"Chroniques transatlantiques"

"J'écris pour savoir ce que je pense" Frédéric Beigbeder

02 mai 2008

Panthéonisation

Ce nouvel album photo se distingue par le fait qu'il ne présente pas des photos glanées au gré de différents voyages, mais se borne à mettre en avant des hommes et des femmes célèbres que je considère comme remarquables ou exemplaires à un titre ou à un autre.

Choix tout subjectif, bien évidemment, agrémenté d'un bref commentaire.

De_Gaulle

Il s'agit ni plus ni moins que d'un exercice un peu adolescent, identique à celui que vous aviez sans doute, autrefois, lorsque vous tapissiez votre chambre des photos de vos idoles...

Aucune règle autre que mon bon vouloir ne régira cet album, susceptible d'accueillir aussi bien des personnages historiques que mythologiques, décédés ou bien vivants, et appartenant à tous les univers imaginables, des plus sérieux (philosophes, hommes d'Etat) aux plus frivoles (chanteurs et comédiens, voire chanteuses et comédiennes, toutes habillées évidemment, vous êtes bien sur les Chroniques transatlantiques...).

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08 avril 2008

Actublogs

Voici une petite série de blogs et sites Internet que j'ai découverts ces derniers temps et dont je vous conseille la consultation, en vrac:

  • http://www.wwar1.blogspot.com : ce blog est constitué de retranscriptions de lettres écrites par un soldat britannique de la Première Guerre Mondiale, Harry Lamin. Ses lettres sont publiées 90 ans jour pour jour après leur rédaction. La plupart sont destinées à sa grande soeur Kate et à son frère Jack. Presque toutes mentionnent son fils William, aujourd'hui âgé de 92 ans. La derniere lettre a été rédigée le 1er decembre 1917, en Italie, et les lecteurs attendent de savoir, tout comme sa famille à l'époque des faits, s'il rentrera vivant. Extrait : "We lost a lot of men - it was awful. I got buried and knocked about but quite well now and hope to remain so".

  • Petit blanc : excellent article publié sur le blog Koztoujours par Dang. Une mise en garde salutaire de Nicolas Sarkozy de la part de l'électorat de droite populaire sans lequel il n'aurait pas été élu. Un électorat néanmoins volatile qui ne se reconnaît pas forcement dans la politique conduite ces derniers temps. Long article très bien rédigé.

  • Il existe une association des naturistes de Paris... Le saviez-vous ? Ils organisent des "séances de piscine naturiste" un soir par semaine, dans une piscine du 12ème arrondissement. Rien de graveleux, il me semble, mais simplement des moeurs en décallage avec notre époque apparemment si libérée et pourtant si pudique. Si vous comptez trouver des photos sur le site, vous serez déçus.

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  • Secret défense : il s'agit du blog du journaliste qui suit les questions de défense à Libération. Naturellement, je serais plutôt porté à me méfier, mais force est de constater que Jean-Dominique Merchet est particulièrement bien informé et qu'il n'est pas idéologiquement marqué. Il a su drainer un lectorat de qualité et les commentaires sont le plus souvent intéressants. Un peu pointus tout de même parfois lorsque les mérites comparés de différents types de mortier sont passés en revue...

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22 janvier 2008

Contributions externes

Après bientôt trois années de blogging solitaire, j'ai proposé à quelques plumes amies de venir partager leurs convictions sur les pages de ces "Chroniques".

Ces contributions ne peuvent que participer à l'enrichissement du blog à d'autres sensibilités, à d'autres points de vue, ou expériences.

Elles contribueront, je l'espère, à alimenter le débat et à augmenter le nombre d'articles publiés.

Les "Chroniques transatlantiques" conserveront néanmoins la même orientation générale : les bloggeurs "invités" n'ont pas pour vocation d'animer la controverse, c'est le rôle des commentateurs.

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Ils partagent des convictions communes fondées, notamment sur l'attachement (i) au libéralisme dans ses formes politique et économique, (ii) à la France, (iii) à la construction européenne, (iv) à l'amitié franco-américaine, sans attache partisane. Ils sont attachés à la modération.

Dès demain, je céderai la place à Portalinus, pour un post de sa confection...

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11 juin 2007

Adieu "Chroniques indianapoliennes", bonjour "Chroniques transatlantiques"

J'ai d'ordinaire coûtume de commenter les résultats du blog en tout début de mois, mais mes journées de travail se sont terminées trop tard ces jours-ci pour que j'ai le courage de m'atteler à la rédaction de ce blog. Le mois de juin promet d'être fort occupé jusqu'à la fin du mois, j'espère que j'arriverai à être suffisamment régulier.

