"Chroniques transatlantiques"

"J'écris pour savoir ce que je pense" Frédéric Beigbeder

30 janvier 2008

Obamania

Mardi 5 février est jour de super-Tuesday aux U.S.A

A cette occasion, des millions de sympathisant démocrates américains vont désigner leur favori dans la course à la Maison-Blanche.

Dans ce système très intéressant de primaires, les militants vont donc sélectionner leur poulain, les perdants étant appelés à se rallier au panache blanc du vainqueur. Dans un système majoritaire, ce mécanisme pousse à la constitution de 2 blocs idéologiques, et donc à une alternance épisodique, c'est-à-dire à la démocratie. 

A l’heure où j’écris ces lignes, les médias français institutionnels, seul écho de l’actualité américaine pour le citoyen lambda dont je fais partie, ont pris fait et cause pour Barack Obama, de la façon la plus évidente.

Candidat jeune, noir et plutôt de gauche (du moins selon notre perception européenne), Barack Obama se voit paré de toutes les vertus pour faire oublier les horribles années Bush junior.

Issu de la méritocratie universitaire, tenant d’un discours modéré et donc qui ne risque de fâcher personne, notre JFK noir correspond donc parfaitement aux attentes des milieux proches de la rive gauche de Paris (vous noterez le jeu de mots).

Car, si en fin de compte, tous les jeunes de banlieues qu’il est si dur d’intégrer prenaient exemple sur lui au lieu de brûler des voitures, Voltaire et Rousseau connaîtraient une actualité prophétique.

La campagne de Barack Obama me fait penser au flot de sentimentalisme, étrange mélange d’idéalisme béat et de romantisme qui a accompagné le débuts d’une candidate nommée Ségolène…

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Ségolène, femme, plutôt jeune, de gauche, diplômée, extraite de son lugubre milieu bourgeois d’origine par les Lumières de l’école de Jules Ferry présentait bien sûr dès lors toutes les qualités requises pour être une bonne Présidente.

La seule évocation de la nature de son être ne pouvait qu’être synonyme de réussite ! Il fallait être bien rétrograde ou forcément misogyne pour s’interroger sur la réalité du programme de la dame.

Il semble en aller de même pour notre ami Barack. Qu’importe qu’on ne sache rien de la méthode qu’il compte employer pour sortir son pays du bourbier irakien ou comment il compte prendre à bras le corps la question des engagements environnementaux des USA, sans parler de la poudrière proche-orientale.

Il est jeune, noir et de gauche, donc il sera forcément l’homme de la situation. Sans doute même plus qu’une femme de gauche issue du baby-boom nommée Hillary. Elle appartient déjà au passé des années 90 semble-t-il.

Si l’on se penche un peu plus attentivement sur la campagne de notre ami Barack, on y trouve en fait toujours les mêmes vieilles lunes des politiciens américains : l’éducation, la sécurité sociale, les libertés locales, le port des armes à feu… L’ensemble des sujets auxquels aucun Président n’a eu le courage de s’attaquer depuis 60 ans, car la société américaine reste basée sur le mérite individuel, la croyance biblique en une destinée manifeste et le culte de la réussite financière.

Barack ou pas Barack, la politique américaine restera la même, dictée par des intérêts pétroliers à court terme, soumise aux lobbies divers et variés et insensible aux lignes de fractures qui traversent le monde.

Même s’il casse la Barack, notre JFK américano-kenyan n’est pas près d’ébranler l’isolationnisme de ses compatriotes. D’autant que c’est John Mac Cain qui sera élu.

PORTALINUS

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28 janvier 2008

Khmer vert

Denis Baupin, adjoint au Maire de Paris, chargé des Transports, par ailleurs leader des Verts à Paris à l'occasion des prochaines élections municipales, a accordé un entretien au magazine gratuit Economie Matin. Extraits, édifiants:

"Bien sûr, l'économie est fondamentale mais nous n'avons pas une approche orthodoxe. Délocalisations, pollution, le système économique va dans le mur. Nous voulons enraciner l'économie dans le territoire pour préserver l'emploi".

Il est clair que les Verts n'ont pas une approche orthodoxe en matière économique, et quant à déclarer que l'économie est fondamentale, il serait difficile de trouver quiconque pour contester pareille affirmation...

