"Chroniques transatlantiques"

"J'écris pour savoir ce que je pense" Frédéric Beigbeder

05 février 2007

Gloire aux Indianapolis Colts !

Des années que les Hoosiers attendaient cela...

Il y a bien les Pacers, en basket-ball, dont les résultats sont souvent plus qu'honorables, mais l'autre grand sport, à Indianapolis, c'est le football américain, avec les Colts (presque tout ici).

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Des années que la ville entière s'habille en bleu, décore ses bureaux de mascottes horribles, invoque le fer à cheval à tout bout de champ. J'ai rarement vu une cité soutenir avec autant de ferveur une équipe sportive. On pense à Marseille, autour de l'OM. Est-ce un hasard si le bleu et le blanc sont les couleurs des deux équipes ?

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Indianapolis a bien mérité de gagner ce super bowl, dimanche dernier (Compte_rendu_du_Figaro). Toute la fierté de l'Indiana, un état qui fait rarement la une des journaux, se concentre dans le soutien à cette équipe dont on prédit la victoire depuis plusieurs années .

Et le fait d'avoir gagner contre les Chicago Bears, d'avoir vaincu les grands frères de la capitale du Middle West, à seulement deux heures et demie de voiture, ne fait que rajouter à l'exaltation.

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Alors, évidemment, hier soir, l'atmosphere etait a la liesse (video ici) malgré les - 14 degrés Celsius !

J'aurais bien aimé, moi aussi, boire une bonne bière à Monument Circle pour fêter l'Indiana...

Pour les passionnés :

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03 juillet 2006

Doublé Ferrari à Indianapolis

Pas refroidi par les péripéties de l'an passé au Grand Prix de Formule 1 des Etats-Unis (souvenez-vous : ici et ), nous sommes retournés hier à l'Indianapolis Motor Speedway. Nous n'étions pas les seuls, d'ailleurs, preuve que les Américains ne sont pas rancuniers.

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Et cette année, nous avons pu assister à une vraie course !

Nous disposions d'excellentes places dans les tribunes se trouvant sur la ligne de départ, mais voulant apprécier la course en divers endroits du circuit (regarder les voitures accélérer sur une même ligne droite pendant une heure et demie est un peu rébarbatif, à la fin), nous sommes entrés à l'intérieur du circuit pour approcher les automobiles et les voir négocier différents virages.

Tout commence le matin par une parade de pom-pom girls défilant avec de grands drapeaux.

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Elles se lancent dans quelques pas de danse puis laissent la place à quelques morceaux de cornemuse, et enfin au Star-Spangled Banner, chanté avec talent par une cantatrice noire. Tout le public est debout, en silence, dans un moment de recueillement patriote. C'est toujours impressionnant. Enfin, et là, c'est plus horripilant, un pasteur vient nous délivrer le sermon du dimanche. Quel rapport avec la course de Formule 1 ? J'avais l'impression de voir le grand prêtre bénir les chars avant la course dans l'amphithéâtre romain. Ou, plus prosaïquement, je me disais que nos amis américains n'étaient pas si éloignés, parfois, de certains régimes islamistes...

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Et la course commence. Dès les premier virage, juste devant nous, c'est la collision : Montoya percute le véhicule de Raïkkonen, et les voitures s'encastrent les unes dans les autres, heureusement sans la moindre victime. Spectaculaire, Heidfeld (sur BMW) fait même quatre tonneaux avec sa monoplace, mais s'en sort sans une égratignure.

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A la suite de cet accident, survenu au bout de la première ligne droite, huit voitures sont retirées de la course : celles de Montoya, de Raïkkonen, de Button, de Heidfeld, du français Montagny, de Scott Speed, de Mark Webber, et de Christian Klien.

Massa et Michaël Schumacher, tous deux sur Ferrari, mènent la course. Ils ne seront jamais rattrapés par les Renault de Fisichella et Alonso, qui se battront pour la 3ème place (obtenue par Fisichella), laisseront la 4ème place à Jarno Trulli (superbe course du pilote italien sur Honda qui était en 22ème place sur la ligne de départ et termine à la 4ème place), Alonso se contentant d'une modeste 5ème place.