Ce blog a repris son rythme de croisière, et je ne vous cache pas ma satisfaction. Je ne poste certes pas tous les jours, mais tout de même suffisamment fréquemment pour que vous soyiez de plus en plus nombreux à venir voir ce qui se passe sur ces pages.

En fait, vous n'avez jamais été aussi nombreux dans l'histoire de ce site, le mois en mai 2007 étant un mois record.

Voici d'abord l'évolution du nombre des visites au mois de mai (en bleu foncé, le nombre de pages vues, en bleu clair, le nombre de visites uniques) :

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Ou, d'une autre manière :

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Voici l'évolution du trafic depuis le début de l'année 2007 :

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La tendance est clairement haussière, comme on dit en bourse.

Mais le plus intéressant est de comparer les résultats sur tendance longue :

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Ce graphe montre très bien ce qui a caractérisé l'audience de ce blog : une croissance continue jusqu'en mai 2006, puis une baisse régulière, avant une remontée très progressive à partir de décembre 2006, lorsque j'ai repris l'écriture de ce blog après plusieurs mois de retrait.

Nous voilà donc de retour aux résultats les plus élevés :

  • 16223 pages vues en mai 2007, contre 15373 en mai 2006, et seulement 10927 en avril 2007.

  • 8877 visiteurs uniques en mai 2007, contre 10634 en mai 2006 (record qui reste encore à battre) et 6268 en avril 2007.

Ces résultats ne sont certes en rien comparable à ceux des blogs les plus populaires, mais ils suffisent à justifier que je m'asseye à nouveau face à mon ordinateur après une journée de travail...

Et puis que je vous avais fait part le mois dernier de mon désir de trouver un titre de blog plus en accord avec la situation qui est la mienne (à Paris depuis 10 mois maintenant, après plus de deux ans aux Etats-Unis), je vous livre le nouveau nom de ce blog, que j'ai choisi d'intituler "Chroniques transatlantiques".

C'est l'heure d'un nouveau départ !

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10 mai 2007

Démocratie participative

Voilà bientôt neuf mois que je suis revenu des Etats-Unis, et ce blog s'intitule encore "Chroniques indianapoliennes"...Au point que certains lecteurs (cf. le premier commentaire au post du 8 mai dernier) croient que je me trouve encore au coeur du Middle West, alors que je suis bel et bien à Paris.

Peut-être le temps est-il venu de changer le nom de ce blog. Pas l'adresse internet, non, cela resterait http://indianapolis.canalblog.com/ : en changeant cette adresse, je perdrais tout le trafic qui lui est lié.

Je suis bien naturellement attaché au nom actuel, car il signe l'origine de ce blog, initialement destiné à raconter les tribulations d'un Français en Amérique. Mais ces chroniques ayant vocation à s'inscrire dans la durée, peut-être une appellation plus appropriée devrait-elle s'imposer.

Quel nom, alors ?

J'avoue mon désarroi. Je n'ai pas encore trouvé "le titre qui tue", l'intitulé qui assurera à ce blog la pérennité et la gloire qu'il mérite.

Alors je fais appel à vous, bienveillants lecteurs : je suis à l'écoute de vos propositions, même les plus farfelues, puis je me livrerai à un processus de sélection parfaitement démocratique car je déciderai seul, dans mon for intérieur, de la conduite à tenir. Et oui, ici, je suis seul maître à bord !

Tiens, cela pourrait faire le titre d'un blog, ça !

J'ai bien songé à l'appeler "chroniques en liberté", mais cela existe déjà, tout comme "chroniques parisiennes". J'ai aussi eu en tête "chroniques de l'aube" (c'est un jeu vidéo, semble-t-il, mais pas un blog), "Les Chroniques de Marquette" (pas très original, mais faut-il être original ?), ou encore "La Puissance et la Gloire" (pour reprendre le titre de l'un de meilleurs livres de Graham Greene). Enfin, j'ai sérieusement songé ces temps derniers à l'appeler "La Liberté guidant le Peuple", le tout illustré du tableau éponyme de Delacroix. Certains ont trouvé cela grandiloquent. Parce qu'il faut être modeste, en plus, de nos jours ! Insupportable.

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Bon, ce sont des idées parmi d'autres. Vous pourriez déjà m'aider à défricher, non ? Voire m'apporter vos lumières ?

