"Chroniques transatlantiques"

"J'écris pour savoir ce que je pense" Frédéric Beigbeder

09 mars 2008

Dieu dans la République laïque, par Joël-Benoît d'Onorio

Le Professeur Joël-Benoït d'Onorio, Professeur des Facultés de droit à Aix-en-Provence, Président de la Confédération des Juristes Catholiques de France, a bien voulu m'autoriser à publier ici le point de vue publié dans Le Figaro le 6 mars dernier. Qu'il en soit remercié !

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Les divergences d’opinion sont pleinement légitimes à condition d’être étayées par des faits réels. S’il est compréhensible que certaines initiatives du président de la République puissent susciter interrogations et perplexité, il en est d’autres où les accusations ou suspicions à son encontre sont manifestement infondées. Tel est le cas du procès qui lui est actuellement intenté pour lèse-laïcité.

Assumant ses déclarations de Rome, Riyad ou Paris, le Président Nicolas Sarkozy insiste et persiste, au grand dam de tous ceux qui jugent ses propos inconvenants de la part du président d’une République « laïque ». D’aucuns, estimant celle-ci « en danger », ont même lancé une pétition sur Internet, et le Parti socialiste, dont naguère l’oracle élyséen nous confessait pourtant croire « aux forces de l’esprit », a ressorti une proposition de loi, à ses yeux sûrement salvatrice, pour « promouvoir la laïcité dans la République » ! Tous accablent le chef de l’Etat carrément accusé de « violer la Constitution », bien que la plupart d’entre eux la vilipendent plus souvent qu’ils ne la défendent. Or, ces donneurs de leçons de droit constitutionnel feraient bien de s’instruire avant de parler et notamment de lire la Constitution avant de s’en réclamer. Car force est de constater qu’en l’espèce le Président  Sarkozy est dans le droit fil tant de la lettre que de l’esprit de la loi fondamentale de la Ve République.

C’est ainsi que, lorsqu’il parle de Dieu (d’une manière certes inédite jusqu’à ce jour pour un homme d’Etat français), il ne prononce pas un mot interdit dans notre République puisqu’il figure dans la Constitution elle-même et à la place qui lui revient, c’est-à-dire la première. C’est en effet dès le début de son préambule que notre charte suprême fait sienne la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 dont on a peut-être oublié qu’elle a été proclamée « en présence et sous les auspices de l’Etre suprême », ce qui signifie que ces droits prennent leur origine et leur appui en Dieu, et sont placés sous sa protection que certains élus de l’époque voulaient même garantir par l’adjonction du Décalogue de la Bible ! Sans contestation possible, l’Etre suprême qui figure désormais en tête de notre régime constitutionnel est bien le Dieu des chrétiens car c’est sous cette appellation qu’il était très souvent désigné par les philosophes et théologiens des XVIIe et XVIIIe siècles, donc longtemps avant la divinité de pacotille de l’éphémère culte révolutionnaire que Robespierre inventa quelques années après la  Déclaration. Certes, cette mention constitutionnelle n’a pas valeur normative en ce sens qu’elle ne contraint personne à adhérer à la divinité ni à se convertir ; mais elle n’indique pas moins un esprit de citoyenneté qui est tout le contraire de la marginalisation ou de l’exclusion.

C’est dire que, lorsqu’il évoque la présence de Dieu, le Président de la République ne s’écarte nullement de la Constitution. Au contraire, il y revient, après la ridicule obstination de son prédécesseur contre les timides références religieuses de la charte européenne de Nice et du traité avorté de Rome.

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Les censeurs des discours présidentiels s’abritent en outre sous l’invocation quasi incantatoire de la loi de 1905. Or, une loi doit s’apprécier en conformité avec la Constitution en vigueur. C’est pourquoi ce texte de la IIIe République doit être réinterprété selon les principes de la Ve. Procédant du positivisme rationaliste et anti-religieux (principalement anti-catholique), la « loi  de séparation » s’est finalement présentée comme un texte technique sous couvert d’une neutralité tactique mais dont l’incohérence ressort de l’art. 1 sur la garantie par l’Etat de la liberté de culte contredite par les articles suivants...Par la suite, l’idéologie l’emportera sur le droit. M. Sarkozy a eu raison de dénoncer les outrances de cette République par soustraction qui, après les savants sous la Révolution, prétendait ne pas avoir besoin des croyants…

A l’avènement de la IVe République, cette hostilité, toujours présente dans certains milieux influents, a été supplantée par une orientation de neutralité  des pouvoirs publics, selon l’entente passée entre les constituants de gauche et de droite de la Libération qui l’ont explicitement inscrite dans le premier projet de préambule constitutionnel d’avril 1946. Omise des projets initiaux de 1958, la survivance de la qualification « laïque » de la République n’a été concédée par le général de Gaulle aux socialistes ralliés qu’assortie d’une précision capitale selon laquelle la République « respecte toutes les croyances », ce qui suscita autant de réserves dans le camp laïque que de sympathies dans l’électorat catholique… Or, par ces quelques mots, la Ve  République a doublement innové : d’une part, pour la première fois, elle a donné une définition officielle de la laïcité de l’Etat qui, totalement absente de la loi de 1905, est désormais gravée dans le marbre de la Constitution pour la soustraire à toute manipulation idéologique ou appropriation partisane ; d’autre part, cette définition constitutionnelle a fait franchir un saut qualitatif à la notion de laïcité dorénavant conçue non plus dans un esprit d’hostilité ou de simple neutralité, mais comme une laïcité de respect, engageant de la sorte l’Etat républicain à une attitude d’ouverture envers la pensée et les institutions religieuses dont il est évident qu’elles concourent pas moins que les autres au bien commun national. C’est ainsi que la laïcité positiviste de jadis a fait place, dès 1958, à une laïcité positive…

Si bien que les émois et indignations qui ont ponctué les discours du Président Sarkozy sont en décalage avec la réalité juridique d’aujourd’hui. L’ancien Premier ministre J.P. Raffarin avait, lui aussi, très bien compris l’esprit de nos institutions en déclarant fort judicieusement que «  la laïcité signifie qu’il n’y a pas de religion d’Etat ; elle ne signifie pas qu’il y a athéisme d’Etat » (Le Point, 21 mars 2003). C’est d’autant plus vrai et nécessaire qu’on rappellera que les citoyens français se déclarant croyants en Dieu sont tout de même plus nombreux que les incroyants. En oubliant ici que la démocratie est la loi de la majorité, la République en deviendrait presque schizophrénique…

Une fois ces fondements constitutionnels acquis et reconnus, chacun, selon ses craintes ou ses espoirs, demeure entièrement libre de se rattacher à telle ou telle école de pensée sur la place dévolue à la religion dans la vie publique, mais qu’on ne se retranche pas derrière la Constitution pour l’embarquer dans un combat qui n’est plus le sien. Notre République n’a pas excommunié Dieu ni ses fidèles dont la conscience et sa libre expression sont tout aussi respectables que celles des athées ou agnostiques. L’œuvre  pacificatrice et réconciliatrice du général de Gaulle a sonné le glas d’une laïcité exclusiviste qui a trop souvent considéré les citoyens croyants comme des parias de la République, en contradiction avec notre devise nationale. Victimes de leur autisme laïciste, les adeptes pontifiants d’une  idéologie d’un autre siècle se comportent en réalité comme les vierges rances de la laïcité.

