La vodka, vous en conviendrez, est clairement associée à la Russie, voire plus largement au monde slave. Le mot « vodka » lui-même signifie « petite eau » en russe ancien, le mot ayant dérivé de « zhizenennia voda » (eau de vie, littéralement).

Parmi les marques les plus connues, on trouve des vodkas russes (Smirnoff, Stolichnaya, Moskovskaya Osobaya), polonaises (Wyborowa, Luksusowa), suédoises (Absolut), islandaises (Icy, l’une de mes préférées), danoises (Danzka), finlandaises (Finlandia).

De marque française, point.

En France, on sait faire de bien bonnes choses en matière d’eau-de-vie, de liqueurs, et de spiritueux, mais le genre « vodka » est clairement allogène. Sans doute méprisée à tort, la vodka en France, la plupart la déshonorant en la coupant avec toutes sortes de jus de fruits et de sodas (souvent sur fond d’ultra décibels et de déhanchements syncopés), alors que rien ne vaut une bonne vodka bien frappée, nature. De toute façon, c’est bien simple, afin de savoir chez qui vous mettez les pieds, dirigez-vous dès votre arrivée vers le réfrigérateur, ouvrez-le et regardez à l’intérieur : si vous n’y trouvez pas une bouteille de vodka (ou de champagne) au frais, vous pouvez rentrer chez vous, vous perdez votre temps.

Toujours est-il qu’au rayon des étonnements d’un jeune français en Amérique la découverte de la vodka française n’est pas la moins pittoresque.

En effet, la France tient le haut du pavé sur le marché de la vodka aux Etats-Unis ! Cocorico !!

La marque leader sur le marché est « Grey Goose » (« L’oie grise »).

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Produit élaboré dans la région de Cognac, à base de blé, et conçu, me semble-t-il exclusivement à destination du marché américain. Le site de Grey Goose mérite absolument le détour : présentation soignée, vidéo dont la narratrice parle anglais avec un délicieux accent français, présentation d’une vodka traditionnelle française, petit mot du « maître de chai » (on parle de « maître de chai », pour la vodka ?) français… Notez également que tout est fait pour souligner le fait qu’il s’agit d’une vodka française, notamment le drapeau figurant de façon bien visible sur la bouteille. Vous trouverez le site de Grey Goose ici. Le goût ? Je n’en sais rien pour l’instant, mais j’ai fait l’acquisition d’une bouteille. Passez me voir à la maison, on lui rendra les honneurs.

Une vodka française numéro 1 des ventes aux Etats-Unis, voilà qui était déjà bien étonnant. Deux, et l’on peut parler de mouvement, voire de déferlante…

Et oui, Grey Goose n’est pas seule. Qui fut la première, je ne sais, toujours est-il que Grey Goose doit compter avec une autre vodka française : Ciroc.

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Ciroc vient de la région de Gaillac et est conçue exclusivement à partir de raisin français, c’est écrit sur la bouteille… Pour le goût, on en parle dans cet article (http://www.travellady.com/Issues/April03/spirits.htm). Là encore, la French Touch est un plus commercial, visiblement. Un coq français, tel celui de nos clochers, est même gravé sur la bouteille ! Un petit détour par le site n’est pas superflu.

Alors, qui a dit que la France ne pouvait plus surprendre ? On a encore de la ressource, n’est-ce pas ?

Je sais qu’il y a déjà eu du whisky en Bretagne (pas très concluant, je crois), mais pourquoi pas du Bourbon dans le Limousin, du Sake en Camargue, du Gin dans le Pas-de-Calais, de la Tequila dans le Massif Central, de l’Ouzo en Corse ?