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Le roi du jour, c'était Michaël Schumacher. Il a signé hier sa cinquième victoire au Grand Prix des Etats-Unis (2000, 2003, 2004, 2005, 2006).

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Il est content, à juste titre. Les Tiffosi aussi, en nombre à Indianapolis. Il faudrait du cran, tout de même, pour soutenir Renault, marque automobile qui n'est même pas distribuée aux Etats-Unis !

PS : l'ensemble des photos de cette course sera disponible sur l'album "Indianapolis" dès demain.

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27 juin 2006

Redneck Games

Vous avez prévu quelque chose, le 8 juillet prochain ? Si ce n'est pas le cas, je vous conseille de vous rendre à Dublin, en Géorgie, où se tiendra la onzième édition des Summer Redneck Games.

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Mais tout d'abord, qu'est-ce qu'un "redneck" ? Si Wikipédia présente des développements très savants sur le sujet (ici), ce terme désigne tout simplement les bouseux du sud des Etats-Unis, ceux qui ont le cou rougi à force de travailler au grand air, exposés au soleil. Ce terme est employé de façon extrêmement péjorative par les personnes qui ne sont pas des rednecks, mais a été détourné puis réapproprié par les rednecks eux-mêmes. Il faut dire que les pauvres fermiers du sud ont depuis longtemps le sentiment d'être les laissés-pour-compte de l'Amérique, la culture sudiste s'alimentant des rancoeurs liées à la victoire du nord pendant la guerre de Sécession, à la crise ayant frappé les grandes cultures traditionnelles, notamment de coton, à la crise de 1929...

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Ainsi, les rednecks, que l'on trouve en gros au sud des Appalaches, de Upstate New York à la Géorgie en passant par toute la Cotton Belt (et l'Indiana !), issus de milieux ruraux peu éduqués ont créé une sous culture qu'ils ont fini par affirmer à la face du pays : "oui, on est des bouseux et on est fier de l'être !".

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Selon le stéréotype, le redneck vit dans un mobile home ou dans une vieille ferme isolée, il conduit un pick up énorme et délabré, il continue d'afficher fièrement le drapeau confédéré, et est un adepte des armes à feu. Il porte, pour les plus anciens, cette sorte de combinaison de coton sous ses vêtements, mais sinon, c'est plutôt un adepte du t-shirt porté sous la chemise de bûcheron à carreaux, des jeans, de la casquette de base-ball. Le redneck chique le tabac, et porte soit le cheveu raz comme un GI, soit l'abominable coiffure appelée "mullet", constituée de cheveux un peu longs rebiquant sur la nuque. Le redneck est évidemment un gros consommateur de bière bon marché et de Bourbon. Ses hobbies sont la pêche, la chasse, le concours de bagnoles customisées, la course de dragsters, de motoneiges, le catch, le stock car, les concours de tracteurs ou de pick-ups géants. Le redneck aime bien la mécanique et entreprose des épaves de voiture dans la cour de sa ferme. Il écoute de la country, ou du hard rock, du metal. S'agissant des femmes, le cliché est plutôt le fantasme de la fille du sud délurée à gros seins  parfaitement représentée par Daisy Duke de "Shériff, fais-moi peur" ("The Dukes of Hazzard"). Le redneck est inculte, et souvent un peu limité intellectuellement. Il n'est pas démocrate.

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Les Redneck Games ont été lancés par une station de radio locale (WQZY), à titre promotionnel, afin de réaliser un bon coup médiatique un an avant les Jeux Olympiques d'Atlanta. Mais l'événement a remporté un tel succès qu'il a été perpétué les années suivantes. Comme vous vous en doutez, les Redneck Games constituent un grand moment d'intelligence, au cours duquel plus les activités sont stupides et crados, plus leur popularité est assurée :

plongée dans une bassine pour s'emparer avec les dents de pieds de cochons

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lancer de fer à cheval

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concours de crachat de noyau, lancer d'enjoliveur automobile

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plongeon dans la mare aux cochons

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lancer de moyeu, concours de cheveux longs, concours de grimaces, concours de pets sous les aisselles ("armpit serenade", comme c'est joliment dit)

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concours de pets "classiques"...