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20 février 2008

La démesure et la raison, par Nicolas Baverez

Convergence de vue totale (déjà exprimée dans des posts publiés précédemment) avec Nicolas Baverez dans ce point de vue publié dans Le Monde du 20 février :

(...)

"Pour inachevé qu'il demeure, le bilan des réformes engagées au cours des neuf derniers mois est positif.

La principale réussite concerne le traité de Lisbonne, désormais ratifié par la France, qui clôt le psychodrame constitutionnel et ouvre la voie à une relance de l'intégration européenne. Le modèle économique et social a commencé à évoluer avec la libéralisation des heures et du contrat de travail, la normalisation de la fiscalité française au sein de l'Union, l'alignement progressif des régimes spéciaux de retraite sur le droit commun, l'autonomie des Universités, la réduction des effectifs de la fonction publique.

En regard figurent quatre lacunes : le retard dans la révision des institutions, qui fait persister l'absence de contre-pouvoirs ; le sinistre d'une justice en situation de vendetta avec l'exécutif ; les limites de la réforme de l'Etat, enfermée dans l'exercice technocratique de la revue générale des politiques publiques ; le déséquilibre entre l'activisme en matière de contrôle de l'immigration et le déficit dans le domaine de l'intégration, qui constitue le défi prioritaire d'une nation où plus de 2 millions de personnes sont plongées dans l'anomie.

Les Français, à l'occasion du cycle électoral de 2007, ont acté le principe de réformes profondes. Ces changements sont enclenchés mais ne peuvent produire des résultats qu'à moyen terme. Ils sont pris à revers par la crise économique qui va entraîner une dégradation significative des performances de l'économie française en 2008 (croissance de 1,5 %, inflation supérieure à 2,5 %, chômage de 8 %, déficit commercial de l'ordre de 50 milliards d'euros, déficit public remontant vers les 3 % du PIB). Et le président de la République, auquel il revient de définir la stratégie et d'effectuer la pédagogie du changement, voit sa légitimité affaiblie par l'impopularité et la perspective d'une défaite sévère de la majorité lors des municipales.

Ainsi se profile une heure de vérité pour le cours du quinquennat et pour le pays. Les Français s'apprêtent à sanctionner la personne du président, non le principe des réformes. Ils ont élu M. Sarkozy non pour ce qu'il est, mais pour ce qu'ils l'ont jugé seul à pouvoir faire, à savoir moderniser la France. Une voie de sortie de crise existe, dès lors que ce qu'il est sert ce qu'il doit faire au lieu de le mettre en risque. Ce qui doit être impérativement modifié, ce ne sont pas le principe et le rythme des réformes, ce ne sont pas tant les ministres que l'esprit et le style du gouvernement.

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Et ce à partir de quelques principes simples.

1/Recentrer l'action sur le remède du coeur du mal français, à savoir le blocage du modèle économique et social, en évitant de traiter des problèmes qui ne se posent pas, telle la laïcité, ou la dispersion dans une politique étrangère qui doit pour l'heure se concentrer sur l'Europe et la présidence française.

2/Clarifier définitivement la stratégie macroéconomique, en hiérarchisant les priorités, en supprimant les relents protectionnistes et étatistes, en intégrant la nouvelle donne issue de la crise financière.

3/Exposer sans fard aux Français la réalité de l'affaiblissement économique du pays et les bouleversements provoqués par la crise financière.

4/Changer de méthode - tant il est vrai que trop de leadership tue le leadership et qu'un homme seul ne peut moderniser par le haut une démocratie développée -, et pour cela passer d'une posture de campagne à une position d'exercice du pouvoir, redonner une existence collective au gouvernement, rétablir la responsabilité politique des ministres et du Parlement.

La France se trouve dans un moment de transition qui marque la plus grande vulnérabilité du processus de réforme. La France post-gaulliste est morte, mais la France du XXIe siècle demeure dans les limbes. Dans cet espace fondent la crise économique et les passions violentes qui se cristallisent autour d'un président naguère idolâtré et aujourd'hui voué aux gémonies. Il est temps d'arrêter l'incendie. Ceci s'applique aux gouvernants, mais aussi à une opposition dont la victoire aux municipales devra tout aux erreurs de ses adversaires et qui reste incapable de représenter une alternative crédible au plan national, faute de leader, de stratégie et de projet, comme aux médias. Ceci s'applique aux citoyens qui, dans une démocratie, décident ultimement du basculement dans la démesure ou du choix de la raison : aux Français donc de tenir, par-delà les chocs économiques et les aléas politiques, la ligne et le parti des réformes".

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18 février 2008

Sarkozy en France équinoxiale

Les images du voyage de Nicolas Sarkozy en Guyane (dont le premier nom, au début du XVIIème siècle était "la France équinoxiale"...) offrent un contraste saisissant entre cette terre tropicale et le protocole d'une vieille nation européenne. Quelques photos étonnantes :

Une bonne partie du gouvernement était du voyage, jusqu'à Saint-Georges-de-l'Oyapock, à la frontière avec le Brésil, pour rencontrer le Président Lula Da Silva.

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Les nouvelles n'étant pas bonne en métropole, et notamment à Neuilly, Sarkozy était de mauvais poil. En fait, on ne sait pas trop, il aime bien pointer du doigt d'un air excédé.

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Jean, veste de costume, toujours la classe ! Il ne devait plus avoir d'affaires propres, tout devait être au pressing, alors il a mélangé sa valise de retour de vacances (le jean) avec sa tenue de ville. Il porte bien un costume quand il est en visite en province en métropole, non ? Alors pourquoi réserver un traitement différent aux Amérindiens ?

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Bain de "foule" en compagnie du maire.

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Etait-il bien nécessaire de demander à la Garde républicaine de venir faire la haie d'honneur sur un ponton des bords de l'Oyapock ?

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Sont-ils venus avec leurs chevaux ?

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13 février 2008

Fillon, enfin !

Si Nicolas Sarkozy a été le sauveur de la droite française en 2007 (première reconduction d'une majorité parlementaire depuis...1978 !), la désillusion à son endroit semble assez forte ces derniers temps.

Un sondage Opinion Way pour Metro publié ce matin indique ainsi une chute de satisfaction de 7 points, à 41 %, après une précédente baisse de 10 % dans les semaines précédentes. La désaffection est brutale. On peut essayer de l'expliquer comme on veut : réaction aux révélations concernant sa vie privée ? Mécontentements dus aux réformes ? Au manque de réforme ? Problèmes de communication ? Style de présidence ? Déception des attentes fortes qui ont été entretenues pendant la campagne ? Un peu de tout cela, sans doute, selon la sensibilité de chacun.

