"Chroniques transatlantiques"

"J'écris pour savoir ce que je pense" Frédéric Beigbeder

05 mai 2008

Les faits sont têtus

Près de 1140 milliards d’euros sont actuellement placés en assurance-vie en France, soit une somme à peu près identique au montant de la dette de la France.

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Selon la dernière enquête conduite par la banque UBS, Paris se situe au 9ème rang des capitales les plus chères au monde derrière Oslo, Copenhague, Londres, Dublin, Zurich, Stockholm, Helsinki, et Genève.

Cela ne poserait sans doute pas vraiment un problème si le niveau des rémunérations suivait celui du coût de la vie. Mais Paris ne se situe qu’au 23ème rang mondial pour ce qui est des salaires…

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« Le nombre de fonctionnaires a augmenté de 300 000 depuis 1982, malgré la décentralisation. Si j’arrive à l’objectif du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, nous reviendrons aux effectifs que comptait la fonction publique en 1991, sous un président et un gouvernement socialiste. Je ne me souviens pas qu’à l’époque l’Etat était en péril ».

Nicolas Sarkozy, Cahors, le 9 avril 2008

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Selon une étude du FMI, le parc mondial de voitures particulières va quintupler d’ici à 2050, passant de 600 millions actuellement à 2,9 milliards.

L’accroissement se réalisera principalement dans les pays émergents, et notamment en Chine (+500 millions) et en Inde (+ 330 millions).

La pollution afférente passera de 2,6 milliards de tonnes de dioxyde de carbone à 6,8 milliards en 2050, l’ensemble des émissions passant de 42 à 80 gigatonnes.

Par ailleurs, depuis le début des années 1970, le nombre moyen de kilomètres par litre de carburant n’a pas changé : les progrès dans les rendements des moteurs ont été compensés par l’augmentation constante du poids moyen des véhicules.

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L’aide alimentaire de la France aux pays du tiers monde va passer de 30 à 60 millions d’euros en 2009.

En 2006, les Etats-Unis ont donné 3 700 millions de dollars, le Royaume-Uni 835 millions de dollars, l’Allemagne 382 millions de dollars, et la France…82 millions de dollars (source : Quai d’Orsay).

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Les dépenses des administrations publiques en France ont atteint la somme de 1 000 milliards d’euros en 2007.

Pour mémoire : 883 milliards en 2004, 700 milliards en 1998, 625 milliards en 1995, 500 milliards en 1991.

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D’après le Conseil d’orientation des retraites, le taux de remplacement par rapport au dernier salaire pour les salariés cadres passera de 64 % en 2003, à 55 % en 2020, et à 43 % en 2050.

Pour les salariés non cadres, on passera de 84 % en 2003, à 76 % en 2020, et à 64 % en 2050.

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02 mai 2008

Panthéonisation

Ce nouvel album photo se distingue par le fait qu'il ne présente pas des photos glanées au gré de différents voyages, mais se borne à mettre en avant des hommes et des femmes célèbres que je considère comme remarquables ou exemplaires à un titre ou à un autre.

Choix tout subjectif, bien évidemment, agrémenté d'un bref commentaire.

De_Gaulle

Il s'agit ni plus ni moins que d'un exercice un peu adolescent, identique à celui que vous aviez sans doute, autrefois, lorsque vous tapissiez votre chambre des photos de vos idoles...

Aucune règle autre que mon bon vouloir ne régira cet album, susceptible d'accueillir aussi bien des personnages historiques que mythologiques, décédés ou bien vivants, et appartenant à tous les univers imaginables, des plus sérieux (philosophes, hommes d'Etat) aux plus frivoles (chanteurs et comédiens, voire chanteuses et comédiennes, toutes habillées évidemment, vous êtes bien sur les Chroniques transatlantiques...).

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28 avril 2008

Etat végétatif

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25 avril 2008

« L’acquittement de Lydie Debaine, une violence inouïe! »

Ci-après, un communiqué diffusé par Philippe de Lachapelle, Directeur de l’Office chrétien des personnes handicapées (OCH), à la suite de l'acquittement de Lydie Debaine pour le meurtre de sa fille.