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22 mars 2007

Ma Provence et moi

Nouvel album photo en colonne gauche de la page d'accueil : "Provence", mon pays d'origine.

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Je le complèterai au fur et à mesure de mes pérégrinations sudistes.

Heureux qui comme Ulysse
A fait un beau voyage
Heureux qui comme Ulysse
A vu cent paysages
Et puis a retrouvé après
Maintes traversées
Le pays des vertes allées

Par un petit matin d'été
Quand le soleil vous chante au cœur
Qu'elle est belle la liberté
La liberté

Quand on est mieux ici qu'ailleurs
Quand un ami fait le bonheur
Qu'elle est belle la liberté
La liberté

Avec le soleil et le vent
Avec la pluie et le beau temps
On vivait bien contents
Mon cheval, ma Provence et moi
Mon cheval, ma Provence et moi

Heureux qui comme Ulysse
A fait un beau voyage
Heureux qui comme Ulysse
A vu cent paysages
Et puis a retrouvé après
Maintes traversées
Le pays des vertes allées

Par un joli matin d'été
Quand le soleil vous chante au cœur
Qu'elle est belle la liberté
La liberté

Quand c'en est fini des malheurs
Quand un ami sèche vos pleurs
Qu'elle est belle la liberté
La liberté

Battus de soleil et de vent
Perdus au milieu des étangs
On vivra bien contents
Mon cheval, ma Camargue et moi
Mon cheval, ma Camargue et moi

"Heureux qui comme Ulysse", Georges Brassens, 1969

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02 février 2007

Bilan d'un retour

Voilà quelques mois que je n'ai fait de bilan de la fréquentation de ce blog.

Il faut dire que je vous ai quasiment abandonné de septembre à decembre...Et que ce n'est que parce que vous avez continué à visiter le site que je me suis finalement résolu à reprendre le clavier.

Sans aucun doute, les nouvelles Chroniques indianapoliennes sont differentes des précédentes : je n'ai pas autant de temps à y consacrer, et je ne suis plus expatrié ! Les sujets sont beaucoup plus politiques, j'ai ajouté des vidéos, et, je le concède, il y a moins de place pour l'humour. Je promets de porter remède à ce dernier point car il me semble nécessaire de balancer entre sujets légers et autres réputés plus sérieux.

Il demeure, les Chroniques ont changé, mais l'audience est revenue à ses niveaux d'avant l'interruption des émissions : 8796 pages vues en janvier 2007, soit à peu près autant qu'en avril 2006. Au cours de la dernière année, seuls mai et juin 2006 ont affiché une fréquentation supérieure (15400 en mai, 11600 en juin). Pour ce qui est des visiteurs, leur nombre s'établit à 5291.

La plus faible fréquentation, c'était le 1er janvier, pour une raison bien compréhensible (75 visiteurs), et le maximum, 301, le 29 janvier dernier.

Au total, depuis l'origine, 130 458pages vues et 77 645 visiteurs.

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Le post qui a remporté le plus de succès ce mois-ci est sans conteste celui consacré à Juba le sniper irakien. Parmi les plus anciens, ceux qui continuent de recueillir de nombreuses visites, sans doute parce qu'ils sont bien référencés sur Google, sont ceux où j'ai évoqué Mélissa Theuriau, les combats de catch aux Etats-Unis, Thanksgiving, Jane Fonda, les voitures françaises aux Etats-Unis, ou encore la vodka française ... Très intello tout cela !

Les lecteurs, quant à eux, ont sans doute évolué, mais il est plus délicat de se faire une opinion, faute de données. Je me bornerai à relever que les Français représentent une bonne moitié des connections, le reste étant constitue d'Américains (environ 15 %), de Canadiens (10%), et d'autres pays divers. Salut aux tous derniers venant d'Italie, d'Allemagne, des Pays-Bas, du Maroc, ou encore d'Iran (!)

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22 décembre 2006

Les cheveux gris, les cheveux blancs

Fort nombreuses connections américaines sur le blog ces jours derniers. Voilà qui aiguisait ma curiosité : la langue de Molière connaitrait-elle un engouement nouveau chez l'oncle Sam ? Il me fallait en savoir plus.

L'origine  de ce phénomène m'est apparu en plongeant dans les statistiques fournies par Canalblog : ces connections proviennent d'Indianapolis, et plus particulièrement d'un site d'anciens élèves d'une fraternité de Butler University (Sigma Chi), la belle et très upper class université privée d'Indianapolis.