Il demeure, cette chute donne à réfléchir, et l'on peut se demander si Nicolas Sarkozy n'est pas devenu un handicap pour son propre camp. Personnellement, je ne le pense pas, et les ressources de l'homme, son sens politique, son énergie, son inventivité lui permettront, j'espère, de rectifier le tir.

Dans cette situation tourmentée, un homme émerge lentement de l'anonymat relatif auquel l'avait relégué l'hyper activité présidentielle : François Fillon.

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En parallèle à la désaffection à l'égard du Président, le premier ministre atteint un niveau de popularité élevé, puisque dans le même sondage publié dans Metro ce matin, la satisfaction à son égard atteint 53 %, soit douze points de plus que le Président !

Le "style" Fillon est de ceux qui s'imposent dans la durée : sérieux, courage, sens du compromis, patriotisme, attachement aux réformes de structure, modestie de l'approche, désintéressement. Il incarne une approche de la politique plus conforme à l'idée que les Français se font de leurs dirigeants. Ils préféreront toujours Charles de Gaulle à Bernard Tapie.

François Fillon apparaît à Matignon comme un homme d'Etat sur lequel il faudra compter à l'avenir, notamment si Nicolas Sarkozy devait exploser en plein vol, ce qui apparaît malheureusement comme une possibilité.

Preuve d'ailleurs que la petite crise actuelle ne concerne que Nicolas Sarkozy, quinze ministres ont un taux de satisfaction supérieur au sien : Kouchner, Alliot-Marie, Borloo, Bertand, Darcos, Dati, notamment, sont populaires.

Ce n'est donc pas la politique gouvernementale qui est impopulaire, mais la personne même du Président. Rien n'est joué, rien n'est perdu, et nous ne sommes qu'au début du quinquennat. Mais si le Président est défaillant, il est rassurant que François Fillon soit, au coeur de l'action gouvernementale, la garantie d'une politique de réforme conforme aux intérêts de la France.

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28 janvier 2008

Khmer vert

Denis Baupin, adjoint au Maire de Paris, chargé des Transports, par ailleurs leader des Verts à Paris à l'occasion des prochaines élections municipales, a accordé un entretien au magazine gratuit Economie Matin. Extraits, édifiants:

"Bien sûr, l'économie est fondamentale mais nous n'avons pas une approche orthodoxe. Délocalisations, pollution, le système économique va dans le mur. Nous voulons enraciner l'économie dans le territoire pour préserver l'emploi".

Il est clair que les Verts n'ont pas une approche orthodoxe en matière économique, et quant à déclarer que l'économie est fondamentale, il serait difficile de trouver quiconque pour contester pareille affirmation...

L'enracinement de l'économie dans le territoire apparaît pour le moins nébuleux : s'agit-il d'une glorification du "small is beautiful", de la perspective de barrières douanières, de soutien à l'économie locale, voire même d'albanisation de Paris sous un mode auto gestionnaire ?

Les Verts donnent l'impression de vouloir ignorer la mondialisation, non d'y préparer la France pour qu'elle soit en mesure d'en tirer tous les bénéfices. Ce qu'ils nous promettent, c'est la marginalisation et l'appauvrissement.

"Notre but n'est pas de séduire les multinationales à coup de tours de bureaux toujours plus hautes. Il faut arrêter de vouloir apparaître comme les plus dynamiques et les plus compétitifs à l'échelle planétaire. Nous proposons de créer des emplois non-délocalisables à l'étranger dans les écofilières, les services à la personne. Le potentiel de ces deux secteurs est estimé à 50.000 emplois. Nous voulons également préserver le commerce de proximité".

Et Monsieur Baupin pense-t-il que les écofilières et les services à la personne occuperont tous les Français ? Que 50 000 emplois suffiront à la prospérité parisienne ?

Mais quel Paris nous prépare Monsieur Baupin ? Un Paris réservé aux plus fortunés, à l'évidence :

     - les écofilières, pourquoi pas, mais chacun sait que la préoccupation écologique renchérit le prix des produits.

     - les services à la personne, très bien, mais ces services ne créent pas de richesses à proprement parler, il faut bien que d'autres, occupant des emplois productifs, génèrent les richesses permettant de rémunérer les services à la personne.

     - la préservation du petit commerce : voilà une belle proposition poujadiste qui ravira les Bourgeois Conservateurs de la rue Cler (7ème arrondissement) et les Bourgeois bohèmes d'Oberkampf. Mais à qui fera-t-on croire qu'une famille de classe moyenne peut faire ses courses dans les petits commerces de quartier ? La réalité, c'est que la quasi-interdiction des supermarchés à Paris intra muros n'a fait que renchérir la vie à Paris et contribuer à expulser non seulement les plus modestes, mais aussi les familles de la classe moyenne.

Enfin, s'agissant des multinationales :

  1. Les sièges des multinationales ne se trouvent pas tous dans des tours, loin s'en faut, le premier quartier d'affaires français étant le 8ème arrondissement.

  2. Certes, édifier des tours à l'intérieur de Paris ne serait pas très avisé, mais c'est bien la raison pour laquelle le quartier de La Défense a été créé. Celui-ci peut être étendu et développé, je ne vois pas en quoi cela nuirait à Paris.

  3. Il est dans l'intérêt de Paris et de la France que les multinationales aient envie d'y rester, ou de s'y installer. Justement, dans un monde où les délocalisations sont toujours plus faciles, les sièges de multinationales apportent de nombreux emplois qualifiés (et de bons salaires), de nombreux hommes d'affaires en voyage qui peuplent les hôtels et les restaurants, et des retombées fiscales abondantes.

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"Question : Revenu parisien universel, logement social...Comment comptez-vous le financer ?

Réponse : Nous sommes en train de chiffrer le coût. L'impôt est un outil de redistribution indispensable pour mener des politiques publiques ambitieuses. Nous préconisons une augmentation raisonnable de la fiscalité (...) Le "demain on rase gratis n'est pas notre philosophie"".

A deux mois de l'élection, le programme n'est même pas chiffré... Quel amateurisme ! Monsieur Baupin étant actuellement aux affaires, il devrait pourtant disposer de tous les moyens administratifs pour savoir ce qui est faisable et à quel coût.

Mais à la limite, cela n'a pas d'importance, nous explique-t-il : la "politique publique ambitieuse" sera financée par la redistribution. En clair, selon un discours bien connu, les Riches paieront et la fiscalité augmentera.

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Lorsque l'on sait que les Verts continueront, selon toute probabilité, à être les alliés indispensables de Monsieur Delanoë pour diriger Paris, les propos tenus par leur leader ne manquent de paraître inquiétants pour notre belle capitale.

