04 mars 2008
La France, selon Alan Greenspan
"La spécificité des Français réside dans le fait que leur sens du civisme et de l'histoire guide très consciemment leur économie. La plupart des Françis rejettent la base même sur laquelle fonctionnent les économies capitalistes : la concurrence sur les marchés y est considérée comme contraire au civisme ou semblable à la "loi de la jungle", selon les mots d'Edouard Balladur. Néanmoins, ils protègent les institutions du capitalisme, le respect des droits de propriété, comme tous les pays développés.
Le conflit intellectuel est présent dans la vie quotidienne de l'économie française. Les Francais rejettent le libéralisme économique des marchés ouverts et la mondialisation. En 2005, le président Jacques Chirac avait audacieusement déclaré que "l'ultra-libéralisme est une menace aussi grande que l'était le communisme en son temps". Et cependant la France possède une légion d'entreprises d'envergure mondiale, très efficaces sur la scène internationale (et qui tirent de l'étranger les quatre cinquièmes de leurs bénéfices (...)
Il est difficile de ne pas être morose sur les perspectives de l'économie française. Sur l'échelle mondiale des revenus par personne, la France est tombée du 11eme rang en 1980 au 18eme en 2005, selon les données du FMI. Le taux de chômage au début des années 1970 était d'environ 2,5 % ; depuis la fin des années 1980, il a oscillé entre 8 et 12 %. Mais le goût de la liberté et le nationalisme des Français sont tellement communicatifs que, lorsque ceux-ci se sont retrouvés au pied du mur, par le passé, ils se sont regroupés et ont entraîné toute leur communauté dans un sursaut créateur."
Alam Greenspan, Temps des turbulences, JC Lattès, 2007.
03 février 2008
1555 euros
Tel était le revenu médian en France, net, en 2006, dernière annee pour laquelle les statistique sont disponibles. Cela signifie que 50 % des Français gagnent moins de 1.555 euros par mois, et que 50 % gagnent davantage.
Ce chiffre, il convient de constamment le garder en mémoire dans le débat politique. Il est bien plus significatif que le salaire moyen, qui s'établissait à 1 941 euros net, toujours en 2006.
Les chiffres concernant le gain de pouvoir d'achat en 2006 sont aussi significatifs :
- Les cadres et professions intermédiaires ont bénéficié d'une progression nette de 0,5 %
- Les employés et ouvriés ont vu leur pouvoir d'achat baisser de 0,2 %
D'où la nécessité de créer de la richesse.
Et ce n'est pas avec des solutions socialistes que l'on y arrivera, car si la répartition des richesses peut éventuellement être un sujet de débat, il ne peut bien évidemment se tenir que lorsque les richesses ont été créées : ainsi qu'il est écrit dans le rapport de la Commission pour la libération de la croissance française, dit "Rapport Attali", "La croissance économique n'entraîne pas systématiquement la justice sociale, mais elle lui est nécessaire : l'enrichissement n'est pas un scandale, seul l'est la pauvreté".
Or, comme le rappelle le Rapport Attali, le taux de croissance annuel de la France s'élève seulement, depuis 2000, à 1,7 %...
La France décroche, le nombre d'exclus est important, le revenu médian est faible, les classes moyennes se paupérisent, les enfants vivent moins bien que leurs parents.
Le rapport Attali dresse un tableau très sombre, mais juste :
"Les inégalités sont plus criantes que jamais : 50.000 jeunes par an, soit environ 6 % d'une génération, proportion considérable, sortent du système scolaire avant la terminale. Seuls 52 %des enfants d'ouvriers obtiennent leur baccalauréat, contre 85 % des enfants de cadres supérieurs. Moins de la moitié des enfants des classes populaires passent le bac général, alors que c'est le cas de 83 % des enfants de cadres supérieurs, qui occupent ensuite l'essentiel des places dans les grandes écoles. 150 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire sans qualification. La France compte à la fois plus de 2,5 millions de chômeurs, et plus de 600 000 emplois non pourvus. Le chômage des jeunes, scandale absolu, constitue la preuve de la faillite d'un modèle social : il s'élève en moyenne à 22 % et grimpe jusqu'à 50 % dans certains quartiers. Plus de un million de personnes doivent survivre avec le Revenu minimum d'insertion (RMI, soit 441 euros brut pour une personne seule sans enfants) et seuls 338 800 d'entre eux sont inscrits à l'Agence nationale pour l'emploi (ANPE)..." (p. 9).