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L’acquittement de Lydie Debaine, cette maman qui a tué sa fille Anne-Marie atteinte d’un grave handicap, est dramatique. Certes, chacun a pu être touché par la souffrance de cette maman, qui s’est peu à peu laissée enfermer dans une relation exclusive avec sa fille, ne trouvant aucun soutien ajusté, et craignant que sa fille soit mal traitée dans le seul établissement qu’elle ait pu trouver.

Sans doute est-ce cette émotion qui a conduit le public à applaudir le verdict au moment de son énoncé ? Les commentaires de nombreux médias ont manifesté une forte approbation, épousant la justification de la maman lorsqu’elle exprime le sentiment d’avoir posé un acte juste. « Acte de compassion », « une mort donnée par amour » …

Quelle que soit la compréhension dont on peut entourer cette maman, son acquittement, les applaudissements, les nombreux commentaires qui ont accompagné cette annonce, sont infiniment choquants. Cette décision renforce une idée qui chemine de plus en plus dans les esprits : « le permis de tuer par amour » la personne malade ou handicapée. Après le non lieu dont a bénéficié Marie Humbert, un pas dramatique vient d’être franchi par cette décision qui fera jurisprudence : le meurtre par amour devient un acte juste.

Après Nicolas Perruche, Vincent Humbert, Chantal Sébire, le message continue d’être martelé : la vie d’une personne gravement malade ou handicapée est un non sens. Il vaudrait mieux qu’elle ne soit pas née. Il vaudrait mieux qu’elle ne vive pas. L’aimer vraiment, c’est mettre fin à sa vie. Par compassion ! Quelle violence !

Violence de laisser entendre aussi explicitement à toutes les Anne-Marie que leur vie est sans valeur, et que leurs proches pourraient leur donner la mort par amour.

Violence de laisser entendre aux parents qui, jour après jour, accompagnent leur enfant handicapé que leur combat est sans issue, que le véritable amour, la vraie compassion, seraient de mettre fin aux jours de leur enfant.

Violence de laisser entendre à tous les aidants, médecins, éducateurs, qui agissent auprès de personnes gravement malades ou handicapées que leur élimination est aussi une alternative juste.

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Violence faite à tout un chacun, car au fond, ne sommes-nous pas, vous et moi, un jour ou l’autre en risque de devenir radicalement dépendants ? Devrons-nous nous méfier de l’amour de nos proches ? Et réciproquement, le cas échéant, nos proches devront-ils se méfier de notre amour ?

Oui, par cette décision de justice, la société a fait plus que justifier un acte coupable, indépendamment de la compréhension que l’on peut avoir de son auteur. Elle risque d’ouvrir la porte à toutes les dérives à venir, puisqu’elle a justifié que la personne gravement malade ou handicapée soit éliminée, alors que le seul devoir est de l’accompagner. C’est ce que souligne le procureur général de la Cour d’appel de Versailles en décidant d’interjeter appel de cette décision : « ce verdict d’acquittement pourrait en effet être compris comme un encouragement à l’atteinte volontaire à la vie des handicapés, qui méritent notre protection et notre soutien » a-t-il déclaré.

Il y a presque 50 ans, il y eut en Belgique ce qu’on a appelé « le procès de Liège ». Là aussi, l’acquittement de parents qui avaient tué leur fille gravement handicapée. Des scènes de liesse dans la rue avaient accompagné ce verdict. La violence de cet événement provoqua un grand sursaut des sociétés belge et française, manifestant un mouvement de solidarité à l’égard des personnes gravement atteintes et de leurs parents. Très concrètement alors, Marie-Hélène Mathieu fonda l’Office chrétien des personnes handicapées (OCH) pour soutenir les familles, susciter des réponses à leurs besoins, apporter un éclairage sur la valeur sacrée de la personne handicapée et sa place dans la société.

Aujourd’hui comme il y a 50 ans, d’un mal peut sortir un bien : le « oui » à la vie de toute personne, quelles que soient ses limites, l’appel à l’engagement de chacun et de toute la société pour son accompagnement, en particulier par la création de lieux de vie.