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08 janvier 2008

"Le roi est nu", éditorial du Monde du 7 janvier 2008

Excellent éditorial du Monde du 7 janvier 2008 :

"Sept mois après l'arrivée à l'Elysée de Nicolas Sarkozy, tous les indicateurs économiques sont au rouge. La croissance ? En 2007 comme en 2008, elle devrait être inférieure à 2 %, soit en dessous de la moyenne de la zone euro. Le chômage ? Après une baisse sensible en 2006, il ne diminue plus qu'à la marge. Déjà, les créations d'emplois sont moindres que prévu. Le commerce extérieur ? Il affiche un déficit historique, même si l'on ne tient pas compte des importations énergétiques. Le moral des ménages ? Il est proche de son plus bas niveau historique de l'automne 1995. L'inflation ? Christine Lagarde a vendu la mèche, avant de se rétracter : elle devrait être supérieure à 2 % en glissement en 2007 et encore supérieure en 2008.

Impressionnante, la liste n'est pas exhaustive. Il serait injuste d'en rendre Nicolas Sarkozy seul responsable. Le président français n'a évidemment aucune prise sur le prix des matières premières ni sur le ralentissement économique mondial dû à la crise des crédits immobiliers américains.

Néanmoins, le gouvernement a commis plusieurs erreurs de taille. La première est d'avoir péché par orgueil. Une fois que vous m'aurez élu, la confiance reviendra, et, comme je réhabiliterai le travail, l'économie repartira, avait promis, en substance, le candidat. Aujourd'hui, il se heurte, là comme ailleurs, au principe de réalité. "Tout ne peut être résolu en un jour", a-t-il reconnu lors de ses voeux. D'où une déception de l'opinion et la baisse de popularité de l'exécutif.

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Deuxième erreur : tiraillés entre ses conseillers keynésiens et d'autres plus orthodoxes, M. Sarkozy a toujours refusé de choisir entre des réformes favorisant l'offre et d'autres soutenant la demande. Conclusion : sa politique économique est illisible. Même les chefs d'entreprise semblent méfiants à l'égard du "travailler plus pour gagner plus", un comble !

Troisième erreur : la recherche de boucs émissaires, notamment l'euro et la Banque centrale européenne, qui a contraint Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, à prendre ses distances, dans nos colonnes, avec la rhétorique présidentielle.

Aujourd'hui, comme le remarque une note de BNP-Paribas, "le roi est nu". Les caisses sont vides et la croissance, mère de toutes les réformes, n'est pas au rendez-vous. M. Sarkozy doit inscrire son action dans la durée et surtout cesser de faire cavalier seul. La France ne s'en sortira pas sans ses partenaires européens, notamment l'Allemagne. Si elle n'est pas suffisante, une politique économique réellement concertée s'impose au sein de la zone euro. La présidence française de l'Union européenne au second semestre offre une occasion en or. Pour la saisir, encore faudrait-il savoir être modeste et être à l'écoute des autres".

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23 décembre 2007

Le cadeau de Noël de Nicolas Sarkozy

"Dans ce monde obsédé par le confort matériel, la France a besoin de catholiques convaincus qui ne craignent pas d'affirmer ce qu'ils sont et ce en quoi ils croient".

Ainsi s'est exprimé Nicolas Sarkozy dans le discours qu'il a prononcé le 20 décembre dernier au Vatican.

Un discours de rupture, tel qu'aucun président de la République française n'en a prononcé depuis...depuis quand déjà ? Un discours courageux, qui l'expose à la critique de la grande majorité des Français, dont l'areligiosité vire fréquemment à l'intolérance anti-religieuse, et plus spécifiquement anti-catholique.

Il est impossible de se déclarer anti-musulman (anti-islamiste, oui, mais c'est bien différent souligne-t-on immédiatement), odieux de clamer son antisémitisme, un peu grotesque d'être anti orthodoxe ou anti-protestant.

Mais anti catholique, cela se porte très bien, en France.

Essayez un peu, comme je m'y suis essayé récemment, de déclarer au cours d'un dîner que vous êtes catholique, un mauvais catholique certes, mais catholique, et que vous vous reconnaissez dans l'Eglise romaine...

Au mieux, vous passez pour un benêt, genre famille Le Quesnoy dans "La vie est un long fleuve tranquille".

Au pire, et plus fréquemment, vous êtes rétrograde, réactionnaire, et quasi fasciste : on vous tiendra pour un soutien de l'Inquisition, des régimes dictatoriaux d'Amérique du Sud, un propagateur du Sida, un coincé anti moderne, un génocidaire de cultures ; on vous opposera les prêtres pédophiles, l'attitude de Pie XII pendant la Seconde Guerre Mondiale, on vous demandera, un ricanement dans le regard si vous assez c.. pour croire en l'Immaculée Conception, dans le Paradis et l'Enfer, dans la vie éternelle, dans la transsubstantation...

Vous devrez vous justifier, riposter, vous débattre face à cette nouvelle Inquisition contemporaine, celle de ceux qui ne croient en rien, qui réprouvent toute morale sociale, et s'inventent une morale individuelle, bien à eux, qui les met à l'aise avec leur conscience.

Vous comprenez pourquoi, dans ce contexte, le discours de Nicolas Sarkozy est apparu comme une divine surprise.

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Le discours de Latran

(extraits, in intégrale ici : Allocution_Latran_20122007_1_)

(...)

En me rendant ce soir à Saint-Jean de Latran, en acceptant le titre de chanoine d'honneur de cette basilique, qui fut conféré pour la première fois à Henri IV et qui s'est transmis depuis lors à presque tous les chefs d'Etat français, j'assume pleinement le passé de la France et ce lien si particulier qui a si longtemps uni notre nation à l'Eglise. C'est par le baptême de Clovis que la France est devenue Fille aînée de l Eglise. Les faits sont là. En faisant de Clovis le premier souverain chrétien, cet événement a eu des conséquences importantes sur le destin de la France et sur la christianisation de l'Europe. A de multiples reprises ensuite, tout au long de son histoire, les souverains français ont eu l'occasion de manifester la profondeur de l'attachement qui les liait à l'Eglise et aux successeurs de Pierre. Ce fut le cas – de la conquête par Pépin le Bref, des premiers Etats pontificaux ou de la création auprès du Pape de notre plus ancienne représentation diplomatique.