L'enracinement de l'économie dans le territoire apparaît pour le moins nébuleux : s'agit-il d'une glorification du "small is beautiful", de la perspective de barrières douanières, de soutien à l'économie locale, voire même d'albanisation de Paris sous un mode auto gestionnaire ?

Les Verts donnent l'impression de vouloir ignorer la mondialisation, non d'y préparer la France pour qu'elle soit en mesure d'en tirer tous les bénéfices. Ce qu'ils nous promettent, c'est la marginalisation et l'appauvrissement.

"Notre but n'est pas de séduire les multinationales à coup de tours de bureaux toujours plus hautes. Il faut arrêter de vouloir apparaître comme les plus dynamiques et les plus compétitifs à l'échelle planétaire. Nous proposons de créer des emplois non-délocalisables à l'étranger dans les écofilières, les services à la personne. Le potentiel de ces deux secteurs est estimé à 50.000 emplois. Nous voulons également préserver le commerce de proximité".

Et Monsieur Baupin pense-t-il que les écofilières et les services à la personne occuperont tous les Français ? Que 50 000 emplois suffiront à la prospérité parisienne ?

Mais quel Paris nous prépare Monsieur Baupin ? Un Paris réservé aux plus fortunés, à l'évidence :

     - les écofilières, pourquoi pas, mais chacun sait que la préoccupation écologique renchérit le prix des produits.

     - les services à la personne, très bien, mais ces services ne créent pas de richesses à proprement parler, il faut bien que d'autres, occupant des emplois productifs, génèrent les richesses permettant de rémunérer les services à la personne.

     - la préservation du petit commerce : voilà une belle proposition poujadiste qui ravira les Bourgeois Conservateurs de la rue Cler (7ème arrondissement) et les Bourgeois bohèmes d'Oberkampf. Mais à qui fera-t-on croire qu'une famille de classe moyenne peut faire ses courses dans les petits commerces de quartier ? La réalité, c'est que la quasi-interdiction des supermarchés à Paris intra muros n'a fait que renchérir la vie à Paris et contribuer à expulser non seulement les plus modestes, mais aussi les familles de la classe moyenne.

Enfin, s'agissant des multinationales :

  1. Les sièges des multinationales ne se trouvent pas tous dans des tours, loin s'en faut, le premier quartier d'affaires français étant le 8ème arrondissement.

  2. Certes, édifier des tours à l'intérieur de Paris ne serait pas très avisé, mais c'est bien la raison pour laquelle le quartier de La Défense a été créé. Celui-ci peut être étendu et développé, je ne vois pas en quoi cela nuirait à Paris.

  3. Il est dans l'intérêt de Paris et de la France que les multinationales aient envie d'y rester, ou de s'y installer. Justement, dans un monde où les délocalisations sont toujours plus faciles, les sièges de multinationales apportent de nombreux emplois qualifiés (et de bons salaires), de nombreux hommes d'affaires en voyage qui peuplent les hôtels et les restaurants, et des retombées fiscales abondantes.

412008

"Question : Revenu parisien universel, logement social...Comment comptez-vous le financer ?

Réponse : Nous sommes en train de chiffrer le coût. L'impôt est un outil de redistribution indispensable pour mener des politiques publiques ambitieuses. Nous préconisons une augmentation raisonnable de la fiscalité (...) Le "demain on rase gratis n'est pas notre philosophie"".

A deux mois de l'élection, le programme n'est même pas chiffré... Quel amateurisme ! Monsieur Baupin étant actuellement aux affaires, il devrait pourtant disposer de tous les moyens administratifs pour savoir ce qui est faisable et à quel coût.

Mais à la limite, cela n'a pas d'importance, nous explique-t-il : la "politique publique ambitieuse" sera financée par la redistribution. En clair, selon un discours bien connu, les Riches paieront et la fiscalité augmentera.

*

*     *

Lorsque l'on sait que les Verts continueront, selon toute probabilité, à être les alliés indispensables de Monsieur Delanoë pour diriger Paris, les propos tenus par leur leader ne manquent de paraître inquiétants pour notre belle capitale.

