"Chroniques transatlantiques"

15 octobre 2008

Les Chroniques, version III

Ce blog est inactif depuis bientôt quatre mois.

Quatre mois pendant lesquels je me suis demandé si je continuais, et sous quelle forme.

Finalement, j'ai trouvé : dans les deux semaines à venir, une troisième mouture des Chroniques verra le jour.

A très bientôt !

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04 juin 2008

L'Amérique et les autres, par Jean-Luc Marion

Analyse de Jean-Luc Marion, philosophe, qui enseigne à l'université de Chicago, et a livré sa vision des États-Unis à l'heure de la campagne électorale et au lendemain de la visite du pape Benoît XVI dans Le Figaro du 25 avril dernier.

L'Amérique n'a pas d'accès facile au monde extérieur. A l'est et à l'ouest, le premier autre pays se trouve à des milliers de kilomètres sur l'autre rive d'un océan. Au nord et au sud, séparés par des frontières abstraites, servent de pays étrangers deux régions que les Américains ont, depuis toujours, décidé de ne pas trop prendre au sérieux : ils voient les Canadiens comme des quasi-Américains, à qui manque de renoncer au français ou à un reste d'accent britannique ; ou bien ils tiennent les Mexicains pour des supplétifs omniprésents, mais invisibles de l'économie US, qui prennent le travail dont les Américains ne veulent de toute façon pas. Donc les États-Unis se sont installés au, certes, beau milieu de rien d'autre qu'eux-mêmes. Le reste du monde n'apparaît pas comme un vrai monde, mais comme «le show», en principe admiratif, parfois menaçant, en tous les cas un peu irréel et étrange, de ce que l'on voit, de loin, depuis le point de vue américain. Les medias ne considèrent le monde qu'en tant qu'il se trouve relié aux États-Unis par tel marché, tel intérêt, tel conflit, tel attentat, en clair en tant que s'y trouvent des troupes américaines. Là où l'Amérique n'est pas, il n'y a pas un autre monde ni un autre pays, il n'y a rien : être, c'est être perçu par elle (il ne faut jamais oublier que Berkeley a enseigné l'immatérialisme à Providence, Rhode Island, dès le début du XVIIIe siècle). Les États-Unis «immatérialisent» le reste du monde. Ils sont donc clos sur eux-mêmes, comme, disons, certains petits pays. En fait, il s'agit d'un très petit pays. Seulement, cela ne se voit pas tout de suite, parce qu'il est très grand.

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Le débat de l'actuelle campagne présidentielle confirme ce malaise. L'échec extérieur du gouvernement Bush étant devenu patent même à l'intérieur, la principale question, en dehors de la situation économique (donc aussi de l'effondrement du dollar, de la dette publique, de celle des ménages, des inégalités sociales, de la crise des retraites et du système de santé, de la banalisation de la violence scolaire, de l'insécurité énergétique et des menaces écologiques, etc.) tourne autour de cette question : «Que pense-t-on de nous à l'extérieur, abroad ?» Ce qui signifie en fait, in petto, «Pourquoi tout le monde nous déteste-t-il ?». D'où le consensus des trois candidats restant dans la course à la candidature : il faut parler avec les autres out there. Assez prodigieux changement, pour qui a connu, sur place, les slogans des précédentes campagnes. Mais, étant admis qu'on pourrait et devrait parler avec les autres, reste à savoir lesquels. McCain, républicain fort hétérodoxe ici, mais républicain pur jus pour le reste du monde, ne pousse l'audace qu'à proposer de parler aux «alliés» des États-Unis, voire à les écouter (cette ouverture d'esprit en dit long sur le passé récent, où les premiers adversaires étaient déjà les alliés, surtout les plus anciens). Les deux rivaux chez les démocrates vont, eux, encore plus loin. Obama envisage de discuter même avec les «ennemis», les vrais, ce qui veulent la peau des Américains (Iran, Syrie, Hamas, etc.). Soucieuse de ne pas trop choquer, Hillary n'accepterait de discuter qu'avec les «bons ennemis» (on suppose la Chine, le Fatah, etc.). L'idée qu'on ne négocie vraiment qu'avec ses pires ennemis ne va pas de soi. Dans ce contexte, on comprend que les visites de chefs d'État étrangers ne troublent pas l'opinion publique ni les dirigeants. Tout se résume assez vite à l'unique interrogation : «Nous aime-t-il ? Que pense-t-il de l'Amérique ?». L'Amérique digère ses visiteurs, elle ne s'en instruit pas ou peu. La pourtant réelle popularité de notre président actuel aux États-Unis ne signifie que cela : on a vécu assez longtemps pour voir un président français qui ne nous déteste pas.