Le grand prix est une sculpture constituée de cannettes de Bud Light remis alors que le maître de cérémonie déclame ainsi :  "they're "just plain good ol' boys and gals who'd give you the shirt off their back, although it's doubtful you'd want it" ("il y a plein de personnes ici qui vous offriraient volontiers leur chemise, mais il n'est pas certain que vous en vouliez"). Et là, c'est le moment de reprendre un peu d'alligator frit avec une large rasade de Bud !

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Pour prolonger ces réjouissances, je ne saurais trop vous conseiller, pour vous aussi devenir de parfaits rednecks, de visiter le site de la chaîne de télévision Comedy Central, qui propose trois jeux : la pêche à la dynamite, la chasse au cerf au volant de son véhicule, le lancer d'opossum.

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01 juin 2006

Jours de vitesse à Indianapolis

FoxTrot Bravo est venu nous visiter pendant quelques jours à Indianapolis, après quoi nous sommes allés  passer un long week end à Chicago.

Étape obligée de tout séjour à Indianapolis, surtout la semaine précédant les 500 Miles : le Indianapolis Motor Speedway !

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Je laisse FoxTrot Bravo, le temps d'un post, nous faire part de ses impressions...

*

L'état de siège aurait du être déclaré bien avant d'arriver aux abords de l'anneau de vitesse. Pourtant, quelques heures avant le début de la course, les campements des légions de spectateurs, précédés des chars patriciens et des bannières, ne sont pas encore totalement dressés. Demain, dans les jardins des maisonnettes voisines du circuit, tout ce que les environs, et bien au-delà, comptent de pick-up chromés, de SUV puissants et de berlines automatiques, seront stationnés, improbable division motorisée prenant ses positions pour le siège.

Le champ de bataille, c'est l'anneau de vitesse. The Indianapolis Motor Speedway - qu'une grille de fer n'interdit plus, car on y entre par un ouvrage d'art aux colonnes massives sous la piste - attend la compétition. Ciel chargé de fin d'après-midi; le fracas sonore des monoplaces à l'exercice fait croire au tonnerre. Ce n'est que de l'échauffement, la partie ne commence vraiment que demain. La "pagode", mirador en pâte de verre céladon, surplombe l'asphalte et permet au speaker d'arroser les tribunes  gigantesques de ses commentaires essoufflés. C'est aujourd'hui une construction moderne et légère qui évoque par sa forme la construction initiale, exotique et japonisante. Passé glorieux et présent victorieux, comme souvent en Amérique, ont directement partie liée, comme pour permettre au courage de se régénérer dans la gloire.

La gloire a donc son temple: the Hall of Fame.

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Large d'épaules et haut du front, le bâtiment, mausolée érigé à la déesse vitesse, gris casemate, est le conservatoire des machines et le sanctuaire des pilotes. Des origines - 1909 pour la création du circuit - nous viennent ces bolides à plancher de bois et aux lanternes de cuivre, derniers appareils de Ben Hur construits par Benz ou Stutz. Puis les sièges épaississent, les carrosseries se ferment, et ce sont ces longues torpilles 1920, avec poupes effilées en pointes, échappements "trompette" nickelés, suspensions à lames, large volant de bois. Audaces diverses des constructeurs, premiers moteurs "supercharged", essais de diesel. Entre 1920 et 1940, à l'ère des pionniers, succède celle des records.

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Chaque constructeur veut s'illustrer, tous rivalisent.