Au-delà de ces faits historiques, c'est surtout parce que la foi chrétienne a pénétré en profondeur la société française, sa culture, ses paysages, sa façon de vivre, son architecture, sa littérature, que la France entretient avec le siège apostolique une relation si particulière. Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes. Et la France a apporté au rayonnement du christianisme une contribution exceptionnelle. Contribution spirituelle, contribution morale par le foisonnement de saints et de saintes de portée universelle : saint Bernard de Clairvaux, saint Louis, saint Vincent de Paul, sainte Bernadette de Lourdes, sainte Thérèse de Lisieux, saint Jean-Marie Vianney, Frédéric Ozanam, Charles de Foucauld… Contribution littéraire, contribution artistique  : de Couperin à Péguy, de Claudel à Bernanos, Vierne, Poulenc, Duruflé, Mauriac ou encore Messiaen. Contribution intellectuelle, si chère à Benoît XVI, Blaise Pascal, Bossuet, Maritain, Emmanuel Mounier, Henri de Lubac, Yves Congar, René Girard… Qu'il me soit permis de mentionner également l'apport déterminant de la France à l'archéologie biblique et ecclésiale, ici à Rome, mais aussi en Terre sainte, ainsi qu'à l'exégèse biblique, avec en particulier l'Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem.

(...)

Cette profondeur de l'inscription du christianisme dans notre histoire et dans notre culture, se manifeste ici à Rome par la présence jamais interrompue de Français au sein de la Curie et aux responsabilités les plus éminentes. Je veux saluer ce soir le cardinal Etchegaray, le cardinal Poupard, le cardinal Tauran, Monseigneur Mamberti, dont l'action, je n'hésite pas à le dire, honore la France. Les racines chrétiennes de la France sont aussi visibles dans ces symboles que sont les Pieux établissements, la messe annuelle de la Sainte-Lucie et celle de la chapelle Sainte-Pétronille. Et puis il y a bien sûr cette tradition qui fait du Président de la République française le chanoine d'honneur de Saint-Jean de Latran. Saint-Jean de Latran, ce n'est pas rien, tout de même. C'est la cathédrale du Pape, c'est la " tête et la mère de toutes les églises de Rome et du monde ", c'est une église chère au cœur des Romains. Que la France soit liée à l'Eglise catholique par ce titre symbolique, c'est la trace de cette histoire commune où le christianisme a beaucoup compté pour la France et la France beaucoup compté pour le christianisme.

(...)

Tout autant que le baptême de Clovis, la laïcité est également un fait incontournable dans notre pays. Je sais les souffrances que sa mise en œuvre a provoquées en France chez les catholiques, chez les prêtres, dans les congrégations, avant comme après 1905. Je sais que l'interprétation de la loi de 1905 comme un texte de liberté, de tolérance, de neutralité est en partie,reconnaissons le, cher Max Gallo, une reconstruction rétrospective du passé. C'est surtout par leur sacrifice dans les tranchées de la Grande guerre, par le partage de leurs souffrances, que les prêtres et les religieux de France ont désarmé l'anticléricalisme ; et c'est leur intelligence commune qui a permis à la France et au Saint-Siège de dépasser leurs querelles et de rétablir leurs relations. Pour autant, il n'est plus contesté par personne que le régime français de la laïcité est aujourd'hui une liberté  : la liberté de croire ou de ne pas croire, la liberté de pratiquer une religion et la liberté d'en changer, de religion, la liberté de ne pas être heurté dans sa conscience par des pratiques ostentatoires, la liberté pour les parents de faire donner à leurs enfants une éducation conforme à leurs convictions, la liberté de ne pas être discriminé par l'administration en fonction de sa croyance.

La France a beaucoup changé. Les citoyens français ont des convictions plus diverses qu'autrefois. Dès lors la laïcité s'affirme comme une nécessité et oserais-je le dire, une chance. Elle est devenue une condition de la paix civile. Et c'est pourquoi le peuple français a été aussi ardent pour défendre la liberté scolaire que pour souhaiter l'interdiction des signes ostentatoires à l'école.
Cela étant, la laïcité ne saurait être la négation du passé. La laïcité n'a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle n'aurait pas dû. Comme Benoît XVI, je considère qu'une nation qui ignore l'héritage éthique, spirituel, religieux de son histoire commet un crime contre sa culture, contre ce mélange d'histoire, de patrimoine, d'art et de traditions populaires, qui imprègne si profondément notre manière de vivre et de penser. Arracher la racine, c'est perdre la signification, c'est affaiblir le ciment de l'identité nationale, c'est dessécher davantage encore les rapports sociaux qui ont tant besoin de symboles de mémoire. C'est pourquoi nous devons tenir ensemble les deux bouts de la chaîne  : assumer les racines chrétiennes de la France, et même les valoriser, tout en défendant la laïcité, enfin parvenue à maturité. Voilà le sens de la démarche que j'ai voulu accomplir ce soir à Saint-Jean de Latran.

(...)

Bien sûr, fonder une famille, contribuer à la recherche scientifique, enseigner, se battre pour des idées, en particulier si ce sont celles de la dignité humaine, diriger un pays, cela peut donner du sens à une vie. Ce sont ces petites et ces grandes espérances " qui, au jour le jour, nous maintiennent en chemin " pour reprendre les termes même de l'encyclique du Saint Père. Mais elles ne répondent pas pour autant aux questions fondamentales de l'être humain sur le sens de la vie et sur le mystère de la mort. Elles ne savent pas expliquer ce qui se passe avant la vie et ce qui se passe après la mort. Ces questions sont de toutes les civilisations et de toutes les époques et ces questions essentielles n'ont rien perdu de leur pertinence, et je dirais, mais bien au contraire. Les facilités matérielles de plus en plus grandes qui sont celles des pays développés, la frénésie de consommation, l'accumulation de biens, soulignent chaque jour davantage l'aspiration profonde des hommes et des femmes à une dimension qui les dépasse, car moins que jamais elles ne la comblent.

(...)

Ma conviction profonde, dont j'ai fait part notamment dans ce livre d'entretiens que j'ai publié sur la République, les religions et l'espérance, c'est que la frontière entre la foi et la non croyance n'est pas et ne sera jamais entre ceux qui croient et ceux qui ne croient pas, parce qu'elle traverse en vérité chacun de nous. Même celui qui affirme ne pas croire ne peut soutenir en même temps qu'il ne s'interroge pas sur l'essentiel. Le fait spirituel, c'est la tendance naturelle de tous les hommes à rechercher une transcendance. Le fait religieux, c'est la réponse des religieux à cette aspiration fondamentale qui existe depuis que l'homme a conscience de sa destinée.

Or, longtemps la République laïque a sous-estimé l'importance de l'aspiration spirituelle. Même après le rétablissement des relations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège, elle s'est montrée plus méfiante que bienveillante à l'égard des cultes. Chaque fois qu'elle a fait un pas vers les religions, qu'il s'agisse de la reconnaissance des associations diocésaines, de la question scolaire, des congrégations, elle a donné le sentiment qu'elle agissait, allez, parce qu'elle ne pouvait pas faire autrement. Ce n'est qu'en 2002 qu'elle a accepté le principe d'un dialogue institutionnel régulier avec l'Eglise catholique. Qu'il me soit également permis de rappeler les critiques virulentes et injustes dont j'ai été l'objet au moment de la création du Conseil français du culte musulman. Aujourd'hui encore, la République maintient les congrégations sous une forme de tutelle, refusant de reconnaître un caractère cultuel à l'action caritative, en répugnant à reconnaître la valeur des diplômes délivrés dans les établissements d'enseignement supérieur catholique, en n'accordant aucune valeur aux diplômes de théologie, considérant qu'elle ne doit pas s'intéresser à la formation des ministres du culte.