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Parmi les rares exceptions, il faut compter le Pape. N'importe quel pape d'ailleurs. Car l'essentiel tient à ce qu'il représente l'autre par excellence, auquel l'Amérique ne peut pourtant pas se dérober, en l'absorbant et le réduisant à son point de vue. Parce qu'il atteste une universalité rivale de l'universalité de l'Amérique, et plus forte que la sienne. Universalité réelle et non pas imaginaire ; universalité que ne défend aucun empire ni aucune force, donc que la force des empires n'a jamais pu détruire ; universalité de droit, répandue dans des vrais autres pays, des vraies autres cultures, des vrais autres gens, qui la réalisent juste parce qu'ils le veulent bien et sans contrainte. L'universalité «catholique» que le Pape manifeste dans sa personne apparaît d'une certaine manière à l'Amérique comme sa seule vraie rivale (et ce n'est pas un hasard que Washington n'ait reconnu l'État du Vatican, que très tardivement, sous la présidence de Reagan), une universalité d'un autre ordre et qu'on ne peut pas écarter d'un revers de main. Et durant cette dernière semaine, on a vu cela clairement ici, à Chicago, comme sur la côte est, et sans doute partout ailleurs : l'Amérique écoutait, avec une réelle ouverture d'esprit, l'étranger universel et immatériel, qui pouvait lui dire quelque chose sur l'Amérique que l'Amérique ne peut se dire à elle-même. Mais qu'elle peut entendre. Les catholiques américains eux-mêmes ont cette fois-ci mis en sourdine leurs habituelles polémiques contre le Vatican et accepté la sévérité du jugement du Pape sur le scandale pédophile de leur Église. Le discours de Benoît XVI semblait non pas plus important que ceux de McCain, Obama ou Hillary, mais le plus important de toute cette campagne même. Le seul qui pouvait dire que les droits de l'homme sont une mascarade sans une conception transcendante de l'homme lui-même, qu'on ne peut pas exporter la démocratie comme un produit, mais qu'elle se construit en même temps que la paix et le droit, que la croissance économique devient un désastre sans un minimum d'égalité et de respect de la nature, que les religion n'appartient à aucun groupe, et que Dieu bénit tout le monde. D'ailleurs, en terminant son dernier au-revoir par l'habituel God bless America, le Pape en a fait entendre l'ambiguïté même : doit-on le traduire par un optatif (que Dieu veuille bénir l'Amérique !) ou par un indicatif (bien sûr, Dieu bénit l'Amérique, il sait quelle chance il a de pouvoir s'appuyer sur elle pour défendre la liberté dans le monde) ? D'où une question latente, hautement politique : pourquoi ne serait-ce pas à l'Amérique elle-même de bénir de temps en temps Dieu ?

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Tocqueville faisait déjà le diagnostic : «La majorité vit donc dans une perpétuelle adoration d'elle-même ; il n'y a que les étrangers ou l'expérience qui puissent faire arriver certaines vérités jusqu'aux oreilles des Américains.» (De la démocratie en Amérique, I, 2,7). Le Pape fut cet étranger, Le 11 Septembre (et la suite) furent l'expérience. Le monde se prend à espérer que «certaines vérités» arrivent aux oreilles des Américains. Par exemple celle-ci : l'Amérique n'est grande qu'avec les autres peuples, jamais contre eux ni même sans eux.

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22 mai 2008

"Pourquoi je vote Mc Cain", par Denis Tillinac

Bravo Denis Tillinac, et bravo Valeurs actuelles qui publie cette tribune dans son numéro du 16 mai dernier ! Défendre Mc Cain en France constitue un véritable acte de courage, et de lucidité.

*

"L’arrogance vindicative de l’épouse de Clinton m’exaspère et l’immaturité d’Obama ­m’inquiète. Si j’étais américain, je voterais McCain, il me paraît plus sécurisant dans ce moment où les États-Unis ont du vague à l’âme et des doutes sur leur “mission”. En tant que français, européen, occidental,  je ne souhaite pas du tout que l’Amérique soit faible. Pour tout dire, ses velléités d’implanter des missiles en lisière de notre continent me rassurent ; depuis ma naissance, ils protègent ma liberté, et comme la défense européenne n’existe pas, on ne peut compter que sur eux.