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Les Français, notamment Peugeot, s'illustrent à de nombreuses reprises. Ensuite viennent les monoplaces au raz du sol, tuyères dressées, roues rétrécies. Vitesse pure, inventivité tactique des directeurs de course et des pilotes, encore en polo manche courte et casques légers, grandes lunettes à bordure de caoutchouc blanc autour du cou en buvant le lait de l'Indiana offert au vainqueur sur la ligne d'arrivée, un mince ruban de brique toujours visible, en souvenir du temps où le circuit en était entièrement couvert. La grille de départ s'étoffe encore des voitures surpuissantes des années 70 a 90, avec leurs ailerons qui découpent l'air, leur nez de squale et leurs audaces techniques: turbines, moteurs turbo. No limit.

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Il faut encore évoquer bien entendu, en dehors des Indy Cars, les monstres mécaniques de la catégorie Nascar, cages de tubulures d'acier recouvertes d'une carrosserie fauchée a la Ford de monsieur tout le monde. C'est en fait une fusée diabolique dans laquelle le pilote sera prisonnier jusqu'à l'arrivée, si aucun autre ne vient le percuter avant terme.

Il faut vite sortir du musée pour retrouver le circuit ou, à grand renfort de traces de pneumatiques, les bolides nouveaux écrivent l'histoire contemporaine des 500 Miles. La mascotte du moment c'est la brune et fine Danica Patrick.

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On la croise dans les stands, mais ce n'est pas une "pit babe" et elle n'est pas en compagnie de ce mannequin à crinière de feu aperçue dans les parages [oui, c'est bien Angie Everhart !]

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Dans sa combinaison ajustée elle a juste le temps d'enfourner sous le casque laqué sa chevelure noire pour prendre le départ. L'an dernier, elle était a l'arrivée. Elle y était même avant bien d'autres.

Les légions se sont mises en marche. La foule entre dans le stade en rangs serrés. Le nombre des spectateurs se multiplie comme des pourboires. Impossible de compter. Moteurs, esprits et thermomètres sont au rouge sang. Les gladiateurs entrent en piste. Vacarme assourdissant, ciel turquoise. En piste!

*

On y était, n'est-ce pas ?

Et on y reviendra bientôt puisque j'ai obtenu aujourd'hui des billets pour le Grand Prix de Formule 1 des Etats-Unis, qui se déroulera le 1er week-end de juillet à Indianapolis. Cela ne pourra pas être pire que l'an passé...

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15 décembre 2005

Dans l'air du temps (II) : Les Indianapolis Colts invaincus (invincibles ?)

J’ai récemment essuyé une attaque assez violente d'un anonyme : « Ton blog, c’est un peu comme si tu te trouvais à Berlin en novembre 1989, et que tu parlais uniquement de football et de futilités, sans dire un mot des événements historiques qui se déroulaient sous ton nez… ».

Bigre, cela fait réfléchir !

Quel est donc cet événement cataclysmique qui se déroule sous mes yeux et que je n’ai pas encore pris soin de commenter sur ce blog, vous demandez-vous ?

Ne maintenons pas plus longtemps un suspens insoutenable : il s’agit de l’excellente saison des Colts, équipe de football américain d’Indianapolis

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J’ai beau ironiser bêtement, sot que je suis à ne pas vraiment me passionner pour cette discipline sportive, l'anonyme a raison : ce qui se passe à Indianapolis actuellement est historique !

Jugez en plutôt : les Colts alignent pour l’heure 13 victoires successives, et il ne reste plus que trois rencontres (contre San Diego, Seattle et Arizona) d’ici la fin des playoffs. Ils sont donc en passe de réaliser la saison parfaite, exploit réalisé la dernière fois en 1972 par les Miami Dolphins, autant dire au siècle dernier…

La fin de la saison approchant, les supporters sont extatiques et les Hoosiers font bloc derrière leur équipe : les ventes de maillots aux couleurs de l’équipe explosent (+ 85 % cette saison, pour un prix compris entre 75 et 220 $, tout de même), les supporters les portant désormais en toute occasion (jusqu’à leur lieu de travail), les automobiles sont affublées de drapeaux, les fers à cheval et la couleur bleu électrique (emblèmes de l’équipe) sont partout (ci-dessous les Cheerleaders).