Je pense que cette situation est dommageable pour notre pays. Bien sûr, ceux qui ne croient pas doivent être protégés de toute forme d'intolérance et de prosélytisme. Mais un homme qui croit, c'est un homme qui espère. Et l'intérêt de la République, c'est qu'il y ait beaucoup d'hommes et de femmes qui espèrent. La désaffection progressive des paroisses rurales, le désert spirituel des banlieues, la disparition des patronages, la pénurie de prêtres, n'ont pas rendu les Français plus heureux. C'est une évidence. Et puis je veux dire également que, s'il existe incontestablement une morale humaine indépendante de la morale religieuse, la République a intérêt à ce qu'il existe aussi une réflexion morale inspirée de convictions religieuses. D'abord parce que la morale laïque risque toujours de s'épuiser quand elle n'est pas adossée à une espérance qui comble l'aspiration à l'infini. Ensuite et surtout parce qu'une morale dépourvue de liens avec la transcendance est davantage exposée aux contingences historiques et finalement à la facilité. Comme l'écrivait Joseph Ratzinger dans son ouvrage sur l Europe, " le principe qui a cours maintenant est que la capacité de l'homme soit la mesure de son action. Ce que l'on sait faire, on peut également le faire ". A terme, le danger est que le critère de l'éthique ne soit plus d'essayer de faire ce que l'on doit faire, mais de faire ce que l'on peut faire. Mais c'est une très grande question.

Dans la République laïque, l'homme politique que je suis n'a pas à décider en fonction de considérations religieuses. Mais il importe que sa réflexion et sa conscience soient éclairées notamment par des avis qui font référence à des normes et à des convictions libres des contingences immédiates. Toutes les intelligences, toutes les spiritualités qui existent dans notre pays doivent y prendre part. Nous serons plus sages si nous conjuguons la richesse de nos différentes traditions.

C'est pourquoi j'appelle de mes vœux l'avènement d'une laïcité positive, c'est-à-dire d'une laïcité qui, tout en veillant à la liberté de penser, à celle de croire et de ne pas croire, ne considère pas que les religions sont un danger, mais plutôt un atout. Il ne s'agit pas de modifier les grands équilibres de la loi de 1905. Les Français ne le souhaitent pas et les religions ne le demandent pas. Il s'agit en revanche de rechercher le dialogue avec les grandes religions de France et d'avoir pour principe de faciliter la vie quotidienne des grands courants spirituels plutôt que de chercher à le leur compliquer. Messieurs les cardinaux, Mesdames et Messieurs, au terme de mon propos, et à quelques jours de cette fête de Noël qui est toujours un moment où l'on se recentre sur ce qui est le plus cher dans sa vie, je souhaiterais me tourner vers ceux d'entre vous qui sont engagés dans les congrégations, auprès de la Curie, dans le sacerdoce, l'épiscopat ou qui suivent actuellement leur formation de séminariste. Je voudrais vous dire très simplement les sentiments que m'inspirent vos choix de vie.

Je mesure les sacrifices que représente une vie toute entière consacrée au service de Dieu et des autres. Je sais que votre quotidien est ou sera parfois traversé par le découragement, la solitude, le doute. Je sais aussi que la qualité de votre formation, le soutien de vos communautés, la fidélité aux sacrements, la lecture de la Bible et la prière, vous permettent de surmonter ces épreuves. Sachez que nous avons au moins une chose en commun  : c'est la vocation. On n'est pas prêtre à moitié, on l'est dans toutes les dimensions de sa vie. Croyez bien qu'on n'est pas non plus Président de la République à moitié. Je comprends que vous vous soyez sentis appelés par une force irrépressible qui venait de l'intérieur, parce que moi-même je ne me suis jamais assis pour me demander si j'allais faire ce que j'ai fait, je l'ai fait. Je comprends les sacrifices que vous faites pour répondre à votre vocation parce que moi-même je sais ceux que j'ai faits pour réaliser la mienne. Ce que je veux vous dire ce soir, en tant que Président de la République, c'est l'importance que j'attache à ce que vous faites et permettez moi de le dire à ce que vous êtes. Votre contribution à l'action caritative, à la défense des droits de l'homme et de la dignité humaine, au dialogue inter-religieux, à la formation des intelligences et des cœurs, à la réflexion éthique et philosophique, est majeure. Elle est enracinée dans la profondeur de la société française, dans une diversité souvent insoupçonnée, tout comme elle se déploie à travers le monde. Je veux saluer notamment nos congrégations, les Pères du Saint-Esprit, les Pères Blancs et les Sœurs Blanches, les fils et filles de la charité, les franciscains missionnaires, les jésuites, les dominicains, la Communauté de Sant'Egidio qui a une branche en France, toutes ces communautés, qui, dans le monde entier, soutiennent, soignent, forment, accompagnent, consolent leur prochain dans la détresse morale et matérielle.

En donnant en France et dans le monde le témoignage d'une vie donnée aux autres et comblée par l'expérience de Dieu, vous créez de l'espérance et vous faites grandir des sentiments nobles. C'est une chance pour notre pays, et le Président que je suis le considère avec beaucoup d'attention. Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s'il est important qu'il s'en approche, parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance.

(...)

Mais ce que j'ai le plus à cœur de vous dire, c'est que dans ce monde paradoxal, obsédé par le confort matériel tout en étant de plus en plus en quête de sens et d'identité, la France a besoin de catholiques convaincus qui ne craignent pas d'affirmer ce qu'ils sont et ce en quoi ils croient. La campagne électorale de 2007 a montré que les Français avaient envie de politique pour peu qu'on leur propose des idées, des projets, des ambitions. Ma conviction c'est qu'ils sont aussi en attente de spiritualité, de valeurs et d'espérance. Henri de Lubac, ce grand ami de Benoît XVI, écrivait " La vie attire, comme la joie ". C'est pourquoi la France a besoin de catholiques heureux qui témoignent de leur espérance.

Depuis toujours, la France rayonne à travers le monde par la générosité et par l'intelligence. C'est pourquoi elle a besoin de catholiques pleinement chrétiens, et de chrétiens pleinement actifs. La France a besoin de croire à nouveau qu'elle n'a pas à subir l'avenir, parce qu'elle a à le construire. C'est pourquoi elle a besoin du témoignage de ceux qui, portés par une espérance qui les dépasse, se remettent en route chaque matin pour construire un monde plus juste et plus généreux.