C’est pourquoi je ne trouve ni absurde ni indigne que Sarkozy ait voulu re­nouer dans l’or­dre symbolique avec une certaine solidarité transatlantique. Elle avait incité de Gaulle à soutenir Kennedy dans l’affaire des fusées à Cuba, ce qui ne l’empêchait pas de défendre les intérêts de la France, ni de soutenir son rang. Rien de plus fallacieux que cet antiaméricanisme de cousin pauvre qui prétend honorer les mânes du Général en aboyant aux talons des Yankees. Le monde a changé depuis la fin de la guerre froide ; dans ce village planétaire où tout se tient, les Occidentaux que nous sommes ont des intérêts et des approches divergentes, mais nos soucis sont les mêmes : l’islamisme radical, la puissance de la Chine, la crise des États-nations, la prolifération des armes de destruction massive, la survie écologique de la planète, le désarroi consécutif à l’assomption de l’individualisme consumériste.

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L’activisme des Américains nous déroute ; il n’est pas prouvé qu’en Irak, en Afghanistan, voire dans les Balkans, ils aient trouvé le bon moyen d’arraisonner le terrorisme. Souvent, ils agissent sans concertation ­préalable avec leurs alliés, convaincus que la Vieille Europe n’est pas fiable et n’a plus de ressorts. Sur le plan de la fiabilité, ils ont un peu raison : nos médias, nos intellos, nos politiques se défaussent de nos inerties en leur tirant dans les pattes. Aucun des tyrans qui ensanglantent la planète n’est aussi vilipendé par les journalistes européens que Bush. No­tamment lorsqu’il se réclame de sa foi chrétienne. Certes notre culture n’a pas beaucoup d’accointances avec les protestantismes des Américains. Mais leur foi – en Dieu, en leur patrie –, c’est leur ressort, et je serais très inquiet pour l’avenir de la planète si le scepticisme à l’européenne des intellos de la côte est devenait prédominant. En ­d’autres termes, je pense qu’il serait fou de miser de l’espoir sur une Amérique “profane” qui nous ressemblerait : elle deviendrait vite impotente, se rétracterait comme un poulpe et alors, qui nous défendrait ?

En revanche, il serait opportun de rebâtir une alliance sur une base égalitaire. Ils ont la force et le ressort, nous avons la mémoire et le doigté. Dieu veuille que le prochain président des États-Unis s’emploie à définir la com­munauté de destin sans laquelle nous risquons tous le ­gouffre. Le passé, la pon­dération et le bon sens de McCain me semblent le qua­lifier pour cette tâche. Je peux me tromper
."

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09 mai 2008

De l'égalité de part et d'autre de l'Atlantique

Dans sa chronique parue dans le Figaro du 5 mai dernier, Alain-Gérard Slama décrit parfaitement le rapport à l'égalité aux Etats-Unis et en France :

"Aux Etats-Unis, le très fort sentiment d'une dette, comprise comme une ardente obligation, contractée par chacun envers l'avenir collectif de la nation, incarné par les générations futures, a sublimé, envers et contre tout, la valeur du travail et les récompenses que l'on peut en attendre. Cet état d'esprit, répandu depuis le sommet jusqu'au bas de l'échelle, atténue les ressentiments et favorise le consentement aux très bas salaires qui, multipliés dans les services, aident l'immense machine à devenir l'atelier de la planète au prix de la dévaluation du dollar. Pour la même raison, les Américains attendent le remède au défi écologique de la poursuite du progrès technique, plutôt que de réviser leur mode de vie.

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En France, l'idée entretenue depuis la fin du XIXème siècle, avec notamment le solidarisme de Léon Bourgeois, est symétrique. Elle pose pour principe que chacun est obligé par une dette, conçue comme un rapport de réciprocité, envers le patrimoine transmis par le passé, comme envers la société qui le protège. Cette conception symétrique du lien social, sur le modèle "donnant-donnant", a développé un comportement créancier de chacun par rapport à l'autre, des jeunes par rapport à leurs aînés, et des adultes face à l'Etat. En sorte que loin d'inciter à des efforts accrus, l'extension illimitée de l'Etat-providence a exacerbé l'exigence d'égalité et rendu acharnée la défense des avantages acquis".