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Un campus tout droit sorti du Cercle des poètes disparus, des cours d'art, de littérature, un théâtre splendide, des amphi luxueux, des clubs étudiants, des locaux victoriens et gothiques, des enseignants à noeud papillon, des activités sportives de tout premier rang (et notamment dans des activités "nobles" comme l'aviron, l'escrime, l'équitation, et même le rugby !), des droits d'inscription élevés... Une université de la Ivy League en plein Middle West en somme.

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Le site en question renvoie aimablement vers mes photos de la ville d'Indianapolis, dans l'album photo qui lui est consacré à gauche de cette page. L'orgueil du photographe est flatté.

Les Anciens de Butler University sont de la promo 1950... Ce sont des hommes de goût, ils se réunissent chez Rick's Cafe Boatyard, bel établissement  se trouvant au bord d'un lac au plein coeur d'un parc naturel d'Indianapolis.

Les cheveux ont blanchi, les visages se sont affaissés, les physionomies se sont alourdies, mais l'enthousiasme semble rester intact. On a l'impression qu'ils sont restés les mêmes, fidèles aux jeunes hommes de 18-25 ans dont les photos sont disponibles sur le site : image d'une autre Amérique, dans les années 1950, que nous connaissons bien par le cinéma, mais que eux ont vécu. Emouvant.

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happy_daze_mod

fantasy_time_mod

if_you_knew_suzie_mod

reverie_for_jim_mod

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slumber_party_mod

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Et les voilà à l'époque :

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Et les mêmes cette année, à leur fête de Noël !

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30 novembre 2006

Come back

Mais comment donc ? N'avais-je pas dans mon précédent post expliqué doctement les raisons qui me poussaient à arrêter ces chroniques ? N'avais-je pas développé toutes sortes d'explications parfaitement rationnelles pour agir ainsi ?

Mais voilà, vous me manquez ! Prenant exemple sur ces stars music-hall qui n'en finissent pas de faire leurs adieux, je me suis dit que vous me pardonneriez sans doute de revenir sur mes fermes résolutions de la fin du mois d'août. Me trompé-je ?

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Alors je me suis fait la réflexion que si l'écriture de ces pages se justifiait aisément lorsque j'étais encore aux Etats-Unis, car j'avais à coeur de vous faire mieux connaître ce merveilleux pays, elle se justifiait encore, car la France n'est pas moins étrange que l'Amérique. Et aussi, soyons honnête, j'ai bien besoin d'une fenêtre ouverte sur le monde pour échapper à la routine envahissante et décervelante du quotidien d'un avocat parisien.

J'ai aussi été frappé de constater que vous êtes encore nombreux à consulter ces pages tous les jours : entre 150 et 300, pour une moyenne mensuelle de 7500 connections ces trois derniers mois. Je pensais qu'en arrêtant d'actualiser le blog, la fréquentation fléchirait rapidement, et envisageait initialement de fermer le site à la fin du mois de septembre. Face à vos visites encore nombreuses, j'ai repoussé cette mesure en octobre dernier. Et là, maintenant, arrivé fin novembre, je me résous avec joie à reprendre les émissions.

Alors, pour sûr, ces "Chroniques indianapoliennes" seront un peu différentes. Je ne suis plus expatrié et je ne pourrai plus vous faire partager mes surprises face à un certain exotisme américain. Je compte néanmoins maintenir le nom du blog, en clin d'oeil à ses origines, et me contenterai d'en modifier le sous-titre, abandonnant le " Français au coeur du Middle West" plus vraiment d'actualité pour "Un Persan de retour chez lui", allusion au procédé utilisé par Montesquieu dans ses "Lettres persanes" pour envisager la société française de son époque.

Merci de votre fidélité, et en avant pour la seconde vie des "Chroniques indianapoliennes" !

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14 août 2006

Au revoir

Presque un mois depuis le dernier message sur ce blog : certains se seront peut-être dit que j'exagérais un peu dans ma coupure estivale, que j'avais grand tort de délaisser ainsi mes fidèles lecteurs. Certains ont même sans doute renoncé à venir voir s'il se passait quelque chose dans l'Indiana. D'autres enfin, plus perspicaces, se seront peut-être doutés que ce long silence cachait un événement d'importance. Ces derniers ont eu le nez creux.

En effet, bien des choses sont survenues depuis le 17 juillet dernier.