J'ai offert ce matin au Saint Père deux éditions originales de Bernanos. Je veux conclure avec lui  : " L'avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l'avenir, on le fait. L'optimisme est une fausse espérance à l'usage des lâches. L'espérance est une vertu, une détermination héroïque de l'âme. La plus haute forme de l'espérance, c'est le désespoir surmonté ". Comme je comprends l'attachement du Pape à ce grand écrivain qu'est Bernanos.

Partout où vous agirez, dans les banlieues, dans les institutions, auprès des jeunes, dans le dialogue inter-religieux, dans les universités, je vous soutiendrai. La France a besoin de votre générosité, de votre courage, de votre espérance.
Je vous remercie
."

Posté par Marquette à 17:02 - Politique française - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 novembre 2007

Résiste ! Prouve que tu existes !

Très bon article de Koz sur les grèves de cette semaine. Je ne peux pas faire mieux que de vous y renvoyer, c'est ici.

Je relaie ci-dessous l'appel à la manifestation lancé par de nombreuses associations d'usagers et par Liberté Chérie.

La culture de la manifestation appartient plutôt à la gauche, mais il semble que ce soit la seule façon de se faire entendre.

Il existe aussi d'autres manières de faire avancer des revendications comme la pratique de sabotages, l'incendie d'automobiles, le pillage de magasins, l'occupation de lieux privés, l'entrave au travail, l'intimidation, la prise en otage, le vandalisme, l'insulte, ...

Pour notre part, nous nous contenterons de manifester pacifiquement, en prenant sur notre congé dominical, après une semaine de chaos dans la capitale.

Les syndicalistes ont raison de jouer sur la passivité des citoyens-usagers des transports publics : ça marche ! Résignés, les Français adoptent un comportement moutonnier qui les laissent à la merci de ceux qui crient toujours plus fort que les autres, mais qui ne représentent finalement qu'une minorité.

Je suis étonné de cette absence de réaction venant de la part d'un peuple réputé si frondeur, si libre penseur.

Il est temps de réagir ! Réveillez-vous, Citoyens !!

ratp_rategd

GRANDE


MANIFESTATION

CONTRE TOUS LES BLOCAGES

ECOLE,
JUSTICE,
UNIVERSITES,
TRANSPORTS,
SERVICES PUBLICS...

le dimanche 18 novembre

15h00


à PARIS

RASSEMBLEMENT :
PLACE DE LA REPUBLIQUE

DEFILE JUSQU'A NATION

stoplagreve

Il ne vous reste plus que quelques heures pour mobiliser votre famille, vos amis, vos voisins.

  • Il est encore temps d'imprimer des tracts et de les diffuser dans les boîtes à lettres ou sur les pare-brises des voitures.

  • Il est encore temps de diffuser cette newsletter à tout votre carnet d'adresses.

  • Il est encore temps de téléphoner à tous ceux de vos amis qui n'ont pas Internet.

  • Il est encore temps de vous rassembler pour remplir des voitures ou des mini-bus.

Tous ensemble, nous avons le pouvoir de faire plier les syndicats.

Tous ensemble, nous pouvons rassembler des dizaines de milliers de personnes pour montrer à la CGT, à FO ou à SUD que ce sont pas eux qui gouvernent.

Une vague est en train de se créer : pour une fois, la voix de la majorité silencieuse peut être entendue. Toutes les conditions sont réunies pour que cette manifestation soit un succès, si vous vous mobilisez. Le temps s'annonce clément bien que nuageux. Nous reçevons des centaines de courriels et de messages de soutien. Les médias parlent de notre action. De très nombreux partenaires se sont joint à nous.

Il nous faudra probablement braver certains blocages pour nous rassembler. mais cela ne doit décourager personne. Il est toujours possible de trouver une voiture, un métro, un RER ou un train.

Nous ne devons pas faiblir. Notre mouvement doit s'amplifier et vous pouvez tous y contribuer.

Venez tous faire entendre votre voix face à celle des syndicats et des bloqueurs !

Nous avons besoin de vous. Nous comptons sur vous,

Le Comité de direction de Liberté Chérie

Posté par Marquette à 13:40 - Politique française - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 novembre 2007

L'heure de vérité approche

Aujourd'hui, la SNCF et la RATP ont engagé une grève pour une période reconductible, pour bloquer la réforme des régimes spéciaux.

Suivant des mots d'ordres variables, mais dont le point commun est la résistance aux réformes, EDF et GDF feront grève le 14 novembre ; étudiants, fonctionnaires et enseignants défileront le 20 novembre, tandis que La Poste et France Telecom seront en grève ; et le 29 novembre, les fonctionnaires du ministère de la justice protesteront contre la réforme de la carte judiciaire.

Ce qui va se jouer au cours de ce mois de novembre, c'est tout simplement l'avenir du quinquennat à venir et, sans dramatisation excessive, la capacité de la France à se réformer. Et donc à survivre en tant que puissance moyenne, tant il est vrai que tout organisme rétif à l'évolution est voué à disparaître.

Le premier septennat de Jacques Chirac a vu ses ardeurs réformatrices brisées par les grèves du mois de décembre 1995.

Rappelez-vous, c'était hier.

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Jacques Chirac, dont la France gaulliste et libérale attendait fiévreusement l'arrivée au pouvoir depuis 20 ans, venait de battre Edouard Balladur, à la fibre réformatrice prétendûment moins ancrée que chez lui. On attendait de Chirac la réforme sabre au clair, Bonaparte au pont d'Arcole, le lancement de l'opération "Résurrection" par une poignée d'hommes politiques fougueux et déterminés, entraînant dans leur mouvement des Français enfin libres.

Décembre 1995 brisa Chirac, et gela la réforme pendant...12 ans ! Chirac ne ferait plus que de l'eau tiède, et son exercice du pouvoir serait une négation de tous les instants des espoirs qu'il avait pu susciter comme candidat.

Le parallèle entre Chirac et Sarkozy saute aux yeux : même image d'énergie, de courage, même don pour la communication, même volonté de rupture initiale, même approche clanique du pouvoir, même défiance vis-à-vis des idées...

La seule différence, pour l'heure, est que Nicolas Sarkozy n'a pas encore sabordé le mandat que les Français lui ont confié.

Il existe bien des signes avant-coureurs de la déception à venir, mais les signaux positifs sont aussi nombreux, permettant de conserver l'espoir d'un changement profond et durable.

C'est pourquoi les semaines à venir seront déterminantes.

Que l'on ne s'y trompe pas : c'est à une lutte à mort entre les syndicats et le pouvoir exécutif que nous allons assister. Entre les syndicats et les Français même, devrais-je écrire, pour situer le débat au bon niveau.

Il ne peut en aller autrement.

Lorsque les syndicats parlent de négociation, ils pensent retrait de la réforme. Le Gouvernement, de son côté, n'a rien à négocier : la réforme des régimes spéciaux constitue une promesse de campagne essentielle sur la base de laquelle Nicolas Sarkozy a été élu président, et c'est une réforme indispensable à la survie de notre système de retraite.