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24 janvier 2008

When a real conservative is on the ballot...

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23 janvier 2008

La panoplie du transformiste

Le 29 janvier aura lieu une vente aux enchères d’un style un petit particulier, les effets personnels de François Mitterrand, à l’hôtel Drouot.

12 ans après sa disparition, ses derniers thuriféraires vont pouvoir se disputer un ensemble hétéroclite de bibelots, souvenirs, accessoires, fétiches et autres instruments du culte dont le célèbre couvre-chef de feutre noir. Plus triste, hélas, la mise aux enchères des insignes de grand-croix de la Légion d’honneur figurant au revers de divers manteaux.

Une telle iconographie pourrait prêter à sourire lorsqu’on se rappelle le véritable culte de la personnalité qui entoura l’homme au faite de son pouvoir.

Homme de droite travesti en homme de gauche, à l’inverse de son successeur direct, pétainiste sous Pétain, gaulliste sous de Gaulle, radical sous la IVème République, adversaire acharné de la Constitution de 1958 avant de se l’approprier, François Mitterrand fût un illusionniste de haut vol, un transformiste de la politique contemporaine.

S’il a, qu’on le veuille ou non, fait le vide au Parti socialiste au point que son successeur se fait toujours attendre, il est également, ne l’oublions pas le responsable de beaucoup de nos difficultés actuelles. La dérive monarchique du régime, c’est lui, la situation explosive des banlieues, c’est encore lui, les affaires politico-financières qui ont fait prospérer le Front national, c’est encore lui…

Personnage florentin par excellence, hanté par le souci de la trace historique qu’il devait laisser, aussi ténébreux que mystique, François Mitterrand croyait bel et bien aux forces de l’esprit. Bourgeois rural de naissance, catholique d’éducation, façonné par ses jeunes années dans le terroir charentais, « Mitt’rand » en a gardé toute sa vie durant une idée certaine de la France, finalement bien éloignée des canons de ses futurs apôtres.

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Auteur lui aussi d’un coup d’État permanent, il a réussi son O.P.A sur la gauche française dans les années 70, profitant de la glaciation communiste généralisée et de la faible envergure de son dirigeant d’alors, Georges Marchais. Réussissant à se faire passer pour un socialiste, notre homme s’est vite rendu le leader naturel de divers courants marxisants fondus en un Parti socialiste guesdiste, transformé en tremplin pour l’Élysée.

Fin lettré, redoutable analyste comme tous les avocats, rompu à la dialectique, Mitterrand a vite compris qu’un discours basé sur des promesses simples et exploitant les items traditionnels de la gauche suffiraient à la propulser au pouvoir (emploi, pouvoir d’achat, justice sociale, références nombreuses aux luttes sociales passées…).

Une fois au pouvoir, notre Jaurès de Solutré oublia en quelques mois sa rhétorique subversive pour se forger une mythologie, faite de secrets d’alcôve, d’intrigues de palais, de silences assourdissants et de mimiques inimitables.

« François Mitterrand a passé son temps à mentir à tout le monde » nous confie Simone Veil dans sa récente autobiographie. Il fut le roi de l’illusion aurait-elle pu ajouter en guise de conclusion. Désormais âgé, malade, se sachant condamné, Mitterrand accentua le caractère cabalistique de sa fin de règne par des décisions qui surprirent comme ses confessions intimes sur son rôle pendant la guerre, son amitié indéfectible avec René Bousquet ou sa fille cachée, Mazarine.

Pratiquant mais non croyant (!), l’homme nourrit un déisme dans la plus pure tradition des Lumières qui guida les notables de sa génération. Hanté par le spectre de la mort, c’est parmi les jeunes de la communauté de Taizé et de frère Roger qu’il trouva, les derniers temps la paix de l’esprit et la quiétude de l’âme.

C’est à son feutre noir et à son écharpe rouge qu’on pouvait reconnaître sa silhouette au fond de la basilique.

Portalinus

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22 janvier 2008

Contributions externes

Après bientôt trois années de blogging solitaire, j'ai proposé à quelques plumes amies de venir partager leurs convictions sur les pages de ces "Chroniques".

Ces contributions ne peuvent que participer à l'enrichissement du blog à d'autres sensibilités, à d'autres points de vue, ou expériences.