Dans ces conditions, seul un surcroît de croissance permettra, peut-être, de redresser la situation. On n'est jamais certain de pouvoir redresser un avion parti en vrille...
La croissance doit constituer le seul impératif gouvernemental. Une obsession de tous les instants.
A cet égard, le rapport Attali constitue une contribution capitale.
Le constat établi par ses dizaines de membres issus de milieux, de tendances politiques, de pays différents, est objectif. S'ensuivent 316 mesures imaginatives, nouvelles, ou bien connues pour nombre d'entre elles.
Des réactions corporatistes se sont déjà manifestées, mais faut-il s'en étonner ? Nous sommes en France.
Le rapport Attali constitue un programme d'action enthousiasmant : sa mise en oeuvre contribuerait sans aucun doute à redresser la France, même si ce n'est sans doute pas une potion magique.
Les idées sont là, posées sur la table, présentées de façon dictatique, pédagogique, et convaincante : il faut y aller, maintenant, Messieurs Sarkozy et Fillon !
Et tant qu'à faire, Madame Royal aussi : Jacques Attali est de ses proches et elle a manifesté son approbation du rapport avec plus de chaleur que bien des membres de l'UMP. Espérons que lorsque ces mesures entreront en application elle ait le courage politique de les soutenir.
11 décembre 2007
Petite fable économique
Imaginons que tous les jours, 10 amis se retrouvent pour boire une bière de marque et que l'addition totale se monte à 100 euros. (Normalement, cela ferait 10 euros par personne).
Mais nos dix amis décidèrent de payer cette facture selon une répartition qui s'inspire du calcul de l'impôt sur le revenu, ce qui donna à peu près ceci :
· Les 4 premiers (les moins riches, c'est-à-dire les plus pauvres), ne payeraient rien.
· Le cinquième payerait 1 euros
· Le sixième payerait 3 euros
· Le septième payerait 7 euros
· Le huitième payerait 12 euros
· Le neuvième payerait 18 euros
· Le dernier (le plus riche ?!) devrait payer 59 euros.
Les dix hommes se retrouvèrent chaque jour pour boire leur bière et semblaient assez contents de leur arrangement. Jusqu'au jour ou le tenancier les plaça devant un dilemme :
« Comme vous êtes de bons clients, dit-il, j'ai décidé de vous faire une remise de 20 euros sur la facture totale. Vous ne payerez donc désormais vos 10 bières que 80 euros. »
Le groupe décida de continuer à payer la nouvelle somme de la même façon qu'ils auraient payé leurs taxes. Les quatre premiers continuèrent à boire gratuitement. Mais comment les six autres, (les clients payants), allaient-ils diviser les 20 euros de remise de façon équitable ?
Ils réalisèrent que 20 euros divisé par 6 faisaient 3.33 euros.
Mais s'ils soustrayaient cette somme de leur partage alors le 5ème et 6ème homme devraient être payés pour boire leur bière, ce qui était absurde.
Le tenancier du bar suggéra qu'il serait plus équitable de réduire l'addition de chacun d'un pourcentage du même ordre, il fit donc les calculs.
Ce qui donna à peu près ceci :
· Le 5ème homme, comme les quatre premiers ne paya plus rien. (un pauvre de plus !)
· Le 6ème paya 2 euros au lieu de 3 (33% de réduction)
· Le 7ème paya 5 euros au lieu de 7 (28% de réduction)
· Le 8ème paya 9 euros au lieu de 12 (25% de réduction)
· Le 9ème paya 14 euros au lieu de 18 (22% de réduction)
· Le 10ème paya 50 euros au lieu de 59 euros (16% de réduction)
Chacun des six « payants » paya moins qu'avant et les 4 premiers continuèrent à boire gratuitement.