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Il faut dire que la ville d’Indianapolis et le propriétaire ont fait beaucoup pour que les habitants s’enflamment pour leur équipe : le propriétaire des Colts ayant fait mine de réfléchir à une relocalisation des Colts dans une autre ville (les équipes de football américain appartiennent à leur propriétaire et ne sont pas nécessairement attachées à une ville. Ainsi, les Colts, avant d’arriver à Indianapolis en 1984, étaient l’équipe de la ville de Baltimore), le maire s’est plié en quatre pour que l’équipe reste : la construction d’un gigantesque stade a été lancée (nécessitant l’instauration d’une taxe spéciale pesant sur les bars, restaurants et hôtels !) afin d’accroître le nombre de spectateurs et d’accueillir, espère-t-on, le Super Bowl, finale du championnat. Pourtant, le stade actuel, le RCA Dome est récent, et est déjà un beau complexe sportif (une partie de cérémonies de remise des prix de l'Université de l'Indiana s'y sont déroulées en mai dernier). Ce stade est même un symbole de présence française dans l'Indiana car RCA, qui a acheté aux enchères le nom du stade, appartient à la société Thomson (dont le siège américain se trouve à Indianapolis) !

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La municipalité a aussi mobilisé ses concitoyens pour montrer au propriétaire de l’équipe qu’il pouvait disposer d’une base de vaillants supporters. Le résultat est visiblement atteint, la mobilisation des Hoosiers autour des Colts étant l’une des plus remarquables du championnat.

La confiance monte graduellement, et Indianapolis commence à croire possible d’inscrire son nom dans l’histoire du sport. Ainsi, le 27 octobre dernier, lorsque Intake demandait à ses lecteurs : « Do you believe the Colts can remain undefeated during the regular season? “ (« Pensez-vous que les Colts puissent rester invaincus tout au long de la saison régulière ? »), 19 % répondaient « Oui, absolument » ; 29 % « Oui, probablement » ; et 52 % « Aucune chance ». Il y a fort à parier que si le sondage était réalisé aujourd’hui, une majorité de Hoosiers répondraient qu’ils croient en les Colts.

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Mais attention, ne nous emballons pas ! Nous n’en sommes qu’à la première phase du championnat ! C’est bien d’exceller dans les playoffs, c’est mieux de participer au Super Bowl… Nous n’y sommes pas encore.

En effet, voici, en gros, comment fonctionne le championnat de football américain.

Il existe une ligne nationale qui s’appelle la National Football League (NFL), et regroupe en son sein deux sortes de sous-fédérations appelées « conférences » : l’American Football Conference (AFC) et la National Football Conference (NFC). Chacune de ces conférences est composée d’équipes réparties sur l’ensemble du territoire américain (ce n’est donc pas comme au basket ou les conférences sont divisées géographiquement). Ensuite, au sein de l’AFC et de la NFC, des sous groupes géographiques sont constitués (nord, sud, est, ouest), chacun de ces sous groupes étant constitué de quatre équipes. Ainsi, l’AFC comporte 16 équipes, et la NFC 16 autres équipes.

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Pour illustrer mon propos, prenons l’exemple de l’AFC, à laquelle appartiennent les Indianapolis Colts.

L’AFC comporte pour sa partie Est les équipes des New York Jets (New York a une deuxième équipe, les « Giants », qui appartient, elle, à la NFC), Miami, Buffalo, New England

Partie Nord : Cincinatti, Pittsburgh, Baltimore, Cleveland

Partie Sud : Indianapolis (pourtant au nord de Cincinatti…), Jacksonville, Tennessee, Houston

Partie Ouest : Denver, San Diego, Kansas City, Oakland

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Pour l’heure, Indianapolis est en tête et réalise le sans faute uniquement au sein de l’AFC. Il lui faudra ensuite vaincre les meilleures équipes de la NFC !

