de groupes de pression dans la société actuelle, et les Juifs aussi se regroupent parfois pour défendre des thématiques qui leur sont chères. Ce n'est ni bien ni mal, c'est un fait.
Dans ces circonstances, le tam tam médiatique s'est déchaîné contre Raymond Barre. SOS Racisme envisage de porter plainte contre lui. Que l'on soit en désaccord avec Raymond Barre, on peut le comprendre, mais que l'on veuille le baillonner, ou le condamner en justice, je trouve cela confondant.
Ecoutez l'émission. En toute bonne foi. Sans prêter attention aux propos rapportés, et dites moi si vous trouvez que l'homme est vraiment scandaleux. Franchement, une réponse positive m'étonnerait. Moi aussi, la première fois que les déclarations de Raymond Barre m'ont été relatés, je me suis dit qu'il "perdait les pédales". Mais l'écoute de cet homme à la sagesse courageuse reste plutôt la source d'une réflexion féconde.
Résultat des courses, Raymond Barre a décidé de ne plus réagir à la polémique qu'il a créée :
"Je n'accepte pas les attaques dont je suis l'objet à propos de récentes déclarations que j'ai faites sur France-Culture", écrit Raymond Barre, en faisant allusion à ses propos sur Maurice Papon, Bruno Gollnisch et le "lobby juif". "Je suis gaulliste et j'ai choisi mon camp depuis longtemps. (...) Je suis et j'ai toujours été du côté des survivants de l'Holocauste pour condamner la barbarie et ses complices", ajoute-t-il.
"Nul ne peut trouver dans mes activités de professeur, dans mes responsabilités à Bruxelles, dans mon action de Premier ministre et de maire de Lyon, la moindre trace d'antisémitisme, pour une raison simple, c'est que je ne suis pas antisémite, en aucune façon", écrit l'ancien Premier ministre, en réponse aux déclarations indignées des candidats à la présidentielle.
Revenant sur le "lobby juif", il "incrimine l'instrumentalisation par un petit comité de soi-disant porte-parole de la communauté Juive" et dénonce "ce 'lobby de gauche' qui ne représente pas (...) la communauté juive de France".
"En réalité, Copernic, Gollnisch et Papon, tout cela conduit à présenter mes propos de façon tendancieuse en me prêtant des sentiments qui me sont totalement étrangers", ajoute-t-il. "Ces considérations expliqueront de la manière la plus claire mon intention de me tenir désormais à l'écart de toute forme de polémique sur les thèmes que je viens d'évoquer".
Les censeurs ont gagné.
19 janvier 2007
Adrienne Pauly à Taratata
Adrienne Pauly "J'Veux 1 Mec"
Vidéo envoyée par MrKaplan
Paroles :
Non j’veux pas
Me lever
M’habiller
J’veux un Mec x 2
Oui c’est bête
M’allonger pour la vie
Ca m’embête
J’veux un Mec
-
Non j’veux pas m’échiner
Rigoler
J’veux un Mec x2
Ouais ! J’m’entête
Mais vos airs
Ca m’inquiète
J’veux un Mec
Viens Le Mec
----
Ton avis
J’en ai rien à foutre
Tes amis
J’en ai rien à foutre
Ton boulot et ta gym
Ton mal de ta clim
Ton âme
J’en ai rien à foutre
Ton argent encore moins
Ta psy et tes horaires
Ecoutes moi !
Oui je vais pas m’calmer
Oui je vais continuer
Oublies les fleurs
J’s’rais pas à l’heure
Attends moi !
Tes illusions j’en ai pas loin
Mais si tu me fais bien l’amour
J’veux un Mec
Pas des fleurs
Embrasses moi ou je meurs !!!!
-
Non j’veux pas
Oublier
Travailler
J’veux un Mec x2
Ouais je flanche
Ouais c’est bête
Ouais ça craint
J’veux un Mec
Viens Le Mec
-
Ta Maman qui est partie
Ton Papa qu’est parti
Ton ex qui te hante
Ta moto qui te plante
Du beau temps
J’en ai rien à foutre
De la pluie
J’en ai rien à foutre
J’veux un Mec
Pas du vent
Regard’ moi
Moi j’veux pas me reprendre en main
Me calmer
Prendre un petit bain
Oui je vais rester dans mon coin
Si t’es un Mec
Rejoins moi
-
Ouais x 5
-
J’veux un Mec
Pas les hommes qui m’assaillent
J’veux Le Mec
J’veux un Mec
Pas trop bête
J’veux un Mec
Qui me tienne
Qui me taille
Viens Le Mec x2
-
Toi qui veux me faire changer d’air
T’en peux plus tu veux me faire taire
Avec tes lèvres t’y peux rien
Si t’es un Mec
Réponds moi
-
Ton chapeau
J’en ai rien à foutre
Ton blouson
J’en ai rien à foutre
Tes vêtements
Tu peux te les foutre
Sur l’canapé
Tes illusions j’en ai pas loin
Mais à quoi bon faire des discours
Sur le canapé
Ou ailleurs
Embrasses moi ou je meurs !!
-
Viens x 9
-
J’veux des caresses comme un p’tit train
Qui me court le long des reins
J’veux des baisers qui piquent
Des frissons
Ah !! Si tu pouvais me faire changer d’air
Ah !!
Si tu pouvais
Tu pouvais m’faire taire
Embrasse moi x 8
Ou je meurs !!!





















