"Chroniques transatlantiques"

"J'écris pour savoir ce que je pense" Frédéric Beigbeder

20 septembre 2007

Sur les marchés de Kowloon

Hong Kong, c'est un carrefour entre l'Orient et l'Occident, un excellent point de transition entre l'Europe et l'Asie.

D'une part, on a  Hong Kong Island, ses gratte-ciel, ses pubs offrant des "happy hours" à des nuées d'expat' blancs comme des cachets d'aspirine, tous les plus grands noms de la mode mondiale, ses galeries marchandes luxueuses climatisées à 17 ° C, ses trottoirs dégagés, son atmosphère internationale. Ne serait-ce la température tropicale et l'humidité parfois suffocante, on pourrait se croire aux Etats-Unis.

De l'autre, on a Kowloon, la ville chinoise. Certes la modernité est bien présente et le prospérité est réelle. Mais la Chine est là, dans l'animation frénétique des rues, l'activité commerciale permanente, les inscriptions, les modes de consommation, et les marchés.

On y trouve des denrées bien mystérieuses, notamment dans ces commerces qui vendent des aliments secs qui sont ensuite réhydratés en les plongeant dans de l'eau chaude, de façon à les consommer en soupe.

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Les images sont belles, mais je vous passe l'odeur, qui prend littéralement à la gorge ! Essayez juste d'imaginer des kilos de moules, de noix de St Jacques, d'huitres, de poissons divers, de pois, d'oignons séchés, et multipliez par dix, je crois que vous y serez.

Ces boutiques commercialisent aussi des plantes médicinales, des racines mystérieuses, et des cornes d'animaux en voie de disparition réduits en poudre. Ces produits ont souvent des vertus aphrodisiaques, dit-on... Plus c'est ignoble, plus c'est aphrodisiaque, on dirait. Il faut souffrir pour être vigoureux !

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Toujours amusant ces panneaux indiquant des gloires britanniques sous-titrés en idéogrammes chinois... En tout cas, dix ans après la rétrocession, tous les noms de rues sont restés inchangés.

Ces rues sont souvent spécialisées par types de produits : viande, poisson, fruits de mer, fleurs, légumes, ...

Nelson Street, c'est la rue de la viande, ce qui est bien mérité pour cette vieille carne.

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Je ne suis pas certain que l'exposition de la viande pendant des heures à l'extérieur (la pollution...) et à la chaleur (33 °C...) recuillerait l'assentiment de la DGCCRF ou de la Commission européenne.

Au moins, on peut choisir son morceau !

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Les produits sont souvent vendus vivants (surtout les poissons et fruits de mer), ce qui est une garantie de fraîcheur.

Vous me prendrez bien un sac de grenouilles vivantes ? C'est plutôt pratique pour les écoles de sorcières, question approvisionnement. En revanche problème technique : comment fait-on pour tuer une grenouille ? J'ai peur que cela soit un peu croquignol de faire cela dans sa cuisine. Surtout si les bêtes commencent à sa faire la malle dans l'appartement.

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Le poisson mort pose moins de difficultés, lui. Il était fort beau, d'ailleurs.

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Des anguilles, je pense.

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Des tortues terrestres, vivantes là encore. Elles se consomment sous forme de soupe, les Chinois en raffolent. En revanche, là encore, comment les tuer pour les préparer ? Faut-il les ébouillanter ? Les décapiter puis les sortir de la coquille au pied de biche ?

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Des poissons vivants, ainsi que des écrevisses et des fruits de mer.

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Et là, spectacle splendide, ce sont à nouveau des poissons, mais non en vue de leur consommation. Ils sont commercialisés dans une multitude de petits sachets transparents, et vendus aux propriétaires d'aquariums.

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Un marché du soir à Hong Kong Island. Tout est très propre et bien présenté.

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04 août 2007

Honneur et Patrie

Le musée national de la Légion d'honneur et des ordres de chevalerie a fait l'objet d'une longue rénovation puis d'une réouverture à l'automne dernier.