Mais une fois hors du bar, chacun compara son économie :
« J'ai seulement eu 1 euros sur les 20 euros de remise », dit le 6ème, il désigna le 10ème « lui, il a eu 9 euros ».
« Ouais ! dit le 5ème, j'ai seulement eu 1 euro d'économie »
« C'est vrai ! » s'exclama le 7ème, « pourquoi aurait-il 9 euros alors que je n'en ai eu que 2 ? Le plus riche a eu le plus gros de la réduction »
« Attendez une minute » cria le 1er homme à l'unisson, « nous quatre n'avons rien eu du tout nous. Le système exploite les pauvres ».
Les 9 hommes cernèrent le 10ème et l'insultèrent.
La nuit suivante le 10ème homme (le plus riche, ou le moins pauvre!) ne vint pas. Les neuf autres s'assirent et burent leur bière sans lui. Mais quand vint le moment de payer leur note ils découvrirent quelque chose d'important : ils n'avaient pas assez d'argent pour payer ne serait-ce que la moitié de l'addition.
Et cela, mes chers amis, est le strict reflet de notre système d'imposition. Les gens qui payent le plus de taxes tirent le plus de bénéfice d'une réduction de taxe.
Taxez les plus fort, accusez-les d'être riches et ils risquent de ne plus se montrer désormais. En fait ils pourraient commencer à aller boire à l'étranger où l'atmosphère est..., comment dire,... plus amicale !
Pour ceux qui ont compris, aucune explication n'est nécessaire.
Pour ceux qui n'ont pas compris, aucune explication n'est possible.
28 novembre 2007
La fin prochaine de l'impôt de bourse
Mine de rien, vous parcourez actuellement un blog d'influence... Definitely the place to be pour deviner les tendances du moment !
Je m'explique : le 11 juillet dernier, avec un à-propos divinatoire qui m'aurait sans doute valu les bûchers de la très sainte inquisition au Moyen-âge, je réclamais avec insistance la suppression de l'impôt de bourse : ("La bourse ou Paris", si vous voulez le (re)lire).
Et voilà que l'Assemblée nationale vient d'entériner ladite suppression, la seule question en suspens étant de savoir si cela vaudra dès 2008 ou en 2009.
Il faut ici chanter les louanges des députés UMP Gilles Carrez et Yves Censi, qui ont mis en avant que l'impôt de bourse génère 1,02 milliard de pertes de recettes fiscales et sociales, du fait des délocalisations. A comparer avec les 240 millions d'euros rapportés par cette taxation.
"Le maintien de cet impôt, qui n'est applicable qu'aux opérations réalisées par des intermédiaires établis en France, crée à leur détriment une très grave distorsion concurrentielle par rapport à leurs concurrents étrangers", ont argumenté les auteurs de l'amendement Gilles Carrez et Yves Censi (UMP), au nom de la défense de "l'industrie financière".
Trop d'impôt tue l'impôt, nous aurait dit le bon Arthur Laffer.
Pour des raisons constitutionnelles aux termes desquelles tout amendement induisant une baisse des ressources fiscales doit être compensé par une ressource d'un montant équivalent, le prétendu manque à gagner pour l'État sera compensé par un relèvement du taux d'imposition des cessions de valeurs mobilières de 16% à 18%.
Mais ne chipottons pas, cela fait plaisir !
Bien entendu, les Socialistes, jamais en retard d'un archaïsme, ont voté contre : "Le terme industrie financière nous choque. Nous voterons contre la suppression", a déclaré au nom de l'opposition socialiste Jean Launay.
François Bayrou, sur France Inter ce matin, est sur la même ligne : il s'agit d'un "cadeau fait aux riches"...A force de vouloir s'opposer, il va finir par faire passer Emmanuelli pour un tenant de la mondialisation ultra libérale, ce pauvre Bayrou.
Il faudrait qu'ils aillent faire un tour à Londres, nos amis centristes et socialistes, pour constater que la finance est bien une industrie, prospère, de nature à fournir des emplois à la jeunesse d'un pays développé, et versant des salaires élevés qui se répercutent en cascade sur toute l'échelle sociale.