Un espoir déçu

Comme vous le savez, j'ai réussi les épreuves du Barreau de New York en février dernier. Après que les résultats m'ont été communiqués, en mai dernier, j'ai commencé à chercher une collaboration dans un cabinet d'avocat soit à New York soit à Washington. Cette recherche s'est malheureusement révélée infructueuse, malgré plus de 240 curriculum vitae personnalisés envoyés. La conclusion s'est donc clairement imposée : je rencontrerai de vraies difficultés à trouver ma place sur le marché du travail américain en tant qu'avocat. Je me suis pas mal tracassé pour comprendre les raisons pour lesquelles ma candidature n'a pas suscité l'intérêt que j'espérais. J'y vois la conjonction de plusieurs facteurs :

  1. Le fait que je n'ai pas de Juris Doctorate (diplôme de droit concluant un cycle d'études juridiques d'une durée de trois années), mais dispose seulement d'un LL.M. (soit l'équivalent d'un troisième cycle). Je pensais que le fait d'avoir passé le barreau de New York me permettrait de combler ce handicap, mais tel n'a pas été le cas.

  2. Le fait que je sois étranger : pourquoi prendre un risque en embauchant un étranger alors que les candidats américains de qualité sont légion ?

  3. Le fait que je sois français : point de francophobie là dedans, mais je pense que si j'avais été japonais ou chinois ma recherche de collaboration aurait été facilitée car il existe un vrai besoin d'avocats formés aux Etats-Unis capables de travailler avec une clientèle japonaise ou chinoise, en japonais ou en chinois.

  4. L'expansion internationale des cabinets d'avocats américains. L'internationalisation des cabinets américains est allée s'accélérant ces dernières années, on peut vraiment dire qu'ils sont partis à la conquête du monde. Seuls les cabinets anglais opposent une vraie résistance à ce mouvement. Le résultat, c'est que la plupart des grands cabinets new yorkais disposent désormais d'un bureau à Paris. Dès lors, ils ont beaucoup moins besoin d'avocats français à leurs bureaux new yorkais puisque lorsqu'ils sont confrontés à une question impliquant la France, il leur suffit d'appeler leurs collègues parisiens.

  5. Je n'ai ciblé que les cabinets internationaux dans des spécialités qui me permettaient d'utiliser mes compétences de retour en France. Il est certain que ce "ciblage" m'a fermé certaines possibilités. Mais faire du droit pénal ou du droit immobilier new yorkais, par exemple, m'interdisait toute perspective de retour en France, ce que je ne souhaitais pas.

  6. Le cycle de recrutement des cabinets américains est très particulier. Alors que les cabinets français ont tendance à étendre la période de recrutement tout au long de l'année, les procédures  sont beaucoup plus rigides aux Etats-Unis. Ainsi, il est coûtumier de chercher une collaboration entre août et novembre pour un emploi commençant en juillet de l'année suivante. Dans ces conditions, il est patent que je ne cherchais pas une collaboration au bon moment de l'année puisque les cabinets avaient déjà, alors, pourvus la plupart de leurs recrutements.

Toujours est-il, que cette recherche de collaboration a été suffisamment infructueuse pour me faire comprendre le message : si j'avais une possibilité de valoriser mon parcours, c'était bien en me retournant vers la France, et, plus précisément, vers mon barreau d'origine : Paris.

La patrie reconnaissante

Si bien que j'ai commencé, au début du mois de juillet, à envoyer des curriculum vitae à divers cabinets d'avocat américains à Paris, ceux là même qui m'avaient poliment écarté à New York. Dix cabinets contactés, trois invitations à commencer un cycle d'entretiens à Paris ! Sans tarder, je pris alors mon billet pour la Ville Lumière, non sans effectuer une petite étape à Albany, capitale de l'Etat de New York, le 18 juillet dernier, pour y prêter serment sur la Constitution des Etats-Unis et sur celle de l'Etat de New York ("so help me God" !).

Arrivé à Paris, j'ai enchaîné les entretiens, rencontrant quatorze personnes en dix jours. C'était un véritable marathon ! Rapidement, l'un de ces cabinets m'est apparu comme le bon choix, alors que dans le même temps, il semble que je leur apparaissais être le bon choix. De cette rencontre est né un contrat qui me fait commencer une nouvelle collaboration au début du mois de septembre. Finalement, la collaboration de mes rêves, je l'ai trouvée chez moi.

Voilà qui clarifie la situation : je prépare donc actuellement mon retour en France, met en place les déménagements aérien et maritime, résilie les abonnements, met le SUV en vente, organise les derniers repas d'adieu... La Loutre me rejoindra en décembre, elle reste encore pour un temps dans l'Indiana, mais moi, je suis déjà projeté dans cette nouvelle vie qui m'attend sur les rives de la Seine.

