Le prix du timbre pour un pli de moins de 50 grammes va prochainement augmenter en France, passant de 53 à 54 centimes d'euros. La hausse décidée devrait d'ailleurs se poursuivre, puisque le prix du timbre va encore augmenter de 1 centime par an jusqu'en 2008. Telle est la décision de l'Autorité de régulation des communications électroniques et de La Poste (ARCEP), autorité administrative indépendante chargée de déterminer les conditions d'ouverture à la concurrence du marché du courrier ainsi que l'évolution du prix du timbre.

Ce prix est exhorbitant, et s'apparente à une rente de monopole intolérable dont profite une Poste impossible à réformer, comme la plupart des entreprises du secteur public. La moindre des choses, s'agissant d'une entreprise bénéficiant d'un monopole sur les lettres de moins de 50 grammes serait que l'augmentation des prix des produits sous monopole ne soit décidée qu'après que l'entreprise a entrepris tous les efforts de productivité nécessaires. Nous sommes loin du compte s'agissant d'une entreprise publique dont les agents (puisque l'on ne saurait parler de salariés) se caractérisent principalement par leur capacité de sabotage de toute réforme permettant un meilleur service du public à un coût moindre.

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Aux Etats-Unis, le prix du timbre pour une lettre est de 39 cents (31 centimes d'euro), et pour une carte postale de 24 cents (19 centimes d'euro). 31 centimes d'euros contre 54 centimes d'euros : comment expliquer une telle différence, le prix du timbre en France, avec ce cher (très cher !) service-public-à-la-française-que-le-monde-entier-nous-envie étant 57 % plus élevé qu'aux Etats-Unis ? Et ce alors que le territoire américain est autrement plus vaste que le territoire français et moins densément peuplé (Anchorage-Miami : 31 centimes, Dunkerque-Marseille : 54 centimes) ?

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Comment expliquer cette situation alors que si le US Postal Service (USPS) reste tenu de porter les plis en tout endroit pour le même prix aux Etats-Unis six jours par semaine (ce que l'on appelle le service public, n'est-ce pas ?), il ne dispose de monopole sur aucun produit et se trouve confronté à des concurrents extrêmements agressifs  et efficaces (Fed Ex, United Parcel Service) qui, eux, ne sont pas tenus aux mêmes obligations de service public ? Faut-il ajouter que USPS est profitable (1,3 milliards de dollar de profits l'an passé) et que l'entreprise est dépourvue de la moindre dette ?  Que 2 millions de nouvelles adresses doivent être ajoutées tous les ans ? Que 90 % des plis atteignent leur destination en moins de trois jours et que 95 % des plis sont livrés dès le lendemain lorsque la lettre est adressée dans la même agglomération ? Que 212 milliards de plis transitent tous les ans entre les mains de USPS ?

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Bref, USPS, tout en étant tenu de respecter des obligations de service public, est moins cher, plus rentable, et plus efficace que son concurrent français. La vérité toute nette est que le service public est mieux défendu dans un système concurrentiel, ouvert, dans lequel toutes les entreprises sont amenées à concourir dans des conditions identiques. L'équation "entreprise publique à monopole = meilleur service public pour tous" est tout bonnement un mensonge destiné à masquer la rente de situation d'agents surprotégés défendant leurs intérêts financiers sous l'apparence de la défense de l'intérêt public.