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23 avril 2008

Parcours croisés

Excellent documentaire proposé sur France 2 hier soir 22 avril, retraçant le parcours du jeune François Mitterrand à Vichy en 1941-1942.

12 ans après la mort de l’intéressé, le service public nous a proposé de revenir sur ce qui fut le grand émoi de la fin du second septennat, à savoir le livre de Pierre Péan paru en 1994 « Une jeunesse française ».

Le citoyen avisé, conscient de la dimension historique des choses (comme nous nous efforçons de l’être avec l’ami Marquette !), ne peut rester insensible à cette affaire.

Sur la forme d’abord, le principe du docu-fiction aujourd’hui très en vogue, qui mêle images d’archives, interviews, témoignages et mises en scène est finalement assez plaisant.

Ce décor a servi à mettre en lumière la principale zone d’ombre de l’ancien Président, sa période vichyste (et non vichyssoise) du milieu de la guerre, dévoilée au grand jour dans les derniers mois de sa présidence.

Ce passé reconnu, et qui plus est assumé, fut perçu à l’époque comme un gigantesque coup de bambou par les partisans (voire les courtisans !) de ce triste personnage. On retiendra l’émotion des « Mitterrand boys » comme Laurent Fabius ou Pierre Moscovici pour qui quelque chose s’est fissuré ce jour là, inaugurant le fameux droit d’inventaire cher à Lionel Jospin.

Passons sur l’aura définitivement ternie du personnage auprès de la gauche (qui n’en finit d’ailleurs pas depuis de remonter la pente). Loin du triomphe de mai 1981, François Mitterrand risque bien de rester, surtout pour les dernières générations, comme un vieux Monsieur au passé douteux, qui aura feint d’ignorer les persécutions antisémites de Vichy, ami indéfectible de René Bousquet et qui aura toujours refusé de reconnaître la responsabilité de la France pour les faits de collaboration.

Comme quoi, parfois, c’est la dernière impression qu’on laisse qui est la bonne.

L’aspect le plus captivant du sujet, et de la reconstitution qui en est proposée, c’est bien l’analyse des témoins et des historiens, comme Edwy Plenel, Serge Moati, Pierre Azéma et Edgar Morin. L’exercice permet à chacun d’exercer son esprit critique.

Oui, François Mitterrand fut un chaud partisan du Maréchal Pétain dont il partageait le programme idéologique, afin (déjà !) de changer la vie.

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Il eut ensuite une activité de résistance courageuse après 1942, quand il devint évident que l’Occupation allemande était insupportable et surtout, que les Alliés allaient gagner la guerre.

A ce stade, il est déjà intéressant de constater comment le parcours des individus évolue, au gré de leur vécu, du contexte dans lequel ils évoluent, des situations auxquelles ils sont confrontés.

Après tout, en 1940, Philippe Pétain n’avait jamais exprimé la moindre sympathie pour l’extrême-droite, ce qui lui avait permis d’ailleurs de devenir Maréchal de France en 1918 contrairement au Général Castelnau qui était aussi méritant que lui, puis d’entrer à l’Académie Française. Au contraire, celui qui fut son Pygmalion, le véritable idéologue de Vichy, Pierre Laval, était un notable radical-socialiste ! Le fondateur de la Milice, de sinistre mémoire, Joseph Darnand, ou le créateur du principal parti collaborationniste, le Parti Social Français de Jacques Doriot étaient bien connus avant-guerre pour leurs convictions socialistes.

Les plus grands résistants, contrairement aux idées reçues étaient des catholiques ou des monarchistes comme Henri Frenay ou Honoré d’Estienne d’Orves, alors que le PCF a ouvert les bras aux soldats allemands en 1940, suivant la consigne de l’allié soviétique d’alors.

Après 1945, il a été bâti une histoire officielle où finalement, les seuls bons français de la guerre étaient soit communistes, soit gaullistes.

Au nom de la réconciliation nationale, les serviteurs de Vichy ont été chassés et éliminés, en bloc, puis dès 1947, on a clos le dossier, sans d’ailleurs le moindre mot pour la Shoah (terme alors inconnu !), les juifs survivants préférant tourner eux aussi la page.