Il peut sembler curieux de visiter un musée consacré aux décorations. On peut croire que l'on va se contenter de passer en revue, dans des vitrines poussiéreuses, des colifichets multicolores et des déclarations d'états de services un peu surannées. Pas certain que le grand public y trouve grand intérêt.

Et bien le grand public a tort !

Le musée de la Légion d'honneur mérite une visite pour plusieurs raisons :

  • L'hôtel de Salm, tout d'abord, le Palais qui est depuis 1804 le siège de l'institution (il fait face au musée d'Orsay). Superbe édifice néoclassique bâti à la fin du XVIIIème siècle pour un prince allemand, il fut ensuite la propriété du prince de Conti et d'Alexandre de Beauharnais. Magnifiquement préservé, il constitue un écrin magnifique pour abriter les collections du musée.

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  • Découvrir les décorations françaises, c'est parcourir l'histoire de France

Les décorations d'Ancien Régime sont présentées (Ordre de Saint Michel, Ordre de Saint Louis), ainsi que celles, toujours valables et attribuées (et même reconnues par la République laïque) que sont l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte (plus communément appelé l'Ordre de Malte) ou encore l'Ordre du Saint-Sépulcre.

Puis l'histoire des premiers temps de la Légion d'honneur constitue l'occasion de s'attarder sur l'époque napoléonienne.

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Tout au long de l'histoire de France, la Légion d'honneur va connaître des vicissitudes (la Restauration la maintient étonamment, par exemple), et honorer les Français les plus méritants de l'époque. Le musée suit une approche chronologique et illustre son propos à partir de quelques situations particulières avec images et audiophone, ce qui est une façon habile de faire comprendre au visiteur la raison de l'attribution de la médaille, et de légitimer l'institution (ci-dessous, Guynemer).

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De nombreux tableaux prennent pour sujet des remises de décoration, notamment pendant la Première guerre mondiale.

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  • Enfin, il est trois curiosités qui valent le détour.

La première est une succession de tableaux représentants des dignitaires étrangers portant la Légion d'honneur, mais souvent pas seulement elle ! Le plus incroyable est celui campant Wladimir Guedroïtz (1873-1941), Conseiller d'Etat, chambellan de l'Empereur Nicolas II de Russie : la passion des Russes pour les décorations ne date pas d'hier, et les Soviétiques s'appuyaient, semble-t-il, sur un terreau bien fertile (chacun se rappelle de ses maréchaux soviétiques transformés en véritables arbres de Noël) !!

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La deuxième, est le tableau du général-président Eisenhower, qui portait à la boutonnière à la fois la Légion d'honneur et la Croix de l'Ordre de la Libération.

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La troisième curiosité, de loin la plus émouvante, est le manuscrit original du Chant des Partisans, offerte au musée par Maurice Druon, co-auteur avec son oncle, Joseph Kessel de ce qui est devenu depuis le deuxième hymne national français (ici le Chant en MP3).

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Joseph Kessel et Maurice Druon, tous deux Français libres (dont la devise était "Honneur et Patrie"), tous deux décorés de la Légion d'honneur (dont la devise est "Honneur et Patrie")...

Institution souvent décriée, et parfois à juste titre lorsque le ruban rouge est accordé de façon quasi automatique à certains fonctionnaires ou encore à des stars du show businness bien peu méritantes, la Légion d'honneur, permet aussi à la Nation de récompenser ses héros, mais aussi de montrer en exemple ceux qui, dans des conditions difficiles, ont, par leur courage, permis à la France de rester un pays libre.

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15 avril 2007

Un dimanche de printemps à Château-Gaillard

Qu'elles sont bienvenues, les premières belles journées de printemps !

Il y a quinze jours, nous avons effectué notre premier pique-nique champêtre à Château-Gaillard, à 95 km au nord-ouest de Paris, dans le département de l'Eure.