Je passe sur la suite de la compétition, que je ne suis pas certain d’avoir parfaitement assimilé, mais ce que j’ai retenu, c’est qu’Indianapolis n’aura pas à jouer contre toutes les équipes de la NFC, mais uniquement contre certaines d’entre elles ; et que ses victoires la placent dans une position avantageuse pour la suite des événements.  Enfin, si tout se passe bien, ce sera le Super Bowl.

Et là, vous pouvez me croire, on entendra parler d’Indianapolis ! Go Colts !

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19 novembre 2005

Indiana Ice vs. Cedar Rapids Rough Riders

C'était mardi dernier.

L'équipe locale, les Indiana Ice (en blanc), jouaient à domicile contre les Cedar Rapids Rough Riders, venus de Cedar Rapids (Iowa). Ci-dessous, les palets officiels des deux équipes portant leur logo.

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Je n'ai pas grand chose à dire sur cette rencontre, un petit peu ennuyeuse, d'autant plus que les Indiana Ice ont été battus 6 à 4. Dernier tiers temps très honorable durant lequel les Indiana Ice ont marqué trois fois. Il aurait fallu jouer comme cela depuis le début !

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Bien entendu, la rencontre sportive a commencé par l'hymne américain. Main sur le coeur.

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Conciliabules durant la pause. C'est là que s'échafaudent les stratégies.

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Nous étions invités V.I.P...Résultat, pendant les deux pauses séparant les trois tiers temps, nous avons eu accès aux salons réservés aux Happy Few. Quelle gloire, n'est-ce pas ? Allez, ne regrettez pas, nous avons eu droit à une bière pression (Coors Light) et à quelques bretzels et chips...

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La prochaine fois, il faudra essayer de commencer la partie avant le dernier tiers temps, n'est-ce pas les gars ?

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Go Indiana Ice !

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15 novembre 2005

Les Jeux du Cirque (suite)

Lorsque j’écrivais, dans mon post de 11 novembre dernier, que les catcheurs, bourrés de médicaments et de produits visant à augmenter leur masse musculaire voyaient leur espérance de vie considérablement diminuée, j’étais loin de me douter que l’actualité viendrait rapidement confirmer mes propos.

Dimanche est décédée l’une des stars du catch (champion  de World Wrestling Entertainment l’an passé) que nous avons vue au spectacle mardi dernier.

Eduardo Gory Guerrero, 38 ans, a été retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel à Minneapolis, où il devait se produire en spectacle.

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Aucun signe de lutte dans la chambre, aucun signe annonciateur : les conditions de la mort d’un homme encore jeune sans problèmes de santé connus ont conduit la police à procéder à une autopsie.

Les témoignages de ses proches faisant suite au décès permettront sans doute d’élucider les conditions du décès : Guerrero avait une addiction connue aux produits stupéfiants et à l’alcool. Par ailleurs, comme nombre d’adeptes du culturisme, de joueurs de footballeurs américains, et de sportifs en général aux Etats-Unis, Guerrero faisait une utilisation massive de diverses substances dopantes…

Le principal organisateur des compétitions de catch aux Etats-Unis, Vince McMahon (un nom à être président de la République française !) a déclaré :

"This is a huge loss, Eddie was a wonderful, fun-loving human being. Eddie was a consummate performer."

“C’est une grande perte, Eddie était un être humain formidable et aimant s’amuser. C’était un artiste accompli ».

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11 novembre 2005

Les Jeux du Cirque

Il fallait le prévoir, et d'ailleurs je m'en doutais bien un peu : la soirée de mardi fut réellement pathétique ! Mais partant du principe que lorsque l'on est dans un pays étranger, il ne faut pas hésiter à tenter de nouvelles expériences, et à découvrir les spécialités du lieu, je ne pouvais pas manquer d'assister au spectacle de catch qui était proposé hier soir au Conseco Field House, à Indianapolis.

Le Conseco Field House est un lieu mythique, car c'est le siège des Indiana Pacers, l'équipe de basket-ball locale.