C'est d'emplois de ce type-là dont Paris a besoin, surtout si nous voulons qu'elle soit la capitale financière de la zone euro.
De l'intérêt de regarder le monde non pas suivant des idées reçues, ou selon un prisme idéologique, mais tel qu'il est.
07 novembre 2007
Le mépris assumé de BHL pour l'économie
Dans un entretien publié dans le numéro de ELLE du 8 octobre 2007, la journaliste interroge le philosophe à la chemise blanche :
"Les intellos comme vous ne parlent pas d'économie. Or, la politique aujourd'hui, c'est l'économie"
Bernard-Henri Lévy :
"Je ne suis pas sûr. Vous croyez que Mitterrand connaissait quelque chose à l'économie ? Et Sarkozy ? Non.
L'important, c'est la politique. Les idées. L'économie est la servante de la politique et des idées".
Il faut bien concéder que la question était sans doute aussi stupide que la réponse. Ecrire que politique = économie, est faux car la politique ne se résume pas aux paramètres économiques, aux questions d'équilibres budgétaires, et que se posent de nombreuses questions culturelles, morales, civilisationnelles, qui relèvent d'un ordre différent.
Mais enfin, dire que l'économie n'a rien à faire en politique, et qu'elle reste cantonnée à l'intendance, en tant que "servante de la politique et des idées" est parfaitement inepte !
L'économie, c'est le réel. Or la politique et les idées n'ont d'autre intérêt que purement intellectuel dès lors qu'elles s'éloignent du réel. L 'équilibre budgétaire, l'endettement, le coût des facteurs de production, la fiscalité, les barrières douanières, les différentiels d'allocation des richesses, le cours des matières premières, sont des réalités qui s'imposent aussi clairement que la force des courants marins ou la succession du jour et de la nuit.
Cela ne signifie évidemment pas que le politique est dépourvu de marge de manoeuvre, mais simplement que cette marge de manoeuvre s'exerce sous contrainte.
Qu'un intellectuel d'influence comme BHL tienne un raisonnement de ce genre lui fait perdre une grande partie de sa crédibilité : comment penser le monde en écartant d'office, d'emblée (mais pourquoi, d'ailleurs ?) toute analyse sérieuse des questions économiques ? Comment parvenir ainsi à des conclusions fiables ? Les idées et la politique n'ont jamais rassasié un ventre qui avait faim ; l'économie, si. Et il vaut peut-être mieux que le ventre soit plein pour que les idées puissent se développer, et le champ politique disputé dans un cadre démocratique.
Mais il y a pire, car ce que dit Bernard-Henri Lévy de Mitterrand et de Sarkozy est sans doute vrai : ils ne paraissent pas avoir une grande culture économique.
Cela nous a valu les folies du premier septennat de François Mitterrand, et un endettement abyssal lorsque Nicolas Sarkozy était ministre du budget en 1993 (époque de l'emprunt d'Etat Balladur, idée d'inspiration socialiste parfaitement irrationnelle) : on eût au contraire espéré d'eux un peu plus de culture économique de base...
28 octobre 2007
Idées reçues sur la capacité exportatrice de la France
Le déficit commercial de la France est généralement présenté comme l'un des points noirs de l'économie française, le président Sarkozy prenant notamment appui sur lui pour réclamer une politique monétaire plus souple à la Banque centrale européenne, et souhaiter un gouvernement économique de l'Union européenne.
La situation est pourtant à nuancer très sérieusement.
1. Les performances de l'économie française sont loin d'être ridicules puisqu'elles la placent au rang de second pays exportateur au monde par tête d'habitant !
Un Français exporte 60 % de plus qu'un Américain, 40 % de plus qu'un Japonais, et 30 % de plus qu'un Espagnol. Seuls les Allemands font mieux.
2. De grandes économies solides et dynamiques accusent des déficits commerciaux bien supérieurs à celui de la France (28,4 milliards d'euros). C'est ainsi que l'Espagne et le Royaume-Uni ont un déficit extérieur supérieur à 90 milliards d'euros, pour un montant de commerce extérieur à celui de la France. Sans parler des Etats-Unis et de leurs 763 milliards de $ de déficit (587 milliards d'euros)...