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Il ne reste plus grand-chose de la formidable forteresse bâtie par Richard, duc de Normandie et Roi d'Angleterre, le fameux "Richard Coeur de Lion". Il n'en demeure pas moins que le site est impressionnant : situé aux Andelys, en un endroit où la Seine décrit un méandre serré, le château fort tire le meilleur parti d'une situation stratégique qui interdit toute attaque venant des falaises crayeuses et obligerait les assayants à attaquer la position de face. Vu la vallée, on les verrait arriver de loin !

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Château-Gaillard ("gaillard" signifiant "bien fortifié") a été construit en moins de deux ans, en 1197-1198. Plus de 6000 ouvriers travaillaient à l'ouvrage.

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L'objet de cette position était de faire obstacle au Roi de France, Philippe-Auguste, dont les terres commençaient à dix kilomètres seulement. Château-Gaillard constituait un verrou destiné à bloquer l'accès à la Normandie.

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L'ouvrage était constitué d'une double rangée de fortifications :

  • une muraille, ponctuée de cinq tours enserrait le château proprement-dit.

  • Puis suivait un large fossé de 12 mètres de profondeurs

  • S'élevait alors le château, encore entouré d'une nouvelle enceinte et d'un autre fossé.

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La forme festonnée de l'ouvrage, décelable sur la photo ci-dessus, constitue une originalité de ce château. Destinée à offrir une moindre prise aux projectiles, elle permettait de multiples angles de tirs de la multitude de meurtrières percées dans les murs.

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Au coeur de l'ouvrage se trouve un puit profond de cent mètres permettant de puiser l'eau indispensable à la résistance pendant un long siège. De vastes caves accueillaient aussi des réserves de nourriture permettant à la garnison de tenir plus de deux années. C'est  d'ailleurs la raison pour laquelle lorsque les armées du Roi de France (Philippe Auguste), fortes de 6000 hommes, se présentèrent devant Château-Gaillard, en 1203, les soldats anglais expulsèrent les 1700 habitants qui s'étaient réfugiés dans l'enceinte : trop de bouches à nourrir ! La plupart d'entre eux moururent de faim et de froid, entre les lignes ennemies pendant l'hiver 1203-1204.

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Philippe Auguste  a ordonné le siège de la position, mais après sept mois, s'impatiente, et ordonne l'attaque. Les Français pénétrèrent à l'intérieur du château en utilisant les latrines, que les maudits Anglais n'avaient pas jugé bon de protéger !

Avec la chute de Château-Gaillard, la Normandie est devenue française, puisque dès 1204 celle-ci est rattachée au Royaume de France, Jean Sans Terre préférant abandonner ses autres forteresses.

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Une visite à recommander à tous ceux qui, enfants, rêvaient de châteaux forts et de valeureux chevaliers...

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11 décembre 2006

Christmas Haussmann

La période de Noël est l'une de mes préférées à Paris : le froid, les lourds manteaux, les écharpes, les chapeaux pour certains, les marrons chauds, le chocolat bouillant, et ... la cohue dans les grands magasins pour préparer les fêtes de fin d'année.

Tout cela a longtemps signifié Paris pour le provincial que j'étais et que je reste, car nous avions coûtume avec ma mère de visiter la capitale une semaine avant Noël.

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Mais l'une des raisons qui rend Paris si désirable à ce moment de l'année tient aux illuminations et aux décorations. C'est bien le seul moment où l'hiver n'est pas trop triste. Ensuite, les interminables mois de janvier et de février ne peuvent que nous laisser espérer le réchauffement climatique.

Les deux grandes enseignes de la rue Haussmann rivalisent d'imagination, tout comme les boutiques ; les Champs Elysées sont magiques. Tout cela reste fort peu de chose par rapport au Noël américain, fêté avec un faste tout particulier. Il faut dire que la dimension religieuse de Noël reste très prégnante, à la différence de la France, ou déchristianisation aidant, Noël est devenu une fête païenne, familiale et commerciale. Aux États-Unis, la dimension commerciale n'est pas moins importante, la dimension familiale est concurrencée par Thanksgiving, fête presqu'aussi importante dans la vie collective, mais la dimension religieuse est beaucoup plus importante qu'en France, Noël restant avant toute chose la célébration de la naissance du Christ.