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05 mars 2008

Go Mc Cain !

Qui est John McCain ?
Vidéo envoyée par iPolTV

Cette présentation un peu tendencieuse est assez intéressante néanmoins. Obama ou Clinton ? Mc Cain !

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27 février 2008

Mississipi en conserve

Tel est le nom d'un blog francophone constitué presqu'exclusivement de photographies du Mississipi, et plus largement du Sud des Etats-Unis (Mississipi en conserve ).

Un goût certain pour l'Amérique profonde du Sud profond, pour la pauvreté, pour les déclassés et les paumés. L'auteur a un véritable talent pour mettre en valeur la laideur américaine. C'est moche, souvent, l'Amérique : tous ces parkings, ces zones mal urbanisées, ces aires commerciales criardes, ces quartiers miséreux, cette vulgarité écoeurante.

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La société de consommation apparaît alors dans toute son horreur : il ne m'est jamais apparu avec autant d'évidence que nous étions tous, autant que nous sommes, et à des degrés divers, réduits à l'état de consommateurs.

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En France, on peut encore croire que ce sont les valeurs qui l'emportent : les Français ont tellement mal au capitalisme que le Big Business doit faire passer la pilule en parlant de commerce équitable, d'écologie, de respect de normes sociales. Et puis la beauté est encore omniprésente dans notre quotidien. Comme en Italie, nous vivons souvent au contact des chefs d'oeuvre des générations qui nous ont précédé. Nous faisons en sorte de préserver, de protéger, de respecter.

Aux Etats-Unis, point de tout cela : la consommation apparaît pour ce qu'elle est : une fin, un aboutissement. Point d'hypocrisie à la française, on se gave, on s'empiffre, on s'engraisse avec une parfaite bonne conscience. C'est "La Grande Bouffe" à l'échelle continentale !

De toute manière, demain, nous serons tous morts, alors, qui a raison ?

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Le post intitulé "La mort d'une ville" est à lire absolument : de l'arrivée d'un casino à Natchez, Mississipi, dans un style "fleuri" et puissant.

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05 février 2008

Mardi Gras à Vincennes

Je vous avais déjà parlé de cette petite ville du sud de l'Indiana, fondée par les Français en 1732. Elle reste fidèle à son héritage culturel et organise un festival qui a l'air bien sympathique : musique créole, dégustation de cidre dans l'ancienne maison de Michel Brouillet, ancien trappeur français, messe française dans l'ancienne cathédrale, concert de musique cajun honorant les quatre évêques français de Vincennes, ...

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Qui a dit que l'Amérique était francophobe ?

Le site du festival du Mardi Gras à Vincennes, dans l'Indiana (http://www.vincennesmardigras.com/vmg/) :

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17 janvier 2008

Nine-figure

J’ai déjà eu l’occasion de vous signaler des originalités des avocats américains, notamment en matière de publicité, et il semble que le sujet soit inépuisable.

Dans le passé, j’ai fait référence à des cabinets d’avocats de taille plutôt réduite, ce qui pouvait expliquer le caractère pittoresque de leur positionnement publicitaire (ici et ).

Rien de semblable en ce qui concerne le très sérieux cabinet Quinn Emanuel, l’un des grands spécialistes américains du contentieux.

Voici ce que l’on peut lire sur la page de garde de leur site Internet :

Quinn Emanuel Urquhart Oliver & Hedges, LLP is a 375+ lawyer business litigation firm - the largest in the United States devoted solely to business litigation.  Our lawyers have tried over 1175 cases and won 1078, or 92%.  When representing defendants, our trial experience gets us better settlements or defense verdicts.  When representing plaintiffs, our lawyers have won over $6.2 billion in judgments and settlements.  We are the only firm in the United States that has won three nine-figure verdicts in the last five years. In that same period we have also won three nine-figure settlements”.