C’est ainsi que l’on comprend mieux la rancune tenace de Mitterrand à l’égard de De Gaulle, coupable selon lui d’avoir confisqué le monopole de la Résistance non communiste. 

Seul point commun entre les deux hommes, le refus de lier l’implication de l’Etat français dans les atrocités commises pendant cette période. Les deux ont considéré que le régime de Vichy était une imposture, une autorité de fait comme on dit en droit, à distinguer clairement de la République des services de l’Etat et que donc les régimes suivants n’avaient pas à s’excuser de ce fait d’autrui.

La seule différence est que De Gaulle a pris ce parti dès le 18 juin 1940. Mitterrand, lui, n’a adopté cette théorie qu’en 1945 lors de son entrée au gouvernement provisoire.

PORTALINUS

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22 avril 2008

Babylone au Louvre

On ne sait pas grand’chose de Babylone : ce n’est pas au programme d’histoire, puisque l’étude de l’Antiquité se focalise plutôt sur Rome, la Grèce antique, et sur l’Egypte. Pour ceux qui sont allés au catéchisme, Ninive ou Babylone évoqueront quelque chose d’un peu flou, tout comme la Tour de Babel. Les amateurs de bonne chère savent que Nabuchodonosor désigne une bouteille de 15 litres, et ceux intéressés par l’actualité se rappelleront que Saddam Hussein en faisait son modèle ; il reviendra sans doute aux juristes que le Code d’Hammurabi est la première codification juridique connue (« œil pour œil, dent pour dent », la loi du Talion étant alors un progrès considérable par rapport à la vengeance privée), les Parisiens passent fréquemment par Sèvres-Babylone sans relever l’incongruité de cette association, quant aux fans de Disco, ils se remémoreront un air célèbre de Boney M…

Bref, Babylone appartient à notre fond culturel, sans que l’on sache exactement situer cette civilisation ni l’identifier avec précision.

Autant dire que l’exposition du Louvre répond à un besoin collectif, que dis-je !, à un véritable service public !

L’objectif est raté, et il faudra attendre encore un peu avant que Babylone n’émerge des limbes antiques aux yeux du grand public.

Passons sur un tarif d’entrée fixé à 9 euros, sans même un audioguide, facturé, lui, 6 euros supplémentaires. Sans aller jusqu'à la gratuité, le prix d’entrée d’un musée public devrait tout de même rester raisonnable pour permettre aux familles de classe moyenne d’y aller. Surtout pour une exposition passant par Londres, Berlin et Paris et dont l’écrasante majorité des pièces provient d’institutions publiques de ces villes…

Passons aussi sur la queue de 50 minutes, un peu pénible, mais on ne peut que se réjouir de la popularité des musées. L’affluence est cependant plus gênante lorsque l’on visite l’exposition elle-même et qu’il faut jouer des coudes comme dans un hypermarché le samedi, patienter devant chaque pièce pour laisser le temps aux autres visiteurs de lire les notices, et avancer à la queue leu leu sans véritable marge de manœuvre. On pourrait imaginer que passé un certain nombre de personnes acceptées dans l’enceinte de l’exposition, plus aucune entrée ne soit autorisée. Ce serait sans doute la seule façon de préserver un peu de confort de visite.

Mais au-delà du coût du ticket d’entrée et de l’affluence, le principal problème réside dans l’exposition elle-même. Non pas dans les pièces exposées, je ne dispose pas de l’expertise suffisante pour juger si elles étaient les plus pertinentes ou les plus illustratives.

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Mais la présentation, les notices explicatives, la mise en scène étaient gravement déficientes.

En effet, compte tenu de l’ignorance géneralisée concernant Babylone, un effort de pédagogie particulier devait être déployé. Or cette exposition donne l’impression de s’adresser à un public d’étudiants en troisième cycle en histoire mésopotamienne : aucune chronologie, aucune information sur les croyances des Babyloniens, rien sur leur organisation politique et sociale, rien sur les raisons de la chute de Babylone, pas davantage sur ses voisins.

L’exposition présente de nombreux morceaux de pierres, de poteries, de fresques accompagnées de notices rédigées en petits caractères, sans aucune mise en perspective.