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Pour vous plonger intégralement dans l'esprit de Noël, tout au long de ce mois de décembre, je ne saurais trop vous conseiller l'écoute des stations de radio suivantes (29 en tout !), toutes dédiées exclusivement à la diffusion de Christmas Songs, un genre musical à part entière aux États-Unis : gospel Christmas, jazz Christmas, vingt versions de "Let it snow", R&B holiday, Radio North Pole (tout sur la vie du Père Noël !), The Silent Night Channel, et bien entendu religious Christmas. Bonne écoute !

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12 juillet 2006

Bahia Honda State Park

Les Florida Keys constituent un superbe lieu de villégiature, mais, comme on l'a vu, ce n'est pas l'endroit idéal pour la plage. Cependant, cela est surtout vrai de Key West, la plus au sud des îles. En effet, si l'on remonte vers la Floride, vers ce que l'on appelle, les Lower Keys (les Keys inférieures, comme l'on parlait dans le temps de la Loire-Inférieure pour désigner la Loire Atlantique, qui se trouvent au nord des Upper Keys...), il est possible de trouver de très jolies pages de sable blanc au Bahia Honda State Park, sans doute les plus remarquables des Keys.

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Ce qui est unique avec cette plage, c'est que, comme il s'agit d'un parc naturel, on n'y trouve aucune construction, aucun matelas de plage, aucune cannette de coca flottant entre deux eaux, pas de musique de timbré, et pas non plus de top modèles russes en micro-maillots faisant des batailles de Dom Pérignon pour se rafraîchir. Mais ce dernier point peut aisément être compensé en prenant soin de visiter les lieux en compagnie de SON top-modèle attitré...

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Seul obstacle à l'horizon, le gigantesque pont qui relie les différentes îles entre elles. Mais bon, l'île est assez grande pour ne pas avoir l'ouvrage d'art en perspective.

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Sinon, on aurait pu imaginer le tournage de Lost à cet endroit-là. Pas rassurant tout cela...

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22 juin 2006

L'esprit de Vincennes

Si nous étions à Vincennes, ce n'était pas seulement pour nous recueillir sur les tombes des combattants français de l'indépendance américaine, mais plutôt pour assister à l'une de ces reconstitutions historiques qu'affectionnent les Américains.

"Spirit of Vincennes" commémore tous les ans la bataille de 1779 ayant opposé les troupes britanniques aux soldats franco-américains favorables à l'indépendance de la colonie : le temps d'un week end, près de 500 particuliers vivent comme au XVIIIème siècle, sous les yeux de près de 35.000 spectateurs.

Chacun campe sous des tentes.

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On se restaure.

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On joue de la musique.

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On organise des compétitions un peu désuètes, comme le lancer de poële à frire dans un champ... Pas très compliqué, il suffit de bien prendre son élan pour envoyer ladite poële le plus loin possible (très beau mouvement de Madame Marquette Mère, comme vous pouvez le voir).

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On conte des histoires.

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Et on vend toutes sortes de breloques qui permettront de faire du commerce équitable avec les tribus indiennes des environs (à moins qu'elles ne soient davantage intéressées par votre scalp).

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Mais le clou du week end reste la reconstitution de la bataille : du sang, de la sueur, de la poudre, voilà un spectacle !

Cesar, Morituri te salutant !

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C'est triste à dire, mais ces bloody Britons sont de vraies têtes de mules, et pour leur faire entendre raison, il n'y a bien souvent qu'à faire parler la poudre.

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Ils ne manquent pas de courage, d'ailleurs, les rosbeefs. Personne ne peut leur enlever ça.

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Mais que peut-on faire contre des gens déterminés à défendre leur terre et prétendant se battre pour la Liberté ?

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La bataille fait rage.

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Et c'est la retraite !

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Voilà qui leur apprendra à nous avoir subtilisé la Nouvelle-France !