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« Quinn Emanuel Urqhhart Oliver & Sedges, LLP est un cabinet d’avocat specialize en droit des affaires comptant plus de 375 avocats – le plus grand aux Etats-Unis se consacrant exclusivement au contentieux des affaires. Nos avocats ont participé à 1175 affaires et en ont gagné 1078, soit 92 %. Lorsque nous intervenons en défense, notre expérience des procès nous permet d’obtenir de meilleurs règlements transactionnels et de meilleures décisions. Lorsque nous représentons des demandeurs, nos avocats ont obtenu plus de 6,2 milliards de dollards à l’issue de décisions de justice ou de transactions. Nous sommes le seul cabinet d’avocat aux Etats-Unis à avoir obtenu trois décisions avec des sommes comportant neuf chiffre [centaines de millions de dollars] au cours des cinq dernières années. Durant la même période, nous avons aussi obtenu trois transactions à neuf chiffres ».

Les slogans sont de la même eau :

          « The Oscars represent cinema’s best, Quinn Emanuel represents the Oscars ».

          Justice may be blind, but she sees it our way over 90% of the time”.

Et le meilleur :

          Big numbers, big results

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06 janvier 2008

C'est reparti !

Nous y sommes, le grand barnum de l’élection présidentielle américaine recommence, comme tous les quatre ans.

L’année à venir va être captivante :

1 – La dramaturgie est unique : entre les mois durant lesquels se déroulent les primaires et caucus en vue de sélectionner les candidats des deux principaux partis, les conventions, l’élection elle-même (parfois départagée par le système judiciaire, comme en 2000), la complexité du système électoral, les moyens engagés, le poids des médias, tout concourt à ce qu’un formidable show ait lieu.

L’originalité et la qualité des candidats concourent également à l’intensité du débat. Où peut-on trouver une telle diversité de profils ?

Récapitulons, du côté démocrate :

-          une ancienne épouse de président, marquée à gauche, mais faisant campagne au centre, sénateur de l’état de New York – Hillary Clinton –

-          un candidat métis, non pas afro-américain mais d’un père kenyan et d’une mère américaine, sénateur de l’Illinois –Barack Obama –

-          un ancien avocat spécialiste de class actions, précédemment co-listier de John Kerry, ancien sénateur de Caroline du  – John Edwards –

-          un gouverneur du Nouveau-Mexique d’origine latino, ancien ambassadeur des Etats-Unis aux Nations-Unis – Bill Richardson -

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Du côté républicain :

-          un ancien gouverneur, richissime homme d’affaires, de religion mormone –Mitt Romney –

-          un ancien pasteur baptiste, ancien gouverneur de l’Arkansas – Mick Huckabee – un ancien acteur de la série « Law and Order », ancien gouverneur du Tennessee – Fred Thompson –

-          un vétéran du Vietnam, détenu plusieurs années par Hanoï, sénateur de l’Arizona - John Mc Cain –

-          l’ancien procureur de l’Etat de New York, puis maire de New York – Rudolph Giuliani -

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2 – Les enjeux sont considérables : Bien davantage que les élections municipales française à venir, la désignation du président de la première puissance mondiale impactera notre avenir, bien au-delà des Etats-Unis.

Quelle sera sa position face à la crise des subprimes, à l’endettement des Etats-Unis, au réchauffement climatique, à la puissance chinoise, à la situation au Proche et au Moyen-Orient, en Europe et en France ?

3 – Le renouvellement de l’offre politique : L’élection est particulièrement ouverte.

Avec un président qui ne peut pas se représenter après deux mandats (système dont la France ferait bien de s’inspirer), un vice-président qui a choisi de ne pas concourir, et aucun candidat l’ayant déjà été (à l’exception d’Edwards, mais il était seulement candidat à la vice présidence en 2004), les candidats en 2008 sont tous des bleus.

Certes, Hillary Clinton et Rudy Giuliani disposent d’une notoriété qui devrait les aider, mais ils n’ont jamais été candidat à la présidence des Etats-Unis.

La présence de Madame Clinton illustre également une particularité unique dans les démocraties occidentales : le partage du pouvoir, depuis deux décennies, entre deux familles.

Ainsi, George Walker Bush aura été président huit ans, Bill Clinton a  été le locataire de la Maison Blanche pendant huit ans, George Herbert Bush pendant quatre ans (mais huit ans auparavant en qualité de vice président de Ronald Reagan).

L’année prochaine, un électeur devra avoir au moins 46 ans pour ne pas avoir déjà voté en faveur d’un candidat portant le nom de Clinton ou de Bush…

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14 décembre 2007

Chuck Norris Approuve Mike Huckabee

On ne peut voir cela qu'aux Etats-Unis, je crois...

Chuck Norris Approuve Mike Huckabee
Vidéo envoyée par yom_

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