Ajoutons qu'il n'y a rien à négocier avec des syndicats extrémistes représentant moins de 10 % des salariés du secteur public et 5 % du secteur privé.

La démocratie sociale peut signifier quelque chose lorsque, comme dans certains pays d'Europe du Nord, 80 à 90 % des salariés sont syndiqués. Mais lorsqu'ils ne représentent qu'une minorité d'excités communistes, seule la démocratie parlementaire dispose de la légitimité suffisante pour représenter le peuple français, surtout moins de six mois après la tenue d'élections législatives.

Alors, que feront Nicolas Sarkozy et François Fillon ?

Ils ont deux options face à eux : L'option Chirac modèle 1995, ou l'option Thatcher modèle 1984, qui tint tête aux mineurs pendant plusieurs mois de grèves insurrectionnelles. Ce verrou surmonté, Margaret Thatcher a pu réformer le Royaume-Uni de fond en comble et en faire la puissance prospère et attractive que nous connaissons.

Dans les prochaines semaines, il faudra tenir. Ce sera dur, pénible. Mais il faut briser une fois pour toute la tyrannie syndicale.

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J'y suis personnellement prêt : je subirai les rames de métro bondées, je marcherai pendant des heures sous la pluie, je me ruinerai en taxi, j'arriverai en retard à mes rendez-vous, je subirai l'irritabilité des Parisiens.

Si la liberté est au bout du chemin, le jeu en vaut la chandelle, non ?

Posté par Marquette à 08:08 - Politique française - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 octobre 2007

Les vérités de Monsieur Pitte

Jean-Robert Pitte est président de Paris-Sorbonne. Agrégé de géographie, âgé de 57 ans, on pourrait croire qu'il s'agit de l'un de ces mandarins lettrés affichant, traditionnellement en France, une sympathie de principe pour la gauche dite "intellectuelle".

Que ce soit par conviction, fidélité aux idéaux de jeunesse, corporatisme étroit, ou tout simplement par lâcheté. Il est des milieux professionnels dans lesquels s'afficher de droite peut condamner à la marginalité, l'appartenance à la droite en l'une de ses multiples variantes, étant considéré comme incompatible avec le coeur et l'intelligence. Les facultés de lettres, il faut bien l'avouer, constituent une place forte pour ces milieux sectaires.

Il est donc parfaitement exceptionnel qu'un homme tel que Jean-Robert Pitte ait pu accéder aux responsabilités qui sont les siennes, et qu'il - quelle audace ! - s'exprime avec une franchise sans doute un peu provocante pour ses collègues. Certains le décrivent en homme "réactionnaire", voire "ultra-réactionnaire". Il me semble plutôt que son approche est réaliste et ambitieuse pour l'université française. Mais sans doute cette décription amène vient-elle du fait que vous vous trouvez sur un blog lui-même "réactionnaire"...

Jean_Robert_Pitte

Le Spectacle du Monde du mois d'octobre 2007 publie un entretien avec Jean-Robert Pitte. Extraits :

  • 73 % des étudiants n'ont pas leur place à l'université :

"A l'université Paris Sorbonne, en 2005-2006, 4424 étudiants ont pris une inscription administrative et 3874 une inscription pédagogiquen c'est-à-dire qu'ils se sont inscrits aux cours ; 3192 se sont présentés aux examens du premier semestre (fin janvier) et 1512 ont été reçus ; après les examens du second semestre, ils n'étaient plus que 1192. Cela donne 550 étudiants "fantômes"  - soit 12,5 % des effectifs - qui, au passage, pratiquent une escroquerie à la Sécurité sociale ; 682 étudiants - soit 15,5 % qui abandonnent de leur propre chef ; et 2000 - soit 45 % - qui sont sanctionnés par les notes. Taux d'échec global : 73 %".

  • Pénurie de moyens pour l'université :

"Avec 6500 euros par étudiant et par an, nous souffrons d'une pénurie de moyens. Et chez nous, à Paris Sorbonne, ce chiffre tombe à 3500 ! Certaines universités américaines consacrent dix fois ces sommes à l'enseignement supérieur. D'ailleurs, les Américains ne viennent jamais étudier en France, c'est toujours l'inverse qui se produit (...) 90 % des professeurs n'ont pas de bureau : s'ils veulent rencontrer leurs étudiants, cela se passe au bistro. C'est impensable ! Et je ne vous parle pas des salaires : un maître de conférences qui arrive chez nous à trente ans, ayant fait une thèse, parlant plusieurs langues, étant agrégé, parfois normalien, se voit offrir une rémunération dérisoire de 1700 euros par mois !"

  • Un choix de société :

"[Notre société] n'est pas prête à participer à la formation de sa jeunesse et de ses enfants. Dans de nombreux pays, on considère comme normal d'économiser, voire de se priver, lorsqu'on a des enfants en âge de faire des études. Au Japon, aux Etats-Unis, les études supérieures coûtent cher. On le sait. On s'y prépare, par des économies ou des emprunts. Il y a toujours des solutions. Mais en France, il existe une peur de l'argent, pas une haine, une peur ! Les Français n'aiment pas s'entendre dire que les choses ont un coût. Ils veulent du gratuit : musée, santé, journaux, éducation, et j'en passe, personne ne veut plus payer. C'est un choix qui, à l'arrivée, coûte cher. Car chacun sait que la gratuité, ça n'existe pas. On peut masquer ou occulter les coûts, pas les supprimer."

  • L'investissement des étudiants :

"Les étudiants doivent s'investir davantage. Je remarque chez eux de grandes exigences morales, en matière d'égalité notamment, mais pas assez d'exigences vis-à-vis d'eux-mêmes. C'est la génération de l'enfant-roi à qui on donne tout et de qui on n'exige rien. Dans le système éducatif, cela laisse des traces."

  • Sélection :

"La sélection à laquelle l'Université se refuse, c'est l'entreprise qui la pratique à l'embauche, avec les conséquences sociales dramatiques que l'on sait."

  • Méritocratie républicaine :

"Dans notre pays, sous couvert d'égalité, on fait de l'égalitarisme. On confond "égalité" et "égalité des chances". C'est catastrophique. Les syndicats crient haut et fort qu'il faut donner une chance à tout le monde. Mais l'égalité des chances, ça n'existe pas en France. Les tentatives pour l'établir ont engendré un nivellement par le bas qui renforce au contraire les inégalités : ceux qui réussissent sont ceux qui sont issues des milieux favorisés, soit par l'argent soit par la culture. On a formé la nation en apprenant à lire et à écrire aux gens. C'est le grand mérité de la IIIème République que d'avoir réalisé cet objectif et, ce faisant, d'avoir approché d'une véritable "égalité des chances". Tout le monde étant mis à la même enseigne, on pouvait repérer les esprits affûtés, même s'ils provenaient des milieux populaires."

Décidément, il est bien réactionnaire ce Monsieur Pitte.

Posté par Marquette à 17:17 - Politique française - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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