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Le salle de sport, dont la réalisation est récente, est splendide.

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Régulièrement, le Conseco Field House, sorte de grande salle modulable type Bercy, accueille des manifestations n'ayant rien à voir avec le basket : championnats de natation, concert d'Elton John, Holiday On Ice. Mercredi soir, c'était au tour du catch.

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D'ailleurs, comment appeler cette discipline ? Pour les Américains, il s'agissait de World Wrestling Entertainment, de la lutte de divertissement en somme. Il me semble qu'en France, on appelle cela du catch. C'est d'ailleurs ainsi qu'est dénommé ce show sur le site extrêmement complet d'un grand passionné français : http://www.wwe-france.com/ Vous y apprendrez tout sur l'histoire de la discipline et notamment sur ce que l'on peut se hasarder à appeler Les "règles" et le vocabulaire du catch.

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En fait, ce n'est pas du tout du sport, pas même un sport de combat. Il ne s'agit que d'un spectacle à l'américaine : musique hard-rock, pétards et feux d'artifices, jeux de lumière, écrans géants, pépées siliconées court vêtues, ... Ami du bon goût, passe ton chemin !

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Les entrées des stars sont un moment fort : guitares saturées, tenues extravagantes (manteau de fourrure, tenue léopard, déguisement de travailleur, stetson et gros biscottos), arrivée en limousine, en cabriolet. Le nom des "stars" (ils sont tous stars, même les pires tocards, d'ailleurs, ce sont tous des tocards) est hurlé dans le micro tandis que leurs exploits passés défilent sur les écrans géants. Certains sont déjà connus du public et donc applaudis ou hués dès leur entrée sur scène puis sur le ring.

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Arrive l'heure des combats, lesquels s'enchaînent les uns à la suite des autres, assez rapidement. Je n'ai pas chronométré, mais j'ai l'impression que la durée moyenne devait tourner autour du quart d'heure.

Au début, nous avons eu droit à des combattants extrêmement moyens (tous les catcheurs de mardi soir sont ici).

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Les organisateurs s'amusent à provoquer des affrontements entre des lutteurs de gabarit différent. Le scénario récurrent est le suivant : un géant baraqué de plus de cent kgs affronte un petit musclé qui commence par se prendre la raclée de sa vie. Puis, par un retournement prétendûment imprévu mais en fait tellement prévisible, le "petit" arrive à prendre le dessus et par terrasser le gros balourd. Heureux les petits, heureux les sans-grades ! Le catch est pour vous ! C'est un spectacle socialiste où le gentil petit David triomphe malicieusement du méchant Goliath ! Vous aussi, un jour, vous aurez la peau de votre patron acariâtre...

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Si vous n'êtes pas tatoué sur tout le corps, vous ne serez jamais un joueur de catch, je suis désolé de vous le dire, mais je préfère être clair. Il vous faudra aussi faire des heures de gonflette, ingurgiter toutes sortes de pilules multicolores qui réduiront considérablement votre espérance de vie, et accepter de porter des tenues grotesques, et notamment ces espèces de slips géants très rembourrés pour éviter les mauvaises surprises.

Indispensable : il faudra aussi que vous appreniez à jouer la comédie. Eh oui, c'est un spectacle, le catch, ce n'est pas un sport. Cela signifie que tous les combats sont scénarisés, que tout est prévu, écrit d'avance, et que les cascades auxquelles vous assistez ont sans doute été répétées des dizaines de fois pour vous faire croire que vous assistez à un vrai combat. Pour ce qui est de la comédie, ne vous en faites pas, ce n'est pas la Comédie française, on atteint rarement le niveau d'une télénovela vénézuelienne. Tout se passe dans le regard : de poisson mort pour les uns, de bovidé en bordure de voie ferrée pour les autres.

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Et voilà, ils se roulent par terre comme des nénettes... On dirait des footballeurs italiens !