Elles contribueront, je l'espère, à alimenter le débat et à augmenter le nombre d'articles publiés.

Les "Chroniques transatlantiques" conserveront néanmoins la même orientation générale : les bloggeurs "invités" n'ont pas pour vocation d'animer la controverse, c'est le rôle des commentateurs.

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Ils partagent des convictions communes fondées, notamment sur l'attachement (i) au libéralisme dans ses formes politique et économique, (ii) à la France, (iii) à la construction européenne, (iv) à l'amitié franco-américaine, sans attache partisane. Ils sont attachés à la modération.

Dès demain, je céderai la place à Portalinus, pour un post de sa confection...

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20 janvier 2008

007 tu peux pas test

007 tu peux pas test
Vidéo envoyée par mozinor

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18 janvier 2008

L'euro nous enrichit

Conséquence inattendue de l'euro fort : le produit intérieur brut (PIB) français est repassé en 2007 devant le PIB du Royaume-Uni, revenant ainsi à la situation d'avant 1999, lorsque le PIB de la France était supérieur à celui de nos voisins d'outre-manche.

Seule la valorisation de l'euro par rapport à la livre sterling explique cette situation (la livre a perdu 9 % par rapport à la livre au cours des trois derniers mois).

entente

En effet, pour le reste, les performances économiques britanniques restent meilleures, sa croissance économique étant d'au moins 3 % depuis des années, tandis que la croissance française plafonne à 2 %. Le fameux point de croissance supplémentaire que Nicolas Sarkozy cherche désespérément à susciter, il est là...

La France est redevenue la cinquième puissance économique mondiale en terme de PIB, après les Etats-Unis, le Japon, l'Allemagne, et la Chine.

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17 janvier 2008

Nine-figure

J’ai déjà eu l’occasion de vous signaler des originalités des avocats américains, notamment en matière de publicité, et il semble que le sujet soit inépuisable.

Dans le passé, j’ai fait référence à des cabinets d’avocats de taille plutôt réduite, ce qui pouvait expliquer le caractère pittoresque de leur positionnement publicitaire (ici et ).

Rien de semblable en ce qui concerne le très sérieux cabinet Quinn Emanuel, l’un des grands spécialistes américains du contentieux.

Voici ce que l’on peut lire sur la page de garde de leur site Internet :

Quinn Emanuel Urquhart Oliver & Hedges, LLP is a 375+ lawyer business litigation firm - the largest in the United States devoted solely to business litigation.  Our lawyers have tried over 1175 cases and won 1078, or 92%.  When representing defendants, our trial experience gets us better settlements or defense verdicts.  When representing plaintiffs, our lawyers have won over $6.2 billion in judgments and settlements.  We are the only firm in the United States that has won three nine-figure verdicts in the last five years. In that same period we have also won three nine-figure settlements”.

lawyers

« Quinn Emanuel Urqhhart Oliver & Sedges, LLP est un cabinet d’avocat specialize en droit des affaires comptant plus de 375 avocats – le plus grand aux Etats-Unis se consacrant exclusivement au contentieux des affaires. Nos avocats ont participé à 1175 affaires et en ont gagné 1078, soit 92 %. Lorsque nous intervenons en défense, notre expérience des procès nous permet d’obtenir de meilleurs règlements transactionnels et de meilleures décisions. Lorsque nous représentons des demandeurs, nos avocats ont obtenu plus de 6,2 milliards de dollards à l’issue de décisions de justice ou de transactions. Nous sommes le seul cabinet d’avocat aux Etats-Unis à avoir obtenu trois décisions avec des sommes comportant neuf chiffre [centaines de millions de dollars] au cours des cinq dernières années. Durant la même période, nous avons aussi obtenu trois transactions à neuf chiffres ».

Les slogans sont de la même eau :

          « The Oscars represent cinema’s best, Quinn Emanuel represents the Oscars ».

          Justice may be blind, but she sees it our way over 90% of the time”.

Et le meilleur :

          Big numbers, big results

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15 janvier 2008

"Margaret Thatcher face aux mineurs", de Pierre-François Gouiffès

Ce livre concerne une période récente de l'histoire britannique, comprise entre 1972 et 1985, qui a vu le Royaume-Uni passer du statut d'"homme malade de l'Europe" à celui de puissance économique à la force d'attraction considérable.