Quel avenir pour les "Chroniques indianapoliennes" ?

Dès lors, la question de la pérennité de ce blog se pose.

  • D'une part, par son titre et par la grande majorité de ses articles, ce blog est consacré à l'expérience d'un expatrié faisant part de sa découverte de la fascinante Amérique. Quel sens cela aurait-il de continuer cette tâche de retour à Paris ?

  • D'autre part, je crains de disposer de beaucoup moins de temps pour bloguer à l'avenir. Le rythme de travail d'un avocat d'affaires est intense et rend difficile la tenue quasi-quotidienne d'un blog.

  • Enfin, la raison principale pour laquelle je me suis résolu à fermer ce blog est la préservation de mon anonymat. Certes, celui-ci est préservé, pour l'heure. Mais qu'en sera-t-il une fois de retour à Paris ? Imaginez  : un avocat aux barreaux de Paris et de New York trentenaire ayant passé deux années dans l'Indiana et travaillant dans un cabinet américain... Le sceau "Indiana" me singularise suffisamment pour que je sois sans doute le seul avocat parisien dans ce cas-là. Mon milieu professionnel est étroit, et il y aurait forcément quelqu'un, un jour, pour découvrir ce blog et pour en parler à d'autres personnnes. Or je veux pouvoir m'exprimer sans réserve, sans que la perspective qu'un jour un client, un associé, une connaissance professionnelle en ait connaissance plane sur moi et me conduise à m'autocensurer.

Ce message est donc le dernier posté sur ce blog, qui continuera à exister pendant quelques mois, puis disparaîtra définitivement.

Je continuerai à bloguer sans doute, mais sur un autre blog, sur lequel je n'indiquerai aucun, strictement aucun élément se rattachant à ma vie privée, et sur lequel j'adopterai un nouveau pseudonyme. Nous nous retrouverons donc sans aucun doute, mais vous ne saurez pas que vous vous adressez en fait à Marquette l'Indianapolien !

Amérique adorée

Je vais donc remiser les quelques articles que j'avais en préparation. Dommage, j'aurais aimé vous dire un mot des Dixie Chicks, de la carte verte, du Ku Klux Klan et de ses amis de l'American Nazi Parti, ou encore, dans la même veine, de cet extraordinaire camps de vacance où l'on peut s'initier au maniement de toutes les armes de guerre... Plus pacifiquement, j'aurais aussi souhaité vous faire partager mes visites de Ste Augustine, de Miami, et du Costa Rica. Sans oublier, évidemment, l'Indiana State Fair, et l'Indianapolis Air Show. Qui va couvrir l'actualité de l'Indiana en langue française à l'avenir ? Avec la fermeture  prochaine de ce blog et le déménagement de Miss Lulu au Canada, c'en sera fini de la blogosphère francophone dans l'Indiana ! Il faudra que quelqu'un prenne la suite !

Car il y a à dire sur l'Amérique. Combien de sujets d'étonnement, d'émerveillement, et d'agacement aussi parfois ! Ce séjour de deux années nous aura marqué pour toujours, je crois, et nous laissera un petit peu américains. Si ce blog a servi à quelque chose, à part divertir ses lecteurs (ce qui était sa finalité première, tout de même), j'espère que cela aura été de contribuer à une meilleure connaissance des Etats-Unis et des Américains, de mieux comprendre ce géant fascinant à l'influence incontournable, et peut-être même de vous faire aimer l'Amérique telle qu'elle est, avec ses qualités et ses défauts. Modestement, je ne forme qu'un seul voeu qui est que, de part et d'autre, les sentiments de défiance et d'animosité systématique existants chez certains Américains à l'égard de la France, et chez de trop nombreux Français à l'égard des Américains, disparaissent. La France et les Etats-Unis sont différentes à bien des égards, mais si elles partagent quelque chose, c'est bien d'être des nations à vocation universelle, porteuses d'un idéal qui est celui de la liberté, de la démocratie, de la tolérance, et des droits de l'homme. Par-delà une histoire qui a toujours vu en elles des alliées, la France et l'Amérique ont vocation à cheminer côte à côte, en amies fidèles.

Et comme, pour la dernière fois, je vais signer ce billet du nom de Marquette, il est peut-être temps que je me dévoile enfin à vous...

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Merci à tous.

FIN

Posté par Marquette à 18:58 - Le blog - Commentaires [23] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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