Je vous épargne le côté répétitif du spectacle : et je t'empoigne, et je grimace, et je te serre la tête entre les jambes, et je t'écrase la tête sur les piliers du ring, et je te saute à pieds joints sur le visage, et je t'écrase une chaise métallique sur le dos... Au bout de deux heures, je crois bien que La Loutre en avait assez. Je n'étais pas nécessairement exalté par le spectacle, mais je me disais toujours : "Le combat suivant sera peut-être meilleur, qui sait ?"

Nous sommes donc partis avant la fin. Et nous avons raté le champion du monde, qui se produisait à la toute fin du spectacle : l'ignoble Batista !

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Quel dommage ! Peut-être que le combat se serait terminé comme cela ?

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PS 1 : Pour les âmes sensibles, ce n'est que du faux. Les catcheurs se font de petites entailles au cutter pour se faire saigner, puis se barbouillent ensuite le corps pour faire "vrai".

PS 2 : Certaines de mes photos sont loin d'être aussi bonne que je l'aurais souhaité. J'ai encore du mal à faire de bonnes photos de nuit avec mon appareil numérique. Mille excuses, donc.

PS 3 : Le site de WWE Smackdown: http://www.wwe.com/

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26 juillet 2005

Tour de Lance

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25 juillet 2005

RCA Tennis Championship

Aujourd'hui s'est terminé le tournoi de tennis d'Indianapolis, tournoi intégré au circuit ATP. Ce tournoi est, comme son nom l'indique, largement soutenu par la société RCA (Radio Company of America). La Société RCA, qui a son siège à Indianapolis, est très impliquée dans le sport, car en plus de financer le tournoi de tennis de la ville, elle a donné son nom à l'immense stade accueillant les rencontres de football américain, le RCA Dome (par ailleurs résidence des illustrissimes "Colts"). rcadomerca_dome_indy_skylinerca

Petit cocorico : la société RCA est la propriété de la société française Thomson, ce que la plupart des Hoosiers ignorent, compte tenu du fait que Thomson s'efface bien souvent aux Etats-Unis derrière le nom "RCA", plus connu, et que la plupart d'entre eux sont convaincus que Thomson est une entreprise anglo-saxonne...Il est vrai que son nom peut prêter à confusion.

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Pour revenir au tennis, nous avons assisté à deux rencontres jeudi soir, une en simple, et une en double.

Le simple opposait le champion Andy Roddick à un joueur israëlien, Noam Akun.

Pour ceux qui ne le connaissent pas (il y en a sans doute quelques uns !), voici Noam Akun.

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Faut-il présenter Andy Roddick ?

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Et voilà, vous avez tout vu de Andy Roddick ! (je ne cache rien sur ce blog). Ledit Roddick est en tout cas d'un ennui extrême : il se contente de bombarder son adversaire de services-exocets, que le pauvre malheureux n'arrive pas à renvoyer, ou renvoie dans des conditions si cahotiques qu'il est bien facile à Andy de lui en remettre une couche avec un retour meurtrier. Aucun intérêt !! Nous applaudissions lorsqu'il y avait plus de trois échanges ! Bien entendu, il a massacré le malheureux Noam en 1h15 : 6-3 6-3.

Deuxième rencontre, c'est un double. Nous espérons enfin assister à un match de tennis. En général, le double, c'est plutôt dynamique, et bien plus drôle que le simple parce que les joueurs se prennent moins au sérieux. Que nenni, pas ce soir-là ! Le match opposait Kim (USA) et Lee (Corée du sud) ) à Hrbaty (Slovaquie) et Kiefer (Allemagne).

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Les vainqueurs, la paire Hrbaty/Kiefer (Kiefer porte une casquette à l'envers).

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Là encore, ce fut un massacre ! 6-3 6-0 pour les Européens, en 48 minutes...

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Décidément, on a regretté (j'ai regretté...) que le tournoi d'Indianapolis soit strictement masculin, car au moins, lorsque la différence de niveau est trop flagrante, ou lorsque le match est mauvais, on peut parfois trouver à se consoler avec les rencontres féminines...

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Posté par Marquette à 04:44 - Sport - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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