En revanche des pays du tiers monde ou en voie de développement connaissent une situation nettement exportatrice : il en va ainsi des pays pétroliers (Algérie, Russie) ou encore de la Chine (177 milliards de $ en 2006).
Ainsi, s'il va de soit qu'il vaudrait mieux être parmi les pays exportateurs, le fait d'avoir une balance commerciale déficitaire n'est pas nécessairement catastrophique.
3. Le déficit commercial de la France est chose récente.
La balance commerciale était encore bénéficiaire en 2003 (2,6 milliards d'euros). Elle est passée dans le rouge en 2004 (5,1 Mds), 2005 (21,2 Mds), 2006 (28,4 Mds), et le sera encore, selon toute probabilité, 2007 (sources : INSEE).
Dès lors, il n'est sans doute pas impossible de redevenir bénéficiaire à brève échéance.
4. Trois éléments permettent d'alimenter les espoirs d'un rétablissement de la situation.
Les exportations française sont dynamiques et ne cessent de progresser : de 323 Mds d'euros en 2003 à 389 Mds d'euros en 2006. Ces performances sont remarquables dans un contexte de concurrence mondialisée.
De nombreux pays en voie de développement connaissent une croissance rapide qui les transforme tout aussi rapidement en consommateurs de produits finis commercialisés par les pays occidentaux.
La France est le troisième investisseur mondial à l'étranger. Pourquoi ? Parce que les entreprises françaises sont très présentes hors de France, mais aussi parce que les conditions de production se sont tellement dégradées en France (environnement social - les 35 h ! -, réglementaire et fiscal) que les entreprises françaises elles-mêmes préfèrent produire à l'étranger pour vendre à l'étranger.
Réformons, déréglementons, défiscalisons, et la balance commerciale de la France redeviendra positive. Il n'y a pas de raison de croire cela impossible.
16 juillet 2007
Libération fiscale
A partir d'aujourd'hui, les Français travaillent pour eux, et ce jusqu'au 31 décembre prochain.
En effet, les dépenses publiques représentant 53,5 % du produit intérieur brut, on peut en déduire que les Français consacrent une proportion identique de leur temps à travailler pour l'Etat, les collectivités locales et les organismes de Sécurité Sociale, soit 196 jours dans l'année.
Le jour de "libération fiscale" tombe le 19 mai en Espagne, le 22 juin dans l'Union européenne, et le 29 mai dans les pays de l'OCDE.
11 juillet 2007
La bourse ou Paris
L'impôt de Bourse coûte bien plus qu'il ne rapporte nous apprennent "Les Echos" du lundi 9 juillet.
Ce droit de timbre rapporte environ 240 millions d'euros par an, ce qui est fort peu, mais contribue à affecter la compétitivité de la place financière parisienne.
Le taux de 0,3 % s'applique jusqu'à 153.000 euros et à 0,15 % au-delà. Par ailleurs, les achats et les ventes de titres inférieurs à 7.666,66 euros. Le dispositif épargne aussi un certain nombre d'opérations plus ou moins complexes, dont les obligations et, surtout, ne concerne pas les intermédiaires établis hors de France. Comme dissuasion de s'installer en France, on ne fait pas mieux...
"Les Echos" rapportent que le volume des transactions a augmenté significativement sur la place parisienne au cours de ces dernières années, mais que celui généré par les membres installés sur le territoire français a légèrement diminué. Etonnant, non ?
La réalité, c'est que les membres d'Euronext interviennent de plus en plus depuis l'étranger, essentiellement depuis Londres, et que leur part est passée depuis 2000 de presque zéro à 50 % aujourd'hui. Un investisseur pouvant accéder au même service quel que soit le lieu où est installé son intermédiaire, pourquoi utiliserait-il le services d'un intermédiaire soumis à une taxation qui n'existe pas ailleurs ?
Visiblement, les Français ont à coeur de renforcer la puissance, déjà considérable, de la place financière de Londres.
