Trouver de nouveaux clients, se singulariser, marquer les esprits, et faire fructifier son chiffre d'affaires : tous les avocats en sont là. Alors que tous ont effectué peu ou prou, les mêmes études, qu'ils sortent des mêmes universités, et ont passé le même examen d'accès à la profession d'avocat, il faut bien qu'ils se différencient de la multitude de leurs congénères pour faire bouillir la marmite.

Certains, on l'a déjà vu, essaient d'associer l'image de leur cabinet à un animal valorisant (le pitbull, en l'occurrence), d'autres veulent tentent de créer un mécanisme d'identification des clients à leur personne.

Clientes, devrais-écrire, car le cabinet d'Indianapolis Hollingsworth Jocham & Zivitz, spécialisé en droit de la famille et du divorce vise explicitement une clientèle féminine ! Et, pour rester entre soi, toutes les avocates du cabinet ainsi que toutes les assistantes et toutes les secrétaires sont des femmes ! Il n'y aurait pas un peu de discrimination sexuelle dans ce cabinet ?  Mais d'ailleurs, parle-t-on de discrimination sexuelle lorsqu'elle est exercée par les femmes aux dépens des hommes ? Je suis certain que l'on va me sortir des fables du genre "rééquilibrage des discriminations passées" ou encore me faire valoir que les femmes étant intrinsèquement des victimes, il ne saurait leur être reproché des comportements jusqu'alors réservés à la vulgate phallocrate.

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Les trois associées de la firme prétendent qu'elles n'ont pas souhaité créer un cabinet monosexuel... A les entendre, le fait que les huit avocates, les quatres assistantes et les six secrétaires soient toutes des femmes serait le fruit du hasard ! Je pense qu'elles nous prennent pour ce que nous ne sommes pas, d'autant plus que ces ogresses jouent clairement la carte de la solidarité féminine dans des publicités où elles apparaissent, alignées en rang d'oignon en affichant un sourire carnassier. Les nouvelles Amazones de l'Indiana sont arrivées ! Et elles sont blondes (cela doit relever du dress code) !

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Les résultats sont à la hauteur de la grosseur de la ficelle : le cabinet Hollingsworth Jocham & Zivitz connaît un développement rapide, les femmes ayant semble-t-il plus de facilités à se confier et à confier leurs intérêts à des avocats du sexe dit faible. C'est un peu le syndrome du gynécologue : "je suis une femme, j'ai des problèmes de femmes :comment ce primate velu pourrait saisir un traître mot de la subtile personne que je suis ?". On se demande.

Alors voilà, les avocates et leurs clientes ont trouvé les moyens pour mener la guerre juridique contre l'ennemi héréditaire : l'homme ! Accusons-le de tous les maux, réclamons les pensions alimentaires les plus indécentes, laissons le sur la paille, ce galeux, et prenons-lui les enfants, de toutes les manières, pour le mal qu'il s'est donné... "Oui, Madame, je vous comprends, Madame, c'est terrible ! Et il a fait cela ? Et il a dit cela ? Mais c'est très grave, vous savez ? Il ne va pas s'en sortir comme cela ! Il faudra bien lui faire payer ! Ah oui, ça suffit !, jusqu'à présent on ne vous a jamais entendu, mais là franchement, il a passé les bornes, vous avez frappé à la bonne porte, la porte du cabinet Hollingsworth Jocham & Zivitz. Ce sera 8000 $ à titre d'acompte, Madame. mais ne vous en faites pas, avec ce que vous avez subi, mes honoraires seront à la charge de votre futur ex-époux...".