La situation au début des années 1970 est dramatique : la croissance est faible, les finances publiques sont en situation de quasi-banqueroute au point d'envisager de demander le soutien du FMI, de larges segments de la population sont en voie de paupérisation, l'autorité politique est largement décrédibilisée en raison de son incapacité à réformer le pays face à la toute puissance syndicale.

La conséquence est une instabilité politique qui voit des changements de majorité à chaque échéance électorale (1964, 1970, 1974, 1979). Le Royaume-Uni connaît une lente et douloureuse agonie, et le monde entier assiste un peu médusé (notamment en France, qui connaît alors une période de croissance économique vigoureuse) à la fin de ce qui fût la première puissance mondiale.

L'ouvrage de Pierre-François Gouiffès détaille ces "treize années qui ont changé l'Angleterre" (sous titre de l'ouvrage) en essayant de comprendre, dans un style vif qui rend la lecture captivante, les racines de la renaissance britannique.

Il aura fallu la déroute de Edward Heath (conservateur) face à la grève des mineurs de 1972, la victoire des Travaillistes d'Harold Wilson en 1974, son échec très rapide et son remplacement par James Callaghan dès 1976 au poste de Premier ministre, la victoire de Margaret Thatcher aux législatives de 1979, et la terrible grève des mineurs de mars 1984 à mars 1985, pour que la réforme des structures économiques britanniques soit enfin possible.

Pourquoi Thatcher a réussi là où Heath, dix ans plus tôt a échoué ?

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Instruite de son expérience de ministre de Heath en 1972 (en qualité de ministre de l'instruction), elle a d'abord dressé un bilan de la situation sans concession :

"Nous considérions avec beaucoup de naïveté que nos opposants utiliseraient les mêmes règles du jeu que nous. Nous imaginions qu'il n'y aurait ni une opposition frontale à des lois votées par un gouvernement élu de façon démocratique ni une remise en cause de l'ordre public. Nous ne reconnaissions pas que nous étions engagés dans un combat avec des gens déterminés dont les objectifs principaux n'étaient pas d'ordre syndical mais d'ordre politique" (Margaret Thatcher, The Path to Power, p. 205).

Puis elle a proposé lors des élections législatives de 1979 une plate-forme politique de rupture par rapport au conservatisme de composition jusqu'alors en vogue chez les Tories, affichant clairement les réformes de structure qu'elle comptait conduire.

Une fois élue, elle a mis en oeuvre son programme, en faisant preuve d'un grand sens tactique. Elle ne s'est pas lancée à l'assaut des citadelles syndicales bille en tête, dès 1979. Les conditions d'un succès face aux mineurs n'étaient alors pas remplies. Elle a préparé la réforme à l'origine de la grève de 1984 en se donnant les moyens d'y résister : elle a diversifié les sources d'approvisionnement en charbon du pays (le charbon était alors la source quasi unique d'énergie électrique du Royaume-Uni), a constitué des stocks considérables au sein même des centrales électriques de façon à tenir longtemps face à une grève, a fait adopter une loi permettant de sanctionner lourdement les violences syndicales, a réorganisé les forces anti émeutes pour les mettre en situation de tenir face aux stratégies de piquets de grèves, d'immobilisation des transports, et d'occupation des lieux de production.

En 1984, le gouvernement était prêt à faire face à une grève longue de plus d'un an, qui s'est conclue par une lourde défaite des mineurs communistes d'Arthur Scargill.

En résumé, pour redresser un pays, il faut :

  1. Un diagnostic claire et objectif

  2. Annoncer avant l'élection la nature des réformes à engager et la direction à prendre

  3. Mettre en oeuvre ces réformes

  4. Avoir du sens tactique

  5. Avoir du courage

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Margaret Thatcher face aux mineurs, Pierre-François Gouiffès, Privat, 2007, 360 p.

Posté par Marquette à 13:49 - Lectures - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 janvier 2008

Roboclop

Roboclop
Vidéo envoyée par mozinor

Nous y sommes, la bonne conscience liberticide a gagné...

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