Quant au texte, il faut s’accrocher : visiblement écrit initialement en langue anglaise puis mal traduit vers le français, il entre dans le détail des choses alors que les grandes lignes (« the big picture » écrirait-on en anglais) n’ont été exposées que succinctement et dans un jargon abscons.

On ne comprend rien, on ne retient rien.

Seule la fin de l’exposition consacrée à l’empreinte de Babylone sur les époques et civilisations ultérieures est accessible, quoique terriblement fragmentaire. Un petit mot sur la situation des vestiges babyloniens dans le contexte de guerre civile qui est celui de l’Irak actuellement aurait sans doute été intéressant, mais à ce stade de carence, on n’ose même l’envisager !

PS : en revanche, l’exposition de gravures de Goya au Petit Palais est captivante. Le Louvre pourrait s’en inspirer en matière de pédagogie, cela n’a pas l’air hors de portée.

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17 avril 2008

1 %

1 %.

1 % de la population américaine adulte se trouve en prison, soit 2,3 millions de personnes sur une population totale de 230 millions d’adultes.

Les chiffres officiels sont moins élevés, de l’ordre de 1 pour 130, mais ils comprennent toute la population et pas seulement la population adulte.

Pour avoir une idée de ce que cela représente, en France, une proportion de 1 % signifierait que 490.000 individus seraient incarcérés, alors qu'ils ne sont qu'un peu plus de 60.000 actuellement. Voilà qui met en lumière le laxisme de la justice française.

Les statistiques par groupe sociologiques sont plus frappantes encore :

-          1 hispanique sur 36 est en prison

-          1 noir sur 15

-          1 homme noir entre 20 et 34 ans sur 9 (plus de 10 % !)

-          1 femme noire sur 100 (contre une femme blanche sur 355)

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Bien des commentateurs s’arrêteraient là, laissant les chiffres parler d’eux-memes, laissant les statistiques condamner irrémédiablement le système judiciaire américain.

Il faut cependant aller au-delà de ces données, qui appellent plusieurs commentaires :

          1 - La société américaine est une société violente : les armes y sont facilement disponibles, le taux de criminalité est élevé, la richesse est abondante et les écarts de fortune significatifs.

          2 - Dans un pays au système de protection sociale relativement restreint, les marginaux ne sont pas neutralisés par les différents filets sociaux qui empêchent sans doute nombre de ceux qui vivent en France de faire du crime leur mode de vie.

          3 – Le principe de cumul des peines ne trouve pas application aux Etats-Unis. En France, pour faire simple, les peines les plus lourdes « absorbent » les peines les plus faibles, de sorte que celui qui aura commis un vol et un meurtre, par exemple, ne sera poursuivi et puni que pour le meurtre (conseil : si vous tuez, volez aussi !), alors que tous les crimes et délits seront punis aux Etats-Unis. De même, si en France vous commettez plusieurs meurtres, la peine qui vous purgerez s’alignera sur la plus élevée prononcée, alors qu’aux Etats-Unis, les peines s’additionneront, aboutissant parfois à des condamnations à plusieurs siècles de prison.

          4 – Les remises de peine sont moins fréquentes aux Etats-Unis qu’en France. Selon les Etats, il n’est pas rare que les condamnés soient tenus, même en cas de bonne conduite, de purger au minimum les deux tiers de la peine que le jury a jugé bon de leur attribuer.

          5 – Les sanctions sont lourdes. Pour quelques exemples edifiants, je vous renvoie à un précédent post dans lequel je traitais de la justice pénale dans l’Etat de l’Indiana, typique des pratiques en vigueur dans une large partie des Etats-Unis.

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14 avril 2008

Mai 68 par Denis Tillinac

Denis Tillinac livre son expérience de Mai 68 dans Valeurs actuelles, le 4 avril dernier :

"Des kyrielles de livres et d'émissions commémorent Mai 68 et j'ai le sentiment qu'on me décrit des événements qui n'ont pas existé.

Pourtant, j'avais 20 ans en Mai 68.