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12 juin 2006

Retour à Key West

Après un week end de pluie ininterrompue, revenir à Key West, le temps d'un post, est une bonne façon de commencer la semaine.

Petit retour donc sur la dernière île des Florida Keys qui, en 1982, faillit prendre son indépendance pour une histoire de barrage routier. La "Conch Republic" a été repoussée à des jours meilleurs.

Le charme de Key West vient en partie de son relatif isolement géographique, doublé du fait d'être dans les Caraïbes tout en restant aux Etats-Unis, ainsi qu'en témoigne l'architecture locale.

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Le point culminant de l'île est sans conteste le joli phare qui domine la localité et ses environs. Les fonds marins étant très sablonneux et peu profonds, les phares étaient indispensables pour éviter de trop nombreux naufrages. Il demeure que les épaves sont en quantité dans les eaux claires des Keys, pour le plus grand bonheur des plongeurs.

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Allez, montons !

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Et voici le point de vue :

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Ouh là !

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Après le plus élevé, le point le plus au sud, non seulement de l'île, mais de l'Amérique du nord continentale (Hawaï est plus au sud que Key West) : le Southernmost Point. Tout le monde se fait photographier devant, et nous avons fait comme tout le monde...

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Enfin, je terminerai ce post tout en images par un petit conseil si vous envisagez de vous rendre à Key West : profitez des très nombreuses maisons d'hôte et B&B que l'on trouve en centre ville (tous les déplacements peuvent se faire à pied ou à vélo). Ce sont en fait de petits hôtels de 4-8 chambres tenus par des particuliers et situés dans d'anciennes maisons coloniales. Ces endroits sont souvent joliment décorés, assez luxueux, et plus agréables que les hôtels des grandes chaînes qui sont tous identiques où que l'on se trouve aux Etats-Unis, ou même que les resorts qui, il est vrai présentent d'autres avantages (activités incluses, piscines, "standardisation").

Pour notre part, nous avons logé dans un endroit charmant, appelé "L'Habitation" car la maison d'hôte est tenue par une française et par son mari américain : nous avons fait une razzia sur les croissants et pains au chocolat du petit déjeuner ! Il y avait franchement carence en la matière !

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06 juin 2006

Mon ami Flipper

Curieusement, Key West n'est pas une destination idéale pour la plage. On imaginerait, de par son positionnement dans les Caraïbes, plages de sable blanc, cocotiers et autres clichés. Il n'en est rien. Le rivage est le plus souvent occupé par des rochers et est parfois urbanisé.

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Il y a bien deux plages. La première, à proximité du centre-ville, est assez jolie mais est cernée de terrains militaires, les cocotiers étant remplacés par de bien disgracieux radars orientés vers l'ennemi cubain, tapi à quelques dizaines de kilomètres au large (plus prosaïquement, l'armée américaine exerce une surveillance serrée en vue de lutter contre le trafic de stupéfiants, très actif dans cette partie du monde). Lors de mon premier voyage aux Etats-Unis, il y a neuf ans (j'avais donc 21 ans), j'avais même pu découvrir que cette plage est interdite à la baignade, la nuit : avec quelques camarades suédois et allemands (es), un peu alcoolisés, nous avions résolu de nous faire un petit bain de minuit. Avec leur réserve habituelle, les Suédois avaient rapidement fini avec leur maillot de bain en guise de couvre-chef (ils ne tiennent pas bien la Margarita, les Suédois...). Tout cela avait été parfaitement du goût des soldats qui ont débarqué sur la plage à bord d'un Humvee, braquant le projecteur se trouvant sur le toit de leur blindés légers sur les contrevenants que nous étions. D'un naturel pudique, je n'avais pas regretté d'avoir gardé mon caleçon de bain lorsque je suis sorti de la mer, les mains sur la tête, pour aller récupérer mon passeport resté dans mon sac à dos sur la plage... Voilà pour la première plage.