Le résultat, c'est que le montant des recettes tirées de l'impôt de Bourse s'est considérablement réduit ces dernières années. Il n'a procuré en 2006 qu'un peu plus de 240 millions d'euros au budget de l'Etat, ce qui est fort peu. En revanche, l'Association française des entreprises d'investissement (AFEI) évalue à plus de 1 milliard d'euros le montant des pertes fiscales et sociales pour l'économie française. L'organisation professionnelle estime qu'il suffirait qu'à peine un quart des opérations délocalisées à l'étranger soient rapatriées à Paris pour que la suppression de cet impôt soit neutre pour la collectivité (0712ArgumentaireIOB) Christine Lagarde semble décidée à supprimer cette taxation absurde. Il est temps que l'on prenne enfin en considération l'apport d'une place financière dynamique à l'économie de la capitale et à l'économie française. Comme le démontrent Londres, Luxembourg, New York, la finance crée de la richesse, induit de nombreux emplois très qualifiés et bien rémunérés, avec des retombées considérables sur les emplois dans les services, sur la vie commerciale, et sur l'immobilier. Exactement ce qu'il faut à Paris ! Espérons que Christine Lagarde tiendra bon face aux démagogues de tous poils pour lesquels marchés financiers rime nécessairement avec pauvreté et inégalités sociales.
27 juin 2007
Pas faux
"Un économiste de droite est un économiste. Un économiste de gauche est un politique".
23 juin 2007
De la rigueur !
La majorité UMP vient d'être reconduite aux dernières élections législatives et c'est une bonne chose car le Président Sarkozy aura ainsi les moyens de mettre en oeuvre la politique pour laquelle il a été élu.
Cela ne doit cependant pas pousser cette majorité à considérer que son bilan pour la période 2002/2007 est parfait, car il est loin de l'être, notamment en matière de finances publiques.
Ainsi, alors même que les différents ministres des finances (et plus particulièrement le dernier d'entre eux, Thierry Breton) n'ont cessé d'insister sur la nécessité impérieuse de réduire les déficits publics ainsi que la dette, les finances publiques n'ont cessé de se dégrader.
Il y a là un hiatus entre le discours tenu et la réalité qui fait mystère : incapacité à réformer ? Impuissance ? Mensonge ?
Les données fournies par le rapport annuel de la cour des comptes sur la situation des finances publiques (Rapport_Cour_des_comptes) sont accablantes : de 2002 à 2007, les dépenses de l'Etat n'ont cessé de croître, le déficit de sécurité sociale s'est nettement aggravé, et la dette n'a fait qu'augmenter. En fait, tous les indicateurs essentiels se sont dégradés.
Rien n'est plus éloquent que les chiffres suivants concernant le montant de la dette publique de l'Etat (en milliards d'euros, en fin d'année) :
· 2003 : 798
· 2004 : 838,4
· 2005 : 886,3
· 2006 : 883,9
· 2007 : 920
Notons que la baisse de 2006 est purement optique, dans la mesure où l'Etat a cédé pour plus de 16 milliards d'euros d'actifs (les sociétés d'autoroute principalement) et qu'une telle opération ne pourra pas, par définition, être reproduite tous les ans...
Il faut écrire la réalité telle qu'elle est, même si elle fait mal : la droite française a échoué, de 2002 à 2007, à assainir les finances publiques et a contribué à aggraver une situation déjà sérieusement compromise.
Peut-on croire les promesses actuelles, qui nous invitent à croire possible de réduire la dette, les déficits, les impôts, tout en maintenant un engagement fort de l'Etat dans tous les secteurs régaliens et dans ceux qui permettent de préparer l'avenir ? On aimerait bien, mais le plus raisonnable reste sans doute de suivre la cour des comptes qui, dans sa grande sagesse, invite le Gouvernement à passer au crible les 420 milliards d'euros de dépenses d'intervention actuelles (prestations, aides, subventions, transferts...), les 85 milliards d'euros de niches fiscales et sociales, et les 235 milliards d'euros de dépenses de personnel.
Il en va tout simplement de l'avenir de la génération des trentenaires, plus intéressée à une amélioration de long terme des finances publiques (condition d'une baisse réelle des prélèvements obligatoires) qu'à quelques cadeaux fiscaux à brève échéance.


