Comme il se doit à ces âges, j'étais aussi anar que Cohn-Bendit, et ennemi juré de la société de consommation.

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J'ai écouté les palabres dans les amphis ; j'ai même pointé mon nez devant le barricades, pour voir de près, pour tâcher de comprendre.

J'ai trouvé le lyrisme des gauchos niais et inesthétique. Rien n'était à même de séduire mon côté rimbaldien, l'utopie n'avait pas de sève, elle ne prenait aucune altitude ; sous le déguisement du guévarisme d'opérette, je voyais poindre le bobo sexagénaire qui nous bassine aujourd'hui avec sa nostalgie d'une "révolution" bidon.

Elle n'a pas changé la vacuité de son âme. La preuve : quarante ans après avoir lâché quelques pavés au Quartier latin, il sèche sur pied dans un scepticisme nauséeux.

Quand une espérance authentique vous fend le coeur à 20 ans, elle résiste au temps. Aucune espérance n'a hissé les acteurs de Mai 68 au-dessus de l'étiage défini par leur slogan : "Jouir sans entraves".

Jouisseurs (laborieux), ils l'ont été dans les années soixante-dix, et Mitterrand avait pris leur mesure : en vénalisant les meneurs qui l'ont propulsé à l'Elysée, il a montré combien il les méprisait.

Les requiems en rouge et noir tristounets qu'on nous inflige l'auraient fait sourire".

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08 avril 2008

Actublogs

Voici une petite série de blogs et sites Internet que j'ai découverts ces derniers temps et dont je vous conseille la consultation, en vrac:

  • http://www.wwar1.blogspot.com : ce blog est constitué de retranscriptions de lettres écrites par un soldat britannique de la Première Guerre Mondiale, Harry Lamin. Ses lettres sont publiées 90 ans jour pour jour après leur rédaction. La plupart sont destinées à sa grande soeur Kate et à son frère Jack. Presque toutes mentionnent son fils William, aujourd'hui âgé de 92 ans. La derniere lettre a été rédigée le 1er decembre 1917, en Italie, et les lecteurs attendent de savoir, tout comme sa famille à l'époque des faits, s'il rentrera vivant. Extrait : "We lost a lot of men - it was awful. I got buried and knocked about but quite well now and hope to remain so".

  • Petit blanc : excellent article publié sur le blog Koztoujours par Dang. Une mise en garde salutaire de Nicolas Sarkozy de la part de l'électorat de droite populaire sans lequel il n'aurait pas été élu. Un électorat néanmoins volatile qui ne se reconnaît pas forcement dans la politique conduite ces derniers temps. Long article très bien rédigé.

  • Il existe une association des naturistes de Paris... Le saviez-vous ? Ils organisent des "séances de piscine naturiste" un soir par semaine, dans une piscine du 12ème arrondissement. Rien de graveleux, il me semble, mais simplement des moeurs en décallage avec notre époque apparemment si libérée et pourtant si pudique. Si vous comptez trouver des photos sur le site, vous serez déçus.

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  • Secret défense : il s'agit du blog du journaliste qui suit les questions de défense à Libération. Naturellement, je serais plutôt porté à me méfier, mais force est de constater que Jean-Dominique Merchet est particulièrement bien informé et qu'il n'est pas idéologiquement marqué. Il a su drainer un lectorat de qualité et les commentaires sont le plus souvent intéressants. Un peu pointus tout de même parfois lorsque les mérites comparés de différents types de mortier sont passés en revue...

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02 avril 2008

Pour un boycott des JO de Pékin

Dans quelques semaines, le monde a peine remis des joies et des déceptions de l’Euro de football 2008 va s’enflammer pour les JO de Pékin et oublier ce faisant les problèmes de pouvoir d’achat, de tenue vestimentaire de Carla Bruni ou d’inquiétude quant au sort d’Ingrid BETANCOURT.

Cette grand-messe du sport international va captiver l’attention des peuples pendant 3 semaines, diffuser 24h/24 des images de performances cynégétiques et faire la fierté des petits pays dans le seul domaine où ils peuvent tenir la dragée haute aux grandes nations, la course aux lauriers.