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Quant à la seconde, elle est pas mal, mais comme c'est la seule à peu près valable, elle est bondée. Selon l'hôtelier, c'est l'endroit où il faut être vu et où l'on regarde les autres. Intérêt limité, donc. D'autant plus que si la plage est d'un beau blanc de carte postale ou de papier peint de salle d'attente de dentiste, ce n'est pas l'endroit idéal pour la baignade : il faut marcher sur plusieurs centaines de mètres pour avoir de l'eau jusqu'à la taille. Voir et être vu, donc : si c'est pour barboter dans trente centimètres d'eau, j'ai une baignoire à la maison, cela m'épargnera le ridicule.

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La situation semble désespérée, n'est-ce pas ?

Pas tant que cela, je vous rassure, car la meilleure façon de profiter des sports nautiques et de la baignade à Key West reste, tout simplement de prendre le bateau. Les Keys constituent l'un des meilleurs endroits aux Etats-Unis pour faire de la plongée (masque-tuba-palmes - snorkeling - sont le plus souvent suffisants vu la profondeur de l'eau) : la troisième barrière de corail la plus longue dans le monde longe l'ensemble des Keys, de Miami à Key West. La température de l'eau s'élève à 25 °, la visibilité sous-marine est parfaite, les coraux sont nombreux, tout comme les espèces de poisson, et les langoustes tapissent littéralement les fonds marins (interdiction d'y toucher). Il faut donc naviguer jusqu'à la barrière de corail, située à quelques kilomètres des côtes.

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Pour notre part, nous avons embarqué sur le Danger, joli deux mâts en bois accueillant à son bord une dizaine de personnes en plus des trois membres de l'équipage. Allez voir le site, il vous donnera une bonne idée de ce type de sortie. En plus du buffet de fruits frais et des boissons à volonté (alcool compris : excellent pour la plongée !), les activités proposées sont :

  • la plongée

  • le kayak de mer

  • la sieste au soleil ou à l'ombre, suivant les goûts

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Et puis, parfois, on peut avoir droit à une surprise...

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Allez, imaginez le rythme saccadé de la musique des "Dents de la mer"... Mais vous n'y êtes pas du tout ! Ce ne sont que de gentils dauphins qui sont venus batifoler autour de nous ! Quel sympathique animal.

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Après cette journée bien fatigante (c'est fatiguant, les vacances !), il ne reste plus qu'à se mettre vent arrière, à se laisser porter par la brise du soir, et, naturellement, à profiter d'un coucher de soleil de cinéma.

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Jusqu'au retour à bon port.

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23 mai 2006

Key West Attitude

A Key West, on est au bout du bout de l'Amérique, entre Floride et Caraïbes, et forcément on se sent plus libre qu'ailleurs, on commence déjà à s'affranchir des règles de vie étatsuniennes. Pas trop tout de même, les églises gardent leur importance...

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Mais sinon, Key West, c'est plutôt l'occasion de révéler sa vraie nature.

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Il y en a vraiment pour tous les goûts, comme ces véhicules électriques de location munis d'un moteur de mobylette (appelées "moped" ici, et le seul endroit aux Etats-Unis où j'en ai vues, c'est dans les Keys) : je préfère ne pas imaginer une collision avec un SUV.

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Quant aux taxis, ils ont opté pour la couleur rose : faut-il y voir un lien avec la très importante communauté homosexuelle de l'île ?

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Les conventions restent néanmoins de rigueur pour le dernier voyage.

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10 mai 2006

Savannah

Sur la route de la Floride, j'avais envie de faire étape dans une de ces villes du vieux Sud qui fait tant rêver. Après quelques tergiversations, je me suis fixé sur Savannah, en Géorgie. Sans doute à cause de Sébastien, de Windal, qui a publié de splendides photos de la belle géorgienne au mois de mars et au mois d'avril. Sans doute aussi à cause de ce film de Clint Eastwood, "Minuit dans la jardin du Bien et du Mal", dont l'héroïne est sans Savannah, en vérité.

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J'ai été bien inspiré. La ville ne ressemble à rien de ce j'ai pu voir jusqu'à présent aux Etats-Unis.

A deux pas de l'Atlantique, Savannah est située à l'embouchure de la rivière Savannah, qui coule au nord de la ville le long de la frontière avec la Caroline du Sud.

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Savannah a été créée en 1733, lorsque le Général James Oglethorpe et une troupe de 120 colons fondèrent l'Etat de Géorgie, treizième et dernière colonie, désignée ainsi en l'honneur du Roi d'Angleterre George II. La création de cette nouvelle colonie répondait à une nécessité stratégique consistant, d'une part, à occuper les terres situées au sud de la Caroline du Sud, et, d'autre part, à créer un Etat "tampon" avec la Floride alors sous domination espagnole, et de religion - doux Jésus ! - catholique.

La colonie était dotée d'une Charte qui prévoyait la liberté de culte (sauf pour les Catholiques !), interdisait le rhum, les avocats (d'inutiles querelleurs dans la société idéale qui était ambitionnée), et... l'esclavage ! Cet idéalisme des origines n'allait évidemment pas faire long feu devant la puissance des intérêts financiers.

Savannah fut sans doute la première ville à faire l'objet d'une planification de A à Z : le plan fut établi, puis réalisé suivant les plans. Cette ville ayant été totalement préservée, notamment des destructions de la Guerre de Sécession, la visite de Savannah constitue une plongée dans le passé, tout le centre ville étant protégé et (bien entretenu).

Voici le plan de la cité :

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Tout était prévu dans ce plan initial : hôtels particuliers, églises, parcs (24), places (au nombre de 21), cimetière, bâtiments publics, demeures bourgeoises ou plus populaires, le tout suivant un ordonnancement qui faisait que chacun, suivant son milieu social, avait vocation à vivre dans telle ou telle partie de la cité. Comme chez nous donc...le tout suivant une structure où les rues se croisent à angles droits, avec pour objectif (déjà) de faciliter la fluidité de la circulation des calèches. Résultat : Savannah est une ville verdoyante, calme, raisonnée, dotée de bâtiments splendides le plus souvent convertis en hôtels, en maisons d'hôtes, ou parfois encore habités par de bienheureux citoyens de la localité.

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La ville a connu son heure de gloire historique pendant la Guerre d'Indépendance, mais j'y reviendrai au cours d'un prochain post.

Savannah a surtout bénéficié d'un essor économique extraordinaire avec l'explosion de la culture du coton (et du riz) : les terres avoisinantes sont riches, l'esclavage fournissait une main d'oeuvre abondante et bon marché indispensable à la culture du coton, le port de Savannah était bien situé, au point de concurrencer la grande rivale du nord, en Caroline du Sud, Charleston (ci-dessous, la bourse du Coton, qui fixait le prix dans tout le pays).

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La Guerre de Sécession signe la fin de son apogée. Même si Savannah se rend sans combat aux troupes de l'Union, la fin de l'esclavage, les dommages de guerre à payer à la suite de la guerre, et la chute d'une économie fondée sur le coton font entrer la ville dans une période moins prospère, jusqu'à l'avénement du tourisme de masse, qui investit la ville et lui assure une nouvelle richesse.

On peut en tout cas se féliciter que Savannah se soit rendue sans combattre, se préservant ainsi pour la postérité. En effet, les troupes de l'Union dirigées par le Général Sherman ne faisaient pas dans la dentelle, brûlant la ville d'Atlanta, détruisant nombre de cités, pillant les récoltes dans une tactique de terre brûlée d'une extrême violence. En arrivant dans la cité, il est raconté que Sherman tomba sous la charme de Savannah. Il y établit son quartier général pour la suite des opérations et l'offrit en cadeau de Noël au Président Abraham Lincoln.

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Tiens, ce ne doit pas être mal que d'être avocat à Savannah...

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PS : Ouverture d'un nouvel album photo consacré à Savannah.

Posté par Marquette à 05:13 - Tourisme - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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