Au-delà de l’exaltation de la fierté nationale des vainqueurs et de la beauté du geste du discobole, les JO servent aussi de vitrine au pays hôte et génèrent des milliards d’euros de chiffres d’affaires dans une mécanique bien rodée.

Et le problème est bien là.

La République Populaire de Chine, organisatrice de l’évènement compte bien profiter de ce fabuleux coup de projecteur, comme tous ses prédécesseurs l’ont fait, pour affirmer sa puissance politique et confirmer son adhésion aux valeurs humaines de l’olympisme. L’objectif premier, le plus immaculé, est de ravir aux USA la première place en terme de médailles d’or pour illustrer la supériorité de son régime sur ses concurrents.

Au-délà de cette recherche de gloriole, certes préférable à une confrontation armée entre les peuples, c’est bien une rivalité géopolitique qui apparaît en toile de fond. Car aujourd’hui, les stades ont remplacé les champs de bataille. Ils sont le dernier refuge du nationalisme. C’est en leur sein que se joue une lutte qui débouche toujours sur un rapport vainqueur/vaincu comme les tournois de jadis.

Lorsque l’on est convaincu du caractère éminemment politique des JO, qui était déjà perçu comme tels dans l’Antiquité grecque, il est difficile de ne pas s’interroger sur le bien-fondé d’un boycott de cette prochaine démonstration de force de la dernière grande dictature communiste.

La répression sanglante menée au Tibet, territoire non chinois, occupé militairement depuis plus de 50 ans, doublée d’une colonisation rampante est tout de même fortement éloignée de l’esprit voulu par le baron Pierre de COUBERTIN.

Alors oui, il faut boycotter les JO de Pékin, ne pas cautionner cette farce politico-mercantile, comme les USA ont su boycotter les JO de Moscou en 1980, année de l’agression contre l’Afghanistan.

Défiler devant les dignitaires du PC chinois l’été prochain, c’est revoir les athlètes français défiler le bras tendu devant HITLER à Berlin en 1936.

Oui, le contexte est identique.

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La Chine est une grande puissance industrielle et militaire, donc belliqueuse et expansionniste. Elle occupe militairement le Tibet, la Mongolie intérieure (arrachée à la Mongolie), et le Xinjiang, procédant à une sinisation forcée de peuples qui ne le sont pas. Elle menace TAÏWAN, une île qui n’a plus rien avoir le continent, même la langue y est différente. Elle a entrepris une reconquête coloniale de l’Afrique abandonnée par les Européens pour exploiter ses matières premières (lisez le dernier numéro de GEO, vous comprendrez). Plus grave encore, elle parque dans des camps de travail 10 millions de dissidents, inaugurant ainsi les goulags du 3ème millénaire.

Soucieuse de prendre sa revanche sur les traités inégaux du XIXème siècle qui ont meurtri sa fierté nationale, la Chine souhaite faire de cette manifestation l’apothéose de son retour dans le grand concert des nations.

Je trouve regrettable la timidité non seulement des sportifs qui vont se rendre complices de ce forfait, mais surtout des dirigeants politiques occidentaux qui, par peur de perdre de juteux marché, ne veulent pas froisser l’ogre rouge asiatique.

Participer aux JO sans savoir pourquoi, c’est comme fêter Noël quand on n’est pas Chrétien, cela devient un rituel sans fondement, un simple évènement de calendrier comme le changement d’heure 2 fois par an.

Ce calcul est à courte à vue, comme l’était celui de Daladier à Munich en 1938. L’ogre nous dévorera tout de même. Par son gigantisme, par sa soif de revanche, par sa course effrénée à la domination de l’Asie, la Chine s’est engagée dans un processus qui débouchera soit sur une confrontation avec les USA et la Russie (ses voisins directs), soit sur une guerre civile du type de celle qui ponctue l’histoire de ce pays féodal depuis 15 siècles.

C’est inévitable. Nous Européens, nous serons touchés par la raréfaction des matières premières que cela va entraîner dans les deux cas, à commencer par le pétrole d’ici une dizaine d’année.

La Chine aujourd’hui, c’est l’Allemagne il y a un siècle.

PORTALINUS

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